Fateh Boureboune

Je soumets à votre appréciation un préambule à mes réflexions sur l’école que je posterai ultérieurement sous forme de formules et définitions rendant aisée la construction du système et sa lecture cohérente.

Lorsque le député Laribi, interdit à une psychologue, enseignante et inspectrice de langue arabe de traiter du cas de l’école algérienne lors d’un débat à cet effet ; problème devant être selon lui la préoccupation de toute la société, notre Vénéré député, Ténor de son parti et affidés nous dit : Les spécialistes se mêlent de ce qui ne les regarde pas, l’école est notre problème, celui des islamo-conservateurs détracteurs de toute modernité contempteurs de la postmodernité.

Les techniques oratoires et de débats de Monsieur Laribi, comme beaucoup d’imprécateurs de son acabit, sont connues : L’ambiguïté, le quiproquo, le dilemme, l’accusation, l’annulation pure et simple de l’autre. L’enfermement dans certaines constantes contenues dans la constitution. Les syllogismes de ce procureur arguant jouir de la procuration de 40 millions d’algériens, sont des scies à toute logique.

Ne le comprend que celui qui le croit d’avance, ne l’écoute que celui qui vit dans l’entendu, n’acquiesce que celui habitué aux court circuits: les bons élèves de sa trop bonne école, ils sont légions.

Si ce député est un modèle, il n’est donc pas unique, il a des milliers de répliques pour ne pas dire des millions et une usine à clones. Parangon par excellence du penser et du projet de société, ses propos, son arrogance, sa suffisance et sa vanité dressent le portrait exhaustif du Maître penseur/Maître Censeur/ Maître oppresseur. Du Maître de l’école de demain.

Le Principe de son parti et celui des autres est simple : « Tu es musulman, tu es inconditionnellement de mon parti. Je pense pour toi, tu penses comme moi. Sans allégeance ni désaveu tu es dans l’aveu d’apostasie. L’apostat est combattu par ordre d’Allah et de son prophète. Et d’ajouter le généreux émollient à tous les garrots : Nous sommes la nation du milieu et de l’indulgence. »

Bien entendu, les partis islamo-conservateurs vous semblent nombreux aujourd’hui, détrompez-vous ils ne formeront qu’un au maximum deux.

Les islamo-conservateurs sont responsables de la stratégie de mise en échec de l’école et responsables du complot contre l’école par Ministre de l’éducation interposée.

Madame Benghebrit les gène d’une part par son aspect physique et d’autre part par son indépendance, sa volonté, son autorité et le soutien dont elle dispose. Elle n’est ni rentrée dans le rang « de la nuit des longs voiles » pour « une nuit des longs couteaux » ni n’a demandé la bénédiction du MAR et des Zaouias. Si elle connut quelques trébuchements au départ, ils ne méritaient pas d’être imputés à ses souliers jamais trop hauts, ni de subir une telle audience.

Que je rappelle donc à l’élu de « l’alliance partisane secrète » en l’occurrence Monsieur Laribi, que l’ECOLE et le fait de spécialistes de tous les domaines de la connaissance avant tout, puis de la société bien entendu.
L’Ecole est un système, un système évolutif pas une compilation, pas une structure composite dont l’ossature doit tenir le discours de certains partis constituant l’usine à clones.

Je lui rappelle et à d’autres bien entendu qu’ECOLE a une définition et qu’il s’agit déjà d’un système de pensée, d’une école de pensées et d’une conception de la société dans son évolution et de son inclusion dans une stratégie planétaire elle-même sans arrêt évolutive.

1/ La société crée l’Ecole qui a son tour produit la société ou la reproduit. Si l’Ecole reproduit la société l’une et l’autre sont en régression car la seconde mène une agression contre la première. Si l’Ecole produit la société c’est que la société s’est émancipée et a réussi a s’anticiper dans, par et à travers son Ecole.

2/ Toute science est une somme de constantes, de lois formulées de manière concises à la fois résultats de la recherche et outils. Ces constantes qui s’affinent au fil du temps sont des clés d’ouverture sur d’autres domaines. Les constantes sont garantes de l’équilibre de tout système depuis l’infiniment petit jusqu’à l’infiniment grand.

L’Ecole enseigne les constantes des disciplines dont la maîtrise est à l’origine d’innovations de révolutions et de contrôle.

Car,
Toutes les constantes ne constituent pas une science.

Confondre « constantes » lois scientifiques vérifiées, référencées, codifiées, conçues en système, mégentropiques par renouvellement de l’objet et de la méthode et « constantes » figeant la société dans des valeurs si elles ne sont pas obsolètes sont désuètes et s’évertuent en se substituant à la science de la chasser et de la remplacer est une agression systémique contre l’Ecole.

L’Ecole est le lieu d’acquisition des savoirs, de construction de la connaissance et non le lieu de la renaissance de temps lumineux anciens et révolus.

De l’Ecole je veux aller vers la lune pas pleurer sur une dune les vestiges épars de quelque inutile et lointain ancêtre.

L’Ecole est une course depuis l’acquisition de l’alphabet vers la production du savoir.

Je reste fier de l’ Histoire de mon pays depuis sa préhistoire jusqu’aux victoires actuelles de ses plus jeunes citoyens.

PS: Constatez que je refuse de recourir à l’accusation de volontaire confusion de concepts engagée par les tenants d’une idéologie nostalgique où se mêlent à a fois  » la ouma arabia » et  » la ouma Islamia » et leur impossible entente ou plutôt leur éternel désaccord.

L’actuel choix amplifié par les harangues et discours de certains partis d’opposition de construire une ECOLE sur des fondements religieux et une logique métaphysique est une gageure sans précédents aux conséquences inévitablement catastrophiques.

Madame la Ministre Belghabrit a alerté à sa façon les citoyens sur l’énormité du risque.

Sous la dénomination « de constante » le religieux tiendra lieu et place « d’esprit scientifique » et tout sens critique sera disqualifié d’être condamné à l’hérésie ou à l’’apostasie.

Ainsi la complexité de tout savoir et le maintien dans l’ignorance seront légitimés par l’infini pouvoir du Créateur nous dispensant de nous questionner sur les mystères des phénomènes de l’univers.

L’école inquisitoriale fut et est initiée par le discours des politiciens tels Mokri, Djaballah et consorts et par les actions du Ministre des affaires religieuses nous rappelant la chasse aux sorcières des siècles passés.

Le parti des années 90 dissout reprend d’une façon ou d’une autre le dessus, ceux qui semblaient le combattre ou faisaient semblant de le combattre mettent leurs pieds dans ses pas. Ses milices agissent avec la même virulence sous un autre étendard : celui du MAR.

Pourquoi tant de sang et de destruction si l’on finit par donner raison aujourd’hui à celui que l’on a combattu hier en exécutant par procuration et pas à pas son projet.

Nous assistons à l’avènement du règne de l’orthodoxie et de l’hérésie.

Fateh Boureboune