Abdelouahab Mokhbi

Que dire aux criminels qui président aux destinées de l’Etat hébreu ? « Vous vaincrez, parce que vous possédez plus de force brutale qu’il ne vous en faut», C’est ce que lança le philosophe Unamuno pour faire face au général espagnol Milan Astray qui, dans un amphithéâtre, s’égosillait à crier : « A bas l’intelligence, vive la mort.» ; le Viva la muerté de cette Espagne noire. En plus de la brutalité vous avez davantage de cruauté et de détermination.

Je vous plains ! A peine revenu des confins de l’enfer des camps nazis, vous vous appliquez méthodiquement à conduire des hommes et des femmes, arrivés de tous les coins de la planète, droit dans le mur de l’Histoire ; là où commence la damnation irrémissible. vous vous obstinez à accomplir ce qui est écrit ! Quel courage ! Votre détermination à mériter l’enfer du Dieu de tous les hommes force l’admiration.

Ne pas triompher avant de vaincre !

De pacte violé en guerre éclair, la fameuse Blitz-Krieg, grande désillusion d’Hitler, vous entendez exterminer les palestiniens. La lâche impunité dont vous jouissez et l’inanité qui vous fait croire que le temps est pour vous, vous aveuglent. Vous noyez le monde de votre mensonge pour voiler votre entreprise génocidaire. De Hitler, vous n’avez retenu que les mauvaises leçons celles de Mein kampf, lorsque il explique que les masses n’ont ni entendement ni mémoire. Vous pavez si fermement votre funeste destin annoncé avec tant d’injustices et de cruautés que vous impressionnez. Vous suscitez l’admiration par votre aptitude à ne pas douter de vos propres mensonges. Votre âme est si blindée que malgré les mains sales des carnages d’innocents vous n’avez pas de nausées !
Méditez plutôt !

La veulerie des dirigeants arabes tapis dans leurs résidences ne doit pas vous tromper. L’image de la pendaison de Saddam, un jour de fête, les hante. Ils n’osent plus sortir prendre de l’air, ils préfèrent se calfeutrer avec leurs cauchemars. Méfiez-vous pourtant de votre apparente invulnérabilité.

La nation arabe n’a pas fini avec les humiliations en subissant vos innommables forfaits mais enhardissez-vous avec mesure. Les retournements de l’Histoire ne se font pas annoncés ; Souvenez-vous de la solitude de De Gaulle, ce 18 juin 1940 ; Hitler, arrogant, l’esprit sous l’emprise de la vengeance et surtout désireux d’instrumentaliser les symboles, fit ployer l’échine au gouvernement de la France sous un surplus d’humiliations en imposant que l’armistice fut signé dans cette clairière de Rethondes où avait été signé l’armistice de 1918, et dans le même wagon. Hitler se délecta avec ostentation de l’affront qu’il fit à l’ennemi défait pour que le traumatisme s’inscrive dans les tréfonds de la conscience de la nation afin de l’ébranler plus profondément. On connaît la suite.

Ils sont pris comme des rats ! Bombardez, éradiquez, semez la mort !
Offrez des Palestiniens en holocauste. Ils sont faits comme des rats. La souricière est parfaite, beaucoup plus efficace qu’à Sabra et Chatila, ils sont enfermés dans le noir. Pharaon serait fier que ses esclaves se tranforment en émules et dépassent les bornes qu’il s’est lui-même mis. Tuez les palestiniens, Des non juifs, bon sang ! Ariel Sharon avait méticuleusement mis au point le scénario macabre des massacres des populations civils de Sabra et Chatila.

Sans fléchir devant les horreurs exécutées froidement par les milices qu’il avait armé et dirigé, il eut ces paroles encore plus insupportables que les crimes eux-mêmes : « des non juifs ont tués des non juifs, où est le problème ?». C’est à faire pâlir de jalousie, Hitler qui dans sa vaine tentative de réifier le genre humain, non aryen, comme les hommes de l’Est, s’est arrêter à les placer au rang de « Oesterich untermenchen», (« sous hommes» de l’Est). Qui est l’élève, qui est le maître ? D’accord ! Pas d’histoires ! Il est vrai que les Israéliens n’ont pas encore fini avec la géographie qu’ils redessinent sans cesse. Ils sont un peu plus contrariés à Ghaza qu’en Cisjordanie. Mais avec tant de cœur à la tâche, ils y arriveront. Si en Espagne, selon la terrible phrase de Saint-Exupéry : « On fusille ici, comme on déboise», à Ghaza, nous ne sommes plus en 36-39, l’aviation israélienne sème la mort sur la pépinière !
Retour à la foi.

On ne peut pas échapper à l’Histoire. On peut jouer à cache-cache avec la petite mais jamais avec la grande. Les évènements, dont Ghaza furent le théâtre, ont un caractère aussi biblique que coranique, prodigieusement instructifs, notamment en mettant à nue les hypocrites et en rendant assourdissant les silences complices. Voilà un peuple désespéré, reclus sur son territoire que l’on assassine.

Une communauté internationale que l’on invoque pour diaboliser le Hamas mais qui serait insensible, irresponsable aux meurtres d’enfants sous sa protection. Ghaza, ce fût le carnage à huis clos. La mort arrive par air, par terre et par mer. La désespérance infernale, sous laquelle Israël cherche à enterrer le peuple de Palestine, est infiniment plus atroce que celle du peuple juif pourchassé par les troupes du Pharaon. Dieu dit dans le Coran l’avoir préservé sa dépouille pour son qu’il témoigne au monde de sa petitesse. c’est tout naturellement que l’image de cette momie impose de penser au corps d’Ariel Sharon, avec tous les branchements y afférents. Après avoir été important, imposant et puissant, voilà que ni la terre ni le ciel et ni l’hypothétique purgatoire n’ont veulent de ce corps qui n’est pas près de connaître le repos.

Le parallèle entre l’arrogance pharaonique et celle d’Israël aujourd’hui est saisissant. Pharaon n’a-t-il commencé par faire la guerre aux enfants juifs d’Egypte comme aujourd’hui Israël. Notre prophète Moussa (Moïse) n’a-t-il pas été sauvé des griffes de ses poursuivants grâce à l’affectueuse sollicitude avec laquelle Dieu l’a affermi dans la vie, dans la Voie. Comment en ces jours où l’on célèbre Achoura, qui a son pendant chez les juifs qui jeûnent ce jour là, massacrer cruellement 40 enfants et se revendiquer du message de Moïse. C’est le summum de la perversion, de l’hypocrisie et de la bestialité la plus outrageante pour le prophète Moïse. Ce sont les musulmans qui portent l’héritage du testament de Moïse, dans leur Coran, dans leur cœur. La conviction que Moïse sera le premier à les condamner ceux qui commettent ces crimes affreux et innommables en son nom adoucit la peine qui me taraude l’esprit et me déchire le cœur.

Sortis d’Egypte, le peuple juif ne s’étaient-ils pas divisé. Au grand dam du prophète Aron, un clan, en l’absence de Moïse, ne s’est-il pas mis à adorer le veau d’or ? En renonçant au Dieu unique, n’ont-ils pas céder à la tentation d’imiter leurs maitres et oppresseur qui se donnaient des Ibis, des chats, et que sais-je encore-quoi, pour divinités ? En adoptant une variante de la religion de leurs maitres d’hier, les victimes ne cherchaient-ils à s’illusionner à se sentir aussi puissantes que leurs persécuteurs. Aujourd’hui, d’autres juifs que personne n’écoute refusent l’idée même de la création d’Israël, d’autres optent pour anéantir toute humanité dont ils sont porteurs au lieu d’en témoigner.

Je me console avec ma foi. Je ne crois pas que le Dieu d’Abraham, de Moise, de Jésus et de Mohamed puisse absoudre ceux qui s’obstinent à faire le mal absolu sous prétexte que la terre des palestiniens leur aurait été promise et que le paradis leur serait déjà réservé. A l’Instar de Paul, dans son Epitre aux Romains, doit-on encore s’interroger si Dieu est seulement le Dieu des Juifs ?

Abdelouahab Mokhbi: Algerienetwork