Brahim Younessi: Le piège se referme sur le Front des forces socialistes qui a décidé, sans doute souverainement, de servir de cache sexe au système lors des prochaines élections législatives.
En effet, le président de la République vient de nommer un de ses plus proches fidèles Tayeb Belaïz imposé au gouvernement par Ahmed Ben Bella, originaire comme lui de la ville de Maghnia, à la tête du Conseil constitutionnel. Cette nomination confirme, s’il en était besoin, que strictement rien n’a changé dans les pratiques du pouvoir qui avance toujours un pion pour le démontrer.
On peut être sûr que Tayeb Belaïz qui a défrayé la chronique ces dernières années sera d’une docilité incomparable comme juge constitutionnel. Cela promet pour les législatives prochaines dont les quotas sont déjà attribués [le FFS aurait entre 20 et 30 députés selon des sources crédibles] et surtout pour l’élection présidentielle dont le destin est en train en ce moment même de se jouer.
S’il n’est pas encore fait, le choix du successeur de Abdelaziz Bouteflika est en débat dans la haute hiérarchie militaire. Par sa participation aux législatives du 10 mai prochain, le FFS entérine, d’une certaine manière, la méthode et la décision qui sera prise.
Coincé, le parti de Hocine Aït Ahmed qui a encore une fois opté pour la plus mauvaise des stratégies ne peut revenir en arrière pour se libérer des rets du pouvoir. Il boit le calice jusqu’à la lie en subissant l’humiliation des « convocations [de leurs candidats aux législatives] pour des interrogatoires dans les locaux des services de sécurité. »
La direction du FFS peut bien faire semblant de protester, elle sait qu’elle est dans la gueule du loup, qui ne la lâchera plus. Dénoncer la pression et l’intimidation, exercées sur leurs candidats ne suffit pas à faire croire à la résistance. La seule position qui ait quelque signification est le retrait et la non participation si le FFS dispose toujours de son autonomie de décision.











