Algérie : Que faire pour construire une puissance économique ?

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Les pays développés ont construit leur puissance économique en profitant de la révolution industrielle et leur stabilité politique en construisant leur Etat Nation.

Avant l’avènement de la construction de l’Etat-nation, les pays européens vivaient sous le régime politique du féodalisme et des seigneurs. C’est la Révolution Industrielle qui a permis la construction de l’Etat national, de l’unité nationale et de l’industrialisation.

Autrement dit, au moment où l’opportunité était offerte aux pays européens de construire leur unité, de définir leur identité nationale et de réaliser le développement industriel, l’Algérie se trouvait sous l’occupation coloniale.

Les Algériens étaient « indigènes » dans leur propre pays, ne disposant pas de nationalité, leurs tribus détruites, et leurs familles divisées y compris dans les registres d’état civil et auprès des « Caïds » et des « Bachagha ».

Le docteur Abdelhak Lamiri (économiste) m’a déclaré lors d’une rencontre d’échange :

« Les nations avancées sont déjà des économies de marché. Les expériences de plusieurs décennies de conduite de politiques économiques leur ont permis d’assurer une architecture économique cohérente. Les résultats de leurs longues expériences — avec des succès et des échecs — les ont conduites à effectuer des retouches successives qui ont permis de dénicher l’organisation et les mécanismes de coordination proche de l’optimum ».

Notre pays a dilapidé une bonne part de ses ressources. La faute en incombe à des politiques hasardeuses et incohérentes, parfois inspirées par la démagogie et souvent aveugles aux réalités du temps. L’ampleur des dégâts se révèle sous nos yeux, corroborée par des remous sociaux de plus en plus exacerbés.

La solution est-elle d’imiter nos voisins ou amis, les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine qui ont fait de leur territoire un territoire d’outremer pour des sociétés qui visent à réduire leurs coûts de production et d’exploitation en se délocalisant là où la force de travail reste moins chère qu’en Europe ?

Sûrement que la jeunesse des hommes et des femmes qui constituent notre force mériterait de se lever pour elle-même et de ne plus rester ainsi aliénée toujours par les mêmes pays qui, autrefois ont colonisé ces mêmes contrées d’une autre manière.

Nous avons, plutôt, besoin d’une alliance entre les pouvoirs publics et les industriels, entre les forces pensantes et les investisseurs, qui permettrait à l’ensemble des Algériens de prendre part à l’essor de leur pays, non plus en restant autocentrés sur de tout petits projets locaux mais en participant à « un plan Marshall » maghrébin.

Karim Younes