Zineb Azouz,

Néo-pharaonisme, néo- Ottomanisme, états tribaux, monarchies sataniques, gouvernements épouvantails, rivalités sectaires et confessionnelles, opposition inapte et vassalisée, califat islamique fantasmagorique contre l’axe russe, bannissement et gommage de toute lutte pour la Palestine, sécurisation d’Israël et consécration du terrorisme, c’est dans ce contexte et dans ce contexte seulement que les USA se sont « délestés » de leur influence sur la région pour paraît-il, mieux s’occuper de l’axe du pacifique.

Afin d’entretenir ce climat de partage néo-impérialiste, il est impératif de continuer à  claironner au servum pecus le printemps arabe, les révolutions « incolores » (comme le gaz Sarin,tiens !), les changements démocratiques sous les bombardements »pacificateurs » de l’OTAN, les drone, sans oublier les kamikazes ;pour ce faire tout le monde est appelé en renfort, à commencer par les faiseurs de pensées et les prestidigitateurs des conflits contrôlés.

Ainsi,les packages pré-emballés supplantent les processus, les injures et les étiquettes triomphent sur les analyses et les réflexions, les luttes identitaires occultent et évincent les luttes de classes et bien sûr,l’ultra libéralisme et ses soldats nomades continuent de proliférer grâce au fétichisme religieux et au nationalisme militaro-gangster, ces deux faces de la même pièce de monnaie.

Les exemples-pièges ne manquent pas quand on voit à quel point la réflexion est aujourd’hui dévalorisée dans  nos espaces où il n’est plus permis de rappeler la complexité des phénomènes encore moins d’exiger la sacralité de la vie humaine comme priorité et préambule à toute action.

L’aventurisme et l’amateurisme de leaders tribuns, compulsifs et complaisants en même temps, occultent sciemment les dangers de leurs démarches et face aux conflits meurtriers et souvent fratricides, ils ont l’impudence d’y répondre par un « simple » positionnement du style pour ou contre, comme si l’avenir des peuples se jouait dans un stade de foot ou dans un casino-bar Qatari ; impossible ou presque d’échapper à ce dictât du tierce exclu, summum de l’irresponsabilité.

Pour faire simple, face à l’islamiste compulsif on invite un droit-de-l’hommiste complaisant, face à l’islamophobe compulsif on convie un barbu obscurantiste, ‘sionisé’ et putschiste,  face à un élu corrompu et ignare que personne n’a élu on invite un ‘bourourou’ (épouvantail) pour qui personne votera jamais, face à la féministe de service on met un macho des services et on tisse ainsi, via des chaînes TV et des journaux balisés (et dûment rétribués par l’argent des pétrodollars), un attrape-mouche de ‘libre’expression cyclopéen mais dans lequel, vous l’aurez compris, seuls les compulsifs et les complaisants ont droit de cité.

On continue sans sourciller à présenter  les logiques démographiques comme seul argument de légitimité, de stabilité et de prospérité, de même on n’hésite toujours pas à théoriser et justifier les massacres par des dialectiques mondaines mais oh ! Combien élitistes et qui sacrent la suprématie des souches bourgeoises ultra minoritaires face aux masses qui votent irrémédiablement islamistes ;  force est de constater que même polyglottes, nos pirates tantôt cravatés, tantôt enturbannés,  sont incapables de comprendre le langage et les attentes des plus faibles, et  préféreront toujours  se trémousser  sur le son des bruits de bottes.

Il apparaît que c’est en s’accommodant de vérités en apparence simples que le simplisme se mue en certitude et en dogme et que le moindre questionnement, lui, devient alors suspect et apostasie.

En Algérie, la voie semble alors toute tracée pour tuer les espoirs et brouiller la vérité,  rien ne peut être plus efficace que la peur et la confusion pour dissuader, désenchanter et entraver tous ceux qui exigent le changement,  qui refusent de se taire, de composer et de vendre aux opprimés des chimères et des promesses de cartomanciennes, ceux qui, face à une population déjà traumatisée, continuent malheureusement d’être stigmatisés et noyés dans le lot suspect des politicailleurs sous tutelles, ces sprinters qui ne rêvent que de PRENDRE PART au pouvoir et qui sont investis de la mission de toujours laisser le doute,  les demi-vérités, les consciences sélectives et les contradictions accompagner leurs discours viscéral et artificiellement opposant.

Zineb Azouz,