Pourquoi cette vidéo me rappelle mon institutrice, et puis-je la lui adresser ?

Rien à dire, rien à redire, juste une pensée pour mon institutrice, aujourd’hui retraitée, qui peine à boucler ses fins de mois et qui a tant de mal à se déplacer dans sa ville dévastée par les trottoirs cassés et les poubelles déversées et qui surtout n’arrive pas à comprendre ce monde qui l’entoure, ces bazars qui portent les noms de Dubai ou Zara, ces magasins de « luxe » avec des sociétés de gardiennage, ces parkings improvisés gérés par des jeunes tatoués avec des boucles d’oreilles et des armes blanche, ces opérateurs de téléphonie implantés sur l’ancienne librairie Quo vadis, ces grosses voitures qui ressemblent à des chars.

Ma chère Sayidatti, Echikha, ou Madame qui achetait ses cartables et ses blouses à feu enaditex (transformée en restaurant chawarma après une liquidation), qui faisait ses courses chez le modeste épicier du coin, n’arrive pas à comprendre pourquoi tant de produits importés quand les vendeurs ne savent même pas ce qu’est le pain d’épices, ou encore l’eau de fleur d’oranger, ne font pas la différence entre l’eau gazeuse et la limonade et bien sûr pensent que la margarine c’est du beurre de luxe.

Vous l’aurez compris, cette honorable dame continue de subir l’obscénité de la rue et du paysage car entre autre, elle n’a ni les moyens de prendre des taxis ni d’acheter une voiture auprès de ces importateurs pédants, sa maigre retraite ne lui permet pas d’acheter ses filets de veau comme avant mais jamais elle ne s’aventurera dans les rayons du ‘cachir ‘ ou les chambres froides de la viande congelée importée, mon institutrice achète toujours du dentifrice de chez saidal, même si souvent elle est mal accueillie et mal notée dans ces hangars de produits toxiques où il l’on prétend vendre le cosmétique évidement importé, là vous me direz que je devrais peut être lui envoyer cette vidéo et pourtant, la raison et le motif qui m’a fait penser à mon institutrice est tout autre et les voici :

En écoutant une des phrases magiques de l’interview, je me suis sentie comme téléportée dans ma classe avec Madame qui s’égosillait en plein cours de grammaire à nous rappeler à quel point il était important de respecter les règles des temps pour exprimer une idée de condition ou d’hypothèse, ainsi et pour faire simple, il ne faut jamais employer le « futur » après le « Si », par exemple nous disait-elle :
1-Si j’ai de l’argent, j’aiderai les démunis .
2-Si j’avais de l’argent, j’aiderais les démunis.
3-Si j’avais eu de l’argent, j’aurais aidé les démunis.

A votre avis, puis-je lui envoyer la vidéo ? En ai-je le droit, avec tout ce qu’elle subit ?
A bon entendeur,
Z.A.