LE, PEUPLE, CE FOND INTARISSABLE DU POUVOIR : DEPUIS صندوق التضامن EN PASSANT PAR LE 05 OCTOBRE 1988.

En 1963, il ont dit au peuple déjà saigné par 7 ans de guerre et 130 ans de colonialisme, de donner encore et encore, car les caisses de l’Etat Algériens seraient vides, sans lésiner bien sûr ni poser des questions sur le trésor du FLN ou sur ce butin de palaces et de biens que les vainqueurs des frontières se sont, au vu de tous, partagés entre eux, le peuple exsangue, n’a pas hésité un seul instant, et les femmes, à cet effet, se sont même séparées de leurs derniers bijoux de famille.
25 ans après, en 1988, ce même peuple est venu renflouer les tombes et les charniers du pouvoir.

Dépecé de sa dignité », livré aux humiliations, aux pénuries, au chômage, au statut d’indigènes, aux bidonvilles et à la terreur de la sécurité militaire, ce peuple sort dans les rues, certains diront que ce fût un peu « voulu » par un ou deux clans du pouvoir trop inquiétés par les discours d’un Chadli, certaines pyramides de la dictature avaient en effet doute besoin en urgence de la façade du multipartisme pour accélérer le processus du libéralisme sauvage et déterrer les fortunes qui devaient sortir au grand jour, et ce, tout en s’appuyant sur de nouvelles colonnes de cerbères idéologisés et colorés autres que celles des caciques du FLN.

Les militants du PAGS sont ciblés et arrêtés dès le 03 Octobre et c’est le 6 octobre que le président proclame l’état de siège et en confie la responsabilité au général Khaled Nezzar. Une répression sans précédent s’abat alors sur El Ghachi, on tire avec des balles explosives et on inaugure à échelle industrielle les hangars de la torture, des jeunes de 13 ans à peine sont violés et massacrés, on arrête au hasard et on rafle comme du temps de Massu, tout le monde y passe et surtout les ouvriers, les étudiants, le petit peuple, le syndicaliste anonyme, le lycéen et parfois tous ceux qui portaient des espadrilles très prisés à l’époque qu’on obtenait au marché noir et dont le dépôt aurait été dévalisé par des jeunes.

Boudissa Djillali, qui s’était présenté volontairement à la gendarmerie de Boufarik parce que des rumeurs le désignaient comme un des incendiaires, rapporte :

« Pendant ma détention, j’ai assisté à la torture pratiquée sur les jeunes. Ils ont été battus avec rage, certains sodomisés avec une bouteille. Ils hurlaient de douleur. Ces tortures ont été pratiquées parfois en présence du chef de la daïra. Les tortionnaires les plus cruels ont été le capitaine, l’adjudant-chef et un certain Zangara (AW).

Le bilan officiel parle de 169 morts alors que d’autres sources plus crédibles indiquent le chiffre de 500 ; au jour d’aujourd’hui, la liste nominative des victimes n’a jamais été publiée par le ministère de l’intérieur malgré plus d’une promesse, et personne ne sait ce que sont devenues les victimes du 5 Octobre.

A l’époque les victimes n’avaient pas de parti ou d’obédience et contre l’appât des agréments tous les partis politiques ont relégué « la question » des victimes et de la torture préférant concourir avec les criminel aux bricolages des urnes.

A peine 3 ans plus tard, nous payâmes tous avec plus de 200 mille victimes, des milliers de torturés, de disparus, d’estropiés et une sale guerre qui n’a pas fini de parler d’elle.

Depuis les « Fonds de solidarité » صندوق التضامن , le peuple ne cesse de payer en silence et d’approvisionner les arnaques du pouvoir, et ainsi nous ne savons ni ce que sont devenus ces joyaux de grand-mères ni ce qu’il est advenu de ces visages printaniers embarqués en Octobre 1988 .

Z.A.