L’idée nationale détruite en 50 ans

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50 ans après l’accession de notre pays à l’indépendance, le bilan n’est pas celui auquel le peuple algérien heureux de s’être libéré d’une longue colonisation dévastatrice et d’une guerre dure, s’attendait.

Les luttes pour le pouvoir lui ont fait perdre, dès le 5 juillet 1962, ses illusions sur cette Algérie fraternelle, démocratique et sociale que la déclaration du 1er novembre 1954 promettait de construire. L’échec du système instauré à la hussarde n’est pas seulement politique, économique et sociale, mais surtout culturel et moral. L’Algérie a perdu son âme en perdant ses valeurs familiales et identitaires.

La cohésion nationale forgée dans les résistances à la colonisation s’est vite rompue. Les menaces d’un éclatement du pays sont de plus en plus préoccupantes et prégnantes, l’Hydre de la guerre civile qui a commencé au lendemain de la libération n’a pas disparu. La dilapidation des ressources naturelles du pays va livrer la population algérienne à la paupérisation et à la charité publique internationale. La corruption, mal absolu, a rongé l’Etat en voie de dépérissement.

Le passé des Algériens a été catastrophique, fait d’humiliation, de privation et d’oppression, leur avenir ne sera pas, hélas, mieux ; il est déjà pavé d’obstacles économiques, de contraintes sociales et de querelles politiques susceptibles de diviser le pays, de le morceler si un changement radical n’est pas fait rapidement notamment dans les institutions pour sortir de la crise politique, la représentation nationale pour plus de démocratie et les mentalités pour affronter le monde de demain.

L’Algérie a accumulé trop de handicaps pour attendre, et les « réformes » que le pouvoir actuel prétend avoir conduites sont autant de blocages au changement indispensable. Ce qui n’est pas concédé aujourd’hui par le dialogue avec l’ensemble des représentants de la société algérienne et des grands courants politiques qui la traversent, sera arraché par la révolution et la violence.

Le peuple algérien ne peut plus attendre ces lendemains qui chantent que le pouvoir lui promet depuis 50 ans.

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