Les manoeuvres du pouvoir d’Alger

Posted on Jul 31 2012 - 6:08pm by admin

Mais où sont donc les réformes que le pouvoir avait promis d’introduire ? Plusieurs mois après le discours du chef de l’Etat qui se voulait révolutionnaire, nous ne voyons rien venir qui permette de penser que l’Algérie se dirige pacifiquement vers un régime fondé sur le droit. Au contraire, tout indique que nous allons vers un verrouillage encore plus ferme des institutions, et, sans doute, vers des troubles que tous les patriotes ne souhaitent pas. Mais si cela advenait, la responsabilité en incomberait entièrement au pouvoir qui continue de refuser la moindre ouverture du champ politique.

Personne, ni à l’intérieur du pays ni à l’extérieur, n’est dupe de la domestication des partis politiques agréés qui ne sont pas représentatifs de la société algérienne alors que les partis sont, en principe, les acteurs clés de la démocratie représentative.

En guise de réformes dignes du 1er novembre 1954 que Abdelaziz Bouteflika, jamais avare d’emphase, promettait, les Algériens vont revivre le cauchemar des années 60’s lorsque la Constitution a été « prostituée dans une salle de cinéma », selon le mot de Ferhat Abbas, président de l’Assemblée nationale constituante du 20 septembre 1962 au 15 septembre 1963. En effet, l’Assemblée populaire nationale désigné en mai dernier selon le désormais traditionnel système des quotas octroyés aux partis du pouvoir [majoritaires] et aux partis considérés dans l’opposition [très minoritaires], s’apprête à lever les deux mains, sans discussion aucune, alors qu’elle devait se transformer en Constituante, pour approuver la nouvelle Constitution en préparation par un comité restreint d’expert comprenant, d’après certaines sources, des constitutionalistes français et américains spécialistes du régime présidentiel.

Abdelaziz Bouteflika voulait déjà en 1999 après sa nomination à la présidence de la République instaurer un régime présidentiel. Il y avait renoncé sous la pression des chefs militaires, décideurs réels, qui craignaient pour leur pouvoir. Il semble que le chef de l’Etat a fini par convaincre la haute hiérarchie militaire de l’armée qu’il était de son intérêt de mettre en place ce régime qui donnerait au chef de l’Etat l’essentiel des pouvoirs. Condition : l’armée continuerait à choisir son candidat à la présidence de la République.

Et pour rassurer les chefs militaires qui ne veulent abandonner ne serait-ce qu’une once de leur pouvoir, Abdelaziz Bouteflika, défiant toute logique constitutionnelle, nommerait au cours de l’année 2013 un vice-président qui serait l’homme de l’ANP et des services de sécurité. Même si le nom de ce futur vice-président n’est pas encore connu, les proches du pouvoir avancent celui de Ahmed Ouyahia qui continue de bénéficier de la protection et de la confiance du général major Mohamed Médiène dit Tewfik inamovible à son poste de chef du Département renseignement et sécurité qu’il occupe depuis 22 ans.

La nomination d’un vice-président permettrait aux hommes actuellement au pouvoir de continuer à tenir les rênes du pays au cas où Abdelaziz Bouteflika venait à disparaître avant l’échéance présidentielle et à éviter, par tous les moyens, le scénario égyptien.

Vos Commentaires

commentaires

Note ; Algerie Network n'est pas responsable des articles (et commentaires) des auteurs et sites externes. Il donne juste l'information contradictoire sans nécessairement partager l'avis. Si un article (ou commentaire) est copié sans la référence à son auteur ou qu'il est contre la net éthique (mœurs, haine raciale, islamophobie, antisémitisme, homophobie. menaces, diffamations ou autre ..), s'il vous plait contacter nous pour l'enlever à info@algerienetwork.com Merci.

About the Author

Algerie Network n'est pas responsable des articles (et commentaires) des auteurs et sites externes. s'il vous plait contacter nous pour enlever toute irrégularité à info@algerienetwork.com Merci.

Leave A Response

You must be logged in to post a comment.