Abdelouahab Mokhbi:

Jacques Attali est un personnage prolifique même si Serge Halimi, du Monde Diplomatique.fr, le trouve grandiloquent. Il lui reproche surtout de n’avoir d’autre légitimité que celle de bénéficier de la faveur du prince. Le fait est qu’il fût parmi les juifs du président5 le conseiller auréolé d’une réputation la plus surfaite parmi les hommes de la garde rapprochée de François Mitterrand. Nicolas Sarkozy, en lui confiant la responsabilité d’un rapport destiné à « libérer la croissance française», lui avait promis « Tout ce que vous proposerez, je le ferai».

Depuis Sarkozy s’est certainement souvenu que l’économiste Jacques Attali s’est fait viré de la présidence de la banque européenne de développement des pays de l’Est (BERD) plutôt pour incompétence. Devant l’extravagance des propositions, Sarkozy s’en certainement mordu les doigts pour s’être engagé avec autant d’imprudence et d’impulsivité. Ce scribe moderne revisite les mythes fondateur d’Israël pour les opacifier d’avantage, faisant l’amalgame entre « Israël créée il y a 60 ans et Israël du roi David qui a vécu 60 ans, il ya de cela 3000 ans ». Même si les administrations américaines et les gouvernements européens sont indubitablement complices d’Israël, ramener le conflit israélo-palestinien à un affrontement entre l’Occident et l’Orient, dont le Moyen-Orient est le théâtre, est une pure propagande que distille Jacques Attali sur La Chaîne Parlementaire.

Le prosélytisme politique de M Attali est de la même veine que ces prédictions pour la décennie 2010-2020, les ménages se composeraient que de trio qui formerait des couples simultanées. Attali voit donc la structure sociale des français basée sur échangisme, institué en mode de vie. Pour religion, les bonnes gens adopteraient une sorte de pot-pourri fait de christianisme non catholique, de bouddhisme et d’islam. Aujourd’hui comme hier, l’exercice auquel M. Attali s’adonne porte un nom, l’impudicité. Même si son immodestie légendaire doit en souffrir, je conseillerais charitablement à Jaques Attali de revoir sa copie car sa boule de cristal divague.

A moins qu’elle ne s’amuse à lui faire prendre ses errements intellectuels pour de la perspicacité ? Notamment lorsqu’ il affirme des inepties sur la longévité d’Israël qui dépendrait « de la capacité d’Israël à se défendre seul» Quand Gideon Levy, Editorialiste de renom au quotidien israélien Haaretz, affirme qu’ « Israël n’est rien sans le soutien des Etats-Unis sur le plan politique, économique et militaire. Les Etats-Unis ». Ce dernier appelle Obama à agir en véritable « ami d’Israël en la contraignant en usant de ce pouvoir pour la forcer « à mettre fin à cette occupation qui illégale, inhumaine » et revenir la légalité internationale en restituant les territoires occupés après 1967. Au lieu d’être à coté de l’agresseur à chaque fois qu’il torpille toute initiative de paix. Israël a accueilli avec un superbe mépris l’initiative de paix de 2002 de la ligue arabe qu’elle continue à ignorer dédaigneusement sans qu’un de ses alliés ne s’aventure à l’importuner.

En revanche, l’administration américaine est omniprésente pour soutenir les faucons israéliens lorsque les pieds légers ils s’en vont répandre le sang palestinien, pour utiliser un langage paulinien. Il suffirait de destiner son verset, aux israéliens et leurs acolytes américains « ils ne connaissent pas le chemin de la paix » pour rafraichir sa pertinence très actuelle. Israël voit forcément grand ! bien au-delà des 57% qu’elle a dérobés à la SDN. Israël ne veut pas d’une paix avec les palestiniens qu’elle peut contenir derrières des murs et des check-points. Lorsque j’entends Gideon Levy, stigmatisant les dérives de son pays sur LCP, regretter qu’ « Israël [soit] en train de devenir comme Sparte, dans la Grèce antique. Des murs, des murs, des barrières… ». La lumière des versets 14et 15 de sourate 59,

La Mobilisation, jaillit éblouissante. « Ils ne vous combattront ensemble que dans des villes fortifiées ou de derrières des murailles. Leur rigueur est forte entre eux. Tu les comptes pour unis, alors que leurs cœurs sont divisés. Oui, c’est que ce sont des gens qui ne sont pas intelligents, à l’instar de ceux qui furent un peu avant eux- lesquels goutèrent la conséquence de leur acte : à eux, cependant le châtiment douloureux… »
A ce jeu là, je préfère prédire dans le marc de café l’effondrement d’Israël immédiatement après le clash intellectuel des élites occidentales présélectionnées en fonction de leur servitude à Israël et leur capacité de justifier toutes ses exactions.

Les médias et les chaines de télévision françaises sont une formidable vitrine. C’est la seul espace quasiment monochrome quant à la couleur confessionnelle des éditorialistes et autres présentateurs. Une chasse gardée communautaire. A moins qu’il s’agisse d’un miracle républicain qui fait de la minorité juive en France la communauté la plus visible et la plus influente au niveau de tous les médias.

En 1991, Bush père déclenchait une tempête du désert, sur l’Irak. Les Etats-Unis avaient pris la tête d’une large coalition internationale, dont la France, pour casser l’Irak durablement pour le seul bénéfice d’Israël sous le fallacieux prétexte de venir en aide aux populations kurdes et chiites. Tout au long de cette guerre, n’étaient invités sur les plateaux des différentes chaînes françaises de télévision que des personnalités de confession juive. Des intellectuels, aux hommes politiques en passant par les artistes, il fallait montrer patte blanche en approuvant avec l’enthousiasme nécessaire l’intervention de l’armée française. Ce n’est qu’une fois que le parlement ait voté l’engagement français, que france2 fit une exception en recevant Pierre Chevènement et l’Amiral De Gaulle dans une émission où ils accusèrent les journalistes d’avoir quasiment décider de la mise à disposition des américains des soldats français. Concernant l’intervention israélienne sur Ghaza, les télévisions françaises se sont « retenues» de montrer l’épouvantable réalité selon l’expression pudique employée par Pascal Boniface.

Il est certain que les chaines françaises ont joué un rôle crucial beaucoup plus efficacement que les troupes sur le terrain militaire. L’Europe est d’essence chrétienne et la France n’est la fille ainée de l’église catholique que quand il s’agit de signifier une fin de non recevoir aux ambitions européennes d’une Turquie alors qu’elle s’applique scrupuleusement à contenir l’islam de son peuple dans les limites d’une strictes d’une laïcité exemplaire

En se souvient du sondage, commandité par la commission européenne au mois de novembre 2003, qui fit paniqué Berlusconi qui assuré la présidence de l’Europe: Pour 59% des Européens, Israël fût considéré comme une menace pour la paix dans le monde, devant l’Iran, la Corée du Nord et les Etats-Unis, jugés dangereux à 53%. Ces résultats provoquent les récriminations d’Israël qui accusa les instigateurs du sondage de vouloir le dénigrer en cherchant à connaitre le point de vue des peuples européens. Un sondage du Pew Research Center6 sur la place de l’Amérique dans le monde, réalisé auprès de membres du Council of Foreign Relations (CFR) entre le 2 octobre et le 16 novembre 2009. Le sondage Pew n’a pas seulement révélé que la grande majorité, 2/3 des membres de cette institution élitiste en matière de politique étrangère, croient que les Etats Unis en ont trop fait en faveur d’Israël, mais aussi qu’ils ne considèrent pas Israël comme ayant en importance prioritaire pour les Etats-Unis.

Eté 2006, Ehud Olmert livra une guerre au Hezbollah qu’il voulut éclair. Mal lui en a pris ! Car c’est la queue entre les jambes, que Tsahal sorti du Sud Liban. Le Hezbollah est sorti grandi avec une crédibilité renforcée. En prenant le dessus sur Tsahal, le Hezbollah avait gravement écorné le mythe de l’invincibilité israélienne. Peut-être en a-t-il sonné le glas.

Les peuples se réveillent. Ils prennent conscience qu’Israël n’est pas autre chose qu’un monstrueux fait accompli qui ne peut se pérenniser que par une agression permanente. Pascal Boniface, dans une émission consacrée à l’offensive israélienne sur Ghaza, a rappelé le point de vue de Raymond Aron dans les années 7O sur Israël qui, aurait-il dit, « gagne les guerres mais perd les paix». Une paix durable anéantirait Israël.

Pour la première fois depuis Enakba de 1948, des voix s’élèvent pour demander de juger les criminels et rappellent que les crimes contre l’humanité, à Ghaza comme ailleurs, sont imprescriptibles et leur jugement constitue une règle non dérogatoire du droit international, au plus haut niveau des normes légales internationales. Le socle se fissure. Disons leur : Malheur à vous, criminels, la justice des hommes vous poursuivra, vos remords seront le moindre de vos châtiments. Je conclue en paraphrasant Mathieu dans son évangile ; combien même, vous dirigeants d’Israël, vous paraissez justes aux hommes, mais au-dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. Comment échapperiez-vous au châtiment de la géhenne

1. N’en déplaise à Hérodote, je me dois de reprendre sa citation ; comme Edmond Husserl (La crime de l’humanité européenne et la philosophie), je pense que « Dans la notion de Dieu le singulier est essentiel.»

Abdelouahab Mokhbi: Algerienetwork