« Si notre pays réussissait à utiliser seulement 10 a 20 pour cent de cette gigantesque force dispersée à travers la planète, bien des secteurs se verraient doter d’un souffle porteur, dont les résultats seraient inimaginables »
Omar Aktouf professeur de Management à HEC de Montréal au Canada.

Il m’arrive de me demander pourquoi ils s’étaient exilé les gens éveillés de notre village ? Peut-être avaient-ils pensé être mieux considérés à l’étranger, y jouir d’un meilleur niveau de vie ! Qu’ils y seraient plus libres dans leurs têtes et dans leurs mouvements ? Beaucoup de raisons les avaient certainement incités au départ. C’est vrai qu’on leur avait raconté beaucoup de bien à propos des démocraties occidentales. Et que très peu de leurs confidents avaient vraiment déchantés…

De leur patrie, n’ont-ils que les souvenirs de l’imposture, de la dictature ? Pour se tenir coi à l’étranger. Se souviennent-ils d’avoir tellement trimé en leurs pays d’origine qu’ils n’envisagent jamais d’y revenir ? Ils nous le disent, qu’aussi quand ils sont nostalgiques, ils rencontrent d’autres compatriotes.

Cela fait longtemps que je ne vois plus leurs visages pourtant très familiers de nos ruelles durant notre enfance et notre adolescence. J’aurai aimé passer plus de moments avec eux. Mais je me souviens qu’ils partaient au moment où je commençais à rentrer, chassé d’Europe par les maladies ; c’était vrai que je n’en pouvais plus de vivoter dans les grandes villes. J’ai immigré jeune. Ils sont partis en tant qu’adultes convaincus de ne plus rien attendre du pays.

Ont-ils pris la résolution de ne plus jamais un jour revenir définitivement ou de ne le faire que très tardivement ?

Pourtant, ils ont tous ces gens de la diaspora, pour peu qu’on les laisse faire, des devoirs envers leur pays… Alors autant que redoublent d’ingéniosité nos gouvernants afin de les attirer pour peu qu’ils soient patriotes.

L’Algérie a plus que besoin aujourd’hui de son élite dispersée aux quatre coins du monde. Une élite qui n’attend que les bonnes dispositions du pouvoir d’amorcer la démocratisation dans le pays pour revenir, y être considéré dans son travail.

Alors à quand les bonnes résolutions afin de pallier à la baisse de la rente pétrolière. N’est-il pas vraiment temps de leur céder la place afin de redresser le pays pour le sauver ? Surtout lorsqu’on sait les attentes de tous les algériens avides de voir le pays sortir de l’ornière. La situation est alarmante depuis des décennies déjà.

Mais cette diaspora, as-t-elle envie de revenir maintenant que ses enfants sont citoyens et bien intégrés ?

Amokrane Nourdine