L’Union européenne a dû être très insatisfaite des performances des activistes droitsdelhommistes qui s’agitent, depuis quelques années, en Algérie. Le lamentable ratage du « printemps » n’en étant pas la moindre des raisons. Elle vient de lancer une offre publique d’emploi, avec des critères de recrutement, si draconiens, qu’elles semblent tenir compte qu’il lui fallait recourir à des ajustements, en matière de personnel. Désormais, elle se donne une plus grande possibilité de choix et ce sera un véritable contrat de performance qui sera signé entre ses employés droitdelhommistes et « démocrates ».

A travers son « Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme », dans sa mission « Renforcer le rôle de la société civile dans la promotion des droits de l’homme et des réformes démocratiques – Algérie » (référencié : EuropeAid/136240/DD/ACT/DZ), l’U.E ne laisse rien au hasard.

Les candidats seront obligés de passer par un tri méticuleux. Ils doivent présenter le meilleur profil qui soit et savoir, à l’avance, ce qu’ils comptent faire et dans quels délais et les honoraires (budget selon l’U.E) demandés doivent être « réaliste et d’un rapport coût-efficacité convenable ».

Les imprimés à renseigner témoignent de cette volonté de minimiser les risques d’incompétence. Le projet mobilise 600.000 euros et sera décliné par tranche de 50.000 à 150.000 euros, selon le travail (l’U.E parle d’action) à réaliser. Ce qui équivaut à un financement très alléchant, si on le rapporte au niveau des salaires en vigueur en Algérie.

Même au taux de change officiel, il y a quoi faire fortune. Le must serait que soit publiée la liste des heureux élus, pour qu’au moins les Algériens sachent qui est payé pour les « démocratiser ». Restent deux questions. A savoir pourquoi l’Union européenne a dévoilé sa volonté d’ingérence flagrante, dans les affaires intérieures de l’Algérie, et pourquoi elle ne craint plus de donner raison aux « théoriciens du complot ».

Tentons une réponse. L’ingérence est autorisée par les dispositions contractuelles qui la lient à l’Algérie, dans leur accord d’association et l’U.E est convaincue que les Algériens vont suivre les droitsdelhommistes et les « démocrates », pour peu que ces derniers aient les moyens de les mobiliser.

Ce qui pose un certains nombre de problèmes relatifs au rôle des partis politiques qui meublent le paysage. Des partis dont quelques-uns ont été reçus par des délégués européens. Ne constituent-ils plus des partenaires fiables dans l’entreprise de déstabilisation du pays ou bien sont-ils l’objet d’un autre type de partenariat que les activistes concernés par la campagne de recrutement ? On ne saura peut-être jamais les deals qui ont été conclus, mais on est averti.

Il ne sera plus possible de parler démocratie ou droits de l’homme sans tenir compte du fait qu’il y a de véritables fonctionnaires qui s’en occupent pour le compte de l’étranger. Somme toute, une difficulté supplémentaire qui vient s’ajouter à la confusion et à la cacophonie qui prévalent.

Ahmed Halfaoui 

note ; voici cet appel

http://eeas.europa.eu/delegations/algeria/press_corner/all_news/news/2014/appelapropositionieddh_fr.htm

https://webgate.ec.europa.eu/europeaid/online-services/index.cfm?do=publi.detPUB&aoref=136240