Le mois du ramadan jouit en Algérie d’une haute considération. Il y a, depuis de nombreuses générations, des traditions permanentes pour l’accueillir, le célébrer et le glorifier. Ce mois

est imprégné de signification particulière du plaisir, du bonheur et de la grande opportunité de repentance et de prière. Dieu le Tout Puissant dit dans le saint Coran:«Ô Croyants! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrezvous la piété». (Al-Baqarat/183).

Ce mois sacré jouit d’une grande considération dans le monde musulman, et notamment en Algérie. Il ne s’agit pas uniquement d’un mois de prière, il est porteur de bénédictions pour ceux qui font des œuvres utiles et aident les nécessiteux, les veuves, les orphelins et les miséreux. Ayant vécu l’ambiance du ramadan depuis mon plus jeune âge,  j’ai remarqué que les gens changent rapidement durant ce mois. Tous deviennent plus généreux, plus aimables, plus fraternels, et plus disposés à faire du bien.

Les pauvres et les nécessiteux reçoivent des aliments, des habits et de l’argent de la part des gens aisés. De nombreuses personnes vont aux mosquées pour avoir le repas du « ftour » ou du « shour ». Les gens envoient des fruits, des aliments et des jus à la mosquée de leur quartier.

L’action bénévole est devenue une tradition ramadanesque chez les Algériens, surtout chez les jeunes, ainsi les lycéens et les étudiants consacrent une part de leur temps aux services de cuisines, dans les restaurants de la « miséricorde ». Restaurants de bienfaisance. Dans la seule Alger, nous retrouvons de dizaines de restaurants de la miséricorde, servant chacun entre 120 et 400 repas par nuit.

Ramadan est aussi l’occasion d’inviter amis et parents pour partager les repas et les sentiments chaleureux d’une vraie fraternité islamique. Cette fraternité spirituelle lors de chaque coucher du soleil du mois sacré, crée une ambiance extraordinaire qui embaume les cœurs.

Coté gastronomique, les gens de toutes les régions de l’Algérie donnent une importance particulière aux plaisirs de la bouche, afin d’avoir les calories nécessaires pour affronter le jeune du jour. A quelques jours du début du Mois sacré, « Rihet Ramdhan » – la senteur du Ramadan – se répand dans tout le Maghreb. Les traditions algériennes peuvent varier, mais toutes ont un objectif en commun : faire du Mois sacré un mois spécial.

Bien que le monde moderne ait eu un impact, les familles maintiennent les traditions contre le vent du changement et s’accrochent aux vieilles coutumes. L’aspect le plus visible est la nourriture. Les familles dépensent beaucoup, allant parfois jusqu’à s’endetter, pour veiller à ce que ce mois soit aussi bon que possible. Les diouls et les katayef (pâtisseries) sont notamment très demandés pour préparer le bourek ou le brik, une sorte de hamburger algérien, ainsi que les gateaux traditionnels. Dans le passé, ces produits étaient préparés à la main, mais demandaient beaucoup de temps et de place. La majorité des familles les achètent aujourd’hui au marché.

Pendant ce Mois sacré, de nombreuses femmes font montre de leurs talents culinaires. Et les hommes mangent. Beaucoup. Les gateaux se mangent surtout le soir.  Le kalbellouz à base d’amande ou la chamia,  la zalabiya à base de miel se retrouvent en grandes quantités durant le mois. Durant ce mois de folie culinaire, même la table est différente. De nombreuses familles aiment manger dans des assiettes en terre avec des cuillères en bois.

« C’est le seul mois où chacun mange en même temps, autour de la même table »,  c’est toujours cette même phrase qui se répète  pour résumer la magie du Mois sacré.

FATIMA.