Les consommateurs algériens font vivre l’industrie automobile francaise !

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Alors que PSA annonçait récemment que la Chine était désormais son premier marché au niveau mondial, l’Afrique du Nord pourrait devenir dans les prochaines années une véritable locomotive pour les constructeurs français. Une information qui permettra peut-être de rendre plus acceptable l’implantation de nouvelles usines de l’autre côté de la Méditerranée alors que de nombreux sites ferment dans l’Hexagone. Les trois pays du Maghreb devraient en effet connaître une forte croissance dans les années à venir, si l’on en croit les perspectives affichées par les constructeurs.

D’ores et déjà, en 2012, ce sont 623.000 véhicules qui ont été immatriculés en Algérie, Maroc et Tunisie. L’espoir est de mise, puisque PSA Peugeot Citroën estime que le million pourrait être atteint en 2020.

Parmi les pays du Maghreb, l’Algérie obtient haut la main la médaille d’or avec 568.600 véhicules importés en 2012, en progression de 46% par rapport à 2011 ! Ce qui lui permet de se placer juste derrière l’Afrique du Sud sur le continent africain.

Selon Anne Renaud-Abboud, directrice commerciale de Renault pour la zone, l’Algérie a pu atteindre cette place prépondérante, grâce à un PIB par habitant plus élevé que ses voisins, manne pétrolière aidant. Les larges ressources énergétiques du pays permettant également d’offrir à la population algérienne des prix de carburant moindres que ceux pratiqués en Tunisie ou au Maroc.

Autre facteur susceptible d’accroître les ventes : le gouvernement algérien a récemment mis en place un plan en vue de permettre l’accès au crédit pour les professionnels souhaitant acheter un véhicule utilitaire. Une véritable aubaine pour les constructeurs alors que jusqu’à présent le crédit automobile était interdit depuis 2009.

S’agissant du Maroc, si le marché y croit moins que chez son voisin algérien, le nombre de véhicules vendus a tout de même progressé de 17 % en 2012, avoisinant 130.300 unités. Un contexte lié à une moindre urbanisation si l’on en croit Mme Renaud-Abboud.

La Tunisie peut être considérée comme le parent pauvre de la zone, l’ancien dirigeant Ben Ali ayant mis en place un système de quotas pour les ventes de voitures (chiffres avoisinant les 45.000), mesures maintenues par le gouvernement actuel, au grand dam de chambre syndicale des concessionnaires. En terme de part de marché, Renault, avec sa marque Dacia, affichait un taux de 26% à fin avril en Algérie. Là où PSA obtient près de 24%, dont 20% pour Peugeot. Au Maroc, Renault affiche une part de marché de 38 %, tandis que PSA n’obtient que 14 %.

Sources : Renault, PSA