unissant leurs forces autour d’un marché du médicament, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie pourraient non seulement faire baisser les prix mais devenir une plate-forme de production pour tout le continent africain.

En avril 2012, l’Ipemed publiait un rapport sur les systèmes de santé dans les trois pays du Maghreb. L’une des recommandations portait sur la « mise en place d’une régulation accrue du marché du médicament encourageant plus de convergence, voire d’intégration. »
Dix-huit mois plus tard, l’Institut de prospective du monde méditerranéen diffuse un nouveau rapport avec comme thème unique « vers un marché maghrébin du médicament » .

Après une enquête sur la situation au Maghreb puis une étude des complémentarités possibles, les auteurs, Mohammed Wadie Zerhouni et L.Asma El Alami El Fellousse, décrivent un secteur pharmaceutique en pleine évolution. Le Maroc est le seul pays à appliquer des normes internationales sur le marché du médicament. La Tunisie produit également, mais pas aux normes internationales. Quant à l’Algérie, elle reste en retrait sur le sujet. Tous dépendent fortement de l’étranger, même si le Maroc et la Tunisie arrivent à satisfaire respectivement 70 et 50% de leur consommation locale.

Pour compenser le marché intérieur très étroit de chacun des pays, le rapport conseille le développement d’un marché commun maghrébin du médicament. Il serait basé sur l’harmonisation de la formation, la gestion de procédures d’achats à l’extérieur, le développement de l’industrie pharmaceutique autour des génériques et des production de vaccins. Cette intégration présenterait l’avantage de parvenir à l’autosuffisance sur une liste essentielle de médicaments et donc d’envisager une baisse significative des prix en soignant mieux ! Ce qui, du coup, améliorerait l’état sanitaire.
Mieux, une AMM (Autorisation de mise sur le marché) commune, portée par un organisme supranational, serait également envisageable sur le modèle qui a fait ses preuves dans l’Union européenne avec l’harmonisation des procédures d’enregistrement et d’obtention des AMM .

Le Maghreb pourrait alors devenir une véritable plate-forme de production pour l’Afrique subsaharienne qui en a bien besoin.

Ce rapport tente de convaincre les décideurs politiques qu’en matière de médicament aussi, l’union fait la force.
Pour en savoir plus : http://www.ipemed.coop/fr/publications-r17/collection-construire-la-mediterranee-c49/vers-un-marche-maghrebin-du-medicament-a2190.html

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