Un article de la newsletter « Mer et Marine » nous apprend que l’Algérie vient de commander un Bâtiment de Débarquement et de Soutien Logistique (BDSL) auprès de la société italienne «Orizzonte Sistemi Navali». Ce navire amphibie possède des capacités conséquentes puisqu’il pourrait transporter l’équivalent d’un bataillon lourd (dont une quinzaine de chars) et mettre en œuvre 5 hélicoptères lourds et 3 chalands de débarquement. Son autonomie serait de 6000 milles.

Ce choix d’acquisition peut surprendre dans la mesure où ce type de moyen témoigne d’une volonté d’entrer dans le club, encore relativement fermé, des marines capables de projection de puissance significative. Certes, l’Algérie possède une longue côte de 1200 km, mais on peut se demander ce qui la motive à acquérir ce genre de bâtiment: l’Algérie doit en effet surveiller quelques 6385 km de frontières terrestres poreuses et doit combattre un terrorisme dur et rémanent.

Il est aussi fort probable que le Maroc ne voie pas cela d’un très bon œil, considérant cette initiative comme une menace dirigée contre lui. En tous cas, dès lors que la marine algérienne comptera dans ses rangs cette capacité nouvelle, elle changera de facto radicalement de statut et c’est peut-être là le but stratégique principalement recherché: accroitre son rang et son rayonnement.

L’exemple algérien illustre par ailleurs bien la dichotomie qui existe entre une Europe dont la puissance militaire stagne, voire décline, et le reste du monde où elle a une nette tendance à augmenter sur la durée, quantitativement et qualitativement (lisez sur ce point le Focus stratégique de Martial Foucault, « Les budgets de défense en France, entre déni et déclin », publié en juin dernier).

Dans ce cas précis, le SIPRI nous apprend ainsi que, les dépenses militaires de l’Algérie sont passées de 2.7 milliards de $ en 2000 à 8.17 milliards en 2011. Si la part du PIB consacrée aux dépenses militaires était, en 2011, semblable à celle de 2010 (respectivement 3,6 et 3,4%), cette augmentation des dépenses en termes absolus a permis au pays de devenir, sur la période 2006-2010, le 8ème acheteur d’armes au monde.  Alger apparaît donc bien comme une puissance militaire régionale avec laquelle il faudra de plus en plus compter.

source

————

Les dépenses militaires de l’Algérie, estimées actuellement à 13 milliards de dollars, atteindront 16 milliard de dollars à l’horizon 2020 selon le rapport « The Algerian Defense Industry – Market Attractiveness and Emerging Opportunities to 2020 » du cabinet américain de recherche Market Research.