Gratuité absolue de toutes les activités au sein des structures de la jeunesse

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Début juin 2016, le directeur de la jeunesse et des sports de la wilaya d’Alger a annoncé sa décision d’appliquer la directive de de Mrs Mohamed Hattab ministre de la jeunesse et du sport qui dicte une gratuités absolu de toutes les activités au sein des structures de la jeunesse  , et au passage évincer les tentatives malsaines de ceux qui visent à déstabiliser la bonne application de cette décision .Cette prise de risque dans un choix conscient , est un acte qui s’adapte au contexte actuel qui répond à une saine gestion des  maisons de jeunes . Le but ces dernières  en tant qu’espace de rencontre et de loisirs pour les jeunes ,  consiste à valoriser les jeunes à travers des activités, des projets créatifs et artistiques. En outre l’équipe éducative dotée d’outils pédagogiques est dans l’obligation  mettre en œuvre une démarche pour répondre aux objectifs du secteur en créant des ateliers dont l’accès sera désormais gratuit.

Circulaire à la main, Algérie Network a fait le tour de quelques quartiers où son implantées les maisons de jeunes afin de recueillir les impressions sur cette décision qui apparemment a fait le bonheur des uns et le malheur des autres .

M-Boubaker, gérant d’une surface d’Alimentation  rencontré à la proximité de la maison de jeune de Bouzaréah nous dit, Je suis entré dans la maison de jeunes à l’âge de 15 ans. Amoureux du théâtre, c’était pour moi le lieu dans lequel je pouvais vivre ma passion. Happé par cette passion, je ne me doutais pas que j’étais en train en même temps de me former à bien d’autres choses et à dire bonjour au reste de ma vie .Je n’avais pas alors idée qu’on appellerait ça un jour « l’apprentissage de la citoyenneté ». Adhérant, Bénévole puis animateur vacataire, j’ai à chaque étape bénéficié de l’aide d’une formation qui disait que demain était une promesse et qui tenait sa promesse. Nous étions  nombreux à avoir suivi ces parcours initiatiques. Nous venons de partout de Bouzareah, de beau séjour, de Chevalley et même d’Elbiar et de Bab el Oued ! Pourquoi de tels parcours ont-ils disparu ? Qu’est-ce qui a changé dans l’époque ? Si la maison de jeune  se veut être un lieu d’éducation, il est impérativement nécessaire que l’accès soit gratuit, une initiative que je soutien personnellement. Je trouve que l’éducation, un mot qui a perdu de son crédit  va ainsi  reprendre son droit dans nos structures.Milles bravos au djs de la wilaya d’Alger pour sa fermeté .

Malik, un jeune de 25 employé à la sureté de daira mitoyenne à la maison de jeune Hassane Elhassani  nous donne son point de vue et nous dit qu’il trouve courageux cette initiative et salut par l’occasion la DJS qui n’as pas hésité à la mettre en exécution .Pour moi dit ’il, éduquer signifie transmettre des normes et des valeurs. Une société qui désire avoir une mission éducative en dehors de la cellule familiale est une société consciente des valeurs qu’elle porte et veut les transmettre. Quand on veut transmettre avec cœur on ne demande pas de l’argent .Je suis contre la marchandisation des structures de l’état . D’ailleurs, je suis pour qu’on prévoit désormais des sanctions pour ceux qui faillissent dans cette tâche.

Rahma Slimani , enseignante dans l’école privé Aradja wa Tafaouk à Beau Séjours nous explique que ce geste nous prouve qu’il existe  des responsables du secteurs qui croient que les jeunes  se transforment et, par extension, que la société peut se transformer elle aussi .C’est pour cela qu’il doivent gérer cette transformation en menant des actions éducative en masse .Ouvrir grandes les portes des maisons de jeunes est le seul moyen de mener une action éducative sincère . Une société qui n’éduque plus est une société qui ne répare plus et qui ne pardonne plus. J’en veux à tout ce qui ont transformé ces lieux de loisirs et de détente éducative en centres de formations professionnels. nous cris t’elle .En tant qu’enseignante je peux vous confirmer une chose , Dans notre  système d’éducation nationale, de plus en plus de professeurs se définissent eux-mêmes comme des  enseignants  et disent ne plus vouloir être des éducateurs .On est tous occupés  à transmettre les contenus des programmes  armés de nos  référentiels de compétences .Les maisons de jeunes  doivent prendre le relais et compléter ce que nous nous avons manqué de faire .Je salue les éducateurs qui font admirablement leurs travail ce qui le font avec amour .Je pense que l’acte éducatif est un acte d’amour .la gratuité des activités va ainsi prouver qu’il y’a enfin des sentiments dans nos projets pour les jeunes .

Adossés au mur fraichement peints de  la maison de jeune de Beni Messouss Un groupe de jeunes  nous affirment  n’avoir pas entendu parler de cette décision .On devait afficher pour informer les jeunes du quartier, nous déclare un jeune en colère .Personnellement je ne le savais pas nous dit, Radouane licencié en science politique , actuellement agent de saisie dans un cybercafé .Il faut savoir informer , les jeunes n’attendent que ça .On peut enfin pouvoir  s’offrir le plaisir de pratiquer différentes activités sans être à chaque fois obligé de payer .C’est dans la maison de jeune et non dans la rue  qu’on  osent réduire nos écart de compréhension et de puissance et d’agir entre la réalité et l’action en partant nos expériences personnelles  .C’ est un véritable enjeu démocratique croyez-moi ! Ouvrir ces espaces gratuitement aux jeunes c’est abolir la distance entre la jeunesse  et sa tutelle. Les maisons de jeunes  ont été pensées et inventées pour ça non ? Moi je veux faire du théatre , de la musique chaabi le soir créer avec mes copains de quartier une troupe de Zorna et de dance classique Algéroise pour garçons ,nous cris Aymen ,un adolecent de 17 garçons .ykhi batal !!

Warda,  professeur d’art moderne à l’école National des beaux-arts nous raconte son expérience .Mon but était d’apprendre aux enfants  la reconnaissance et la réalisation de soi à travers le dessein. J’ai donc décidé de réduire mon temps de travail  pour me consacrer à des activités bénévoles  C’est un choix de vie , un  luxe , avec ses concessions .Je trouve que  c’est le minimum que chacun devrait donner aux autres surtout aux enfants . Ce qui m’a amenée , en 2014 , à faire le tour des maisons de jeunes  dans la région ouest d’Alger pour  donner des cours de desseins gratuits aux enfants .Croyez moi  , de toutes les maisons de jeunes que j’ai visité aucune n’a accepté de ne pas faire payer les parents .Je leurs avait pourtant  bien expliqué que je ne demandais aucune rémunération et que je ne voyais pas la nécessité de demander une cotisation  . À cette époque , une association de quartier m’avait ouvert les portes de son local située dans la banlieue d’Alger .Ce fût une très belle expérience . Les cours étaient gratuits les inscriptions aussi .On pouvait même s’offrir du matériel de dessein sur la vente symbolique des petites œuvres d’enfants !En appliquant cette  nouvelles décisions je pense que la DJS va redonner vie et sens à aux maisons de jeunes sous peine de les voir disparaitre. Je pense aussi que c’est une belle réussite  .Aujourd’hui, je suis toujours bénévole, Je mets  mes compétences professionnelles , personnelles , mon énergie et mon imagination à la disposition de n’importe qu’elle maison de jeune mais à condition , ne pas faire payer les parents qui peinent déjà à subvenir aux besoins de leurs familles.

H – B éducateur spécialisé directeur d’une maison de jeunes qui a préféré  garder  l’anonymat  nous affirme  être entièrement d’accord avec cette décision qui d’après lui va  freiner l’élan de certains magouilleurs. Nous avons la chance d’avoir  des moyens matériels , humains et financiers , et en surcroît une subvention pour gérer la maison de jeunes .Pourquoi proposer des activités payantes  avec des professionnels rémunérés par la direction de la jeunesse et des sports .Heureusement que nos responsables ont pris  conscience de l’urgence de faire de la maison de jeune , bien plus qu’un lieu marchand , un espace de rencontres , de débats , de découvertes , de solidarité et par conséquent de tolérance . L’énergie des personnes honnêtes  investies , professionnels et bénévoles, est le carburant le plus important. Si la finalité de toutes nos actions est l’épanouissement du jeune et de l’enfant , l’engagement intime de l’éducateur sincère  est forcément différent de celui qui pense à arrondir ses fins du mois . Il faut donc veiller à ne pas tomber dans les affres de ce genre de vautours humains .J’estime qu’il faut toujours fonctionner horizontalement pour préserver cette  énergies positives . La mise en place d’activités gratuites va certainement mettre à découvert les mauvaises intentions qui gangrènent ce secteur. Le djs aura du pain sur la planche !

Effectivement les maisons de jeunes  n’échappent pas à l’évaluation. Qui produit le plus ? Qui est rentable ? C’est la capacité des cotisations  qui est reconnue, aux dépens de la capacité pédagogique. Elles sont donc contraintes à investir au lieux d’instruire .

Pour avoir plus de précision sur le sujet ,contacté ,Mr Tarek Krache ,directeur de la jeunesse et du sports de la wilaya d’Alger nous affirme que les orientations stratégiques définies dans cette décision se traduisent notamment dans une programmation  qui évolue et témoigne de la  volonté  de l’état  à promouvoir tout ce qui touche à la jeunesse , d’où l’ accessibilité gratuite au plus grand nombre de jeunes aux  formations et aux activités dans toutes les structures de la jeunesse . Amener les activités  au plus près des jeunes, créer des espaces de convivialité et favoriser les échanges sont les objectifs de notre nouvelle aventure. Tous les programmes des maisons de jeunes  s’articulent autour de propositions qui offrent le temps de la détente, de la découverte et de la rencontre gratuitement au jeune .Désormais , sous ordre de son excellence Mr le Ministre de la jeunesse et du sport , aucune personne ne sera obligé de payer pour pratiquer une activité quelconque au niveau d’une maison de jeune  . J’estime qu’il faut trouver sous quelles formes et à quelles conditions les jeunes peuvent être pris en charge. Dans quels espaces et avec qui surtout. Traiter de la jeunesse dans l’espace public, sous ses diverses exceptions et ses multiples figures , n’est pas chose facile . Il est en effet défendable d’imposer et  dans l’urgence une  gratuité de toutes les activités dans les maisons de jeunes .Ces dernières sont   soutenues par la DJS qui œuvre pour une mise en cohérence d’un pilotage des activités où seront impliquées tous les partenaires. Associations et collectivités locales afin d’identifier les besoins des jeunes .On ne va pas réinventer la maison de jeunes ,a ajouté Tarek Krache ,mais je trouve que c’est très important  de créer des dispositifs d’organisation adaptés aux normes actuelles .Les jeunes sont une  force vivante et existante . Afin de positiver cette force , il faut en premier lieux mettre en place des programmes  pédagogiques qui ont un sens en assurant d’abord  la gratuité de toutes les activités et en favorisant par la suite  un maillage de relations entre les jeunes dans toutes les communes ,   d’où la nécessité  de provoquer des situations où les enfants et les jeunes vont apprendre  à traduire en acte et au quotidien des valeurs de base . j’insiste en particulier à multiplier les prises d’initiatives ,la préparation et la réalisation de différente actions au sein des structures de jeunesse . Je vise aussi à éveiller le sens critique ,chez ces jeunes et leurs apprendre à  contribuer à leurs propres épanouissement .Je pense qu’il faut cesser d’imposer des activités il faut justement  mettre en place des ateliers d’animation  gratuits  en fonction de l’esprit de créativité des jeunes ,a finis de nous expliquer le directeur de la jeunesse et des sport de la wilaya d’Alger

Les éducateurs s’installent dans la routine et vieillissent , les jeunes eux-mêmes vieillissent et s’éloignaient inéluctablement de ces structures de jeunesse . L’objectif politique de la jeunesse est terriblement bafoué .C’est au niveau des maisons de jeunes que les jeunes doivent trouver des ressources cruciales pour leur émancipation sociale . Bénéficier d’une gratuités  est un énorme pas . Espérons que les professionnels de la jeunesse sauront ouvrir leur porte et leur esprit aux jeunes dans toute leur diversité et à leurs nouvelles formes d’engagement. Les accueillir  dans des structures adaptées en périodes étudiées ,les écouter en tant qu’interlocuteur et faciliter la communication avec eux , vivre en groupe ,discuter ,mettre en œuvre des projets communs et respecter leurs opinions .C’est ce qu’on appelle faciliter la démocratie participative .Il faut savoir inviter les jeunes à repeupler leurs maisons de jeunes , instaurez le système de gratuité est un pas en avant non négligeable.

 Mayassa H-Khoudja