ALGÉRIE : UN APPEL URGENT DES HOMMES DE BONNE VOLONTÉ

APPEL POUR RÉFLÉCHIR ET AGIR

Algérie entre apparences et réalités.

Jamais, comme aujourd’hui, dans notre pays, les apparences ne sont aussi trompeuses et cacher une réalité des plus préoccupantes. La situation globale est porteuse de danger pour la nation en général et l’idée démocratique en particulier.

Sur le plan économique, l’option rentière est reconduite malgré les professions de foi de multiplier et de combiner les possibilités de production de la richesse. La baisse tendancielle du cours mondial des prix du pétrole fait peser une menace explosive sur la cohésion sociale, déjà fortement entamée.

Concomitamment à cette option, une grande partie des recettes est consacrée à l’importation des biens de consommation, l’anti thèse même de la production de la richesse.

Le faramineux déficit du budget de l’Etat contenu dans la dernière loi de finances – texte adopté par l’APN – relève de l’irresponsabilité. C’est un artifice de plus pour acheter la paix sociale. Cependant, la dette de chaque citoyen augmente incidemment et fait courir à l’Etat le risque d’implosion.

L’Etat vit largement au dessus de ses moyens tandis qu’à l’inverse le peuple vit en dessous du seuil d’un pouvoir d’achat nécessaire à l’effet de vivre décemment.

Tout cela conduit à une voie sans issue avec un taux de chômage qui ne cesse d’augmenter, particulièrement chez les jeunes, catégorie démographique et sociale guettée par la fuite vers d’autres cieux. La meilleure richesse du pays est livrée à elle-même et la nation s’en trouve dévitalisée.

Les actions diplomatiques, présentées triomphalement comme des succès, ne sont que des caches misères car aucun problème n’est réglé autour de nos frontières. Au fond et malgré la victoire relative contre le terrorisme, le régime n’est pas perçu tel un modèle. A l’intérieur du pays, à cause de l’impéritie de la puissance publique et de ses détournements, des forces centrifuges travaillent pour défaire l’Etat.

Sur le plan politique, la situation est également inquiétante avec un régime qui a opté pour sa reconduite au mépris de toutes les règles, particulièrement éthiques et civiques, tandis que l’opposition et le camp démocratique, réduit aux appareils, tissent des alliances à fronts renversés. Cette opposition s’inscrit en alternance et non en alternative à cause de son manque de cohésion et l’absence de projet de société. Une autre partie vole au secours du pouvoir au moment où celui-ci se trouve dans l’impasse.

Après un verrouillage politique des plus sévères qui interdit l’accès aux média publics lourds et un contrôle strict de la société civile avec la multiplication des obstacles pour créer des associations, le pouvoir s’attaque pernicieusement au dernier bastion de la parole libre, une partie de la presse écrite, en lançant contre elle, à travers ses hommes liges, des OPA (offre publique d’achat).

Parallèlement à cette action, le nouveau ministre de l’information ne cesse de menacer de ses foudres tous ceux qui attaquent «l’Etat». Bien sûr, il confond sciemment et à dessein Etat et régime. Cette double action met en évidence de manière claire la collusion entre l’oligarchie financière, qui vit aux crochets de l’Etat, et le pouvoir politique pour faire main basse sur l’ensemble des structures, privée et publique.

Ainsi la boucle est bouclée.

Face à ce constat et à l’absence de perspective, que faire ?

Nous sommes persuadés que personne, seule, ne détient la clef des problèmes qui affligent la nation. Mais en même temps, le devoir d’agir nous interpelle. Sur ce bref constat qui, bien sûr, doit s’améliorer et s’affiner avec les apports des uns et des autres, sans tabou, sans censure, nous devons nous poser toutes les questions afin de trouver les voies et moyens d’une option crédible qui allie l’intérêt du pays et l’impératif démocratique. Nous ne devons pas laisser l’action publique se réduire à des luttes de pouvoir autour de la succession de Bouteflika.

Cet appel est adressé aux Algériens épris de valeurs démocratiques et de liberté, invités à réfléchir et à agir de concert.

Hadj Abdenour