Jamouli Ouzidane

L’héritage catastrophique de Benbouzid ;

Benbouzid vient enfin d’être retiré de la liste du nouveau gouvernement algérien. On a pensé qu’il serait judicieux de faire un bilan succincte de cet homme qui a pris pendant 19 ans la destinée de l’éducation algérienne et donc l’avenir et la survie de la société algérienne. L’éducation, c’est l’avenir d’une nation; sa survie dans un nouveau monde ; la société du savoir est le futur pouvoir (1) !!!

Benbouzid a fait son bac au lycée technique de Khaznadar à Constantine en 1973. Il a fait ensuite toutes ses études dans l’ancienne URSS avec un Phd en 1984. Il rentre à l’université de Blida dans l’institut de mécanique pour devenir son recteur en 1991. On assiste ensuite à une ascension fulgurante comme s’il était prédestiné au pouvoir; de 1993 à 2012, pendant 19 ans , il sera ministre délégué, ministre de l’enseignement supérieur, de l’éducation nationale, de la jeunesse et du sport et finalement de l’éducation.

Benbouzid est le seul responsable de la situation catastrophique du système éducatif en Algérie actuel.

La génération 60- 80 a été à la hauteur si en voit notre état d’analphabétisme en 1962. 96% de la population féminine  et 94% de la population masculine indigène était analphabète. Le gouvernement a créé des universités, recrutés des enseignants étrangers performants, et donné des bourses à l’Étranger. Notre système éducatif était reconnu comme l’un des meilleur en Afrique pour devenir maintenant l’un des derniers … la première université algérienne est classé à la 4116 ème place dans le monde (2) !

On a eut jusqu’à 1 million d’éleves en 1967 pour arriver à 3 million en 1975 et 6.5 million en 1991-92. En 1990, le budget de l’éducation avoisinait les 29.7% national alors qu’il était de 16% en 1985. Donc l’éducation a reçut plus mais a fait uniquement dans la quantité. (3)

Je pense que Benbouzid a été la plus grande catastrophe contemporaine de l’Algérie depuis sa venue à l’université de Blida. La communauté scientifique peut assermenter qu’il n’a jamais été un scientifique dans le sens qu’il s’est investi dans la recherche, publication , brevets … Il a été la uniquement pour mater la rébellion des enseignants et il a été machiavélique et sans pitié en utilisant le contexte de la décennie noire pour faire taire toute dissension !

Il n’a pas tué seulement l’Éducation depuis deux décennies mais il a surtout tué l’avenir de l’éducation en Algérie car les personnes analphabètes ont maintenant des doctorats et enseignent à l’université ou l’inculture du plagiat et du copie collé a bouclé la boucle maintenant. Des scandales touchent non plus des étudiants mais des professeurs et doctorants (4).

Notre génération étudiante des années 60-80 avait la chance d’avoir des vrais enseignants, coopérants et ensuite des bourses par milliers pour la classe moyenne ou pauvre que nous étions. La situation actuelle est dramatique et irréversible sans aller dans les détails.

On s’en fout que la politique, la justice, l’économie soient perverties puisque l’éducation nous permettait toujours d’espérer dans un futur ou nos élites intellectuelles et scientifiques pouvaient redresser la barre, concurrencer les technologies nouvelles et les sciences qui sont arrivés à  un niveau sans précédant. Au lieu de cela, nous sommes devenus la risée du monde. J’ai entendu parler de bourse Phd en Tunisie !

Comment allons nous, nous nourrir demain, acheter nos marchandises industrielles sans ressources pétrolières. Nous n’avons pas utilisé ces ressources périssables pour faire des ressources renouvelables ; les ressources humaines; la société du savoir ou l’université est source de richesse grise et non pas un gouffre financier pour l’état et le peuple … !

N’est-ce pas une honte nationale pour ce peuple que pour avoir une simple route ou un simple bâtiment, on doit faire appel à des chinois. Ou sont nos centaines de milliers d’ingénieurs et de techniciens que Benbouzid nous vante les chiffres !!! Je rappelle qu’en 1980, l’Algérie été capable d’entamer un projet de recherche nucléaire avancé, avec ces mêmes chinois et argentins, et avec des vraies élites scientifiques comme Hadj Slimane ou Tatah Boualem ; Toute l’intelligentsia qui a fini en Europe et en Amérique ! Une intelligentsia qui nous a couté des fortunes et que l’occident recouvre gratuitement  !

Tout cela est l’héritage de Mr. Benbouzid que nous communauté universitaire algérienne considérons comme un crime contre le peuple algérien;  un crime dont les conséquences se ressentirons encore des décennies car les virus ont pris en main tout le système éducatif de l’Algérie en le mettant dans un état végétatif ; une infection à l’état final !

Le ministère de l’éducation de Mr Menbouzid n’a jamais eut de feuille de route authentiquement algérienne;  Il n’y’a jamais eut de conception locale mais des vulgaires reprises de concepts externes ; des greffes rejetées !

Madame Grifou (5) explique dans son livre que le système éducatif algérien est issue du systeme de Pavlov, comme celui que les américains ont conçut pour les émigrants qui ne connaissent pas la langue anglaise, pour les analphabètes et même pour les singes pour la communication …

avec une différence ;

- en 1960- 1974 ; le concept de Pavlov n’est pas applicable car les élèves étaient formés sur la base des programmes laissés par la colonisation (avec des enseignants étrangers coopérants en majorité) et non pas des algériens (même s’il y’avait des instructions ministérielles) ; Ils savaient lire, écrire et parler.

- en 1980 - 1990; On a tout démolit et on essayé de reconstruire mais on avait pas d’architectes, On a donc laissé un champs de ruine.

En revenant à Mr. Benbouzid, son background en engineering ne le prédestinait aucunement à la gestion de l’éducation, la pédagogie ! Il est ici aussi analphabète qu’un peintre dans la soudure. C’est cela notre malheur alors que les universités débordaient de génies dans le management de l’éducation qui ont des expériences internationales. En plus de son mépris pour ses collègue de l’éducation et ces milliers d’enseignants qui ont fait des grèves de la faim, qui ont été poursuivi en justice … il n’avait ni l’art et encore moins la manière de gérer, communiquer, et surtout écouter les antagonistes ; les enseignants comme les élèves.

Par extension, tous les ministères algériens de l’éducation aux pêches, n’ont jamais gouverné. Ils ont des experts internationaux qu’ils payent pour leur donner des feuilles de route sans besoin de développer de leur propre génie et du génie de milliers d’universitaires algériens complètement déconnectés de la vie publique, économique, culturelle, éducative et sociale.

Une dernière question qui restera comme l’énigme de Mr Benbouzid ; qui lui a permis de rester presque 20 ans au pourvoir dans l’un des ministères les plus vitaux d’une société ; l’éducation nationale !

 

Et maintenant que faire !

Maintenant au delà de la situation,  reste la question fatale ; Que faire !

A mon humble avis, la seule et unique solution pour l’Algérie en terme d’éducation (et même en terme de technologie, économie, entreprise …) est de s’amarrer à la diaspora qui elle a déjà montré sa compétence à l’échelle internationale.

Juste le cas du Pr. Omar Aktouf qui nous a réitère, dans une entrevue pour Algerie Network, sa disponibilité pour aider l’Algérie avec son large réseau international. On a aussi des milliers d’algériens dans les quatre continents ; universitaires prestigieux, hommes d’affaires, et entrepreneurs qui peuvent aussi aider si la volonté est réelle. L’ancien systeme les invitaient dans des shows pour la télé et après aucun suivi.

Nous avons aussi en Algérie des milliers d’universitaires qui gardent encore le niveau international en bravant toutes les terreurs d’une administration qui leur refuse l’assistance pour publier leurs recherches, assister à des conférences internationale, acheter les matériaux et logiciels dont il ont besoin pour faire leur prototype, …

Ces deux ressources peuvent s’amarrer l’une à l’autre pour former un formidable potentiel de savoir capable de sauver l’Algérie des vrais défis de demain ; la société de savoir et rattraper ce temps, ces énergie set ces milliards de $ qu’un systeme pervers a gaspillé pendant au mous les 20 dernières années du règne sans partage de Mr. Benbouzid sur notre système éducatif qu’il nous laissé dans un état lamentable.

On attend le changement politique pour faire arrimer cette dernière ressource salvatrice pour l’Algérie …

Références ;

(1) ; Alvin Toffler ; Les Nouveaux Pouvoirs, 658 p., Fayard, Paris, 1991, (traduit de Powershift, New York, 1990) ;

(2) Classement des universités algériennes dans le monde… http://www.arwu.org/ARWU2009.jsp

(3); algerie education

(4); Les dérives de l’université algérienne, mythes ou réalités, Lire à ce propos Chourouk du 23 décembre 2009, et An Nahar du 6 janvier 2010.

(5) M. B. GREFFOU – l’école algérienne d’IBN BADIS à PAVLOV. Ed. Laphomic, Alger 1989.

 

Jamouli Ouzidane

AlgerieNetwork

 

note ; lire notre intervention dans notre blog sur le même sujet ;

Jamouli Ouzidane

Algérie : Déchéance Tragique de l’Université et de la Pensée Algérienne