Jamouli Ouzidane 

«Intellectuels: ils sont plutôt le déchet de la société, le déchet au sens strict, c’est-à-dire ce qui ne sert à rien, à moins qu’on ne les récupère.», Roland Barthes, Le Grain de la voix (1981)

« Dans tout ce qui s’imprime, il y a du poison plus ou moins délayé selon l’étendue de l’ouvrage, plus ou moins malfaisant, mortel. De l’acétate de morphine, un grain dans une cuve se perd, n’est point senti, dans une tasse fait vomir, en une cuillère tue, et voilà le pamphlet. », Courier

« La critique négative est nécessaire; il n’y a pas dans la mémoire des hommes assez de socles pour toutes les effigies: il faut donc parfois briser et jeter à la fonte quelques bronzes injustes et trop insolents. », Remy de Gourmont, Le IIe livre des masques.

Un Intellectuel médiatique algérien, c’est qui et quoi ?

Qu’est-ce qu’un intellectuel algérien ? Citer Sansal, Daoud, Khadra, Amin Zaoui est une immense escroquerie intellectuelle ! Ce n’est pas parce qu’on parle d’eux dans les médias et les réseaux sociaux à longueur d’année jusqu’à la nausée qu’ils ont fait quelques romans et reçurent des prix de l’hexagone, qu’ils sont dans l’éternité. On veut nous les imposer comme un modèle à leur image : le complexe francophile de François et son image Mohammed comme un modèle de sadomasochisme !

Ils n’ont pas inventé la poésie, la littérature, ou la pensée sublime de Nietzsche, de Dostoïevski, ou de Marx à part le bel usage de la belle langue française de Molière; une langue qui peut être un butin de guerre, mais aussi une affiliation de la voix de son maitre quand la source n’est plus du génie local, mais de la transfiguration mimétique.

Ils n’ont pas été capables d’être à la hauteur de la littérature algérienne authentique comme ont pu le transmettre les Mouloud Feraoun, Mameri, Kateb Yacine, Dib, Djaout, Jean et Taous Amrouche, Moufdi Zakaria, …

Ils n’ont engendré aucune pensée à la hauteur de nos penseurs comme Malek Benabi, Rabhani Koribaa, Franz Fanon, Nait Belkacem, Mohammed Arkoun (malgré sa critique, mais qui est éclairée par une connaissance profonde du sujet anthropologique) qui sont plus authentiques, pudiques, dignes et plus ingénieux ! Ceci est une méprise à la pensée algérienne !

Un pitre burlesque et pathétique ne peut prendre la place d’un géant ! La complexité de la pensée sublime ne peut se réduire à la réduction débile d’un primaire bicéphale : noir-blanc. Ce n’est plus l’autre qui est la laideur, mais nous autres ; une autoflagellation masochiste.

Non ! Il faut que leurs évidences se justifient par des décennies de recherche et exploration dans l’abime de la complexité humaine. Arkoun a passé des décennies de recherche dans la pensée musulmane profonde pour oser ensuite dire : « je pense que « . Il ne suffit pas de combattre la religion, et plus précisément, la sienne, pour se faire élire un héros, un courageux et encore moins un penseur. Certes Nietzsche a combattu la sienne, mais en nous pondant « Ainsi parlait Zarathustra » ; un sommet de la pensée humaine ! Maudire l’obscurité ne nous ramène pas de la lumière et la laideur de nous autres ne nous rend pas plus beaux…

Oui, on parle beaucoup d’eux, de leurs personnes et de leurs polémiques populistes, mais pas de la pensée de leurs « œuvres » qu’ils voudraient nous faire passer pour du Shakespeare ! Oui, on parle d’eux, pour divertir le peuple de son destin cosmique : Quel courage ont-ils de faire défoncer des portes ouvertes : leur combat contre la religion (mais plus particulièrement l’islam), contre l’oppression des femmes (et particulièrement les musulmanes), contre l’intolérantisme (toujours la notre) pour la modernité, la liberté, la vérité.. Bull Shit !

Ces nouveaux intellos médiatiques veulent nous blanchir juste avec le bel usage de la belle langue : parlez du Molière et vous devenez le Bourgeois gentilhomme de Si Boubagra ! Quelle méconnaissance tragique de notre peuple; de son histoire, de ses valeurs et de son génie universel. On ne devient pas français en parlant le français et encore moins un allemand en conduisant une Mercedes !

Emerson aimait dire que « Le talent seul ne suffit pas pour faire un écrivain. Derrière un livre, il doit y avoir un homme ». Oui un homme, c’est des convictions et des valeurs universalistes qui prennent leurs ailes de la localité historique.

Un intellectuel dans le sens d’un penseur pour le courant intellectuel français est :

  • un laïque, mais dans le sens francophile de BHL : celui qui combat la religion, mais attention uniquement la religion musulmane, mais pas juive ou chrétienne. On le voit par leurs reprises de thème contre la burka, les droits des femmes, les droits de manger en public durant le ramadan.
  • Un occidentalisé ; dans le sens de l’héritage gréco-romain ou judéo-chrétien qui n’est nullement universaliste ; ce serait une insulte au reste de l’humanité.
  • Un refus de l’antisémitisme dans son sens exclusif ; C’est un à dire un promoteur du sionisme dans le monde arabe d’où les visites mystiques d’obédience de nos intellos au mur des lamentations (on pensait à Sansal entre autres)

On peut ainsi observer une immense ignorance de ces faux intellectuels de leur propre héritage ou de toute la pensée complexe d’une civilisation ; par son histoire, sa sociologie, son humanisme. Éblouis par les néons de la modernité occidentale, ils ne connaissent rien de la pensée des lumières de l’islam que la barbarie saoudienne qu’ils prennent comme étant représentante de l’Islam universel dans toute sa diversité humaine ! Ils ne reconnaissent pas aussi les critiques de la pensée occidentale post-moderne que remettent en cause leurs propres penseurs comme une annihilation de l’humanisme dans les courants existentialistes de Heidegger par exemple.

Ces intellos algériens sont en réalité un relais dans le combat millénaire que mène l’occident contre l’Orient pour le faire assujettir à sa volonté par l’acculturation et prendre possession de la route de la soie aux profits des financières  C’est ainsi que naquit le mythe des penseurs universalistes modernistes réformateurs du monde arabe qui n’ont qu’un seul objectif : déconstruire la civilisation arabo-musulmane comme un mythe qui n’a rien inventé à la pensée humaine et qu’elle constitue même un frein à notre émancipation vers la modernité ! C’est ainsi que revendiquer son émancipation s’est réduit pour ces intellos dans un combat contre l’arabe et l’islam ; exactement ce que veut leur maitre à penser.

Michel Onfray (Entretien au quotidien Corriere della sera, mercredi 3 février 2016) disait : « L’islam manifeste ce que Nietzsche appelle ‘une grande santé’ : il dispose de jeunes soldats prêts à mourir pour lui. Quel occidental est prêt à mourir pour les valeurs de notre civilisation : le supermarché et la vente en ligne, le consumérisme trivial et le narcissisme égotiste, l’hédonisme trivial et la trottinette pour adultes ? »

Philippe Bartherotte nous avertit : « Dans notre monde globalisé, où d’un bout à l’autre de la planète règne l’économie de marché (excepté peut-être en Corée du Nord), partout les riches sont identiques aux riches, et les pauvres identiques aux pauvres ; parler dans ce contexte de guerre des civilisations en opposant l’Islam au monde occidental est une vaste escroquerie intellectuelle qui ne séduira que quelques nationalistes demeurés. Dans l’économie de marché, il n’y a que deux civilisations, celle des riches et celle des pauvres. »

Confusion entre l’expression d’opinion et la pensée intellectuelle dans les médias.

Qu’est-ce qu’un intellectuel algérien ? Citer Mohamed Boudiaf, Mohamed Dib, Mohamed Harbi, Kateb Yacine… comme intellectuel est aussi inexact. Citer le débat entre Mostefa Lacheraf et Dr Abdallah Cheraït autour du bilinguisme comme intellectuel est faux; c’est un débat sociologique. On fait une confusion entre intellectuel et écrivain, artiste, sociologue, philosophe, journaliste, activiste, poète, partisan …

Certains journalistes nous expliquent le mal de notre société et se donnent ainsi le nom d’intellect. Ahmed Halfaoui nous disait cela sur le sujet de la corruption par exemple ;

« Ainsi, on accuse «les généraux», la «mafia politico-financière», personne en particulier et tout le monde en général, accusation reprise et répercutée à l’infini par une opinion publique qui n’a aucune peine à l’admettre et aucun moyen d’en vérifier la véracité. » 

Maudire l’obscurité, s’indigner est trop simple, car la victime n’a pas toujours raison !

Certains journalistes se présentent ainsi comme des intellectuels vertueux qui pensent la société et la politique avec des mots sans compétences spéciales en sciences politiques, histoire, sociologie, anthropologie, rationalisme,  derrière un écran virtuel sans aucune réalité du terrain. C’est devenu un métier de savoir dire polémique avec une promotion des réseaux sociaux pour faire le buzz !

Ils sèment la confusion, l’incohérence, et l’équivoque. Leurs analyses sont dépourvues de toute précision, harmonie ou inspiration. Ils utilisent de la prestidigitation intellectuelle digne des sophistes de la Grèce antique. Les Grecques avec Protogoras nous apprirent deux techniques : l’analogie et la rhétorique.

L’analogie donne l’impression de l’évidence qui n’a pas à se justifier ! Ibn Khaldoun disait :

« Il est dans le caractère de l’homme de se servir du raisonnement par analogie. Ce procédé n’est pas parfait. Joint à l’étourderie et à la négligence, il peut détourner le chercheur de l’objet de ses travaux ». 

La rhétorique, ou l’art de bien parler utilise la puissance magique de l’éloquence du verbe. Ces journalistes favorisent la ferveur de l’expression et le choc médiatique à la rigueur de la démonstration. Leurs techniques sont connues : jactance, grandiloquence, emphase, enflure, etc. En réalité, il n’y’ a que papotage, médisance, ravaudage, mensonges, etc.

Ces idoles intellectuelles sont en plus dangereuses, car ils ont horreur des vrais penseurs qu’ils vont calomnier dans leurs pamphlets.

Victor Hugo a eu sa dose. Il répond dans « les châtiments »:

« Parce que votre style éblouit les lunettes
des duègnes et des marguilliers;
…Parce qu’à vous tout seuls vous faites une espèce;
Pour attirer les sots qui donnent tête bêche
Dans tous les vils panneaux du mensonge immortel ;
Vous avez adossé le tréteau de bobèche
aux saintes pierres de l’autel,
Vous vous croyez le droit, trempant dans l’eau bénite,
Cette griffe qui sort de votre abject pourpoint,
De dire : je suis saint, ange, vierge et jésuite,
J’insulte les passants et je ne me bats point !
O pieds plats ! votre plume au fond de vos masures
Griffonne, va, vient, court, boit l’encre, rend du fief,
Bave, égratigne et crache, et ses éclaboussures
Font des tâches jusqu’au ciel!
Votre immonde journal est une charretée
De masques déguisés en prédicants camus
Qui passent en prêchant la cohue ameutée
Et qui parlent argot entre deux ornemus.
Vous insulter l’esprit, l’écrivain dans ses veilles,
et le penseur rêvant sur les libres sommets;
…Après avoir lancer l’affront et le mensonge,
Vous fuyez, vous courez, vous échappez aux yeux.
Chacun a ses instincts, et s’enfonce et se plonge,
Le hibou dans les trous et l’aigle dans les cieux!
Vous, où vous cachez-vous? dans quel hideux repaire?
…Allez, continuer, tournez la manivelle
De votre impur journal, vils grimauds dépravés;
avec vos ongles noirs grattez votre cervelle;
Calomniez, hurlez, mordez, mentez, vive!. ».

Pendant que ces intellos nous divertissent par leurs polémiques, nous sommes à côté des enjeux de la mondialisation de ces sociétés de savoir de demain qui se construisent aujourd’hui.

Ces intellos font de l’ombre aux vrais penseurs algériens dont on ne parlera jamais, car pour entendre sa voie de penseur, il faut de la promotion dans les médias et les réseaux sociaux.

Des Intellectuels penseurs algériens : Nabhani, Franz fanon et Malek Benabi

Dans un majestueux ouvrage intitulé « Humain Universel, philosophie esthétique » Nabhani Koribaa, un algérien de génie non médiatique qu’on a déserté donne les fondements de la pensée intellectuelle qu’il voit comme un ART dans l’universalité, l’humanisme, l’innovation, l’art et surtout la liberté !

– liberté de pensée artistique; « Je condamne ceux qui veulent bannir en l’homme ce qui est le plus élémentaire en lui, le plus fondamental, le plus naturel moyen d’expression, c’est-à-dire l’art, ayant ainsi l’air de vouloir se substituer à la Nature et à Dieu ».

– Universalité globale humaniste; « Par delà les barrières des races, des croyances, des civilisations et des langues, les artistes de génie qui expriment un fonds commun, humain et universel,se rencontrent dans les hauts sommets et dans les profondeurs. L’artiste de génie voit les choses à l’échelle de l’humanité, et comme il exprime ce que tous les hommes ressentent consciemment ou inconsciemment en eux, il résume tous les cœurs ! »

– Innovation locale sociale; « Les auteurs qui tombent dans l’oubli après la mort sont justement ceux qui n’ont point exprimé l’Humain de leur vivant. Pris dans les engrenages de la tradition, du goût, de l’académisme, de la routine de leur époque, jouissant d’un réel talent de stylistes, ils prirent les plis de l’époque en soulevant les problèmes du jour, sans troubler l’ordre, sans rien apporter de nouveau qui pût heurter les contemporains. ».

L’écrivain intellectuel et penseur universelle dont parle Nabhani rejoint la pensée d’un autre penseur universaliste, Fontanes qui écrivit dans lettre à l’abbé Barthélemy :

« Tandis que le troupeau des écrivains vulgaires
Se fatigue à chercher des succès éphémères,
Et, dans sa folle ambition,
Prête une oreille avide à tous les vents contraires
De l’inconstante opinion,
Le grand homme, puisant aux sources étrangères,
Trente ans médite en paix ses travaux solitaires;
Au pied du monument qu’il fut lent a finir
Il se repose enfin, sans voir ses adversaires,
Et l’œil fixe sur l’avenir.. »

Dans son majestueux ouvrage « les damnés de la terre » Franz fanon situe bien le contexte historique à partir duquel on doit bâtir notre réflexion intellectuelle algérienne en partant de son récit et de sa racine historique :

« Les nations européennes se vautrent dans l’opulence la plus ostentatoire.Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse, car elle a été bâtie sur le dos des esclaves,elle s’est nourrie du sang des esclaves,elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé.Le bien-être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres,des Arabes,des Indiens et des Jaunes.Cela nous décidons de ne plus l’oublier. »

Il ne s’agit pas de haine contre l’occident comme veulent le faire croire ces intellos; il s’agit juste de choisir son camp dans une guerre qui ne dit pas son nom : être du bon côté historique comme l’a fait Camus en choisissant la France, sa mère, à la justice ; l’Algérie !

Finalement un intellectuel musulman, ça existe bien, on peut le voir chez Malek Benabi qui va nous initier aux « Conditions de la Renaissance » :

« Le peuple algérien ne pourra ni comprendre, encore moins résoudre son problème tant qu’il n’aura pas pénétré le mystère qui enfante et engloutit les civilisations … Il faut préparer la génération qui vient à porter une civilisation dans ses entrailles et à savoir l’enfanter. Que chacun dans ce domaine soit capable de cet accouchement …  Toute l’ambiance d’une civilisation : c’est là le problème de l’esthétique. Il faudrait que dans nos rues, dans nos cafés, on trouve la même note esthétique qu’un metteur en scène doit mettre dans un tableau de cinéma ou de théâtre. Il faudrait que la moindre dissonance de son, d’odeur ou de couleur, nous choque comme on peut être choqué devant une scène théâtrale mal agencée ».

Oui c’est dans l’Art uniquement qu’on pourra parler de civilisation, de renaissance et de pensée et non pas dans ces croisades insensées du Bien contre le Mal qui ont démontré dans toute notre histoire humaine combien de génocides l’humanité a accomplis contre sa propre espèce au nom de l’intellectualisme du Vrai et du Bien.

Parlons de l’Idée Intellectuelle en Occident : Le Vrai et le Bien

L’intellectuel n’a pas sombré dans la tentation du gouffre, mais dans celle de la hauteur. Il a ce péché capital :  l’arrogance de savoir la vérité complexe ;

« Le premier signe de l’ignorance, c’est de présumer que l’on sait », Baltsar Gracan (L’Honnête Homme) :

« il n’est cru si fermement que ce qu’on sait le moins, ni gens si assurés que ceux qui nous content des fables », Montaigne

J’appelle intellectuel celui qui brûle d’expliquer aux autres ce qu’il n’a pas comprit lui-même.”, André Frossard

Ces deux Idées, le Vrai et le Bien, issues de l’héritage platonique, raffiné par des intellos autonomes ou affiliés à des institutions intellectuelles, sont usités par les institutions politiques. Les idées ne sont plus comme hier des concepts purement philosophiques, elles sont devenues des outils de domination de l’être par des croyances qui vont nous soumettre de notre propre gré. Il faut les déconstruire pour pouvoir se libérer de soi plus que des autres.

À la place des géants (Marx, Gadamer, Marcus, Dewey, Kauffman, Kant, Hegel, Heidegger, Sartre, Levinas, Locke, Bacon, Spencer. ), on se retrouve avec des nains qu’on ne nommera pas, car ils pullulent dans nos médias galvanisés par les prix littéraires de leurs maitres et un visa dans les médias français pour exhiber ces primitives qu’on a bien civilisé !

Comme les envahisseurs de David Vencent, ils ont pris une forme humaine et le cauchemar a déjà commencé ! Le peuple ne marche plus sur les épaules des Géants (hommage ici a Galilée, Newton et Hawking) mais sous les pieds des arbustes sauvages.

Les idées ne sont pas naïves ! Elles ne viennent pas de sages philosophes grecs qui veillent devant le noir cosmique à la recherche de nouvelles galaxies du savoir humain. Elles sont fabriquées de toutes pièces par l’institution intellectuelle comme un contrat d’édition pour l’institution politique qui va utiliser sa machine de guerre médiatique pour en faire de ces clowns des intellos du siècle.

Les idées ne sont pourtant pas fortuites. Elles sont même très dangereuses. Elles sont raffinées par des institutions intellectuelles que le pouvoir médiatise jusqu’à la nausée. Des « peudo-intellos » attitrés habitent l’écran pour marteler à l’opinion publique les évidences qui justifient les actions violentes de nos institutions politiques. Le meurtre d’Abel est un virus qui infecte nos neurones et nos gènes.

La vérité vertueuse est une marchandise que l’institution intellectuelle sous- traite pour le compte de l’institution politique ! Les intellectuels ont une charge : maintenir l’ordre en mimant le désordre !

Sartre ; le dernier philosophe -intellectuel

Sartre est l’intellectuel qui sert le pouvoir politique alors qu’en apparence il dit le combattre en Mai 68… Sartre est le fils spirituel de Heidegger qui a justifié le nazisme comme étant une communauté de combat et de sacrifice. Sartre comme Heidegger sont des génies naïfs qui se sont bien aperçus à la fin de leurs vies des monstruosités du fascisme et du communisme… Ils n’avaient pas l’humilité juvénile de reconnaître la naïveté de leurs génies. On pourrait toutefois reprocher aux intellos médiatiques de n’être ni des naïfs et ni des génies, mais bien des mercenaires de la plume au service de la guerre juste.

Marx; une idée tragique

Marx a compris que pour subjuguer l’Être, il faut créer une nouvelle institution politique fondée sur une idée intellectuelle. Il pensa un Nouveau Monde afin de le changer. Il se chargera de l’idée et de l’action. En général, l’idée intellectuelle est au service de l’action politique. Marx était à son propre service. Il était l’intellect roi !

Marx pensait que ce conflit est en réalité une lutte de classe. La classe est pour nous une communauté économique. Marx ne s’est pas trompé de diagnostic, il s’est trompé de médicaments ; il a empoisonné son patient.

L’Escroquerie intellectuelle et les nouveaux chiens de garde ; Liberté, Égalité et fraternité

L’institution politique utilise l’institution intellectuelle pour toute idée nouvelle qui affermit la certitude dans la soumission à l’autorité traditionnelle; Dieu et État. Un intello n’est qu’un prêtre- guerrier en civil.

Vouloir la liberté, l’égalité et la justice pour tous est un projet intellectuel tragique lorsque l’idée passe à l’action violente qui au non de la vérité vertueuse a le devoir plus que le droit de décapiter non seulement toute autre idée, mais toute autre tête ! C’est ainsi que le totalitarisme, à son insu, est né d’une idée purement réactive.

La puissance n’est pas recherchée pour la défense, mais pour la servitude de l’Autre qu’on dit libérer. Pour rendre le meurtre délibéré, il faut des Êtres fanatiques absurdes engagés à une idée cultivée. C’est pour cette raison que l’institution politique a besoin de l’institution intellectuelle ! C’est pour cette raison que Sartre est préféré à Camus, Freud à Hamlet et Descartes à Morin. !

Ces  mouvements intellos sont donc ni plus et ni moins que de l’escroquerie intellectuelle dont raffolent les institutions politiques qu’elles ont transformées maintenant dans de redoutables THINK TANK médiatiques qui ont une seule finalité ; le divertissement d’une foule en mal de sens, indigné par l’injustice, incapable de s’adapter à la société, c’est-à-dire le nouvel ordre mondialiste qui fait son agenda à toutes les échelles du local au global dans la politique, les médias, la culture, l’éducation…

Pour conclure :

La critique de soi est une critique positive et désirée quand elle veut reconstruire l’édifice en améliorant sa performance et en soudant ses fissures, mais jamais quand elle veut détruire tout l’édifice jusqu’au chaos et la ruine totale pour ramener des matériaux étrangers à leur environnement.

La décennie noire en Algérie est le résultat d’une immense escroquerie intellectuelle entre des islamistes obscurantistes et des laïques illuminés. Le virus de l’escroquerie continue avec les printemps arabes dans sa version la plus maligne ! Le choléra et la lèpre sans alternative tierce plus juste, plus miséricordieuse et plus humaine.

L’occident ne veut pas qu’on lui ressemble, mais qu’on le serve et la servitude est une idée inacceptable pour un Amazigh nord-africain qui a assimilé l’arabe et l’islam comme fondement de son identité millénaire qui lui a ramené les lumières, ce que n’a pas pu le faire les autres colonisations des Romains aux croisades et aux autres colonisations, mais la guerre, sous toutes ses formes, est un état naturel perpétuel et la résistance aussi pour survivre le darwinisme bestial !

Le pire ennemi qui a fait détruire les nations a toujours été de l’intérieur ; ces idées qu’on veut inoculer aux masses comme des virus pour les faire détruire de l’intérieur ; le virus islamique inoculé par le wahabisme takfiris en est un, on a vu comment il a fait de l’Irak, la Libye, la Syrie et le Yémen. L’autre virus est le virus laïque est plus sournois, il vient sous son aspect séducteur du bel usage de la belle langue de Molière pour nous divertir dans l’artisanat du chant et de la danse du ventre et non pas dans l’ART des Nanotechnologies ou des Biotechnologies. 

Les cultures asiatiques, Indiennes chinoises et japonaises, ont bien fait la différence pour réaliser leur génie asiatique afin de revenir à l’histoire par la grande porte en faisant déplacer maintenant le centre du monde de l’occident vers l’Asie.

L’occident est sorti du moyen âge grâce à l’héritage andalou dans il a pris juste le coté technologique, mais jamais le coté culturel de la langue ou de la foi. Il est resté fidèle à sa vocation historique : Rome et Athènes !

Nous sommes en train de perdre un temps fou avec des niaiseries et des polémiques médiatiques d’intellos qui nous abrutissent plus qu’elles nous élèvent. Nous sommes en train de prendre de l’occident, non pas son savoir scientifique et technologique, mais uniquement sa consommation de produits commerciaux et aussi et surtout d’idées culturelles que nous ingurgitons sans réflexions aucunes. Nous avons déserté notre vocation historique !

Dans « Le problème des idées dans le monde musulman », Malek Benabi nous conseille :

« Abandonné à sa solitude, l’homme se sent assailli d’un sentiment de vide cosmique, C’est la façon de remplir ce vide qui déterminera le type de culture et de civilisation, c’est à dire les caractères internes et externes de sa vocation historique ».

Finissons avec Franz Fanon, l’intellectuel algérien par excellence dont le combat continue et qui nous a laissé en héritage une pensée éternelle :

« chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir … Allons Camarades, il vaut mieux décider dès maintenant de changer de bord. La grande nuit dans laquelle nous fûmes plonges, il nous faut la secouer et en sortir … Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde … Alors, frères, comment ne pas comprendre que nous avons mieux à faire que de suivre cette Europe-la. »

Jamouli Ouzidane