Nourredine BELMOUHOUB *
En supprimant la Bismallah probablement pour détourner l’attention publique sur le plus important dites-moi Madame la Ministre de l’Education nationale, la décision de l’Assemblée générale des Nations Unies du 23 Décembre 1994 (Résolution 49/184), ayant appelé les Etats membres –dont l’Algérie- à intégrer effectivement l’enseignement des droits humains dans l’ensemble des cursus scolaires, et rappelé que cette recommandation constitue un élément fondamental de cette stratégie de formation autour des valeurs démocratiques.
Cet objectif qui figure au fronton des plans fixés par les Nations Unies et l’UNESCO, ce d’ailleurs pourquoi la décennie 1995-2004 fut consacrée « Décennie pour l’enseignement des Droits de l’Homme », et alors que notre pays est signataire de tous les instruments internationaux relatifs aux droits de la personne humaine, donc tenu à respecter ses engagements. Dites-moi Madame la Ministre, existe-il dans votre organisation scolaire un enseignement spécifique des droits de l’homme ?
La Direction Générale de la Sureté Nationale, quoiqu’on dise d’elle, a pris soin de publier la Déclaration Universelle des Droites de l’Homme dans tous les commissariats du pays, pourquoi ceux-ci ne sont-ils pas enseignés à travers tous les cursus, conformément à cette louable Résolution ?
Je suis persuadé qu’il est inutile de se hasarder à demander à un élève de l’école primaire ou secondaire qu’est-ce que les droits de l’homme, quand un étudiant en 4éme année de Droit ignore le texte de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. A ce stade les questions qui me viennent à l’esprit, et que je vous pose publiquement ici sont :
1 – En marge du programme officiel, l’acte pédagogique quotidien comporte-t-il au moins un système pédagogique, en rapport avec les droits de l’homme ?
2 – Les manuels et livres scolaires sur lequel se construit cet acte, contient-il des séquences thématiques propices à l’évocation de la problématique de l’enseignement des droits de l’homme ?
3 – Cette faille n’est-elle pas à l’origine de la violence multiforme et du dérèglement social généralisé, et l’absence d’une Éthique de la responsabilité n’en est-elle pas la cause ?
Il faut donc avoir le courage de reconnaître et d’admettre Madame la Ministre, que tant que cette Résolution ne sera pas à la lettre appliquée, ce n’est pas la suppression de la Bismallah qui amènera la paix, la sécurité, enfin le bonheur.
* Défenseur des droits de l’homme.