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Nourredine BELMOUHOUB

Entre la haine de la parole et la parole haineuse, depuis longtemps l’homme honnête tente de trouver la voix pour exprimer ses opinions. Voie qui devient étroite lorsque le moindre de ses propos peut être taxé comme entaché de sous-entendus, de relents, de tristes réminiscences. Une allusion à une coutume détestable -à l’aune de celui qui s’exprime- d’une communauté, et les menaces de procès sont agitées illico.

Drôle de démocratie où la tolérance est limitée aux opinions majoritaires de quelques élites visiblement minoritaires. Tant que le peuple sera réduit à ne pas avoir des droits légaux démocratiques, il sera l’esclave des seigneurs de la dictature, c’est pourquoi j’écris avec deux plumes, l’une trempée dans une encre au vitriol pour tourmenter les « terroristes » qui veulent me faire peur, l’autre dans l’encre de la liberté pour réveiller les marmottes.

Traduire en mots simples mais percutants, le profond sentiment de révolte de la majorité des citoyens, devant toutes ces couleuvres qu’on les oblige à ingurgiter depuis plus de cinquante ans. Il est temps, qu’à travers des plumes, qui savent si bien susciter le débat, éclate la colère profonde des sans-grade, des victimes désignées de la pagaille, qui en ont assez du profond mépris de cette abrutensia pensantes, qui à force de vouloir appliquer de grandes théories fumeuses et mal digérées , ont fini par perdre tout contact avec le réel et avec la vraie vie des gens du terroir et du trottoir urbain.

Le peuple qui travaille et qui souffre quotidiennement des dérèglements de notre société en a assez du mépris affiché par cette intelligentsia mal pensante Ces dérèglements qui sont le fruit de cinquante années d’utopies, de mensonges, de promesses non tenues, et de violentes violations des droits fondamentaux des citoyens, découlant d’un charlatanisme politique que nous ont imposé des bataillons de privilégiés à l’abri de leurs fonctions protégées, à l’abri desquelles ils ont beau jeu de cracher sur cette société qui leur accordent de confortables positions deconfort social en échange d’un fort mépris,  mépris fort réciproquement partagé, avec eux qui ont passé le plus clair de leur temps à chambouler cette société réelle, à laquelle ils sont totalement étrangers.

Le vrai scandale de la République crève les yeux mais n’est toujours pas désigné. Il est à rechercher dans la constante indifférence portée aux algériens par ceux qui prétendent parler en leur nom, mais aussi dans nos silences. Cette usurpation de pouvoir, que nous sommes nombreux à dénoncer depuis longtemps, est en train de révulser l’ensemble de l’Algérie silencieuse, de plus en plus choquée par les maltraitances qu’elle subit depuis plus de cinquante ans.

L’indifférence que recueillent les actions du gouvernement, est une des expressions de la rupture désormais consommée entre le peuple et les apprentis sorciers, qui dans leur quête de l’Homme nouveau, ont brisé l’homogénéité de la nation pour en faire un possible théâtre d’un prochain tsunami populaire aux conséquences imprévisibles, mais assurément catastrophique, résultat logique de leur stupéfiant mépris du peuple dans sa plainte existentielle.

L’impossibilité qu’ont les donneurs de leçons à se sortir du discours automatique, qui annonce des « propos nauséabonds » comme le ferait un disque rayé, suffit à démontrer leur  incapacité à réparer les désastres et l’exaspération qu’ils ont produits ou soutenus, et qu’ils nient encore. Leur aventurisme et sa délinquance spécifique sont une des révoltantes conséquences d’un angélisme imbécile qui persiste à penser que le peuple n’est pas apte à prendre en charge son avenir et le devenir des générations futures.

C’est au peuple de reprendre les choses en mains, l’opinion publique ne croit plus aux mensonges démagogiques éhontés d’un système abhorré, soutenu par de toxiques partis se donnant l’air de « ligues de vertus », qui ruent dans lesbrancards, à chaque fois qu’une voix s’élève pour dénoncer ce qui fait mal à l’Algérie et à son peuple, oubliant que c’est de l’avenir du pays dont ils’agit, et pas de l’avenir électoral du système, dont le citoyen lambda se fiche comme de sa première chemise.

Je mets ici « sécurité » entre guillemets, car c’est à l’aide de cette invention d’idiocrates, qui du fond de leur ténébreux cabinets noirs, abusent jusqu’à l’usure de leur sempiternelle stratégie du double déni, se gargarisant conjoncturellement de la défense et de la sauvegarde des personnes et des biens, tendant ainsi  telles des vierges effarouchées, leur « crainte » pour l’ordre républicain.

Premier et éternel déni : l’insécurité devenue un mythe, alors que c’est plus un sentiment qu’une réalité. Aujourd’hui, chacun sait ce que c’est, excepté évidemment ceux qui ont la conscience lourde, la tète dans la mangeoire, ou bien ces khammes –larbins de services- qui me font penser à ces ilotes grecques, soumis à des caporaux trainant un boulet, bourré de félonie et de haute trahison. Quant au deuxième déni : c’est la politique de ce système défaillant depuis 1962 qui est un échec, donc plus du tout crédible.

Echec aggravé un peu plus avec la « Farce » pour la paix et la réconciliation nationale, dont les articles 45 et 46, ne sont rien de plus, que des clefs qui verrouille les portes de la justice. Le Maitre de ce déni de droit, ce président n’est pas à l’abri de critiques -trop de paroles et pas d’actions-,d’ailleurs j’en ai suffisamment faites pour pouvoir le dire sans craindred’être taxé aujourd’hui d’inconditionnel et inconciliable rebelle, mais balancer en permanence que l’insécurité n’a pas disparu, il en est responsable et que c’est son patent échec personnel qui m’oblige à dire : Assez monsieur le président.

Aussi bien la manière dont a été foulé au pied le vote des algériens en décembre1991, que le manque de crédibilité des gouvernements successifs en matière de justice sociale, n’en font un parangon de vertu démocratique. Donc en 2014 c’est le pouvoir contre le peuple, on aura le déni d’un côté et le boycott massif de l’autre. Alors si à l’aide des partis inféodés et de leurs lièvres, c’est le système qui tentera de se recycler, pour le peuple se sera l’abstention. Comme j’aime mon pays j’espère qu’on se débarrassera de ce désastre à talonnettes.

Comment des responsables politiques peuvent ils ignorer les fondements de la nation algérienne ? Alors que tout est codifié à partir de la référence de la Déclaration du 1er  novembre,confortée par le Congrès de la Soummam. Aujourd’hui, les fondements de la République se sont complètement écroules sous le poids du régime de la malhonnêteté, de la corruption, et de la tolérance. Je parle de l’intolérance qui nous interdit de nous exprimer librement puisque leur tolérance signifie occupez vous de vos propres affaires et taisez-vous.

N’est-ce pas là un régime à la Staline qui est bien incrusté dans notre république, un régime fardé de démocratie comme nous le vivons actuellement avec aucun droit démocratique quelque soit pour le peuple. Comme au temps de Staline, en février 1992, la tolérance démocratique tant louée, ne fut en réalité, qu’un simple ticket dans les Guantanamo’s du désert algérien pour les cobayes de la république. La tolérance démocratique c’est la voix du peuple entier et non pas seulement celle des dirigeants politiques « imposés », et tant que le peuple sera réduit à ne pas avoir des droits légaux démocratiques, il sera l’esclave des seigneurs de la dictature.

Comment ces irresponsables politiques qui ne peuvent ignorer ces fondements ont-ils pu et peuvent encore pratiquer par volonté, une politique si contraire à tout ce que sont l’Algérie et son peuple, comme en témoignent, l’état de déliquescence morale de la société, et la crise de confiance manifeste.

Il y en a marre de coudre la bouche à ceux qui veulent dénoncer le totalitarisme du politiquement correct, assez des droits de l’homme revus et corrigés par la classe politique démissionnaire, devant la violence orchestrée d’une part, par les services de sécurité présumés défendre les personnes et les biens, et d’autre part, par un terrorisme administratif en violation flagrante et délibérée du Décret exécutif 88/131 régissant la relation entre l’administration et les administrés. Comment ne pas se rendre compte qu’entre le mal qui est fait au citoyen et les fossoyeurs de l’Algérie, le fossé est désormais infranchissable.

L’histoire nous a appris les trahisons de ces politiques arrivistes, prêts à tout pour leur propre orgueil. Ces usurpateurs de la volonté populaire, qui se moquent du peuple sitôt après avoir été élus, ne méritent pas une considération. Ils nous ont trahis et ils nous trahiront de nouveau ! c’est leur spécialité. A l’heure de voter il ne faut pas oublier la confiscation du pouvoir par une élite sectaire prétendument républicaine, ayant la vision d’une Algérie coupée de ses racines et de son histoire.

Notre nation est atteinte d’une affection de longue durée, donnant l’air d’être incurable, c’est pourquoi nous ne pouvons rester insensibles, cette usurpation de pouvoir est en train de révulser l’ensemble de l’Algérie silencieuse, de plus en plus choquée par les maltraitances qu’elle subit depuis plus de cinquante ans. Tous ces politiquesqui depuis plus d’un demi siècle ont mené le pays à ce point de non retour, et qui à tour de rôle ont prétendu lui avoir appliqué le remède salvateur.

Ne sont-ils pas des charlatans ? Suffirait-il d’entendre aujourd’hui encore qu’on va remettre le pays debout, alors qu’en réalité, les remèdes sous des étiquettes différentes sont identiques d’un « thérapeute » à l’autre, présidents et législateurs confondus.

Ce qui devient profondément scandaleux dans notre république et injuste pour la Nation, c’est que le mal a empiré, communautarisme, délinquance, mal vie, corruption, désordre, dégradation morale et affaiblissement institutionnel. Ces hommes politiques se sont comporté en tsarions, sans trône ni couronne.  Nous faudrait-il encore longtemps ignorer que le vrai scandale consiste à prétendre sournoisement «guérir » le malade et à laisser empirer le mal ? N’est-il pas temps de mettre fin au décervelage de l’opinion, menée avec des méthodes alarmantes,propagandistes et subversives.

Avons-nous trop rapidement oublié les mots abnégation, valeurs, patriotisme, ce qui m’incite à penser que l’homme fait rarement la même erreur et que c’est sans doute pour cela que d’aucuns soient tellement fébriles à l’idée que les algériens choisissent par eux mêmes leur avenir. Le courage devrait toujours être récompensé, alors je voue et rend  hommage, à toutes celles et à ceux qui ne versent pas dans la facilité, dans le conventionnel, qui savent ce que le mot Liberté veut dire et luttent en vrais résistants dont le terme ici n’est pas galvaudé pour servir de prétendues luttes de fonctionnaires privilégiés ou de petits droits hommeistes en mal de reconnaissance pseudo-humanitaire, mais bel et bien pour le symbole historique et la marque de l’Algérie.

CetteAlgérie pour laquelle coulent mes larmes et saigne mon cœur.

 Défenseur des droits de l’homme

Porte parole des Victimes des Guantanamo’s algériens.