AlgiersLa corruption « gangrène » l’économie de l’Algérie dans des proportions « insupportables » qui dégradent l’image du pays, a dénoncé le président d’un organisme gouvernemental des droits de l’homme.

« La corruption est extrêmement préoccupante en Algérie où elle atteint des proportions extrêmement insupportables », a déclaré Farouk Ksentini, le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), mardi 9 juillet. «Chaque fois qu’il y a un marché public important, il y a des acteurs qui commettent des irrégularités», a précisé le responsable.

Ces conclusions figurent dans le rapport de la CNCPPDH pour l’année 2012, que Farouk Ksentini a remis au gouvernement. Dans ce document, il préconise un durcissement de la législation sur la corruption permettant aux corrompus « d’amasser des fortunes pour acquérir des biens à l’étranger ». « Il faut une lutte sans merci contre cette gangrène qui sévit particulièrement dans le secteur public et qui dégrade l’image de l’Algérie », a réclamé le président de l’organisme gouvernemental.

[B]Scandales de corruption[/B]

La remise du rapport intervient dans un contexte déja lourd. Le groupe pétrolier public Sonatrach, qui assure près de 98% des recettes en devises de l’Algérie, est secoué par des scandales de corruption portant sur des pots-de-vin qui auraient été versés par des firmes étrangères à des responsables algériens pour obtenir des contrats. En outre, Alger a ordonné en février l’ouverture d’une enquête sur une éventuelle affaire de corruption liée à des contrats entre Saipem, filiale du géant énergétique italien Eni, et Sonatrach après l’ouverture d’une enquête sur la même affaire par le parquet de Milan.

Le 2 juillet, le ministre de la Justice algérien, Mohamed Charfi, affirmait devant l’Assemblée nationale que l’enquête sur la Sonatrach avait révélé « un véritable réseau de corruption internationale dont les tentacules s’étendent à tous les continents ». Preuve du malaise algérien, un rapport de Transparency International sur la perception de la corruption avait placé en 2011 l’Algérie à la 112e place sur 183 pays classés du moins au plus corrompu.

(AFP)