« L’école de la grève aura été la meilleure des formations, et elle aura été gratuite en plus.
On a appris ce printemps; on a appris pour vrai.
On a appris c’était quoi l’injustice.
On a appris c’est quoi la violence.
On a appris c’était quoi la violence d’un système.
On a appris ça goute quoi le poivre de Cayenne.
On a appris ça sent quoi les gaz lacrymogènes. Mais surtout, surtout, on a appris «la résistance»!
Les gens qui veulent augmenter les frais de scolarité, les gens qui ont décidé d’imposer une taxe santé, les gens qui ont mis sur pied le «Plan Nord», les gens qui ont mis à pied les travailleurs et les travailleuses d’Aveos, les gens qui tentent de mettre à pied les travailleurs et les travailleuses de Rio Tinto Alcan à Alma, les gens qui tentent d’empêcher les travailleurs et les travailleuses de Couche-Tard de se syndiquer, tous ces gens-là sont les mêmes.
C’est les mêmes personnes, avec les mêmes intérêts, les mêmes groupes, les mêmes partis politiques, les mêmes instituts économiques.
Ces gens-là, c’est une seule élite, une élite gloutonne, une élite vulgaire, une élite corrompue, une élite qui ne voit l’éducation que comme un investissement dans du capital humain, qui ne voit un arbre que comme une feuille de papier et qui ne voit un enfant que comme un futur employé.»
- Gabriel Nadeau-Dubois, Monument national, 7 avril 2012.
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Par Marie-Josée Roy | Agence QMI

Bien qu’actuellement en vue sur toutes les tribunes, Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), rejette pour l’instant toute possibilité de carrière dans le domaine de la politique.

«La politique m’intéresse très peu, a laissé savoir le jeune homme, en marge de l’événement citoyen Nous?, qui se tenait au Monument-National, samedi. Plus je fréquente le milieu politique, plus ça me dégoûte. Je pense que les grands pas qui ont été faits, collectivement, au Québec, c’est grâce aux luttes populaires dans la rue et aux mouvements sociaux et syndicaux. Je pense que c’est ainsi qu’on va faire changer les choses, davantage qu’en s’impliquant dans une logique politique qui, comme on le sait, est viciée et corrompue.»

«C’est le chemin que j’ai choisi cette année, que les étudiants ont choisi, et je crois qu’on va assister à une recrudescence de ce type de luttes dans les prochaines années. Si le mouvement étudiant pouvait servir d’étincelle à ça, ce serait déjà une contribution importante à l’avenir du Québec», a poursuivi Gabriel Nadeau-Dubois.

Celui que plusieurs considèrent comme la grande vedette de la présente grève étudiante affirme par ailleurs n’avoir reçu aucune invitation à joindre quelques regroupements syndicaux ou entreprises de communication que ce soit.

«Je n’ai pas eu d’offres et, si j’en avais, je les refuserais. Ça viendra peut-être après la grève», a simplement avancé l’universitaire, qui complète en ce moment une Majeure en histoire et en philosophie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et à l’Université de Montréal.

Toujours en grève

En ce qui a trait à la grève qui se poursuit depuis maintenant deux mois, Gabriel Nadeau-Dubois affirme que ses troupes n’ont pas l’intention d’abandonner le combat. Ses camarades et lui ont d’ailleurs rejeté à l’unanimité la proposition amenée par la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, jeudi dernier, et qui consistait en une bonification du régime de prêts et bourses.

«On va multiplier les actions et les manifestations, a précisé le représentant de la CLASSE. Le simple fait que Mme Beauchamp apporte une proposition est certainement une preuve que la grève fonctionne. Pour une fois, le mouvement étudiant est uni : nous n’accepterons aucune hausse des frais de scolarité, et on sera en grève jusqu’à ce que ça devienne une réalité. Le gouvernement va devoir terminer les sessions un jour, alors il devra reculer.»

Et si le premier ministre Jean Charest et son équipe restent sur leurs positions, qu’adviendra-t-il du mouvement étudiant?

«On a des congrès chaque semaine pour évaluer le plan d’action, a répondu Gabriel Nadeau-Dubois. On verra en temps et lieu. Mais si on se fie à ce qui s’est passé en 2005, et dans toute l’histoire du mouvement étudiant, et si on se fie au fléchissement du discours libéral depuis les deux dernières semaines, tout indique qu’on est en train de gagner.»

 

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Voyez les images de la manifestation
Crédit photo : Agence QMI
TVA Nouvelles

Ils étaient plus de 4000 à marcher dans les rues de Montréal vendredi soir pour exprimer leur mécontentement face à l’offre proposée par le gouvernement Charest en après-midi, pour tenter de mettre fin au conflit étudiant.

Voyez les images de la manifestation.

(Crédit: Agence QMI)

(Crédit: Agence QMI)

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(Crédit: Agence QMI)

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(Crédit: Agence QMI)

(Crédit: Agence QMI)

Les policiers ont procédé à des dizaines d’arrestations sélectives.

(Crédit: Agence QMI)

(Crédit: Agence QMI)

Des vitrines ont été fracassées.

(Crédit: Agence QMI)

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(Crédit: Agence QMI)

Vers 22h15, la manifestation a été déclarée illégale par les autorités policières.

(Crédit: Agence QMI)

(Crédit: Agence QMI)

(Crédit: Agence QMI)

À 21h30, une première ligne de policiers bloquait le passage à quelques manifestants.

(Crédit: Agence QMI)

Avant que les manifestants se mettent en marche, les policiers ont rappelé à la foule présente que certains gestes ne seront pas tolérés.

(Crédit: Agence QMI)

À 21h27, la manifestation se déroulait dans le calme.

(Crédit: Agence QMI)

(Crédit: Agence QMI)

Comme lors des deux manifestations nocturnes de mercredi et de jeudi à Montréal, le départ de la marche s’est fait à la Place Émilie-Gamelin.

 

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