Encore ce matin, dans le Journal de Montréal et de Québec, le chroniqueur Richard Martineau, en bon défenseur de la classe super-moyenne, jappe comme un caniche offensé. Cette fois, sa cible est la place accordée aux trois centrales syndicales représentant les professeurs lors de la récente négociation avec les étudiants.

Richard Martineau, « voguant au-dessus de ses capacités intellectuelles », affirme faire du journalisme. Or, ce prétendu journalisme bas de gamme trempé dans le populisme le plus primaire ne peut réellement avoir de sens quand le principal discoureur est émotionnellement pris par son sujet. Il n’y a ici aucune recherche : que du sentimentalisme arrogant et sans nuances. En effet, Martineau est incapable de nuance, malgré le port du carré jaune.

Quand il écrit, il louche, mélange les sujets et nivelle par le bas des raisonnements qui, en plus de n’est pas scientifiques, sont complètement dépourvus du moindre sens de la répartie. Il jette son dévolu sur tout ce qui bouge, à tous les jours, sur tous les sujets inimaginables, tout en s’assurant de rester bien près de la surface : fonction oblige, il écrit des lignes pour un tabloïd qui ne s’intéresse pas à l’intelligence de ses lecteur. Bien que je n’achèterai jamais le petit journal provincialiste de Péladeau, il arrive qu’il en traîne un sur le coin d’une table et il m’arrive de parcourir ses inepties.

La seule conclusion qui s’impose à la lecture des chroniques fantaisistes de notre cher Richard, c’est qu’il fait ça pour ennuager les lecteurs-spectateurs afin que leur opinion reflète le peu de nuance de la sienne ; de cette façon, le Québec au complet sera jaune : contre-révolutionnaire, innocemment pacifiste, victimisé jusqu’à l’os de sa faible pensée. Il n’y aura plus de grabuge, plus de contestation, Richard fera la piasse et pourra se gratter les fesses tranquillement dans son paisible Outremont protégé de la sous-race des anarchistes et des casseurs, ou de tout autre groupe populaire qui refuse de se soumettre à tel raisonnement.

Martineau, en-cela, est un guerrier. Il milite activement contre l’intelligence et contre la réflexion. Il propose des raccourcis qui sont en fait des pièges destinés à rendre con. Il ne devra pas se surprendre le jour où il y aura une manifestation de casseurs devant sa maison parce qu’il aura trop dit de conneries.

Et c’en est de même pour tous ceux qui se prennent pour des journalistes et qui vômissent sans détour sur la tête des gens qui sont allumés d’une colère justifiée, mais qui leur est incompréhensible.

Simon Blais
Tribune libre de Vigile