Abdelouahab Mokhbi

Les palestiniens de Ghaza sont pris en otage sur une « la bande» transformée en un camp de concentration où ni la nourriture ni les médicaments réunis grâce à la générosité et à la compassion active d’hommes et de femmes qui œuvrent au sein des ONG internationales n’arrivent librement pour cautériser les blessures d’un peuple déchiqueté, pour soulager ses malheurs ; pour simplement tenter d’humaniser le désastre qui le frappe.

C’est le cardinal Renato Martino, président du Conseil du Vatican pour la justice et la paix, qui a qualifié (8 janvier 2009) la bande de Ghaza assiégée par l’armée israélienne d' » immense camp de concentration. » ce qui a provoqué l’ire d’Israël qui l’accuse d’user de termes « tirés de la propagande du Hamas ». Courageusement, il signe et persiste dans La Repubblica : « Je dis de regarder les conditions de vie des personnes qui vivent là-bas. Entourées par un mur qu’il est difficile de franchir. Dans des conditions contraires à la dignité humaine. Ce qui se passe ces jours-ci fait horreur », a-t-il de nouveau martelé, maintenant ses propos et soulignons que les accusations dont il fait l’objet ne le touchent pas.

L’estocade de Moubarak

Le probable finit par devenir possible, le pire est à venir. Le blocus de Ghaza israéliens est aujourd’hui conforté par la volonté du régime de Hosni Moubarak d’affamer davantage la population ghazaouis en entreprenant la construction d’une barrière métallique souterraine pour anéantir cette « économie des tunnels» qui maintenait la bande de Ghaza sous une maigre et aléatoire perfusion.

Le Caire laisse dire que sa décision égyptienne intervient en représailles contre le Hamas. Ce dernier est naturellement puni pour avoir en refusé de parapher le plan de réconciliation interpalestinien, négocié par l’Egypte. En réalité, Moubarak devance les désirs de Tel-Aviv, avant qu’ils ne lui soient exprimés, en donnant des gages de loyauté envers Israël allant jusqu’à bloquer l’aide international dans le port égyptien d’Al-Arich. Il y a bien, selon lui, une coordination entre Israël, l’Egypte et les Etats-Unis contre le Hamas : « L’Egypte n’avait pas besoin de construire un tel mur, au risque de précipiter une nouvelle catastrophe humanitaire à Ghaza, pour adresser un message politique au Hamas. Si elle le fait, c’est parce que tout cela fait partie d’un plan plus vaste. » Cela parait évident pour Omar Shaban qui dirige le centre d’analyses Pal Think2, à Ghaza

Les enfants d’abords !

Invariablement, les morts sont toujours palestiniennes. Assoiffés par l’accaparement des ressources hydriques, et la surexploitation des faibles réserves qui leur sont dévolues au profit des colonies enclavant « les territoires palestiniens» dont ils sont progressivement mais fatalement expropriés, les palestiniens sont méthodiquement affamés A Ghaza, les 8.000 colons juifs qui ne représentaient que 0,57% de la population, contrôlaient 25% du territoire et 40% des terres arables soit respectivement une surreprésentation de 43 et 70 fois plus élevée pour les colons comparativement à la population palestinienne et naturellement, sans jeu de mot, ça coule de source, la part du lion des ressources limitées en eau.

50% des 1400 victimes des frappes sur Ghaza, de l’hiver 2009, sont des enfants. L’émoi suscité par les obus sont lâchés sciemment sur les écoles gérées par l’ONU tuant quarante enfants, Le 6 janvier 2009, n’induit aucune réaction susceptible d’inquiéter Israël. Les faits les plus insoutenables n’empêchent pas les puissances de ce monde et leurs médias de renvoyer dos à dos victime et bourreaux, consacrant la parité pour les torts dans la persistance du conflit israélo-palestinien. Ce qui se révélera bien un jour comme une insulte à l’intelligence des hommes et à leur sens de l’équité.

Mohammed Ad-Dura, ce garçon de 12 ans, vous l’abattiez de sang-froid par un soldat israélien, le 30 septembre 2000. Blottis dans les bras de son père qui n’avait que les mains nues pour tenter, dans un geste dérisoire, de protéger son fils contre les balles chargées de haine. Cet enfant restera à jamais le symbole de tous les enfants palestiniens assassinés ; les images fixées par le reporter de France2, de nationalité Israélienne, Charles Enderlin, hanteront vos consciences jusqu’à la nuit des temps. Rien que l’humanité que ce geste furtif du père suffit à vous fait vouer aux gémonies de l’Histoire. La démesure de l’arme et l’impuissance de la victime trahit à l’évidence votre angoisse face à la justice immanente des siècles avant d’être jugé par le Créateur des siècles.

Vous n’avez pas inventé la violence dans l’Histoire ; vous en avez été les victimes ; votre exigence aurait du être de ne jamais y recourir, d’œuvrer pour l’éradiquer. Au lieu de cela, vous céder pour l’exercer avec une telle débauche de moyens que vous en oubliez qu’il existe un Dieu Puissant. Vous pilonnez les écoles d’enfants, les universités des savoirs, et ne parlons pas des Mosquées, vous en avez fait sauter au moins 13. Se sont là vos objectifs militaires. Il n’existe aucun sanctuaire que vous respecteriez pour les enfants, les femmes, les vieillards,

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