de Abdelouahab Mokhbi

        Le visage charismatique du combat du peuple palestinien pour le droit de vivre libre sur sa terre.

Je suis évidemment  heureux pour nos amis palestiniens.   Connu par  le monde entier comme un peuple combattant pour recouvrer sa terre usurpée, le voilà reconnu au sein de la communauté internationale comme un non-membre, c’est dire le non-événement d’hier dont l’assemblée générale de l’ONU fut le théâtre.

      La joie des palestiniens est naturellement émouvante. Contraints  à vivre aux confins du désespoir depuis soixante ans, les voilà admis aux premières loges pour observer de plus près les rouages de ce machin, qu’est l’ONU, et qui a participé à les déposséder de leurs terres. A défaut de disposer du titre de voyage pour monter de plein droit dans le train de l’histoire des peuples, ils accèdent aux quais!

Non-existants, autant qu’ils disparaissent !

              Le vote négatif des États-Unis sous la férule d’un Obama, confirmé dans son rôle de « slave domestic » de l’establishment américain, est sans surprise; l’Amérique a depuis longtemps remis son chéquier à blanc à disposition de son protégé pour qu’il   couvre toutes ses exactions, toutes ses transgressions afin d’assouvir sa volonté de pousser sous le train l’espoir du peuple palestinien de vivre librement ; alors même que la majorité de ce peuple martyr vit réfugiée sous d’autres cieux et d’autre terres de celle de leurs ancêtres qui les a vu naitre. Il semblerait que pour cette Amérique le simple fait de reconnaitre le droit des palestiniens à jouir d’un statut en deçà de la légalité internationale menacerait la paix. Ce n’est pourtant pas la lecture que fait François Hollande,  qui donnent pourtant quelques raisons à Alain Gresh du Monde Diplomatique pour s’interroger, sur son blog ,* si l’actuel locataire de l’Élysée  ne se fait pas écrire ses discours  sur le Proche-Orient   par le CRIF; Le président français choisit de passer outre les injonctions israëlo-américaines , arguant par la voix de son ministre des AE, Laurent Fabius un souci de cohérence. Ce qui ne manque pas de subtilité.  C’est même de la haute voltige diplomatique quand on sait la totale soumission de François Hollande aux exigences israéliennes qu’il devance le plus souvent à coup de déclarations en faveur d’Israël que Nicolas  Sarkozy  n’aurait pas osé faire de peur de pécher par excès de zèle.

Cachez-moi ce rameau d’olivier que je ne saurais voir !

            Au mois de novembre 1974, il est invité  par 105 voix contre 4 et 20 abstentions à parler devant l’assemblée générale de l’ONU ; Yasser Arafat n’a pu le faire à New York. L’Amérique avait fait obstruction  à la volonté de tous. Ce fût  l’assemblée générale qui se déplaça à Genève pour recevoir le leader palestinien. Que craignait donc l’Amérique à autoriser Arafat de venir à New York. Ses paroles ou ce qu’il avait à la main ? les deux mon général !  Le charismatique leader qui avait consacré sa vie à lutter pour la dignité de son peuple avait en véritable tribun avait laissé parlait son cœur pour baliser le chemin de la paix avec un discours historique. « Ma joie, avait-il souligné, c’est d’être à Genève, là où la justice et la neutralité sont un flambeau et une constitution dans un monde où ceux qui croient à l’arrogance de la force brute perdent la neutralité et le sens de la justice qu’ils portent en eux. C’est pour cela que la décision de votre auguste assemblée, adoptée à la majorité des 154 Etats, de tenir ici même cette réunion, n’est pas une victoire sur une décision américaine. C’est la victoire du consensus international en faveur de la liberté, c’est un plébiscite sans précédent en faveur de la paix, et c’est la preuve que la juste cause de notre peuple s’est définitivement enracinée dans la structure même de la conscience universelle. »** Dans sa main il arborait un rameau d’olivier, au cas où les mauvais élèves n’auraient pas compris les paroles.  Cette prédisposition pour la paix était naturellement insoutenable pour Israël, elle contrariait trop les desseins belliqueux, annexionnistes et génocidaires de l’état sioniste. C’était suffisant pour lui refuser le visa pour mettre les pieds sur le sol américain quitte à heurter l’écrasante majorité .

Des morts  en guise de barricades sur le chemin de la paix.

Arafat avec le rameau d’olivier devant le concert des nations est une image que l’on ne devrait pas remisé aux oubliettes. Yasser Arafat, les analyses en cours l’infirmeront ou le confirmeront, est vraisemblablement   mort empoisonné au plutonium pour n’avoir  voulu que la paix. Sans préjuger des résultats, sa mort est si mystérieuse que l’on peut s’autoriser à penser  que la cause en est son refus obstiné de camper le rôle de fossoyeur  des attentes de justice et de liberté de son peuple qu’il incarnait pleinement.  Il ne voulait surtout pas être le Hamid Karzaï de la Palestine ; Assiégé par Tsahal, sa mort fut mis en scène dans une terrible solitude et sous un silence aussi assourdissant que celui qui a accompagné les carnages de Gaza en 2008 et en 2012. Menahem Begin avec qui il avait négocié et conclu les accords d’Oslo avait été aussi assassiné. Yasser Arafat, lui-même, avait rendu hommage à la probité, la loyauté et à la sincérité de l’homme.  Désirer la paix avec  de la  détermination et y mettre de la bonne volonté est décidément fatal quand on se retrouve face à l’arrogance sioniste disposant d’une  puissance incontestée à semer la mort.

David contre Goliath, encore et toujours !

Mais nous le voyons dans la vie des nations, hier et aujourd’hui, tant de certitudes mises en œuvre avec  une suffisance et une résolution implacables  finissent par s’effondrer lamentablement. Il serait raisonnable d’apprendre à douter.  Des  certitudes inébranlables, vendues aux hommes pour être scientifiques, Érigées sur des fondements  bibliques et  imposé par la force, les injustices et les malheurs dont l’état d’Israël fait sa raison d’être finiront par se dissiper. La lumière qui finira par inonder le monde, le réveillera et annihilera le mensonge ;  comme pour d’autres inepties inébranlables,  le temps s’avèrera impitoyable pour ceux qui n’aiment pas l’humanité chez les autres hommes.  Une chose est certaine je ne miserais pas un Kopeck sur l’issue choisie par les puissants suppôts du sionisme pour ce combat opposant « des enfants défient [avec des pierres] l’occupation, ses avions et ses chars, et font revivre dans les mémoires l’image nouvelle du David palestinien aux mains nues face au Goliath l’Israélien bardé d’armes. »*…En attendant Israël, sûr de son invincibilité et si désireux de réaliser sa domination promise, continuera son terrorisme de masse. sans tergiverser ni chipoter, je donnerais bien un conseil aux leaders d’Israël, passer une éternité à regretter des crimes irrémissibles est un sort que personne ne vous enviera, surtout pas vos victimes.

*Le CRIF écrit-il les discours de Hollande sur la Palestine ?  http://blog.mondediplo.net/2012-11-27-Le-CRIF-ecrit-il-les-discours-de-Hollande-sur-la

**Discours de Yasser Arafat devant l’Assemblée générale des Nations unies : http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/arafat88-fr

de Abdelouahab Mokhbi