L’équilibre instable de compromis en Algérie ; Bouteflika, Saidani et Béjaïa

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Mourad Boukhelifa

Il y a une phrase que je n’ai jamais oublié. Lu dans « pouvoir politique et classes sociales » de Nicos Poulanzas , Il disait ceci : « L’Etat est l’expression de l’équilibre instable de compromis »

Autrement dit lorsque le compromis existe entre les forces du pouvoir, l’équilibre ainsi produit entraîne la stabilité de l’état, A contrario lorsque les forces composants les factions ou clans du pouvoir n’arrivent pas à trouver un compromis, le déséquilibre produit entraîne une instabilité de l’État, Le déséquilibre peut être profond ou léger.

L’exemple d’un déséquilibre léger qui peut se régler par un compromis est celui de la mise à l’écart de Saadani après ses sorties « tonitruantes et ses attaques contre le général Toufik.

Le deuxième type de déséquilibre léger est celui des fameuses émeutes de janvier que l’on a appelé les émeutes de l’huile et du sucre et qui ont été une réponse à la proposition de l’ancien secrétaire général du FLN de choisir le Président Bouteflika pour un 3 ème mandat, Le choix du sucre et de l’huile semblait vouloir dire  » tu veux te SUCRER alors on va jeter de l’HUILE sur le feu ».

L’exemple du déséquilibre profond est celui que nous avons vécu après l’arrêt du processus électoral et qui nous a coûté des vies, des drames humains, des destructions en masse, des attentats, etc..

Aujourd’hui beaucoup de raisons nous laissent penser que les émeutes dans la Kabylie et principalement Bejaia sont l’expression violente d’une absence de compromis entre les différentes forces du pouvoir et sont une réponse à la proposition du 5 ème mandat, proposition qui ne plait pas à certains outsiders « cachés » dans les rouages de l’Etat qui ne sont pas tout à fait en confiance en raison des « règlements de comptes » qui s’opèrent et des réappropriations du pouvoir qui sont visibles dans les différents journaux officiels.

Déséquilibre profond ou léger ? Notre avis est que ces émeutes servent seulement d’avertissement à ceux qui veulent occuper tous les espaces de pouvoir et veulent montrer une certaine capacité de nuisance.

La seule question qui reste en suspend c’est que les émeutes de janvier ont failli provoquer un dommage collatéral sur un grand Industriel et que les émeutes de bejaia se passent dans la ville de cet industriel. Pourtant l’industriel semble à mille lieux de ces problèmes et comme le général Toufik, qui a été attaqué par la chaîne Ennahar, et qui est resté discret et stoïque, cet industriel a subi le même lynchage de la chaîne Ennahar et il est resté discret et stoïque.

Le film nous semble-t-i est à son commencement. Les choses seront plus claires lorsque la chaîne Ennahar subira le même sort que le quotidien « Le Matin ». A ce moment, on pourra peut être dire qu’un nouvel équilibre est entrain de se mettre en place, un nouvel équilibre qui permettra de construire un véritable Etat et une véritable classe politique différente de celle qui a perverti le système de valeurs à travers des solutions contestables comme l’Ansej, la mise sous tutelle des Chinois.

J’allais ajouter l’Afrique, que certains hommes politiques définissent comme un marché potentiel alors que tous les hommes d’affaires et les politiques sérieux savent qu’un marché est d’abord une relation entre celui qui a un produit et celui qui a un pouvoir d’achat. Or l’Afrique, qui a des besoins énormes, n’est pas à proprement parler un marché car elle n’a pas les capacités de financement nécessaires et suffisants pour satisfaire ses besoins. Elle est un potentiel, mais qui a besoin de partenaires solides qui ont les moyens de proposer des financements telles que la Chine, les Usa et quelques pays Européens.

Souvenez vous du Nepad.Alors que le Président Bouteflika s’évertuer à convaincre les chefs d’Etats Africains sur la nécessité du Nepad et sur le poids de l’Algérie, certains n’ont pas trouvé mieux que d’afficher sur internet la liste des 1200 entreprises publiques Algériens à vendre. Le dernier RV africain lui aussi promettait de réunir 3000 participants Africains dont des hommes d’affaires, des investisseurs et des politiques pour terminer en queue de poisson.

Enfin, la veille du nouvel an certains télés Algériennes nous ont convié à des émissions sur les menaces qui se trouvent à nos frontières. Alors que je croyais que le terrorisme est résiduel. N’est ce pas Monsieur Ouyahia ?

Mourad Boukhelifa