<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Algerie Network Magazine</title>
	<atom:link href="http://algerienetwork.com/magazine/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://algerienetwork.com/magazine</link>
	<description>Portail de la diaspora algérienne ; Magazine</description>
	<lastBuildDate>Wed, 08 May 2013 14:41:16 +0000</lastBuildDate>
	<language>en-US</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5.1</generator>
		<item>
		<title>Des scientifiques créent la pile du futur accidentellement</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/des-scientifiques-creent-la-pile-du-futur-accidentellement/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/des-scientifiques-creent-la-pile-du-futur-accidentellement/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 08 May 2013 12:19:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences Exactes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=985</guid>
		<description><![CDATA[Deux scientifiques de l’université de Californie à Los Angeles ont créé par hasard une pile super-puissante et biodégradable lors de leurs travaux sur le graphène, rapporte le site Co.Design. Les résultats de leur recherche ont été publiés dans la revue Nature. Le graphène est un matériau révolutionnaire découvert en 2004 qui a permis à ses inventeurs [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/05/battery1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-987" alt="battery" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/05/battery1.jpg" width="640" height="460" /></a></p>
<p>Deux scientifiques de l’université de Californie à Los Angeles ont créé par hasard une pile super-puissante et biodégradable lors de leurs travaux sur le graphène, <a href="http://www.fastcodesign.com/1671917/watch-2-scientists-accidentally-discover-a-world-changing-super-material">rapporte le site Co.Design</a>. Les résultats de leur recherche ont <a href="http://www.nature.com/ncomms/journal/v4/n2/full/ncomms2446.html">été publiés dans la revue Nature</a>.</p>
<p>Le <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/le-prix-nobel-de-physique-2010-pour-les-decouvreurs-du-graphene_25447/">graphène</a> est un matériau révolutionnaire découvert en 2004 qui a permis à ses inventeurs de <a href="http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/physics/laureates/2010/press.html">remporter le Nobel de physique en 2010</a>. Composé d&#8217;atomes de carbone, il est transparent, très résistant, et pour l&#8217;instant le meilleur conducteur électrique connu à ce jour.</p>
<p>C&#8217;est en cherchant une manière plus pratique de fabriquer du graphène que Richard Kaner et Maher El-Kady ont mis au point le «super-condensateur»: une nouvelle pile flexible, superpuissante et biodégradable qui pourrait bien être la potentielle alimentation des gadgets ou systèmes électroniques de nouvelle génération.</p>
<p>Les scientifiques expliquent leur découverte dans une <a href="http://vimeo.com/51873011#embed">vidéo</a> de présentation:</p>
<p>La vidéo montre comment les scientifiques sont parvenus à créer du pur graphène, en déposant de l’oxyde de graphite liquide sur un CD, puis en le solidifiant à l’aide du laser d’un graveur classique d’ordinateur. En le testant avec un appareil électronique et une LED, ils se sont aperçus que celle-ci était restée allumée pendant plusieurs minutes après avoir chargé le graphène seulement quelques secondes.</p>
<p>Ce super-condensateur combine les avantages de la pile classique et du condensateur. C&#8217;est-à-dire qu&#8217;il charge plus rapidement et avec plus de puissance que les piles ordinaires. Richard Kaner explique:</p>
<blockquote><p><em> «Vous pouvez imaginer les super-condensateurs comme un dispositif de charge-stockage de la même manière qu’une pile, sauf qu’il se charge et se décharge 100 à 1.000 fois plus vite.»</em></p></blockquote>
<p>Grâce à cette pile, il imagine pouvoir charger un iPhone en trente secondes, ou une voiture électrique en quelques minutes. Ce qui représenterait une véritable révolution au quotidien. Son collègue Maher El-Kady <a href="http://www.photonics.com/Article.aspx?AID=50784">détaille également</a>:</p>
<blockquote><p><em>« [Ce dispositif] pourrait trouver des applications en tant que source d’énergie flexible pour des écrans d’ordinateurs enroulables, des claviers, des vêtements technologiques qui collectent et stockent l’énergie produite par les mouvements du corps, ou comme un système de stockage d’énergie qui peut être combiné avec des cellules solaires flexibles.»</em></p></blockquote>
<p>L&#8217;autre grand avantage du super-condensateur est qu&#8217;il est aussi totalement biodégradable car composé d&#8217;un élément naturel, le carbone, contrairement aux piles habituelles qui contiennent des métaux et des éléments chimiques toxiques. La vidéo suggère qu&#8217;il sera possible de recycler ces piles, par exemple grâce au compostage.</p>
<div>Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/core-materials/5057399792/" target="_blank">Model of graphene structure</a> CORE-Materials via Flickr CC <a href="https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr" target="_blank">License by</a></div>
<div id="smart14321"><a href="http://www.slate.fr/lien/54863/scientifiques-hasard-pile-puissante-biodegradable" target="_blank"> </a></div>
<p><a href="http://www.slate.fr/lien/54863/scientifiques-hasard-pile-puissante-biodegradable" target="_blank">source</a><br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/OtM6XJlynkk" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/des-scientifiques-creent-la-pile-du-futur-accidentellement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Viviane Forrester nous quitte</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/viviane-forrester-nous-quitte/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/viviane-forrester-nous-quitte/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 May 2013 15:37:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=977</guid>
		<description><![CDATA[Née en 1925, l&#8217;auteure du best-seller L&#8217;horreur économique était membre du jury du prix Femina depuis 1994. Ecrivain, essayiste, critique littéraire et juré du prix Femina depuis 1994, Viviane Forrester, née Dreyfus, est morte à l&#8217;âge de 87 ans. Elle s&#8217;était surtout fait connaître avec un essai politique, L&#8217;horreur économique (Fayard, 1996). Le livre, prix [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/05/vivian-leigh.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-978" alt="vivian leigh" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/05/vivian-leigh.jpg" width="920" height="650" /></a></p>
<p>Née en 1925, l&#8217;auteure du best-seller L&#8217;horreur économique était membre du jury du prix Femina depuis 1994.</p>
<p>Ecrivain, essayiste, critique littéraire et juré du prix Femina depuis 1994, Viviane Forrester, née Dreyfus, est morte à l&#8217;âge de 87 ans.</p>
<p>Elle s&#8217;était surtout fait connaître avec un essai politique, L&#8217;horreur économique (Fayard, 1996). Le livre, prix Médicis Essais, s&#8217;était vendu à plus de 350 000 exemplaires en France et a été traduit en 32 langues. Elle continua à théoriser la politique et critiquer les conséquences de l&#8217;ultralibéralisme dans Une étrange dictature (Fayard, 2000) et se pencha sur la gestion du conflit israélo-palestinien Le Crime occidental (Fayard, 2004). Elle y évoquait notamment le racisme latent qui ronge nos sociétés depuis la Seconde Guerre mondiale dont elle garde un souvenir amer, ayant du s&#8217;exiler en Espagne en 1943 pour échapper aux rafles antijuives.</p>
<p>Forrester expliquait avec ferveur, conviction et pédagogie les dégâts des politiques occidentales centrées sur l&#8217;argent. Elle cofonda par ailleurs le mouvement altermondialiste Attac en 1998. Contestataire permanente, sa parole et ses écrits dépassaient les frontières. Elle s&#8217;inquiétait aussi du diktat du marketing, y compris dans le secteur littéraire.</p>
<p>&#8220;La pensée est avant tout mobilisatrice.&#8221;</p>
<p>Dans un entretien à Livres Hebdo en août 2007 (LH n°699), elle précisait sa pensée : « La littérature, l&#8217;écrit rendent plus lucide, plus capable d&#8217;esprit critique, donc peuvent être jugés dangereux. Il est plus facile de diriger un troupeau que de diriger des individualités capables de réflexion. De plus en plus, c&#8217;est par le sarcasme ou l&#8217;indifférence qu&#8217;est accueilli ce qui procède de la pensée, qui est aujourd&#8217;hui dévaluée. Des pratiques telles que celles des sondages ou des listes de best-sellers y contribuent. Dommage que l&#8217;on prenne le mot « intellectuel » pour une insulte.<br />
L&#8217;organique et le cérébral sont étroitement liés. La pensée est avant tout mobilisatrice. Elle est sensuelle, à la source de grandes émotions. Et tout ce qui traduit sa musique avec exactitude et donne de la valeur à la conscience, au plaisir, au discernement est essentiel. »</p>
<p>Mais son oeuvre ne se résume pas qu&#8217;à ces livres symboliques d&#8217;une époque.</p>
<p>Passionnée par Proust, Bernhard, Artaud ou Van Gogh, elle écrivit de nombreux textes, critiques et donnera de multiples conférences sur ces personnalités (l&#8217;ensemble est réunit dans Mes passions de toujours, Fayard, 2006). Virginia Woolf reste sa plus grande passion, préfaçant de nombreux livres de l&#8217;auteure et lui consacrant deux biographies dont la plus récente, parue chez Albin Michel en 2009, a reçu le prix Goncourt de la biographie. Elle a également préfacé des livres de Edith Warthon ou Pierre Duverger (Céline : derniers clichés, IMEC, 2011), rédigé les textes de Beckett (Steidl, 2009), le livre de photographies de François-Marie Banier, ou traduit des romans anglais de Jean Rhys et Nigel Nicholson. Avec Van Gogh ou l&#8217;enterrement dans les blés (Le Seuil, 1983), elle a obtenu le prix Femina Vacaresco et le prix Charles Blanc de l&#8217;Académie française</p>
<p>Romancière, elle a écrit Le grand festin (Denoël, 1971), Le corps entier de Marigda (Denoël, 1975), Vestiges (Le Seuil, 1978), Le jeu des poignards (Gallimard, 1985), &#8230; Viviane Forrester se raconta aussi dans Rue de Rivoli : journal : 1966-1972 (Gallimard, 2011), prix Anna de Noailles. Sa dernière œuvre fut aussi publiée chez Gallimard : Dans la fureur glaciale (2011), elle y a rassemblé 14 nouvelles.</p>
<p>Explorant tous les genres, elle fut aussi l&#8217;auteure d&#8217;un recueil poétique, Mains (Mille et une nuits, 2000). Comme critique littéraire, elle a collaboré au Monde, au Nouvel Observateur et à La Quinzaine littéraire.</p>
<p>Forrester pose la plume définitivement, elle qui avait dédié sa vie à l&#8217;écriture et à la réflexion : dans son essai littéraire La violence du calme (Le Seuil, 1997), elle expliquait : « Ecrire ce n&#8217;est pas commenter ce que l&#8217;on croit savoir, mais chercher ce qu&#8217;on ne sait pas encore et ce que parler veut dire. »</p>
<p><a href="http://www.livreshebdo.fr/actualites/DetailsActuRub.aspx?id=10526">source</a></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/viviane-forrester-nous-quitte/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>En 1258, la destruction de Bagdad par les Mongols</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/en-1258-la-destruction-de-bagdad-par-les-mongols/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/en-1258-la-destruction-de-bagdad-par-les-mongols/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 20:10:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=972</guid>
		<description><![CDATA[Triste anniversaire que celui, le 20 mars dernier, des 10 ans de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis : 2,5 millions d’Irakiens tués entre 1991 et 2013, entre 250.000 et plus d’un million de disparus, et 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak. Par ailleurs, les destructions systématiques par l’armée américaine d’usines, d’écoles, [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/04/bagdad2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-973" alt="bagdad2" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/04/bagdad2.jpg" width="582" height="387" /></a></p>
<p>Triste anniversaire que celui, le 20 mars dernier, des 10 ans de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis : 2,5 millions d’Irakiens tués entre 1991 et 2013, entre 250.000 et plus d’un million de disparus, et 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak. Par ailleurs, les destructions systématiques par l’armée américaine d’usines, d’écoles, d’hôpitaux, de musées, de centrales d’énergie et d’installations de purification des eaux continuent de valoir à la capitale, Bagdad, le titre peu glorieux de «ville la moins vivable de la planète».</p>
<p>Immanquablement, cette catastrophe en rappelle une autre, qui avait, en son temps, profondément marqué la conscience des peuples d’Islam : le sac de Bagdad, la capitale de l’empire arabo-musulman, par les armées mongols sous la conduite d’Houlagou Khan, petit-fils de Gengis Khan. C’était le 10 février 1258. Le déclin de la ville la plus peuplée et la plus riche du monde était déjà bien amorcé au moment de la chute. Le siège n’aura ainsi duré que trois semaines, à l’issue desquelles, le calife abbasside al-Musta‘sim, qui avait vainement essayé de négocier, vint en personne donner sa reddition. Houlagou ne s’en est pas contenté : il exigea que les habitants déposent les armes et quittent la ville, leur promettant la vie sauve s’ils acceptaient de se rendre. Al-Musta‘sim n’eut d’autre choix que de se soumettre : les habitants se livrèrent ainsi sans armes aux Mongols qui les passèrent au fil de l’épée. Trois jours plus tard, Houlagou investit la ville et procéda à un nouveau massacre.</p>
<div></div>
<div><strong>24.000 savants massacrés</strong></div>
<div>Les historiographes arabes parlent de plusieurs centaines de milliers de morts, sur une population estimée à un ou deux millions d’habitants. Hamd Allah Mustawfi (1281-1349) avance ainsi le chiffre de 800.000 tués, tandis que le chef mongol, ‒ dans une lettre datée de 1262 adressée au roi de France Louis IX, auquel il offrait son alliance ‒, évoque plus de 200.000 morts. Parmi ces victimes, se trouvaient pas moins de 24.000 savants, un chiffre à peine concevable pour l’époque, et une véritable hécatombe pour l’ensemble de l’humanité. La légende veut ainsi que les eaux du Tigre soient devenues noires de l’encre des dizaines de milliers d’ouvrages jetés dans le fleuve par les barbares venus de la steppe. Bagdad abritait en effet la bibliothèque la plus richement dotée au monde, Bayt al-Hikma, mais aussi, dans chaque quartier, des bibliothèques publiques plus modestes, ainsi qu’un nombre impressionnant d’écoles, d’universités, de mosquées, d’hôpitaux… Ils disparaîtront sous les flammes, de même que sera saccagé le réseau sophistiqué de canaux qui faisait la prospérité de l’arrière-pays et, partant de la cité de Bagdad, oasis de civilisation, carrefour de routes commerçantes, au cœur d’un pays par ailleurs largement désertique.</div>
<div></div>
<div><strong>Mise à mort du calife al-Musta‘sim</strong></div>
<div>Le 20 février, Hulagu procédera à la mise à mort du calife. Conformément à une croyance chamanique mongole, qui veut que le sang d’un prince soit sacré, al-Musta‘sim sera cousu dans un tapis, avant que ne soient lâchés les chevaux qui allaient le piétiner jusqu’à la mort… Ainsi périt le descendant de l’oncle du Prophète, et le souverain d’un des empires les plus brillants qu’ait connu l’humanité. Le monde musulman venait de subir là un coup dont il ne se remettra pour ainsi dire jamais. Il avait, par ailleurs, à son corps défendant, amorti le choc mongol, et empêché la chrétienté occidentale, qui se réjouissait de la destruction de Bagdad, de subir elle aussi l’invasion des barbares. Mais avant peu, l’islam allait reconquérir ses conquérants : en 1295, le petit-fils de Houlagou, l’empereur mongol Ghazan, se convertira à l&#8217;islam.</div>
<div><a href="http://www.zamanfrance.fr/article/en-1258-destruction-bagdad-mongols" target="_blank">source</a></div>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/jCUN5JL5Mmo" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/yzw1cRsqdDw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/en-1258-la-destruction-de-bagdad-par-les-mongols/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Tocqueville ; La démocratie blanche</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/tocqueville-la-democratie-blanche/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/tocqueville-la-democratie-blanche/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Apr 2013 12:08:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=966</guid>
		<description><![CDATA[Il y a trois façons d&#8217;aborder Tocqueville : l&#8217;approche soft, l&#8217;approche américaine et l&#8217;approche hard. 1 &#8211; L&#8217;approche soft : Ne pas lire Tocqueville, et se contenter de ce qu&#8217;on en dit officiellement. Source : Collection CLEFS – Concours &#8211; Lettres du 19 ème siècle  « De la démocratie en Amérique » Auteurs azord, Dumasy,Chaudier. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/04/alexis.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-967" alt="alexis" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/04/alexis.jpg" width="1600" height="1024" /></a></p>
<p>Il y a trois façons d&#8217;aborder Tocqueville : l&#8217;approche soft, l&#8217;approche américaine et l&#8217;approche hard.</p>
<p>1 &#8211; L&#8217;approche soft : Ne pas lire Tocqueville, et se contenter de ce qu&#8217;on en dit officiellement.<br />
Source : Collection CLEFS – Concours &#8211; Lettres du 19 ème siècle  « De la démocratie en Amérique »<br />
Auteurs <img src='http://algerienetwork.com/magazine/wp-includes/images/smilies/icon_biggrin.gif' alt=':D' class='wp-smiley' /> azord, Dumasy,Chaudier. Editeur Neuilly Atlande  2004<br />
C&#8217;est un livre de préparation au concours de l’Agrégation et du Capes de littérature des futurs enseignants (L’agrégation et le Capes sont des grades administratifs de l’Education Nationale).  C’est par ce genre d’ouvrage que les futurs enseignants de lettres des écoles républicaines connaissent la pensée de Tocqueville, qu&#8217;ils transmettent ensuite aux jeunes élèves.</p>
<p>C&#8217;est pratique et gratifiant. Ah, les penseurs français, ce sont vraiment les plus beaux !</p>
<p>Il existe dans Démocratie en Amérique toute une isotopie du sublime. Le sublime, notion qui est au centre de tout  débat esthétique du 17ème  siècle au romantisme, désigne d’abord  &#8220;ce qui est élevé&#8221;, puis &#8220;ce qui est élevé au dessus des autres&#8221;, donc admirable (personnes comme choses). Dans le domaine esthétique, le sublime est opposé au beau comme ce qui échappe à toute règle et exprime, par-delà  tout procédé de style, &#8220;une grande âme&#8221;.Le sublime est donc lié à l’héroïque, au dépassement …<br />
(page 194 )</p>
<p>Pourtant la thèse pascalienne de la « double nature » de l’homme et donc de ses besoins spirituels, toujours présents « par nature» même s’ils sont sous le boisseau en démocratie, permet à Tocqueville de fonder en théorie la possibilité de sa propre entreprise morale, qui consiste à réintroduire, avec la passion de la liberté politique, la dimension du sublime en démocratie : assurer sa liberté politique, comme l’œuvre de Tocqueville y incite le citoyen démocratique, c’est en effet sortir de soi-même et d’une activité centrée sur soi, pour exercer une action qui élève l’homme au-dessus de lui-même.<br />
( page 197 )</p>
<p>2 &#8211; L&#8217;approche américaine : Lire l&#8217;ouvrage majeur de Tocqueville, &#8220;De la démocratie en Amérique&#8221;.<br />
Là, les choses deviennent déjà plus problématiques&#8230;<br />
La démocratie, pour Tocqueville, c&#8217;est une organisation politique réservée aux Blancs. Les Indiens et les Noirs en sont exclus. Pour les Indiens, la solution est un inévitable génocide. Il n&#8217;y a pas à s&#8217;y opposer, et d&#8217;ailleurs il est quasiment achevé. Il est dans l&#8217;ordre des choses.<br />
Pour les Noirs, c&#8217;est le maintien de l&#8217;esclavage, ou sinon l&#8217;apartheid.<br />
Nous sommes tellement loin de la propagande française sur Tocqueville qu&#8217;il est nécessaire de citer de larges extraits. Les voici.</p>
<p><strong>Extrait N° 1 : Les Noirs et les Indiens ne font pas partie de la démocratie américaine.</strong></p>
<p>La tâche principale que je m&#8217;étais imposée est maintenant remplie; j&#8217;ai montré, autant du moins que je pouvais y réussir, quelles étaient les lois de la démocratie américaine; j&#8217;ai fait connaître quelles étaient ses mœurs. Je pourrais m&#8217;arrêter ici, mais le lecteur trouverait peut-être que je n&#8217;ai point satisfait son attente.<br />
On rencontre en Amérique autre chose encore qu&#8217;une immense et complète démocratie; on peut envisager sous plus d&#8217;un point de vue les peuples qui habitent le Nouveau Monde.</p>
<p>Dans le cours de cet ouvrage, mon sujet m&#8217;a souvent amené à parler des Indiens et des Nègres, mais je n&#8217;ai jamais eu le temps de m&#8217;arrêter pour montrer quelle position occupent ces deux races au milieu du peuple démocratique que j&#8217;étais occupé à peindre ; j&#8217;ai dit suivant quel esprit, à l&#8217;aide de quelles lois la confédération anglo-américaine avait été formée ; je n&#8217;ai pu indiquer qu&#8217;en passant, et d&#8217;une manière fort incomplète, les dangers qui menacent cette confédération, et il m&#8217;a été impossible d&#8217;expo­ser en détail quelles étaient, indépendamment des lois et des mœurs, ses chances de durée. En parlant des républiques unies, je n&#8217;ai hasardé aucune conjecture sur la permanence des formes républicaines dans le Nouveau Monde, et faisant souvent allusion à l&#8217;activité commerciale qui règne dans l&#8217;Union, je n&#8217;ai pu cependant m&#8217;occuper de l&#8217;avenir des Américains comme peuple commerçant.</p>
<p>Ces objets, qui touchent à mon sujet, n&#8217;y entrent pas; ils sont américains sans être démocratiques, et c&#8217;est surtout la démocratie dont j&#8217;ai voulu faire le portrait. J&#8217;ai donc dû les écarter d&#8217;abord; mais je dois y revenir en terminant.</p>
<p>Le territoire occupé de nos jours, ou réclamé par l&#8217;Union américaine, s&#8217;étend depuis l&#8217;océan Atlantique jusqu&#8217;aux rivages de la mer du Sud. À l&#8217;est ou à l&#8217;Ouest, ses limites sont donc celles mêmes du continent; il s&#8217;avance au midi sur le bord des Tropiques, et remonte ensuite au milieu des glaces du Nord.</p>
<p>Les hommes répandus dans cet espace ne forment point, comme en Europe, autant de rejetons d&#8217;une même famille. On découvre en eux, dès le premier abord, trois races naturellement distinctes, et je pourrais presque dire ennemies. L&#8217;éducation, la loi, l&#8217;origine, et jusqu&#8217;à la forme extérieure des traits, avaient élevé entre elles une barrière presque insurmontable; la fortune les a rassemblées sur le même sol, mais elle les a mêlées sans pouvoir les confondre, et chacune poursuit à part sa destinée.</p>
<p>Parmi ces hommes si divers, le premier qui attire les regards, le premier en lumière, en puissance, en bonheur, c&#8217;est l&#8217;homme blanc, l&#8217;Européen, l&#8217;homme par excel­­lence ; au-dessous de lui paraissent le Nègre et l&#8217;Indien.</p>
<p>Ces deux races infortunées n&#8217;ont de commun ni la naissance, ni la figure, ni le langage, ni les mœurs; leurs malheurs seuls se ressemblent. Toutes deux occupent une position également inférieure dans le pays qu&#8217;elles habitent; toutes deux éprouvent les effets de la tyrannie; et si leurs misères sont différentes, elles peuvent en accuser les mêmes auteurs.</p>
<p>Ne dirait-on pas, à voir ce qui se passe dans le monde, que l&#8217;Européen est aux hom­mes des autres races ce que l&#8217;homme lui-même est aux animaux ? Il les fait servir à son usage, et quand il ne peut les plier, il les détruit.</p>
<p><strong>Extrait N° 2  : La fin des peuples indiens est inéluctable. Le désir de conserver leur identité les condamne à la mort. Tant pis pour eux.</strong></p>
<p>Le Nègre fait mille efforts inutiles pour s&#8217;introduire dans une société qui le repousse ; il se plie aux goûts de ses oppresseurs, adopte leurs opinions, et aspire, en les imitant, à se confondre avec eux. On lui a dit dès sa naissance que sa race est naturellement inférieure à celle des Blancs, et il n&#8217;est pas éloigné de le croire, il a donc honte de lui-même. Dans chacun de ses traits il découvre une trace d&#8217;escla­vage, et, s&#8217;il le pouvait, il consentirait avec joie à se répudier tout entier.</p>
<p>L&#8217;Indien, au contraire, a l&#8217;imagination toute remplie de la prétendue noblesse de son origine. Il vit et meurt au milieu de ces rêves de son orgueil. Loin de vouloir plier ses mœurs aux nôtres, il s&#8217;attache à la barbarie comme à un signe distinctif de sa race, et il repousse la civilisation moins encore peut-être en haine d&#8217;elle que dans la crainte de ressembler aux Européens</p>
<p>A la perfection de nos arts, il ne veut opposer que les ressources du désert; à notre tactique, que son courage indiscipliné; à la profondeur de nos desseins, que les ins­tincts spontanés de sa nature sauvage. Il succombe dans cette lutte inégale.</p>
<p>Le Nègre voudrait se confondre avec l&#8217;Européen, et il ne le peut. L&#8217;Indien pourrait jusqu&#8217;à un certain point y réussir, mais il dédaigne de le tenter. La servilité de l&#8217;un le livre à l&#8217;esclavage, et l&#8217;orgueil de l&#8217;autre à la mort.</p>
<p><strong>Extrait N° 3  : Justification de l&#8217;esclavage dans le Sud</strong></p>
<p>Le plus redoutable de tous les maux qui menacent l&#8217;avenir des États-Unis naît de la présence des Noirs sur leur sol. Lorsqu&#8217;on cherche la cause des embarras présents et des dangers futurs de l&#8217;Union, on arrive presque toujours à ce premier fait, de quelque point qu&#8217;on parte.</p>
<p>À mesure qu&#8217;on descend vers le Midi, il est plus difficile d&#8217;abolir utilement l&#8217;escla­vage. Ceci résulte de plusieurs causes matérielles qu&#8217;il est nécessaire de déve­lopper.</p>
<p>La première est le climat: il est certain qu&#8217;à proportion que les Européens s&#8217;appro­chent des tropiques, le travail leur devient plus difficile; beaucoup d&#8217;Américains prétendent même que sous une certaine latitude il finit par leur être mortel, tandis que le Nègre s&#8217;y soumet sans dangers ; mais je ne pense pas que cette idée, si favorable à la paresse de l&#8217;homme du Midi, soit fondée sur l&#8217;expérience. Il ne fait pas plus chaud dans le sud de l&#8217;Union que dans le sud de l&#8217;Espagne et de l&#8217;Italie . Pourquoi l&#8217;Euro­péen n&#8217;y pourrait-il exécuter les mêmes travaux ? Et si l&#8217;esclavage a été aboli en Italie et en Espagne sans que les maîtres périssent, pourquoi n&#8217;en arriverait-il pas de même dans l&#8217;Union ? Je ne crois donc pas que la nature ait interdit, sous peine de mort, aux Européens de la Géorgie ou des Florides de tirer eux-mêmes leur subsistance du sol; mais ce travail leur serait assurément plus pénible et moins productif  qu&#8217;aux habi­tants de la Nouvelle-Angleterre. Le travailleur libre perdant ainsi au Sud une partie de sa supériorité sur l&#8217;esclave, il est moins utile d&#8217;abo­lir l&#8217;esclavage.</p>
<p>Toutes les plantes de l&#8217;Europe croissent dans le nord de l&#8217;Union; le Sud a des produits spéciaux.<br />
On a remarqué que l&#8217;esclavage est un moyen dispendieux de cultiver les céréales. Celui qui récolte le blé dans un pays où la servitude est inconnue ne retient habitu­ellement à son service qu&#8217;un petit nombre d&#8217;ouvriers; à l&#8217;époque de la moisson, et pendant les semailles, il en réunit, il est vrai, beaucoup d&#8217;autres ; mais ceux-là n&#8217;habi­tent que momentanément sa demeure.<br />
Pour remplir ses greniers ou ensemencer ses champs, l&#8217;agriculteur qui vit dans un État à esclaves est obligé d&#8217;entretenir durant toute l&#8217;année un grand nombre de servi­teurs, qui pendant quelques jours seulement lui sont nécessaires; car, différents des ouvriers libres, les esclaves ne sauraient attendre, en travaillant pour eux-mêmes, le moment où l&#8217;on doit venir louer leur industrie. Il faut les acheter pour s&#8217;en servir.<br />
L&#8217;esclavage, indépendamment de ses inconvénients généraux, est donc naturelle­ment moins applicable aux pays où les céréales sont cultivées qu&#8217;à ceux où on récolte d&#8217;autres produits.</p>
<p>La culture du tabac, du coton et surtout de la canne a sucre exige, au contraire, des soins continuels. On peut y employer des femmes et des enfants qu&#8217;on ne pourrait point utiliser dans la culture du blé. Ainsi, l&#8217;esclavage est naturellement plus appro­prié au pays d&#8217;où l&#8217;on tire les produits que je viens de nommer.<br />
Le tabac, le coton, la canne ne croissent qu&#8217;au Sud; ils y forment les sources prin­ci­pales de la richesse du pays. En détruisant l&#8217;esclavage, les hommes du Sud se trou­veraient dans l&#8217;une de ces deux alternatives: ou ils seraient obligés de changer leur système de culture, et alors ils entreraient en concurrence avec les hommes du Nord, plus actifs et plus expérimentés qu&#8217;eux; ou ils cultiveraient les mêmes produits sans esclaves, et alors ils auraient à supporter la concurrence des autres États du Sud qui les auraient conservés.<br />
Ainsi le Sud a des raisons particulières de garder l&#8217;esclavage, que n&#8217;a point le Nord.</p>
<p>Mais voici un autre motif plus puissant que tous les autres. Le Sud pourrait bien, à la rigueur, abolir la servitude; mais comment se délivrerait-il des Noirs ? Au Nord, on chasse en même temps l&#8217;esclavage et les esclaves. Au Sud, on ne peut espérer d&#8217;attein­dre en même temps ce double résultat.<br />
En prouvant que la servitude était plus naturelle et plus avantageuse au Sud qu&#8217;au Nord, j&#8217;ai suffisamment indiqué que le nombre des esclaves devait y être beaucoup plus grand. C&#8217;est dans le Sud qu&#8217;ont été amenés les premiers Africains; c&#8217;est là qu&#8217;ils sont toujours arrivés en plus grand nombre. À mesure qu&#8217;on s&#8217;avance vers le Sud, le préjugé qui maintient l&#8217;oisiveté en honneur prend de la puissance. Dans les États qui avoisinent le plus les tropiques, il n&#8217;y a pas un Blanc qui travaille. Les Nègres sont donc naturellement plus nombreux au Sud qu&#8217;au Nord. Chaque jour, comme je l&#8217;ai dit plus haut, ils le deviennent davantage; car, à proportion qu&#8217;on détruit l&#8217;esclavage à une des extrémités de l&#8217;Union, les Nègres s&#8217;accumulent à l&#8217;autre. Ainsi, le nombre des Noirs augmente au Sud, non seulement par le mouvement naturel de la population, mais encore par l&#8217;émigration forcée des Nègres du Nord. La race africaine a, pour croître dans cette partie de l&#8217;Union, des causes analogues à celles qui font grandir si vite la race européenne au Nord.</p>
<p>Dans l&#8217;État du Maine, on compte un Nègre sur trois cents habitants; dans le Massa­chusetts, un sur cent; dans l&#8217;État de New York, deux sur cent; en Pennsylvanie, trois; au Maryland, trente-quatre; quarante-deux dans la Virginie, et cinquante-cinq enfin dans la Caroline du Sud . Telle était la proportion des Noirs par rapport à celle des Blancs dans l&#8217;année 1830. Mais cette proportion change sans cesse : chaque jour elle devient plus petite au Nord et plus grande au Sud.<br />
Il est évident que dans les États les plus méridionaux de l&#8217;Union, on ne saurait abolir l&#8217;esclavage comme on l&#8217;a fait dans les États du Nord, sans courir de très grands dangers, que ceux-ci n&#8217;ont point eu à redouter.</p>
<p><strong>Extrait N° 4  : Dans le Sud, l&#8217;esclavage c&#8217;est la prospérité</strong></p>
<p>L&#8217;Espagne fit jadis transporter dans un district de la Louisiane, appelé Attakapas. un certain nombre de paysans des Açores. L&#8217;esclavage ne fut point introduit parmi eux; c&#8217;était un essai. Aujourd&#8217;hui ces hommes cultivent encore la terre sans esclaves ; mais leur industrie est si languissante, qu&#8217;elle fournit à peine à leurs besoins.</p>
<p><strong>Extrait N° 5  : On a le droit d&#8217;appliquer un système injuste, mais à condition que la population opprimée ne soit pas trop nombreuse.</strong></p>
<p>Dans le Nord, comme je l&#8217;ai dit plus haut, du moment où l&#8217;esclavage est aboli, et même du moment où il devient probable que le temps de son abolition approche, il se fait un double mouvement : les esclaves quittent le pays pour être transportés plus au Sud ; les Blancs des États du Nord et les émigrants d&#8217;Europe affluent à leur place.</p>
<p>Ces deux causes ne peuvent opérer de la même manière dans les derniers États du Sud. D&#8217;une part, la masse des esclaves y est trop grande pour qu&#8217;on puisse espérer de leur faire quitter le pays ; d&#8217;autre part, les Européens et les Anglo-Américains du Nord redoutent de venir habiter une contrée où l&#8217;on n&#8217;a point encore réhabilité le travail. D&#8217;ailleurs, ils regardent avec raison les États où la proportion des Nègres surpasse ou égale celle des Blancs comme menacés de grands malheurs, et ils s&#8217;abstiennent de porter leur industrie de ce côté.</p>
<p>Ainsi, en abolissant l&#8217;esclavage, les hommes du Sud ne parviendraient pas, comme leurs frères du Nord, à faire arriver graduellement les Nègres à la liberté ; ils ne diminueraient pas sensiblement le nombre des Noirs, et ils resteraient seuls pour les contenir. Dans le cours de peu d&#8217;années, on verrait donc un grand peuple de Nègres libres placé au milieu d&#8217;une nation à peu près égale de Blancs.</p>
<p>Les mêmes abus de pouvoir, qui maintiennent aujourd&#8217;hui l&#8217;esclavage, devien­draient alors dans le Sud la source des plus grands dangers qu&#8217;auraient à redouter les Blancs. Aujourd&#8217;hui le descendant des Européens possède seul la terre ; il est maître absolu de l&#8217;industrie ; seul il est riche, éclairé, armé. Le Noir ne possède aucun de ces avantages ; mais il peut s&#8217;en passer, il est esclave. Devenu libre, chargé de veiller lui-même sur son sort, peut-il rester privé de toutes ces choses sans mourir ? Ce qui faisait la force du Blanc, quand l&#8217;esclavage existait, l&#8217;expose donc à mille périls après que l&#8217;esclavage est aboli.</p>
<p>Laissant le Nègre en servitude, on peut le tenir dans un état voisin de la brute ; libre, on ne peut l&#8217;empêcher de s&#8217;instruire assez pour apprécier l&#8217;étendue de ses maux et en entrevoir le remède. Il y a d&#8217;ailleurs un singulier principe de justice relative qu&#8217;on trouve très profondément enfoncé dans le cœur humain. Les hommes sont beaucoup plus frappés de l&#8217;inégalité qui existe dans l&#8217;intérieur d&#8217;une même classe que des inégalités qu&#8217;on remarque entre les différentes classes. On comprend l&#8217;escla­vage, mais comment concevoir l&#8217;existence de plusieurs millions de citoyens éternelle­ment pliés sous l&#8217;infamie et livrés a des misères héré­ditaires ? Dans le Nord, une population de Nègres affranchis éprouve ces maux et ressent ces injustices ; mais elle est faible et réduite ; dans le Sud elle serait nombreuse et forte.</p>
<p><strong> Extrait N° 6 : L&#8217;alternative : le métissage ou l&#8217;apartheid. La solution démocratique, selon Tocqueville, est l&#8217;apartheid.</strong></p>
<p>Du moment où l&#8217;on admet que les Blancs et les Nègres émancipés sont placés sur le même sol comme des peuples étrangers l&#8217;un à l&#8217;autre, on comprendra sans peine qu&#8217;il n&#8217;y a plus que deux chances dans l&#8217;avenir: il faut que les Nègres et les Blancs se confondent entièrement ou se séparent.</p>
<p>J&#8217;ai déjà exprimé plus haut quelle était ma conviction sur le premier moyen. Je ne pense pas que la race blanche et la race noire en viennent nulle part à vivre sur un pied d&#8217;égalité.<br />
Mais je crois que la difficulté sera bien plus grande encore aux États-Unis que partout ailleurs. Il arrive qu&#8217;un homme se place en dehors des préjugés de religion, de pays, de race, et si cet homme est roi, il peut opérer de surprenantes révolutions dans la société : un peuple tout entier ne saurait se mettre ainsi en quelque sorte au-dessus de lui-même.</p>
<p>Un despote venant à confondre les Américains et leurs anciens esclaves sous le même joug parviendrait peut-être à les mêler: tant que la démocratie américaine restera à la tête des affaires, nul n&#8217;osera tenter une pareille entreprise, et l&#8217;on peut prévoir que, plus les Blancs des États-Unis seront libres, plus ils chercheront à s&#8217;isoler . (&#8230;)</p>
<p>Je confesse que quand je considère l&#8217;état du Sud, je ne découvre, pour la race blan­che qui habite ces contrées, que deux manières d&#8217;agir: affranchir les Nègres et les fon­dre avec elle; rester isolés d&#8217;eux et les tenir le plus longtemps possible dans l&#8217;esclavage. Les moyens termes me paraissent aboutir prochainement à la plus horri­ble de toutes les guerres civiles, et peut-être à la ruine de l&#8217;une deux races.</p>
<p><strong>Extrait N° 7 : Tocqueville conseille l&#8217;apartheid aux Américains.</strong></p>
<p>S&#8217;il fallait absolument prévoir l&#8217;avenir, je dirais que, suivant le cours probable des choses, l&#8217;abolition de l&#8217;esclavage au Sud fera croître la répugnance que la population blanche y éprouve pour les Noirs. Je fonde cette opinion sur ce que j&#8217;ai déjà remarqué d&#8217;analogue au Nord. J&#8217;ai dit que les hommes blancs du Nord s&#8217;éloignent des Nègres avec d&#8217;autant plus de soin que le législateur marque moins la séparation légale qui doit exister entre eux: pourquoi n&#8217;en serait-il pas de même au Sud ? Dans le Nord, quand les Blancs craignent d&#8217;arriver à se confondre avec les Noirs, ils redoutent un danger imaginaire. Au Sud, où le danger serait réel, je ne puis croire que la crainte fût moindre.(&#8230;)</p>
<p>(Il est possible de retrouver ces textes en téléchargeant  &#8220;De la démocratie en Amérique&#8221;, mis en ligne par l&#8217;université de Chicoutimi)</p>
<p>Texte complet  <a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/De_tocqueville_alexis/de_la_colonie_algerie/travail_sur_algerie/travail_sur_algerie.pdf" target="_blank">téléchargeable</a></p>
<p><a href="http://www.contreculture.org/AG%20Tocqueville.html" target="_blank">source</a></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/_sDBUFOdLTY" height="317" width="554" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/tocqueville-la-democratie-blanche/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Jeu de la mort</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/le-jeu-de-la-mort/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/le-jeu-de-la-mort/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 16:19:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=962</guid>
		<description><![CDATA[Le Jeu de la mort est un documentaire mettant en scène un faux jeu télévisé (La Zone Xtrême) durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes à un autre candidat, jusqu&#8217;à des tensions pouvant entraîner la mort. La mise en scène reproduit l&#8217;expérience de Milgram réalisée initialement aux États-Unis [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Jeu de la mort est un documentaire mettant en scène un faux jeu télévisé (La Zone Xtrême) durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes à un autre candidat, jusqu&#8217;à des tensions pouvant entraîner la mort. La mise en scène reproduit l&#8217;expérience de Milgram réalisée initialement aux États-Unis dans les années 1960 pour étudier l&#8217;influence de l&#8217;autorité sur l&#8217;obéissance : les décharges électriques sont fictives, un acteur feignant de les subir, et l&#8217;objectif est de tester la capacité à désobéir du candidat qui inflige ce traitement et qui n&#8217;est pas au courant de l&#8217;expérience.<br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/pau7aDYrxFw" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/le-jeu-de-la-mort/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Fabrique de l&#8217;Actualité</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/la-fabrique-de-lactualite/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/la-fabrique-de-lactualite/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 14:10:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=955</guid>
		<description><![CDATA[Compte-rendu du débat public du 23 mars-05 animé à la Faculté de Caen par François RUFIN, créateur du journal « Fakir » et journaliste au Monde Diplomatique, et Hervé LE CROSNIER, Professeur à la faculté de Caen et créateur du journal en ligne « Airlibre », sur le thème : « LA FABRIQUE DE L’ACTUALITE », ou « comment le traitement de l’information [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/02/chien-de-garde.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-901" alt="chien de garde" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/02/chien-de-garde.jpg" width="605" height="400" /></a></p>
<p>Compte-rendu du débat public du 23 mars-05 animé à la Faculté de Caen par François RUFIN, créateur du journal « Fakir » et journaliste au Monde Diplomatique, et Hervé LE CROSNIER, Professeur à la faculté de Caen et créateur du journal en ligne « Airlibre », sur le thème :</p>
<p><b>« LA FABRIQUE DE L’ACTUALITE », ou « comment le traitement de l’information intègre le processus marchand ».</b></p>
<p>Déroulement :</p>
<ol>
<li>Présentation de l’Observatoire Local des Médias (Michèle HUE)</li>
<li>Présentation du contexte actuel et présentation des intervenants de la soirée (Pascale CARPENTE)</li>
<li>« Services de communications », « quête de l’audimat », et « suivre l’actualité », thèmes développés par François RUFIN</li>
<li>« L’impact de notre critique ? Construire notre monde, nos propres médias »</li>
<li>Débat public : « l’actualité fabriquée, dépossédée et réappropriée »</li>
</ol>
<p>Compte-rendu :</p>
<p><b>1) l’Observatoire Local des Médias :</b></p>
<p>Le rappel est fait sur le contexte de la création de l’Observatoire Local des Médias, les objectifs qu’il s’est fixé, et le travail déjà accompli. L’OLM 14, imaginé par l’atelier médias du Forum Social Local de mai-2003, organisé à Colombelles, fonctionne de manière effective depuis janvier 2004, et rassemble des médias alternatifs, des associations, des professionnels de l’information, des citoyens&#8230; Sa création se situe dans le prolongement d’un mouvement de dimension internationale, à la suite de l’apparition de MGW (Media Global Watch), de l’Observatoire Français des Médias, d’ACRIMED, et bien d’autres encore, en réponse à une concentration toujours plus accrue et plus alarmante des médias entre les mains des grands industriels tels que, pour la France, Dassault, Lagardère, Hersant &#8230;</p>
<p>Ses objectifs sont de redonner une dimension collective à l’analyse critique des médias locaux, et à leur interpellation qui peut s’ensuivre ; de réclamer une information pluraliste, vraie et non-marchande ; et de dénoncer les conditions de travail des journalistes salariés, confrontés dans leur quotidien de travail à la mondialisation.</p>
<p>Le travail aujourd’hui accompli a déjà permis, en respectant une méthode systématique et rigoureuse, de procéder à des analyses sur de larges périodes, des thèmes précis, et d’identifier un vocabulaire volontairement péjoratif, des constructions particulières d’articles, des montages photos « orientés »&#8230; Il a permis également la participation de l’OLM au Forum Social Local de Colombelles organisé en Mai 2004 ; et il a enfin abouti à la réalisation de synthèses d’observations thématiques sur Ouest-France et France 3, avec notamment les thèmes de la réforme de la Sécurité Sociale, de l’EPR, des 35 heures, vus par ces médias locaux.</p>
<p>L’intérêt aujourd’hui de ce travail est qu’il met déjà en évidence un certain nombre d’écarts , mais surtout la fréquence, et l’importance, des non-dits dans nos médias locaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>2) Contexte et intervenants</b></p>
<p>L’information doit-elle être considérée comme une marchandise, ou comme un bien public ? L’information clonée ne permet pas la construction d’une opinion individuelle. 2 faits caractérisent aujourd’hui le contexte actuel, et permettent d’apprécier les résultats du « marketing de l’information » :</p>
<ul>
<li>l’effondrement des ventes de la presse écrite,</li>
<li>le glissement de l’information vers une forme de divertissement, de communication.</li>
</ul>
<p>Des résistances existent localement. Quelques exemples :</p>
<ul>
<li>« Fakir », journal créé par François RUFIN qui est également journaliste au Monde Diplomatique, « Les petits soldats du journalisme », où François RUFIN décrit son expérience au sein du CFPJ , école de journalisme ,</li>
<li>« Air Libre », journal web en ligne et listes de diffusion créés et gérés par Hervé LE CROSNIER,</li>
<li>« TSF 98 »,</li>
<li>« Fumigènes »,</li>
<li>« Le Calva Libéré »&#8230;</li>
</ul>
<p>François RUFIN et Hervé LE CROSNIER animent ce débat public dans ce contexte, et nous font part de leurs expériences et de leurs réflexions sur la question de la fabrique de l’actualité, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, locale ou internationale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>3) François RUFIN</b></p>
<p>Sa critique s’appuie sur l’expérience, au travers de stages et d’écoles de journalisme. Le CFPJ est un lieu clé :</p>
<ul>
<li>ses enseignants sont les intervenants des grands médias</li>
<li>ses élèves sont la « presse en devenir » que recrutent les mêmes grands médias</li>
<li>chacun s’y reconnaît dans la mission de promotion de la démocratie</li>
</ul>
<p>Mais il n’y a pas de bibliothèque au CFPJ, puisqu’il suffit de recopier les dépêches AFP. Les dîners « en interne » sont tout aussi révélateurs de l’état d’esprit qui règne en vérité dans cette institution de l’information, qui en définitive « vend du papier comme on vendrait des poireaux »&#8230;</p>
<p>Quelques exemples qui illustrent bien la mission démocratique du journaliste aujourd’hui (Laurent JOFFRIN, journaliste au Nouvel Observateur) :</p>
<ul>
<li>« La passion des maisons de campagnes » (Une du Nouvel Observateur)</li>
<li>« Maroc : la splendeur des villas » (Une du Nouvel Observateur, avec en prime un article détaillé sur la villa de BHL)</li>
</ul>
<p>L’expérience de François RUFIN à « la Voix du Nord », quotidien / radio de Picardie, traduit bien les contraintes qui pèsent sur le journaliste : exigences de productivité (4 à 5 articles par jour : d’où les « ronds-points fleuris » de la commune par exemple&#8230;), d’audimat et de format (ex. d’un sujet d’1 mn 15’’ avec un sonore de 15’’).</p>
<p>Mais la contrainte majeure qui se pose au journaliste est la notion d’actualité, une contrainte naturalisée et intériorisée par les journalistes. Claire CHAZAL, lorsqu’elle ouvre son « 20 heures » : « Bonsoir, dans l’actualité ce soir&#8230; », nous donne cette impression qu’elle pioche dans sa petite boîte l’information qui devient alors comme par magie « l’actualité ». Comment l’actualité naît dans une rédaction, et quels sont les critères de sa hiérarchisation ?</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><i>Services de communications :</i></span></p>
<p>« L’évènement ne se produit pas, il est produit&#8230; ». Par des institutions (syndicats, associations, partis politiques&#8230;) dont l’agenda fait l’actualité. Un sujet qui sort de ce calendrier médiatique (ex. : Que vont devenir les emplois-jeunes), n’est pas considéré comme « d’actualité ». L’agenda médiatique doit « coller » à l’agenda institutionnel. Une grosse réunion de travail de ministres est assurée de faire du papier. De la même manière, il faut institutionnaliser une journée de la misère, pour pouvoir faire un sujet de 20 mn sur les pauvres rassemblés sur la place du Trocadéro.</p>
<p>Et enfin, la question du surendettement des ménages en France ne devient un problème pour les médias que lorsque Jean-Louis BORLOO daigne présenter officiellement son « plan de solution ».</p>
<p>Et la notion d’actualité d’enfermer en définitive les médias, dans une logique d’accompagnement plutôt que de contre-pouvoir&#8230;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><i>Quête de l’audimat :</i></span></p>
<p>Mais derrière cette notion d’actualité, se cache aussi la notion d’audimat. Un encadrant LCI de 35 ans qui s’adresse à un jeune journaliste qui débute dans le métier ? : « Tu veux faire un dossier sur le Commerce Equitable ? Non, non, non&#8230; Moi je vois plutôt un truc plus&#8230; Ch’sais pas, moi&#8230; Les apéritifs préférés des Français, par exemple ! »&#8230;</p>
<p>Les critères de choix sont intériorisés par les journalistes, et l’actualité n’est en définitive que la valeur « audimat » déguisée.</p>
<p>Mais la précarisation de l’univers journalistique à l’entrée, par le biais de renouvellements de CDD (compter 3 ans avant le CDI), laisse tout le temps d’apprendre à savoir « fermer sa gueule », rendre les papiers à l’heure, et savoir choisir les bons sujets, même si c’est davantage le rôle du rédacteur en chef : « Le salon du chocolat, on n’y coupera pas », qu’il faut traduire par « je sais bien que c’est de la merde, mais c’est la merde qui va se vendre le mieux ! »&#8230;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><i>Suivre l’actualité :</i></span></p>
<p>Cette quête de l’audimat conduit tout naturellement vers les sujets qui plaisent davantage, et donc, cela va de soi dans la logique de l’actualité, vers les sujets qui sont les plus diffusés par les confrères / concurrents .</p>
<p>Laurence Récourt, journaliste, nous raconte dans son livre « Le bûcher des innocents » quelle expérience elle a vécue au travers du traitement médiatique de l’affaire Grégory, mais surtout nous précise à propos de ce livre, qu’il lui fallait compter 497 pages, parce que l’ouvrage d’un journaliste concurrent sur ces faits, en comportait 500&#8230; Cette grégarité de l’information, ce copiage involontaire où il faut suivre non seulement l’actualité, mais encore la fabrique de l’actualité des autres médias, mène à ce que François RUFIN appelle la « circulation circulaire de l’information », qui dans le cas du « bagagiste de Roissy », peut amener l’ensemble des médias à surenchérir sur une fausse information.</p>
<p>Mais il y a également le copiage volontaire. On ne compte plus les rubriques nécrologiques qui sont déjà prêtes sur telles ou telles personnalités, mais lorsqu’on les diffuse, on s’inquiète : «</p>
<p>Est-ce qu’on en n’a pas trop fait ?&#8230; », et le lendemain on peut se rassurer : « Ah ben nan vous voyez, on a été bon, le Nouvel Observateur a fait 6 pages sur le sujet »&#8230;</p>
<p>L’exemple du « Il faut chaud à Montpellier aujourd’hui », véritable sujet d’information qui pourtant échappe à la vigilance d’une journaliste de France 2, laquelle est sévèrement sermonnée par</p>
<p>David Poujadas pour avoir raté le scoop, tandis que TF1 et l’AFP ne l’ont pas manqué&#8230; est particulièrement symptomatique.</p>
<p>« Ce n’est plus le journaliste qui est décideur de l’actualité, c’est l’actualité qui décide le journaliste ». S’il n’y a « rien de neuf » sur les conflits Nord-Sud, alors il n’y a « rien à dire » sur les conflits Nord-Sud&#8230; La permanence des problèmes de fond se trouve recouverte en permanence par les faits divers, et par les évènements.</p>
<p>On parle aussi des journalistes décédés dans l’exercice de leur métier, mais jamais des accidents du travail qui sont le lot quotidien des autres salariés, tels que les 9 décès survenus lors de la construction du TGV Méditerranée. Pas un mot non plus sur les 7 autres décès lors de la construction du Tunnel sous la Manche&#8230; Que ne dit-on pas lorsque qu’on parle pendant 12 mns du mariage du prince Charles, y compris de la couleur de la robe de la mariée ?</p>
<p>Pour conclure ce chapitre, on citera F. Brune , lequel considère qu’en définitive « Les médias mentent le plus souvent par omission ». Comme le précise François RUFIN, le journaliste salarié ne peut mentir intentionnellement, car il n’a même pas conscience d’être ce rouage emporté dans le processus de fabrication qu’est l’actualité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>4) Hervé LE CROSNIER</b></p>
<p>Après une rapide transition qui est l’occasion de rappeler que la BBC vient tout juste de licencier 1000 de ses salariés, la parole est donnée à Hervé LE CROSNIER qui nous faire part de ses réflexions sur la question des médias aujourd’hui, et sur son expérience du média Internet.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><i>L’impact de notre critique ? Construire notre monde, nos propres médias</i></span></p>
<p>Au vu du contexte actuel, il est indispensable de critiquer ce qui se fait, ce qui ne se fait pas aujourd’hui dans les médias. Mais au-delà de la critique, il est capital de se réapproprier le traitement de l’information, pour en corriger par nous-même les défauts et les manques.</p>
<p>Une opportunité s’offre à nous : l’Internet, qui aujourd’hui n’est plus un média marginal.</p>
<p>Un outil : les blogs. Chacun peut désormais créer son propre site sur Internet, et l’utiliser pour diffuser ses propres informations, qui dès lors ne viennent plus d’en haut mais d’en bas. Et si beaucoup de choses n’ont pas nécessairement d’intérêt, il est avant tout préférable que l’information soit exprimée, plutôt que subie.</p>
<p>Car lorsque qu’une personne est tué par la police lors des manifestations de Gênes en 2003 , et que les agences de presse de chaque pays reprennent à leur compte, en quelques minutes seulement, la version officielle de la police italienne qui veut faire croire à un accident, les appareils photos numériques des témoins qui ont filmé la scène ont permi, après de nombreux relais vidéos sur Internet, de contraindre en quelques heures la police à finalement changer sa version des faits, et reconnaître la « bavure ».</p>
<p>On peut citer également les blogs collectifs qu’utilisent par exemple les mouvements anti-militaristes nord-américains. L’information ne peut désormais plus être verrouillée à 100 %, et les versions officieuses peuvent circuler rapidement, et toucher un large public. L’Internet permet de renouveler la notion de témoignage.</p>
<p>Se réapproprier l’information par le biais de l’Internet, c’est déjà changer le traitement de l’information : par simplement l’envie de parler localement, de parler de ce que l’on vit ici et maintenant, de faire la promotion d’évènements locaux qui sont négligés par l’actualité telle que la définissait François RUFIN.</p>
<p>L’avantage du fonctionnement par liste de diffusion est qu’il est simple d’utilisation. Son inconvénient majeur est qu’il se limite aux quelques adresses de diffusion. Le vrai journal électronique local peut organiser de véritables liens locaux, un calendrier politique et culturel&#8230;</p>
<p>On peut aussi organiser beaucoup plus facilement ses suivis de dossier. L’exemple du Round-Up, l’herbicide le plus utilisé sur la planète, et notamment par nos municipalités : sa commercialisation a été autorisée à la suite d’études sur le principe actif du produit. Mais des chercheurs de l’Université de Caen ont réalisé en février dernier les mêmes études sur le produit commercialisé, qui s’avère 2 fois plus dangereux que le produit de laboratoire, et provoque des fausses couches&#8230; Il est possible que chacun se constitue un dossier local sur un cas tel que le « Round-Up », en suivant les évolutions sur le sujet, en interpellant les services d’espaces verts, les paysans&#8230; et en diffusant largement sur la question, en se regroupant dans la construction d’un journal Web collectif.</p>
<p>Mais la réappropriation démocratique de l’information, par le biais de l’Internet, doit pouvoir s’accompagner de mouvements d’éducation populaire, qui incitent avant tout chacun à écrire davantage, si l’on veut pouvoir saisir cette opportunité qui nous est offerte aujourd’hui&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>5) « L’actualité fabriquée, dépossédée et réappropriée » : débat public, réponses de François RUFIN et Hervé LE CROSNIER</b></p>
<p>Q : L’information de type ARTE et France Culture ?</p>
<p>R : La culture est souvent dévoyée à la promotion d’évènements culturels, tandis que dans le cas télévisuel, les misions de service public sont transférées des médias dominants vers ARTE. Après la crainte de voir réapparaître un concurrent après la 5, un consensus politique s’établi entre les grandes chaînes, que l’on peut résumer par : « après tout, laissons créer une chaîne culturelle, qui ne fera pas plus de 5 % d’audience&#8230; ». Ce consensus s’établi d’autant plus facilement, qu’ARTE est désormais un alibi pour les autres chaînes, de ne pas diffuser tel ou tel sujet culturel : « Oh, pour ça, y’a ARTE&#8230; »</p>
<p>Q : Les médias mentent-ils vraiment toujours par omission ? N’y a-t-il jamais d’intention de masquer l’essentiel, de ne pas parler de ce qui gène ?</p>
<p>R : Quand le journaliste local couvre « l’évènement : Il faut chaud à Montpellier&#8230; », il n’est pas en train de penser qu’il ne parle pas (sciemment) de la Directive Bolkenstein. Il n’est pas conscient de l’information qu’il produit, sans quoi il serait facile de changer les choses&#8230; Mais il est vrai que dans les moments ou les situations de crise (le Venezuela, le référendum sur le Traité Constitutionnel européen&#8230;), il y a une véritable démarche de fabrication de propagande, de politisation&#8230; Cependant pour beaucoup, le journaliste est dépourvu de pensée propre ; il est encore une fois dépossédé de sa propre conscience lorsqu’il exerce son métier, car il nage dans le domaine de l’évidence et du naturel. Il y a des idées que l’on ne peut pas avoir, que l’on s’interdit d’avoir, comme de voter NON, car « si on vote NON, alors l’Europe va mourir&#8230; ». Ce qui ne remet pas en cause la responsabilité des éditorialistes et des rédacteurs en chef.</p>
<p>Q : Pourtant, lors des 2 guerres du Golfe, une manifestation pacifiste montre un pneu qui brûle, il y a des militaires partout&#8230; le rôle idéologique des médias est indéniable, c’est de la propagande, pas de l’omission&#8230;</p>
<p>Q : Le rassemblement alter mondialiste de 300 000 personnes dans le Vercors&#8230; On ne parle que de « comment accueillir et gérer tant de monde »&#8230;</p>
<p>Q : Les éditorialistes ont intégré la pensée unique (France Inter)&#8230; Ceux qui pensent différemment sont des attardés, des réactionnaires&#8230;</p>
<p>Q : Les médias s’attribuent souvent cette capacité, cette qualité d’autocritique&#8230;</p>
<p>Q : Il y a ce soir beaucoup de critiques faciles. Il faut justement prendre garde à ne pas utiliser les mêmes armes (l’anecdote) que celles des médias, à ne pas confondre la défense de certains points de vue, et l’analyse du processus de fabrication de l’information. Le lecteur aussi fabrique l’actualité, il peut utiliser son pouvoir de refuser de « consommer » cette information. Et il faut aussi admettre qu’il puisse exister une information qui ne nous plaît pas, dont on ne veut pas&#8230;</p>
<p>R : Les choses sont plus simples qu’on peut le croire, dans le fonctionnement des médias. La presse alternative, n’est pas une alternative. On ne peut pas se contenter de 2800 lecteurs face à TF1. La reconquête de l’information est peine perdue si on se cantonne à une petite niche avec une laisse autour du coup. Il faut chercher à terme le changement des médias dominants, mais la gauche se refuse à affronter les grands industriels sur le terrain de l’information, en mettant à son programme une réforme complète des médias.</p>
<p>Q : Pourtant les gens ont aussi envie d’entendre le 13h de J-P. Pernod, ils veulent de la douceur&#8230; Comment faire pour que les gens regardent autre chose ?</p>
<p>Q : J-P. Pernod ne fait pas de l’information, mais un magazine &#8211; il le dit lui-même&#8230;</p>
<p>R : Il faut s’interroger sur la manière de mesurer des médias, strictement en termes d’audimat depuis 1978.</p>
<ul>
<li>Ordonnances de 1945 : mettre un terme à la mainmise des industriels et limiter la concentration des médias.</li>
<li>Années 70 : publicité à la télévision &#8211; Hersant.</li>
<li>1987 : privatisation de TF1. Le champ médiatique bascule sur le versant commercial. Aujourd’hui c’est la logique de marché.</li>
</ul>
<p>Q : Les médias ont toujours été de propagande. Un choix est toujours fait sur ce qui est dit ou pas.</p>
<p>R : Il faut rester optimiste car les idées de changement peuvent aussi se diffuser au sein même des médias. Les journalistes du Figaro qui ont fini par admettre la Loi Veil sur l’avortement, les mouvements anti-militaristes américains ont fait basculer l’opinion du New York Times&#8230; Mais il faut persévérer contre la concentration, dans la critique, et dans l’alternatif.</p>
<p>Q : Anarchie de l’information sur Internet ?</p>
<p>R : Il est nécessaire que chacun fasse remonter l’information, mais le journalisme est un métier qui prend du temps (de recherche), et qui nécessite de disposer d’une diffusion (bagarres de kiosques&#8230;).</p>
<p>En conclusion : l’Etat doit intervenir, des groupes privés doivent-ils intervenir (en tant que sociétés coopératives) ? Faut-il supprimer les quotidiens ? Comment développer son sens critique ?&#8230;</p>
<p>Avec la participation des Amis du Monde Diplomatique, d’ATTAC14, de l’OLM14</p>
<p><a href="http://www.amis.monde-diplomatique.fr/article859.html" target="_blank">source</a></p>
</div>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/sWLrnOiDsao" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/DmHYcm84xiY" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/la-fabrique-de-lactualite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Carnet d’utopies de Michel Mompontet</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/carnet-dutopies-de-michel-mompontet/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/carnet-dutopies-de-michel-mompontet/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 12:30:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Social]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[utopie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=948</guid>
		<description><![CDATA[Une fois n’est pas coutume, l’émission « 13h15 le samedi » avait programmé un excellentissime reportage : Carnet d’utopies de Michel Mompontet. À tous les sceptiques dont la pensée est sclérosée par des schémas archaïques, ce reportage vient démentir leur vision rétrograde d’un monde hiérarchique et élitiste – bourgeois aurait dit Marx. On y voit des Créatifs [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/03/UTOPIE.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-949" alt="UTOPIE" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/03/UTOPIE.png" width="641" height="491" /></a></p>
<p>Une fois n’est pas coutume, l’émission « 13h15 le samedi » avait programmé un excellentissime reportage : Carnet d’utopies de Michel Mompontet.</p>
<p>À tous <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=49144" target="_blank">les sceptiques</a> dont la pensée est sclérosée par des schémas archaïques, ce reportage vient démentir leur vision rétrograde d’un monde hiérarchique et élitiste – bourgeois aurait dit Marx. On y voit des Créatifs Culturels à l’œuvre, loin des feux de la rampe, cherchant à créer un autre monde, basé sur d’autres principes que ceux de l’argent, de la compétition, de la domination sans partage.</p>
<p>À leur humble niveau, ils construisent, tentent d’autres expériences, cherchent du sens, montrent des voies alternatives qui, mine de rien, gagnent du terrain. L’économie sociale et solidaire, par exemple, qui en est l’une des facettes pèserait plus de 10 % de l’emploi privé en France (1). Ce modèle n’est peut-être pas idéal. Toutefois,si d’un côté il cautionne la pérennité du système marchand et financier qui se décharge sur lui de la gestion de la misère, il est légitime de penser qu’avec l’accroissement de la pauvreté, rendue inéluctable par la décroissance prévue des salaires et/ou l’augmentation du chômage à seule fin de maintenir les profits, et la prise de conscience d’une nécessité de protéger notre planète des méfaits d’une consommation débridée et mortifère, il tende progressivement à soustraire à l’économie marchande des pans entiers de son activité.</p>
<p>Du reportage de Michel Mompontet, je retiens surtout le passage consacré aux expériences menées sur le plateau des Milles Vaches en France qui illustre à la perfection cette recherche d’un monde différent axé sur d’autres valeurs… humaines tout simplement, hautement humaines.</p>
<p>Le modèle qui nous y est présenté n’est peut-être pas aussi parfait que nous le souhaiterions. La SAPO,  Société Anonyme à Participation Ouvrière, avec d’un côté des actionnaires financiers et de l’autre des actionnaires ouvriers, continue à nourrir le capitalisme, de la même façon que n’y est pas évoquée la possibilité d’une abolition du salariat, mais son avantage est de proposer une alternative intermédiaire, un début de solution au malaise généralisé du monde du travail, et surtout de montrer que c’est possible.</p>
<p>Au-delà de la discussion sur la forme juridique, ce sont les témoignages de ceux qui y travaillent qui sont intéressants, et montrent, ô combien, la société que l’on veut nous vendre est loin des aspirations intimes d’un nombre grandissant de nos contemporains.</p>
<p>C’est Marc le pionnier tout d’abord qui rappelle que dans la scierie créée depuis 20 ans, sa raison d’être repose sur une volonté immuable d’autogestion pour que « <em>tout le monde</em> » ait « <em>du pouvoir sur ce qu’il fait, sur sa vie, sur son travail.</em> »</p>
<p>Puis c’est Philippe qui conteste la centralité du salaire dans l’investissement personnel au travail.  Pour lui, « <em>la plupart des gens ont envie d’être bien là où ils sont</em> » ce que confirme Marc, le dernier arrivé dans l’entreprise, en expliquant que c’est le plaisir qui le motive le plus.</p>
<p>Sur la philosophie au travail, Marc rappelle quelques vérités : « <em>Tout le monde passe un temps significatif dans le boulot. Alors si le boulot, tu le déconnectes de la vie, qu’est-ce que tu fais de ta vie ? Le travail, c’est un lieu de vie comme un autre. Nous tous, il faut qu’on soit maître de la vie qu’on y injecte et de la qualité de vie qu’on veut en retirer. Après, c’est à nous à la construire. </em>». Sur quoi, Philippe renchérit : « <em>l’inconvénient, c’est que l’on a une société qui est fondée sur le tryptique Liberté/égalité/fraternité et derrière on a mis en place des systèmes comme une démocratie dans notre vie quotidienne. On l’admet pour tout, mais on ne l’admet pas pour le travail c’est-à-dire qu’une bonne partie de notre vie, elle ne se vit pas de façon démocratique. Elle se vit sous la contrainte d’un contrat de travail : j’accepte de donner du temps, de ma vie, de mon énergie contre de l’argent et pour le reste, je ferme ma gueule</em>. » Petit rappel qui a la force de l’évidence : les lieux les plus anti-démocratiques aujourd’hui sont ceux de l’entreprise dans laquelle l’actionnaire et/ou le patron, propriétaire ou soumis au premier, règne en maître autocrate. Pas toutes les entreprises, mais une grande partie d’entre elles.</p>
<p>Puis vient un passage particulièrement intéressant dans lequel Marc, le dernier arrivé dans l’entreprise,  expose sa trajectoire de vie. A priori, rien ne le prédestinait à rejoindre cette scierie dont le fonctionnement continue à l’étonner : « <em>Pour moi, c’est un miracle permanent qu’une entreprise comme ça puisse exister. Par rapport à tout ce que je connais,…, 20 personnes autour d’une table pour prendre une décision, on se dit que ça ne peut pas aboutir avec ce processus. Et pourtant, ça marche, le respect entre les gens, le fait que les gens acceptent de travailler pour le même salaire quelle que soit leur expérience, leur titre ou leur diplôme. Ici, il y a des gens qui sont là depuis 25 ans, d’autres depuis 2 ans, et tout le monde a le même salaire, et personne ne le remet en question. Et je trouve ça assez remarquable.  Ça me plaît… » </em> Ingénieur formé à l’Institut Français du Pétrole, il a toujours été son propre patron, gagnant parfois en une journée beaucoup plus que ce qu’il gagne actuellement en 1 mois. Passionné de sports mécaniques, il dit avoir participé pendant 20 ans à tous les Paris-Dakar, jusqu’au jour, où il comprit que cette compétition à outrance n’avait plus aucun sens. Il aura alors cette phrase magnifique digne des plus belles citations : « <strong><em>L’argent n’était plus suffisant pour acheter ma conscience. Je perdais mon temps.</em></strong> »</p>
<p>Ensuite, c’est Claire qui explique son malaise à l’école face à la compétition permanente qu’elle y a vécue, une compétition malsaine selon Marc, une compétition absente de leur entreprise puisque tous ont le même salaire, prennent les décisions ensemble et travaillent à la réussite des mêmes objectifs.</p>
<p>Enfin pour conclure, cette partie, je donnerai la parole à Philippe, puis à Agnès qui rappellent à tous les aveugles qui nous entourent :</p>
<p>-       Philippe « <em>Je voudrais rajouter que l’on n’est pas des exceptions, mais on ne les voit pas forcément c’est-à-dire qu’il y a plein d’endroits, de gens qui se posent à peu près les mêmes questions et qui fonctionnent aussi de cette façon là. Pas, tout à fait de la même façon, chacun, un peu à sa sauce… On n’est un peu anormaux au sens statistique du terme, mais pas complètement… Simplement, ça ne se voit pas, ce n’est pas très médiatisé, mais ça existe.</em> »</p>
<p>-       Agnès : <em>« Je pense qu’en France et partout ailleurs, il y a plein d’exemples de gens qui font, qui essayent, parfois ratent, mais parfois réussissent.  Du coup, ces choses-là sont peu visibles. Pour autant, je pense qu’il y en a vraiment, vraiment beaucoup. »</em></p>
<p>Eh oui ! Ca existe et beaucoup plus que nous ne le pensons, comme je le démontrerai dans la 4<sup>ème</sup> partie de la série « Holloway, Onfray et Créatifs Culturels : même combat ? ».</p>
<p>(1) Vincent Commenne « Responsabilité sociale et environnementale : l’engagement des acteurs économiques » Éditions Charles Leopold Mayer p 41</p>
<p><a href="http://cogimo.fr/WordPress3/2013/01/carnet-dutopies-de-michel-mompontet-sur-france-2/" target="_blank">source</a></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/3kc89d4TV1s" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe><br />
<iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xyfzwl" height="270" width="480" frameborder="0"></iframe><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/xyfzwl_carnets-d-utopies-n-2-de-m-mompontet-version-longue-inedite_news" target="_blank">Carnets d&#8217;utopies n°2 de M. Mompontet / Version&#8230;</a> <i>by <a href="http://www.dailymotion.com/13h15_France2" target="_blank">13h15_France2</a></i></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/carnet-dutopies-de-michel-mompontet/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Outils de démanipulation</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/outils-de-demanipulation/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/outils-de-demanipulation/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 11:50:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=942</guid>
		<description><![CDATA[Le conseil du pédagogue : allez vous promener sur ces sites, choisissez-en 2 ou 3 selon vos centres d&#8217;intérêt ou afinités, puis retenez-les en onglet, ou abonnez-vous à leur flux RSS, de façon à être informé sur votre boîte mail des nouveaux articles. La liberté est à ce prix : s&#8217;informer librement, construire une pensée [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2012/07/guerre-invisible.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-533" alt="guerre invisible" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2012/07/guerre-invisible.jpg" width="480" height="270" /></a></p>
<p>Le conseil du pédagogue : allez vous promener sur ces sites, choisissez-en 2 ou 3 selon vos centres d&#8217;intérêt ou afinités, puis retenez-les en onglet, ou abonnez-vous à leur flux RSS, de façon à être informé sur votre boîte mail des nouveaux articles. La liberté est à ce prix : s&#8217;informer librement, construire une pensée critique et résister aux modèles économiques en vogue.</p>
<p><strong>S&#8217;informer contre la pensée dominante :</strong></p>
<p>- <a href="http://rezo.net/" target="_blank"><strong>Rezo.net / le portail des copains</strong></a> : portail d&#8217;informations librement sélectionnées à travers le Web (beaucoup proviennnent des sites ci-dessous référencés : blogs du monde diplo, Owni, économistes atterrés, Rue89, etc).</p>
<p>- <a href="http://www.mediapart.fr/" target="_blank"><strong>Mediapart / actualité (Edwy Plenel, François Bonnet</strong></a>) : journal numérique indépendant et participatif né en 2008, contre l&#8217;hyper-présidentialisme, contre l&#8217;asservissement des médias et la confiscation de l&#8217;information (les blogs des contributeurs  sont en accès libre / la lecture du journal repose sur un abonnement de 9E par mois)</p>
<p>- <a href="http://www.bastamag.net/" target="_blank"><strong>Basta ! /</strong></a> <a href="http://www.bastamag.net/" target="_blank"><strong>Alter-médias (Julien Lusson)</strong></a> : L&#8217;association vise à mettre en place et soutenir des outils d’information indépendants, pour décrypter l’actualité et les problématiques socio-environnementales  tout en mettant en avant les alternatives concrètes ; elle regroupe des journalistes, acteurs associatifs, chercheurs et citoyens sensibles à ces questions pour élaborer ensemble des supports d’informations et leurs contenus.</p>
<p>- <a href="http://www.politis.fr/" target="_blank"><strong>Politis</strong></a> : un hebdomadaire indépendant et engagé, fondé en 1988 par une équipe de journalistes que rassemblaient les préoccupations environnementales et une sensibilité aux combats de la gauche de la gauche. Derrière Politis, pas de marchand de canons, pas d’avionneur, pas de richissime héritier. Pas non plus de parti politique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Approfondir &#8211; les blogs critiques du Monde Diplomatique :</strong></p>
<p><a href="http://blog.mondediplo.net/-Regime-d-opinion-" target="_blank">- <strong>&#8220;Régime d&#8217;opinion&#8221; / critique des sondages (Alain Garrigou)</strong></a> <strong>:</strong> L’univers des sondages n’est guère transparent. Un comble pour un outil dont les fondateurs ont prétendu qu’il servait la démocratie. Les « gens », comme disent les sondeurs, ne seraient pas capables de comprendre les redressements des chiffres bruts, les marges d’erreur, etc. Ce blog fait le pari inverse et propose à la fois une approche méthodologique de la critique des sondages et des instruments épistémologiques d’une critique de la politique.</p>
<p><a href="http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-" target="_blank"><strong>- &#8220;La pompe à phynance&#8221; / critique économique (Frédéric Lordon)</strong></a> : Quelle est la puissance despotique d&#8217;aujourd&#8217;hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d&#8217;avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’Etat – dont on rappellera qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations.</p>
<p>- &#8220;<a href="http://blog.mondediplo.net/-Information-2.0-" target="_blank"><strong>Information 2.0&#8243; / contributions diverses</strong></a> : L’ère de foisonnement numérique dans laquelle nous sommes entrés s’accompagne d’une reconfiguration du rôle des médias, où la logique d’audience le dispute à la volonté de conserver ses prérogatives dans la production du discours légitime.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Sciences sociales engagées :</strong></p>
<p>- <a href="http://www.mouvements.info/?page=dossier#Cultures%20populaires" target="_blank"><strong>Les dossiers de la revue Mouvement &#8220;Des idées et des luttes&#8221; (Gilbert Wasserman)</strong></a> : espace d’information critique, d’enquêtes sociales, de travaux théoriques et d’interpellation politique afin d’intensifier les échanges entre la recherche, les espaces de résistance et la politique. Dans le contexte d’une crise sans précédent de la presse généraliste et des revues de sciences humaines, <em>Mouvements</em> entend réagit avec rigueur aux grands débats et faits du moment, et montrer que les sciences sociales peuvent contester ou utilement éclairer les prises de position politique.</p>
<p>- <a href="http://www.atterres.org/" target="_blank"><strong>Le site des Economistes atterrés</strong></a>, contre le diktat du &#8220;there is no alternative&#8221;, pour une autre politique économique ; un collectif de chercheurs, universitaires et experts en économie, qui refusent la domination de l&#8217;othodoxie néo-libérale. Outre une information régulière et très précise, les économistes atterrés proposent un <a href="http://www.atterres.org/node/4157" target="_blank">manifeste regroupant des propositions concrètes, à signer en ligne</a>.</p>
<p>- <a href="http://www.observatoire-des-sondages.org/" target="_blank"><strong>L&#8217;Observatoire des sondages</strong> <strong>(Alain Garrigou, Richard Brousse, Ahmed Dini Cassim)</strong></a> : exerce une veille scientifique sur les différentes facettes des sondages, non seulement les aspects méthodologiques des enquêtes et des statistiques mais aussi sur leur publication, leurs usages confidentiels et les commentaires politologiques ou journalistiques qui en sont faits quotidiennement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Critique de la presse, des médias, et du formatage de l&#8217;information :</strong></p>
<p><strong>-</strong> <a href="http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/IMG/pdf/LNCDG-journal.pdf" target="_blank"><strong>Les Nouveaux Chiens de garde &#8211; le livre de Serge Halimi et le film de Gilles Balbastre &amp; Yannick Kergoat</strong></a></p>
<p>- <strong><a href="http://www.acrimed.org/" target="_blank">ACRIMED / ACtion-CRItique-MEdias (Henri Maler)</a></strong> : Née du mouvement social de 1995, dans la foulée de l’Appel à la solidarité avec les grévistes, l&#8217;association réunit des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle met en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante.</p>
<p>- <a href="http://www.arretsurimages.net/emissions.php" target="_blank"><strong>@SI / Arrêt sur Images (Daniel Schneiderman</strong></a><a href="http://www.arretsurimages.net/emissions.php" target="_blank"><strong>n)</strong></a> : Ce site prolonge l’émission du même nom, produite entre 1995 et 2007 sur France 5. Il se consacre à la relecture des images télévisées, et plus largement de tous les médias pour en critiquer les effets manipulatoires et pour suppléer à leurs carences.</p>
<p>- <a href="http://owni.fr/" target="_blank"><strong>OWN</strong><strong>I</strong><strong>, Société-Pouvoirs-Cultures numériques</strong></a> : un média social européen, pure player*, né en 2009 lors de la bataille contre HADOPI, qui offre le meilleur de l’information et du débat sur l’évolution de la société numérique en France et en Europe, raconte et analyse l’impact d’Internet sur la société, les pouvoirs et les cultures. OWNI se donne également pour mission d’innover dans l’écosystème de l’information, de soutenir le journalisme en réseau ainsi que l’éducation populaire au numérique.</p>
<p><a href="http://lesficellesdellenne.over-blog.com/pages/Outils_de_demanipulation-7162576.html" target="_blank">source</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/outils-de-demanipulation/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Riot, un logiciel qui vous surveille !</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/riot-un-logiciel-qui-vous-surveille/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/riot-un-logiciel-qui-vous-surveille/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 22 Mar 2013 13:22:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[GéoStratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
		<category><![CDATA[riot]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=934</guid>
		<description><![CDATA[La firme américaine de defence, Raytheon, vient de créer et de tester un logiciel qui espionne notre vie privée en enregistrant nos traces dans les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et Foursquare. Ce logiciel est capable même de prédire nos futur mouvements ! Même si vous avez mis vos commentaires dans &#8216;amis&#8217; seulement, le logiciel [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/03/riot.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-935" alt="riot" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/03/riot.jpg" width="599" height="399" /></a></p>
<p>La firme américaine de defence, Raytheon, vient de créer et de tester un logiciel qui espionne notre vie privée en enregistrant nos traces dans les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et Foursquare. Ce logiciel est capable même de prédire nos futur mouvements ! Même si vous avez mis vos commentaires dans &#8216;amis&#8217; seulement, le logiciel peut entrer votre vie privé et vous suivre en géolocalisation !</p>
<p>Grave, on est tous suivi à la seconde, on temps réel tout le temps. Notre vie privée est retracée et enregistrée par des gouvernements qu&#8217;on ne peut plus surveiller. On pensait que la démocratie c&#8217;est la transparence du gouvernement et l&#8217;assurance de notre vie privé !</p>
<p>Des personnes disent que l&#8217;on se fout car on a rien à se reprocher. Le point n&#8217;est pas qu&#8217;on a à ses reprocher des choses mais que c&#8217;est notre liberté fondamentale qu&#8217;on a  accepté de sacrifier sans savoir qui fait de ces informations quoi et pourquoi ! la personne qui nous surveille n&#8217;est pas surveillée dans ces agissements !</p>
<p>Algerie Network<br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/wbWi2XQwHzw" height="315" width="420" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe><br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/-8w7F15vwaY" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/riot-un-logiciel-qui-vous-surveille/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Portrait de l&#8217;intellectuel colonisé</title>
		<link>http://algerienetwork.com/magazine/portrait-de-lintellectuel-colonise/</link>
		<comments>http://algerienetwork.com/magazine/portrait-de-lintellectuel-colonise/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 18 Mar 2013 12:39:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://algerienetwork.com/magazine/?p=929</guid>
		<description><![CDATA[Note: L’intellectuel colonisé manifeste un refus radical de se réapproprié les Humanités Classiques qui ont alimenté le cordon ombilical de son arbre généalogique. Il méprise et applique ad integrum les « méthodes de cassage du nègre comme le cheval » . Il se complaît dans la post-colonie au point de développer des attitudes paranormales (Peau noire, [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/03/proverbe-kamite-27-nov-2012.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-930" alt="proverbe kamite 27 nov 2012" src="http://algerienetwork.com/magazine/wp-content/uploads/2013/03/proverbe-kamite-27-nov-2012.png" width="481" height="372" /></a>Note:</strong> L’intellectuel colonisé manifeste un refus radical de se réapproprié les Humanités Classiques qui ont alimenté le cordon ombilical de son arbre généalogique. Il méprise et applique ad integrum les <em>« méthodes de cassage du nègre comme le cheval »</em> . Il se complaît dans la post-colonie au point de développer des attitudes paranormales (Peau noire, masque blanc. Franck Fanon).</p>
<p>L’intellectuel colonisé est un danger pour lui-même et pour sa <em>« communauté»</em>. L’Eurocentrisme est sa sève nourricière. Sa libération réside dans la SAGESSE des KAMMIOU.</p>
<p><strong>Les analphabètes culturels</strong></p>
<p>L’intellectuel colonisé méprise les sentiments superficiels. Il est un être de l’esprit et ses motivations sont toujours (du moins c’est ce qu’il veut croire) profondes. Il agit au nom d’un idéal, quel qu’il soit. Son intelligence, si percutante pour ce qui est du décryptage des œuvres de l’esprit, est médiocre, sinon confuse, quand il s’agit d’analyser ses propres desseins. On en connaît d’ailleurs qui prêchent la bonne parole, la tolérance ou le métissage, mais qui sont des potentats en puissance au quotidien. Il est incapable d’avouer que le pouvoir et tous ses manifestes le séduisent au plus haut point.</p>
<p>L’intellectuel colonisé est, par ailleurs, un fin lecteur. Il a lu tous les grands philosophes, écrivains et historiens de l’Empire. Il est capable de vous citer spontanément de larges extraits provenant des ouvrages classiques de l’Empire. La littérature de l’Empire est sa littérature, l’histoire de l’Empire est son histoire, la philosophie de l’Empire sa philosophie. Il n’hésite pas à se réclamer de tel intellectuel (il est un X-ien ou un Y-ien), qui est aux antipodes de sa culture et de ses origines. Il le proclame sur tous les toits. Il en est fier. Cela lui permet, par ailleurs, de se distinguer de la masse confuse des ignorants. Puisqu’il est cultivé il a aussi lu les grands intellectuels de la périphérie mais toujours sur un mode exotisant, leur savoir est toujours un prolongement des savoirs de l’Empire et n’existent que dans un rapport subalterne au savoir dominant.</p>
<p><strong>L’intellectuel colonisé se plaît à paraître cultivé.</strong></p>
<p>Il a tout lu, il a tout vu, il sait tout, rien ne lui échappe. Rien n’est plus choquant, à ses yeux, que d’admettre qu’il ignore l’existence, par exemple, d’une œuvre classique de l’Empire. Il en va de son honneur. Il ne veut pas paraître inculte, il veut être à la hauteur. Il en fait d’ailleurs toujours un peu trop. Les noms des grands auteurs qu’il cite à tout bon du champ, ses éloges de la langue dominante ou encore sa façon pompeuse d’écrire. On l’entend ainsi dire lors d’une soirée avec les intellectuels de l’Empire, que sa langue maternelle, qui est si belle, si savoureuse, si croustillante ne dispose malheureusement pas des outils adéquats pour exprimer la complexité du réel. Elle est ainsi une langue du vécu, du ressenti, pas de la rationalité. Ou quand il se rend à une conférence il porte en toutes circonstances les vêtements convenus qui signifient son sérieux et son intelligence mais choisit des vêtements traditionnels lors du dîner de clôture afin d’affirmer son identité, identité subjuguée il est vrai.</p>
<p>L’intellectuel colonisé aimerait être reconnu par les siens mais ils ne comprennent rien à sa démarche. Il rêve parfois d’un grand destin, d’être le grand intellectuel, celui qui mène ces concitoyens vers la lumière. Mais ces derniers sont trop traditionnels, trop utilitaires, trop concrets et ne respectent en rien les idées et la culture. Personne ou presque ne lit ses livres et on considère d’un œil amusé ses articles de presse. Il ne lui viendrait pas à l’idée de les mépriser, il en est incapable, après tout il est un intellectuel mais au fond il les considère avec un certain dédain. Quand il est au pays, ils ne fréquentent que ceux qui lui ressemblent, des intellectuels qui ont fait leurs études dans les universités de l’Empire. Il considère que la masse est inculte et il le persifle lors d’un dîner entre gens respectables. D’ailleurs il le dit souvent, se rendre dans une des grandes villes de l’Empire est une véritable bouffée d’oxygène. L’intellectuel colonisé est un exilé parmi les siens et un exilé parmi les intellectuels de l’Empire qui ne lui accordent la légitimité que dans la mesure où il demeure soumis.</p>
<p>L’intellectuel colonisé a parfaitement assimilé le discours des intellectuels de l’Empire. On pourrait le comparer à un perroquet qui ressasse le discours dominant. Quand il écrit, par exemple, un livre sur un des pays de la périphérie, il l’écrit comme l’aurait écrit un intellectuel de l’Empire, il ancre sa lecture d’un pays dans les stéréotypes et les préjugés classiques sur l’Autre. Il voit, il entend et il interprète l’Autre dans le cadre des structures de la pensée dominante. L’intellectuel colonisé a surtout pour fonction de légitimer la domination de l’Empire car il vient de là-bas, il nous ressemble et il nous dit tout ce qu’on veut entendre. C’est un exemple de monologue interactif, je vous parle mais je ne fais que confirmer vos a priori. On le voit ainsi justifier les guerres coloniales de l’Empire au nom des valeurs de l’Empire car elles sont universelles. Ou encore critiquer l’éveil du sentiment religieux dans les pays de la périphérie, qui est pour lui un bel exemple d’un retour à la barbarie, aux temps d’avant les lumières. Il sait, par ailleurs, que cette posture lui profite, il lui permet de progresser dans sa carrière, d’accéder à des postes lucratifs et prestigieux. Il est d’ailleurs omniprésent dans les medias dominants, comme un représentant sage et éclairé des peuples, ignorants et sauvages, de la périphérie.</p>
<p>Il est parvenu, lui, à se libérer du poids de l’histoire et des traditions.</p>
<p>Il me faut ici nuancer mon propos. J’ai surtout parlé de l’intellectuel colonisé de droite. Il se trouve qu’il y a des intellectuels colonisés de gauche. La situation de ce dernier est ambigüe. Il est lucide quant aux tenants et aux aboutissants de l’Empire. Il est très critique à l’égard des mécanismes de la domination. D’ailleurs il s’inspire des écrits et travaux des intellectuels subversifs de l’Empire pour fonder sa pensée. Il adopte les concepts inventés par ces derniers, les revendiquent on sinon inventent ses propres concepts.</p>
<p>Mais il ne peut jamais tout à fait s’extraire du schéma dominant car d’une part sa pensée est avant tout réactive, sa pensée est et restera tributaire d’un modèle dominant, il critique mais avec les outils que l’Empire lui fournit et d’autre part dans l’exercice de sa critique, il doit demeurer dans certaines limites car il ne veut surtout pas que les intellectuels de l’Empire le relèguent aux confins. On pourrait ainsi le taxer d’être un extrémiste ou un fondamentaliste ce qui délégitimerait sa critique et ferait de lui un paria intellectuel.</p>
<p>L’intellectuel colonisé a ainsi recours à des stratégies, conscientes ou pas, pour rester dans le cadre des possibles de la pensée dominante, il sait qu’il est des causes qui sont populaires et faciles tandis que d’autres suscitent l’ire de l’Empire. Ainsi quand survient une catastrophe naturelle dans un pays de la périphérie il est le premier à dénoncer l’indifférence des pays de l’Empire, il critique le rapport colonial à l’autre mais quand un des satellites de l’Empire (satellite qui dispose de puissants soutiens) se livre à des exactions sur un peuple opprimé il parle, s’il est de mauvaise foi, de la nécessité d’instaurer la paix alors que les enjeux de domination et de terreur sont plus qu’évidents ou s’il est de bonne foi, il critique tout en évitant les mots qui font mal et qui risquent de l’exclure du champ intellectuel.</p>
<p>L’intellectuel colonisé est un prisonnier. Il tire sa substance de l’esprit mais cet esprit n’est pas son œuvre car il est l’œuvre de l’Empire. Ainsi il ne peut être que dans un rapport, de soumission ou de révolte, à l’Empire. Empire qui, même s’il s’en défend, rend possible son existence.</p>
<p>Tout homme adopte une posture face à la mort. Il est des aveuglements qui sont nécessaires car ils rendent la vie possible. Celui de l’intellectuel colonisé a un caractère profondément ironique car celui qui se réclame de l’intelligence, de la rationalité est parfois le moins lucide sur les prérogatives et les logiques de la domination. Il est celui qui croit tout savoir, qui croit être le plus cultivé, le plus apte à penser le devenir des autres mais il ignore paradoxalement l’essentiel. Et s’il est lucide il se doit de toujours subsister dans une demeure fondée par ses maîtres.</p>
<p>L’intellectuel colonisé est, comme je l’ai expliqué plus bas, la créature de l’Empire sauf qu’il a oublié ou qu’il veut oublier qui l’a créé.</p>
<p><strong>Djéhouti Sa-Ousirê</strong></p>
<p><a href="http://www.imhotepdjehouty.com" target="_blank">http://www.imhotepdjehouty.com</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://algerienetwork.com/magazine/portrait-de-lintellectuel-colonise/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
<!-- This Quick Cache file was built for (  algerienetwork.com/magazine/feed/ ) in 0.42345 seconds, on May 19th, 2013 at 7:28 pm UTC. -->
<!-- This Quick Cache file will automatically expire ( and be re-built automatically ) on May 19th, 2013 at 8:28 pm UTC -->