« La foule est la mère des tyrans » Denys d’Halicarnasse !

Un homme qui aurait agressé une dame à la sortie de la poste a été lynché par la foule à Annaba, il est abandonné sur la chaussé ; quand la police arrive elle embarque l’accusé sans doute très amoché, lequel décède au commissariat une heure après ! La protection civile contactée n’a rien pu faire hélas à son arrivée dans les locaux de la police.

Comme le rappellent beaucoup d’experts, gageons que l’enquête ouverte par le parquet aboutira, surtout nous dit-on qu’il y avait des caméras non loin !

Bien sûr, nombreux vont applaudir les tueurs du pickpocket, certains vont même rappeler que c’est cela le Qissas et que c’est ainsi et pas autrement surtout que nous allons dissuader les voleurs, pardon, les pickpockets ! Les voleurs, les authentiques, les notoires, les indubitables, les inattaquables, ne traînent ni dans nos rues crasseuses, ni nos bus vétustes, ni nos pitoyables bureaux de poste bondés de sous citoyens, de besogneux et de tocards.

Où allons-nous et dans quels abysses vont-ils encore traîner ce peuple ? La prochaine fois, cette même foule va-t-elle passer au bûcher ? Jusqu’où ira l’œuvre de profanation de nos consciences et de notre acuité ? Combien vont s’exprimer sur ce ‘fait divers’ ? Combien vont faire les rappels nécessaires et combien s’étonnent encore de tant de violences ?

Qu’on ne se perde pas, il est incontestable que ne pas intervenir pour porter secours à une dame qui se fait agresser en pleine rue est lâche et condamnable, même si nous savons tous les risques encourus à chaque fois qu’un honnête citoyen intervient ou s’interpose face à une violence ou une injustice, mais cette foule avait-elle besoin pour ce faire d’un tel supplice ? Le pickpocket méritait-il de mourir ainsi ? La vie d’un homme ne vaut-elle plus rien à ce point ? A qui profite ce type de vendetta ?

Le phénomène est hélas classique, la foule livrée à l’insécurité est privée de tout espoir de justice dans le pays de Chakib et des Baltagia qui cèdent leurs places en prison aux Blogueurs et aux chômeurs qui refusent d’être des pickpockets justement. Se retrouvant ainsi piégée et excédée par la violence et l’impunité, des citoyens ordinaires chvirent, et sans s’en rendre compte sont actionnés à distance pour basculer l’espace d’un instant et passer de victimes à assassins !

Impuissants face à ceux qui vivent dans les cimes et crachent sur la foule, ceux qui ne cachent ni leur argent sale ni leurs palaces obscènes et provocateurs, ni leurs grosses cylindrées polluantes et vulgaires, ceux qui on fait d’Annaba et de nos villes des monstruosités urbanistiques, des lieux de misère et de débauche, un concentré de favelas, d’immeubles sales où les urines côtoient les corbeilles de pain vendu au noir au double de son prix, les Algériens ‘dressés’ en foule se défoulent sur ce qui leur tombe sous la main, à Hassi ce sont les femmes dites seules ou de mauvaise vie, à Annaba, les pickpockets et l’horreur a de beaux jours devant elle tant que le Ghachi, ce peuple d’en bas qui souffre, s’exprime par flopées pour s’auto flageller, s’auto stigmatiser, s’auto haïr et s’entre-tuer.

Il est fort probable que suite à ce drame et à ce châtiment extrême, les Pickpocket de la ville soient terrorisés et ne rêvent peut-être que d’immigrer car, mais ils peuvent aussi envisager de se venger et l’histoire nous le dira, car n’oublions pas justement que gouverner et contrôler les foules, pickpockets compris, est un art mais. Est-ce, donc bien utile de rappeler que les véritables maîtres, les receleurs et leurs tutélaires qui ne font que conforter leur vision du Ghachi violent, impulsif et dangereux, s’en sortent encore une fois plus forts face à ce genre d’explosion de colère et de misère, sans incidence sur la circulation des containers et des Chekara.

Nous confirmons hélas que ‘la foule a beaucoup de tête et pas de cervelle’, et c’est ainsi que nous célébrerons le 05 Octobre, la loi du Wiam et bientôt le 1er Novembre.

Au fait, que fait notre foule quand les mères de disparus sont sauvagement agressées et traînés dans les fourgons de la police telles des pickpockets à qui on a laissé la vue sauve ?

A bon entendeur,

Z.A.