Pourquoi le changement fait-il peur à Louisa Hanoune ?

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Effarant!

Au lieu de se poser des questions sur la réalité de sa représentativité au niveau de la population algérienne après la mascarade de la dernière élection présidentielle; voila que Madame Louisa Hanoune s’offusque contre l’idée d’un changement de régime en Algérie.

D’un conservatisme déconcertant, elle réfute l’idée de la transition en stipulant que l’élite politique spolierait le peuple, sous entendu sa volonté comme si ceux qui l’ont désigné se soucient un temps soit peu de la masse populaire. N’ayant cure de quoi que ce soit, elle appelle le président pour l’organisation des élections législatives anticipées afin de lui octroyer des sièges à l’assemblée nationale qui lui serviront de légitimité.

Et c’est à ce niveau que le complot contre le peuple se fait jour parce que la cartographie politique algérienne donne grosso-modo trois blocs, les nationalistes conservateurs (FLN – RND), la pluralité des démocrates animés par le FFS-RCD et le courant islamiste partagé entre les partisans d’une possible démocratie musulmane dont la figure historique est Ferhat Abbas et ceux qui prônent un retour à un islam des origines (FIS). Toutes les autres formations ne représentent sur l’échiquier politique algérien que des adhésions familiales ou d’amis. Le parti des travailleurs fait partie de ces groupuscules qui sont surdimensionnés sur la scène médiatique.

Or, dans ses précédentes déclarations, elle appelait de ses vœux l’avènement de la deuxième République. Ce retournement de position la met en accointance avec le pouvoir en place. Ses différentes prises de position marquent l’empreinte d’une certaine dépendance des trotskistes algériens envers les gouvernements successifs qu’a connus l’Algérie indépendante. De la collaboration critique sous le règne de Benbella (1962-1965) ces derniers se sont soumis à Boumediene (1965-1978) jusqu’à l’extinction de leur existence officielle.

De grâce, les événements d’octobre 88 ont ressuscité le cadre de l’ouvriérisme algérien dont le parti des travailleurs en est le porte parole. Si historiquement nous pouvons dater les faits d’armes des communistes algériens durant la période coloniale, il n’en demeure pas moins que l’indépendance de l’Algérie a englouti leur espoir sous forme de pantalonnade qui se manifeste lors des grandes opérations de communication comme ceux de la célébration de la nationalisation des hydrocarbures ou lors de l’évocation des rudiments d’une industrialisation ratée. De la même veine que le syndicat général des travailleurs algériens, le parti des travailleurs est étroitement lié au dirigisme et à l’autoritarisme du pouvoir algérien..

Au détriment d’un radicalisme révolutionnaire hérité de Léon Trotski et faute d’être qu’un parti minoritaire et dont les instances de gouvernement lui sont éloignées, la dame du parti des travailleurs est un strapontin, sorte d’amuse-gueule.

Comment ?

C’est avec certitude au vu de la configuration sociologique de la société algérienne et de la perte de vitesse de l’idéologie communiste, le parti des travailleurs n’est pas représentatif de la population. Et c’est à notre sens ce qui explique la peur du changement qui se manifeste chez elle en évoquant l’anarchie. Au demeurant, il est plausible dans ce cas là de tester la solidité des institutions du pays sans évoquer une quelconque figure salvatrice afin d’enlever toute équivoque sur la pérennité de ces dernières et surtout pour soustraire le peuple à toutes les manipulations.

Sa position confirme l’idée de son aliénation envers l’autoritarisme et son alignement sur des préceptes désuets de l’Algérie des confluences sous la terreur du cercle des représailles animé par le patriarche. Ses propos alimentent la peur et corrobore une soumission qui la maintient dans une obligeance caricaturale envers le grand parrain.

Hélas ! Elle fait partie des ces guignols de la politique dont a besoin le système pour perdurer

R.B