En fait, nous sommes en face d’une terrible réalité, aujourd’hui le citoyen ne croit pratiquement plus en la capacité des partis politiques à résoudre ses préoccupations, ses problèmes du quotidien et à relever les défis de son avenir. La corruption et l’affairisme mafieux devenus les compagnons indissociables de toute carrière politique nationale, il a fini par ne plus faire confiance aux discours volatiles, prononcés lors de marchés de dialogues de sourds dans une inaudible langue de bois, trompeuse et sans lendemains. Les accusations de corruption, de népotisme, le chômage et la précarité galopante, l’immobilisme et l’échec ajoutés à une justice à deux vitesses si peu soucieuse de sa perfectibilité, ont fini par conforter chez la majorité silencieuse, ce lourd sentiment civique de rejet de la classe politique et l’ont poussé à ne plus croire les promesses partisanes non tenues.
Avis de de justice sociale et oppressé par des gouvernements successifs, médiocres les uns autant que les autres, dont l’allégeance dans tous les cas, tient à un autoritarisme musclé et à une corruption endémique, La majorité des algériens ne croient plus ni aux gouvernants, ni aux partis politiques. Désabusée par l’appétit de la classe politique, tout aussi ploutocratique pour la fortune publique et le même mépris pour l’Etat de droit, n’ayant de démocratique qu’un caricatural habillage, qui voile à peine sa substance liberticide.
Plus grave encore, certains partis politiques qui avaient pourtant fait l’objet d’un profond rejet populaire sont revenus aux affaires et en sont venus vendre l’espoir, pour se mettre ensuite en congé de la réflexion féconde et constructive, et chanter des louanges au Prince, afin de jouir des prébendes de la république bananière qui se pare néanmoins des oripeaux de l’Etat de droit. Méme certains juristes réputés, au lieu de dire le droit, excellent désormais dans le tripatouillage des constitutions destinées à conforter des présidences permanentes. Après l’éveil d’Octobre1988, voici venu le temps de la restauration tyrannique alors que le pays semblait avoir posé de solides fondations pour la construction d’un Etat de droit.
Désabusée par la faiblesse stratégique, la faillite éthique et politique des partis politiques, et par une offre politique, qui ne donne pas à la majorité des citoyens la possibilité de choisir les représentants crédibles, alternatifs et dignes de confiance.
Hélas, oui regrettablement hélas, au regard de l’énergie des hommes qui font le bonheur des pays où ils sont livrés à un insupportable exil, de leurs capacités créatrices, force est de constater que notre société n’a malheureusement pas à ce jour le classe politique qu’elle mérite.
Voilà pourquoi il faut admettre et comprendre, qu’avec tant de ratages, seules l’union et la solidarité entre tous les fils de la nation, nous sauverons du déclin qui nous guette.
* Défenseur des droits de l’homme.