L’académie des sciences Algérienne dans la gueule de l’Euro-Med

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Rabie Ouzelmat

Quand les paléontologues émérites cosignent avec des fossiles.

C’est quasi officiel, l’académie des Sciences et Technologies de l’Algérie (l’ASTA) verra le jour en 2014 ! Quelle bienheureuse année nous guette !

Après une annonce laconique mais officielle dans le JT du mois d’Avril 2013 (http://www.youtube.com/watch?v=3QgA_kJlvfE) nous apprenons que ce projet porté et insufflé par l’illustre institution consultative et non moins très objective, du CNES, Conseil National Economique et Social, se concrétisera courant 2014 et se fera avec la collaboration de la prestigieuse Académie des Sciences de France représentée par son actuel président, le professeur Philippe Taquet paléontologue émérite qui chasse les dinosaures depuis plus de 50 ans.

Loin de nous l’idée de comparer l’incomparable mais selon quelle courbe évolutive, pour ne pas dire selon quel accident de l’histoire un Philippe Taquet et un Mohamed Seghir Babes président du CNES ont-ils bien pu se croiser ? Quel est donc ce projet commun qui passionnerait les deux hommes ? L’amour de la science ? Le vœu pieux de construire des institutions Algériennes autour des hommes de Sciences ? Ou comme le dit si bien Sir Babes « l’édification d’une économie nationale fondée sur la connaissance et d’une société de savoir » ? Eureka : Une société de savoir, il fallait y penser !

A l’origine les académies des sciences on trouve des cercles de savants qui dès le début du XVIIe siècle se réunissent autour d’un mécène ou d’une personnalité érudite, en Algérie ce sont des rentiers de l’Etat choisis pour leurs bonnes notes obtenues aux fameuses fiches d’habilitation qui veulent créer l’ASTA (Académie des Sciences et Technologies Algérienne), sans aucune pudeur, ils ont l’outrecuidance de se coopter et de désigner par le seul fait du prince comme « chefs » et garants de cette institution des fossiles qui prétendent au titre de défenseurs de la république ou encore de scientistes avec comme seuls travaux parfois une thèse soutenue il y a plus quarante ans ou un livre Tome 1 dont le Tome 2 est porté disparu.

Face à des projets aussi sérieux que sensibles où l’on est censés, voire acculés à réfléchir (et agir) à propos de la place et du rôle de la science et du savoir en général dans une société comme la notre, est-ce par ces procédés dignes de la république des camarades comme le disait si bien Ferhat Abbas (déjà en 1963) que nous aurons une académie des sciences ? Au mieux des boutons de mandarins, et lors de cérémonies pompeuses, seront distribués à cette nouvelle cohorte « d’académiciens » Algériens qui viendront parfaire le décor morbide, caudataire et courtisan de la scène Algérienne.

Au delà de la guéguerre et des polémiques stériles sur les CV et la définition d’un scientifique en Algérie, car ce n’est nullement l’objet de cet humble papier, et avant d’aller plus loin sur les buts inavoués de cette initiative, examinons de près la servilité endémique de nos judas pédants et arrêtons nous à ce paragraphe que nos chevaliers fondateurs de l’ASTA ont osé consigner dans leur mémorandum et qui en dit long sur leur perception de la science et surtout leur liberté de conscience :  » Elle (l’ASTA) représente la plus haute autorité scientifique du pays, totalement indépendante vis-à-vis des secteurs, et placée sous la protection du Chef de l’Etat. » De qui se moque-t-on ?

Pourtant, en parcourant les quelques feuilles accompagnant ce projet « salutaire » et qui au passage, rappellent plus un petit manuel de vulgarisation piqué sur wikipédia qu’autre chose, on découvre enfin pourquoi une ASTA et selon quel canevas il en faut une en Algérie et au diable la science.

Union Pour la Méditerranée (UPM) quand tu nous tiens !

On y arrive enfin ! l’ASTA vient en fait grossir les rangs de l’Euro-Mediterranean Academic Network qui existe depuis 2008 et qui n’est autre que le prolongement de la politique « perdant-perdant » de l’UPM, une union qui non seulement placera Israël au cœur du projet méditerranéen et ce, tel le que le conçoit sa grande amie l’UE mais qui aussi, au nom de la sacro sainte loi des intérêts marchands se chargera de réhabiliter tous les dictateurs de la région, à condition bien sûr, vous l’aurez compris, qu’ils acquiescent et acceptent de toujours ratifier ce qu’on leur propose.

Pour information, l’Euro-Mediterranean Academic Network qui a démarré avec Chypre et la fameuse association Macheba Israël (http://www.tau.ac.il/israel-faq/q1.html) est un vieux qui remonte au moins à 1999, il s’inscrit bien sûr dans une logique de « coopération entre les peuples » et souhaiterait juste fournir des infrastructures d’interconnexion de réseaux de recherche pour permettre le transfert de savoir-faire et la collaboration entre les pays de la région méditerranéenne. Qui l’eût cru ? Un réseau scientifique regroupant le Liban, la Syrie, la Jordanie, Israël, la Turquie, l’Autorité palestinienne, l’Egypte, l’Algérie, Malte, Chypre, le Maroc, la Tunis ! C’est beau la science !

Ainsi grâce à des dizaines d’associations « sympathiques » (dont les noms finissent toujours en MED) qui financent des projets tels que les droits des femmes et des enfants, qui font de l’écologie, parlent de rapprochement des cultures et bien sûr de réseaux regroupant des scientifiques comme l’Euro-Mediterranean Academic Network ou le MEDNET, l’UPM continue de se moquer des peuples en exploitant à fond les appétences et l’indignité des dirigeants de la rive sud pour qu’au nom de la coopération et des échanges scientifiques les diplômés qui ne souhaitent pas échouer à la Lampedusa, par exemple, se retrouvent au mieux, à faire la hotline de Free ou de Cegetel pendant que des milliers de travailleurs de la rive nord se feront bien sûr licencier.

Pour nos tuteurs insatiables et nos chercheurs de primes c’est encore une fois une chance inouïe qui leur est offerte pour se sucrer en frais de missions, faire du tourisme scientifique, normaliser et humaniser les relations avec Israël, servir leurs maîtres, vendre l’image d’un pays bon élève et s’assurer définitivement qu’aucun scientifique ni expert Algérien digne de ce nom, exilé ou pas ne pourra un jour représenter son pays.

A bon entendeur salut !

Constantine, le 21 octobre 2013

Rabie Ouzelmat

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