Avant de demander quoi que ce soit aux partis politiques et à ces personnalités qui font beaucoup de bruit, je voudrais qu’ils parlent un peu plus clairement des choses, qui m’intéressent et qui intéressent tous ceux qui, comme moi, veulent des solutions aux problèmes qui se posent au pays. En voici une liste restreinte avec ce qui est attendu.

Il y a d’abord le problème du chômage que tous évoquent, mais dont personne ne fournit les recettes qui feront qu’il y ait le plein emploi. Il y a ensuite la pauvreté de pas mal d’entre les citoyens qui n’arrivent pas à bien vivre avec ce qu’ils gagnent. Il serait grandement profitable que les discours en expliquent les raisons et fassent des propositions, qui démontrent nettement la rupture avec le système qui les produit.

En d’autres termes, il faudrait que soit perçues de façon éclatante les nuances qui vont être apportées à la gestion de nos richesses et de notre économie. Je sais que l’exercice est difficile, mais je peux concéder de croire sérieusement que cela ne dépend que de la sincérité et du degré de compétence de ceux qui veulent nos voix. Il y a encore ce problème de Harragas, dont on ne finit pas de parler, qui mériterait qu’il soit traité autrement qu’il ne l’est, en nous disant ce qu’on peut offrir à ces jeunes desperados pour qu’ils acceptent de renoncer aux lumières de l’Europe et aux risques de naufrage. D’autant plus que presque tous ceux qui en parlent disent qu’ils sont désespérés et qu’il suffit de leur rendre l’espoir. Moi je sais qu’il y a autre chose que cela qu’ils cherchent de l’autre côté de la Méditerranée, mais qu’à cela ne tienne, quand on veut légiférer pour le pays on a quand même le devoir d’avoir un plan d’action explicite.

En ce qui concerne le logement, tout le monde sait qu’il constitue l’un des thèmes centraux des émeutes. Pourtant, on n’entend rien de probant sur le sujet, ce qui laisse le champ inestimable pour qui veulent l’exploiter en donnant ne serait-ce que des pistes raisonnables. Je fais grâce des grands concepts que sont le sous-développement, l’échange inégal, les liens de dépendances économiques et la géostratégie du pays. Pour cela je demande, en premier, qu’une fois qu’on est mobilisé contre la fraude électorale il n’y a plus besoin d’en faire son seul programme et de se transformer en parti anti-fraude, sans autres prétentions. Sinon il suffit de demander de s’y consacrer exclusivement et de se retirer de la course, afin de montrer patte-blanche et une parfaite neutralité.

En second lieu, il me paraît trop facile (voir le début) de se dire opposant et de se confiner dans les diatribes contre le « régime », la « mafia politico-financière », le « pouvoir », sans se définir soi-même par rapport à cet adversaire. La recette est simple;

Il suffit de l’exposer dans un tableau comparatif avec à gauche les tares reprochées et à droite ce qu’on compte faire.

Ce sera une façon imparable de mettre à nu les errements passés et d’apporter son génie créateur à une population qui n’en peut plus de voter. Je crois avoir fini.

Ahmed Halfaoui