Sans revenir sur le sacro saint tracé intangible des limites géographiques des Etats héritées de la colonisation qui a ,par ailleurs, valu à l’Algérie une imprévoyance dans l’affaire du Sahara dont il faut reconnaitre la supériorité stratégique de feu roi Hassan II du Maroc, la conformation doctrinale de la stratégie doit être posée.

La tactique de la marche verte a été payante et l’occupation du territoire du Sahara atlantique perdure sans qu’aucune solution diplomatique n’ait été trouvée. Le gel doctrinal du système algérien correspond aux structures archaïques de l’Etat national. Cette doctrine qui stipule que l’armée algérienne défend seulement l’intégrité du territoire est une myopie géopolitique. A voir plus clair, cette donne tactique est fausse parce qu’à plusieurs reprises lorsqu’elle s’est trouvée confrontée à des menaces sérieuses, elle n’a jamais montré de grandes capacités prévisionnelles. A contrario, elle gère des situations d’urgence par l’usage excessif de la force comme on l’a vu dans l’affaire de la prise d’otage à Tinguentourine.

Au fait, l’immixtion dans la politique ne lui permet pas d’avoir une vision globale de la géostratégie parce que précisément son rôle est le contrôle de la population algérienne. C’est une sorte de police suréquipée qui au besoin intervient pour châtier les opposants. Etant au service de l’ordre en place, ses moyens sont détournés. Elle s’est spécialisée dans la lutte anti terroriste en guise de reconnaissance par les puissants de ce monde après avoir été expérimentée durant toute une décennie de guerre intérieure contre l’opposition de l’islamisme radical pourtant sorti vainqueur par les urnes lors des seules élections transparentes qu’a connues l’Algérie indépendante..

Comme on l’a vu dans l’affaire malienne, elle a appuyé l’armée française. Elle ne protège pas les intérêts du pays. On se demande après l’échec stratégique de l’affaire du Sahara, pourquoi les services de renseignements algériens qui sont pourtant bien implantés dans la région n’ont pas pu anticipé l’évacuation de leur ressortissants (de surcroit Représentants officiels de l’Etat algérien) kidnappés par les djihadistes. Dans le grand jeu de la manipulation de la violence, le pouvoir algérienne et plus particulièrement l’actuel chef de l’Etat qui connait bien la région pour avoir été missionné lors de la guerre de libération nationale n’a pas pu trouver la réponse adéquate à un des événements majeurs qui touchent le pays.

Le statut de subordonné à l’ancienne puissance coloniale est une démonstration d’un manque flagrant de compétence en matière de géostratégie.

Tout en refusant une ingérence dans un autre pays, il aurait été beaucoup plus audacieux d’envisager des interventions sur les limites territoriales pour garantir une certaine sûreté géographique et surtout éviter aux troupes françaises de stationner dans une région touarègue qui présente pour l’Algérie des enjeux considérables.

Les opérationnels savent faire pour neutraliser une zone d’influence laissée malheureusement au contingent français ravi de retrouver son ancienne base de Tessalit qui se trouve à quelques encablures de la frontière algéro-malienne.

Il est navrant de constater que les forces de sécurités algériennes ne savent répondre qu’à l’injonction de réprimer le peuple au lieu de le défendre. La question reste posée, est ce que la doctrine de l’ALN ne doit elle pas évoluer pour se conformer à l’instabilité du monde actuel. Mais au préalable, il faut qu’elle ne se mêle pas de la politique.

R.B