{"id":103,"date":"2012-09-15T12:48:30","date_gmt":"2012-09-15T12:48:30","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/entrevue\/?p=103"},"modified":"2012-09-15T12:48:30","modified_gmt":"2012-09-15T12:48:30","slug":"blanrue-je-nai-jamais-surpris-faurisson-en-flagrant-delit-de-fraude-ou-de-mensonge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/blanrue-je-nai-jamais-surpris-faurisson-en-flagrant-delit-de-fraude-ou-de-mensonge\/","title":{"rendered":"Blanrue : \u00ab Je n\u2019ai jamais surpris Faurisson en flagrant d\u00e9lit de fraude ou de mensonge ! \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Questions \u00e0 Paul-\u00c9ric Blanrue, r\u00e9alisateur du documentaire \u00ab Un Homme \u00bb<\/p>\n<p>(Par Rachid Guedjal pour Alg\u00e9rienetwork)<\/p>\n<p>R.G. : Ton documentaire est ax\u00e9 sur une personne controvers\u00e9e : le professeur Robert Faurisson. Suscitant la pol\u00e9mique \u00e0 cause de ses positions qui d\u00e9fraient la chronique, il a \u00e9t\u00e9 diabolis\u00e9 pendant des d\u00e9cennies. Ton documentaire nous montre quelqu\u2019un qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec le diable incarn\u00e9 qu\u2019est Robert Faurisson aux yeux des m\u00e9dias conventionnels. D\u2019abord, quand et comment as-tu connu le professeur ?<\/p>\n<p>Paul-\u00c9ric Blanrue : Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, apr\u00e8s diverses exp\u00e9riences de politique amusante (la question politique de la fin de ce cycle historique n\u2019a toujours \u00e9t\u00e9 pour moi qu\u2019un jeu, tant est loin la possibilit\u00e9 d\u2019un nouveau Regnum), me voici donnant des cours d\u2019histoire dans un lyc\u00e9e priv\u00e9 catho de Nancy. Pour me d\u00e9lasser, j\u2019\u00e9cris parfois des articles dans une revue acrate fran\u00e7aise, un \u00e9trange trimestriel \u00e0 couverture orange se r\u00e9clamant de la pens\u00e9e de Max Stirner, L\u2019Homme libre. Son directeur est Marcel Renoulet, ancien secr\u00e9taire du pacifiste Louis Lecoin, c\u00e9l\u00e8bre pour avoir organis\u00e9 une gr\u00e8ve de la faim ayant permis d\u2019obtenir un statut pour les objecteurs de conscience. J\u2019y publie \u00e0 dates irr\u00e9guli\u00e8res divers articles, par exemple sur l\u2019histoire du mouvement libertaire. J\u2019y r\u00e9alise une interview de Marc-Edouard Nabe, qui sera reprise plus tard dans son Coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau, chez Jean-Paul Bertrand. J\u2019y \u00e9voque aussi mes activit\u00e9s z\u00e9t\u00e9tiques dont le Cercle \u00e9ponyme vient d\u2019\u00eatre fond\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0. Le Cercle z\u00e9t\u00e9tique (CZ) est pr\u00e9sid\u00e9 par le professeur Henri Broch de l\u2019universit\u00e9 de Nice, et re\u00e7oit en force d\u2019appoint l\u2019illusionniste G\u00e9rard Faier, alias Majax, le cr\u00e9ateur quelque peu ringard de l\u2019\u00e9mission \u00ab Y a un truc ! \u00bb qui avait fait les beaux jours de la t\u00e9l\u00e9 fran\u00e7aise au milieu des ann\u00e9es 70. Le but du cercle est d\u2019\u00e9tudier les sujets extraordinaires, en sciences et en histoire, avec toute la rigueur requise par la m\u00e9thode scientifique. L\u2019\u00e9poque est \u00e0 la d\u00e9rive conceptuelle post-moderniste, qu\u2019ont analys\u00e9e Sokal et Bricmont dans Impostures intellectuelles, et que Ren\u00e9 Gu\u00e9non d\u00e9non\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 comme \u00ab \u00e2ge parodique \u00bb. Nous sommes soutenus par des gens de la gauche radicale comme le g\u00e9n\u00e9ticien antiraciste Albert Jacquard ou l\u2019ex-trotskiste pro-palestinien Marcel-Francis Kahn, dont Serge Thion a montr\u00e9 les limites de la pens\u00e9e dans Une Allumette sur la banquise. C\u2019est une \u00e9poque marqu\u00e9e par l\u2019\u00e9mission \u00ab Myst\u00e8res \u00bb sur TF1, qui k\u00e4rcherise \u00e0 grandes eaux les cerveaux ramollis de foules p\u00e9trifi\u00e9es (rappelez-vous l\u2019absurde mystification de l\u2019extraterrestre de Roswell) et par divers scandales mettant en cause des gu\u00e9risseurs de tiroir-caisse ou des gourous libidineux qui confondent ashram et bo\u00eete \u00e0 partouze. Faurisson avait lu un de mes articles de promotion z\u00e9t\u00e9tique et m\u2019avait envoy\u00e9 en retour sa R\u00e9ponse \u00e0 Jean-Claude Pressac, opuscule auto-\u00e9dit\u00e9 et d\u00e9dicac\u00e9 \u00e0 mon nom comme \u00ab essai de z\u00e9t\u00e9tique \u00bb. Plus personne ne se souvient de Pressac aujourd\u2019hui : c\u2019\u00e9tait un petit pharmacien de banlieue sans comp\u00e9tence holocaustique ni formation historique. Nazebroque honteux, il poss\u00e9dait \u00e0 son domicile un buste d\u2019Hitler plac\u00e9 en haut d\u2019un escalier qui conduisait \u00e0 une chambre insonoris\u00e9e o\u00f9 il \u00e9coutait \u00e0 pleins tubes de la musique militaire allemande. Il avait voulu travailler avec Faurisson, mais celui-ci l\u2019avait refoul\u00e9. Depuis, Pressac lui vouait une haine tenace. C\u2019\u00e9tait ce sp\u00e9cimen d\u00e9liquescent qui \u00e9tait devenu en deux temps, trois mouvements le deus ex machina de la multinationale Klarsfeld and Co, qui allait enfin prouver au monde l\u2019existence des chambres \u00e0 gaz ! En France, le fruit de cette coalition nazioniste, aussi belle que \u00ab la rencontre fortuite sur une table de dissection d\u2019une machine \u00e0 coudre et d\u2019un parapluie \u00bb, comme e\u00fbt dit Lautr\u00e9amont, avait \u00e9t\u00e9 la parution de son livre aux \u00e9ditions CNRS sous le titre Les Cr\u00e9matoires d\u2019Auschwitz. La Machinerie du meurtre de masse, dans lequel ne figurait ni photographie ni plan de chambre \u00e0 gaz. Or personne n\u2019avait bien entendu jamais ni\u00e9 l\u2019existence des cr\u00e9matoires ! A lui seul le titre de l\u2019ouvrage trahissait l\u2019embarras de l\u2019empot\u00e9 potard.<\/p>\n<p>Amus\u00e9 par les fl\u00e8ches que Faurisson lui d\u00e9cochait avec habilet\u00e9 et une franche bonne humeur, j\u2019ai aussit\u00f4t r\u00e9pondu \u00e0 ce professeur de l\u2019universit\u00e9 de Lyon placard\u00e9 dans l\u2019Enseignement \u00e0 distance parce que la Facult\u00e9 ne pouvait assurer sa s\u00e9curit\u00e9 mise en p\u00e9ril par les gros bras des associations juives. Nous pr\u00eemes rendez-vous durant les grandes vacances d\u2019\u00e9t\u00e9. \u00c0 mon retour de Cannes, je ne vous cache pas que je craignais de tomber sur un universitaire bouch\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9meri, inapte au dialogue et ancr\u00e9 dans ses certitudes d\u2019amphith\u00e9\u00e2tre. Au fil d\u2019un d\u00e9jeuner pris sur les bords de l\u2019Allier, mes id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues se dissip\u00e8rent bien vite. Mon h\u00f4te me fit part de sa volont\u00e9 d\u2019adh\u00e9rer au Cercle z\u00e9t\u00e9tique, dont il partageait les id\u00e9es essentielles (en histoire, ce sont celles que l\u2019on trouve dans le volume de la Pl\u00e9iade consacr\u00e9 \u00e0 la M\u00e9thode historique). Mais il me pr\u00e9cisait qu\u2019il d\u00e9sirait que son nom n\u2019y appar\u00fbt pas, afin de ne pas torpiller l\u2019association. Quelque temps auparavant, Faurisson avait \u00e9t\u00e9 membre de l\u2019Union des ath\u00e9es et son adh\u00e9sion s\u2019\u00e9tait termin\u00e9e par un scandale : divers membres avaient rendu leur carte, le pr\u00e9sident avait failli d\u00e9missionner, etc. Le professeur voulait \u00e9viter que l\u2019exp\u00e9rience funeste se renouvel\u00e2t. Le bureau du CZ accepta sa requ\u00eate et on l\u2019affubla d\u2019un plaisant pseudonyme pour le glisser dans la liste officielle des nouveaux membres.<\/p>\n<p>Je dois \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de dire que d\u2019autres r\u00e9visionnistes discrets et de moindre importance faisaient d\u00e9j\u00e0 partie de notre association, avant et apr\u00e8s cette apparition de Faurisson par l\u2019entr\u00e9e des artistes, et cela sans poser de probl\u00e8me aux \u00e9chelons sup\u00e9rieurs. Je connaissais de mon c\u00f4t\u00e9 les travaux r\u00e9visionnistes depuis qu\u2019un certain Pascal-Bernard, proche de Fran\u00e7ois G., devenu par la suite d\u00e9put\u00e9-maire pour le parti pr\u00e9sidentiel d\u2019une commune en Moselle (comme quoi tout est possible, comme dit Sarkozy) m\u2019avait mis dans les mains le num\u00e9ro 1 des Annales d\u2019histoire r\u00e9visionniste, qu\u2019on achetait alors en kiosque (c\u2019est vous dire le changement d\u2019\u00e9poque !). La Vieille Taupe, qui \u00e9ditait cette revue, \u00e9tait dirig\u00e9e par Pierre Guillaume, dont je fis la connaissance durant ces m\u00eames ann\u00e9es ; il \u00e9tait un ancien de \u00ab\u00a0Socialisme ou Barbarie\u00a0\u00bb, groupe proche du situationniste Guy Debord.<\/p>\n<p>J\u2019avais toujours \u00e9t\u00e9 scandalis\u00e9 par le sort que r\u00e9servait aux r\u00e9visionnistes, selon la formule de Bernanos, \u00ab l\u2019universelle complicit\u00e9 des l\u00e2ches \u00bb.<\/p>\n<p>Comme le Cercle z\u00e9t\u00e9tique \u00e9tait une organisation se d\u00e9clarant sans pr\u00e9jug\u00e9s ni dogme, j\u2019ai alors pens\u00e9 que, peut-\u00eatre, nous pourrions d\u00e9battre, en interne pour commencer, de la question des chambres \u00e0 gaz et du g\u00e9nocide juif, \u00e0 l\u2019image de ce qui avait eu lieu aux \u00c9tats-Unis dans des associations sceptiques de gauche, sous l\u2019\u00e9gide de mod\u00e9rateurs d\u2019origine juive, pour \u00e9viter tout d\u00e9rapage intempestif. H\u00e9las cette tentative s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e impossible de ce c\u00f4t\u00e9-ci de l\u2019Atlantique. Affol\u00e9s, certains de nos membres (notre meilleur sp\u00e9cialiste des ovnis en t\u00eate) sont all\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 me dire que, quoi qu\u2019il se f\u00fbt pass\u00e9 (ou non) durant la Seconde Guerre mondiale, ils ne voulaient pas en \u00eatre inform\u00e9s, inventant ainsi une nouvelle branche de la z\u00e9t\u00e9tique : la z\u00e9t\u00e9tique de l\u2019autruche ! D\u2019autres, dans leurs barbes de syndicalistes du secondaire, marmonnaient que, si par le plus grand des hasards Faurisson avait raison sur quelque point de d\u00e9tail, notre travail amorcerait la remont\u00e9e de l\u2019antis\u00e9mitisme dans le pays, ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9sastreux qu\u2019il fallait \u00e0 tout prix emp\u00eacher. Bref, au Cercle z\u00e9t\u00e9tique, la pieuse fraude que nos bons la\u00efques d\u00e9non\u00e7aient avec fracas dans le cas du Suaire de Turin ne semblait plus les d\u00e9ranger quand il s\u2019agissait du c\u0153ur de la nouvelle religion mondiale. La question de l\u2019existence de J\u00e9sus, que j\u2019avais pos\u00e9e sur le site du Cercle z\u00e9t\u00e9tique, ne faisait pas davantage scandale dans nos troupes. Le reste, il n\u2019y fallait point songer. J\u00e9sus n\u2019a pas exist\u00e9 ? Doutons ! Les chambres \u00e0 gaz ont-elles exist\u00e9 ? En prison ! Instructif.<\/p>\n<p>Les cris de vieilles pucelles hyst\u00e9riques pouss\u00e9s par certains membres du CZ devant cette proposition de d\u00e9bat n\u2019avaient bien entendu rien de z\u00e9t\u00e9tique, puisque ces gens refusaient de prendre connaissance des arguments r\u00e9visionnistes, ne f\u00fbt-ce que pour avoir \u00e0 les r\u00e9futer ensuite. On pouvait difficilement aller plus loin dans l\u2019autocensure et la b\u00eatise.<\/p>\n<p>Loin de cette chienlit z\u00e9t\u00e9tique, que je d\u00e9cidai d\u2019ignorer, j\u2019ai, de mon propre chef, engag\u00e9 une enqu\u00eate sur le professeur Faurisson. Je voulais le tester personnellement, \u00e0 la fa\u00e7on dont j\u2019expertisais voyants voyous et m\u00e9diums v\u00e9reux ou que je visitais des maisons hant\u00e9es, l\u2019une de mes sp\u00e9cialit\u00e9s au sein du CZ. Etait-il un habile imposteur comme l\u2019Isra\u00e9lien Uri Geller, qui jurait tordre les petites cuillers par la seule force de sa pens\u00e9e d\u2019\u00e9lu de Yahv\u00e9 ? \u00c0 la suite de ma premi\u00e8re rencontre avec Faurisson, je pris le train de nombreuses fois pour Vichy, pour passer au tamis l\u2019Absolu Salaud. Vichy : la ville o\u00f9, rappelons-le, la B\u00eate en question r\u00e9sidait non pas en vertu d\u2019un quelconque attrait morbide pour le p\u00e9tainisme, comme le clabaudent les partisans de Claude Lanzmann, mais parce qu\u2019il y avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par le minist\u00e8re de l\u2019Education nationale et qu\u2019il y avait pris racine\u2026<\/p>\n<p>Chemin faisant, je n\u2019ai cess\u00e9 d\u2019\u00eatre bluff\u00e9 par son s\u00e9rieux, son courage et sa fa\u00e7on tr\u00e8s m\u00e9thodique de travailler. Sa rengaine, lors de notre premier entretien, avait \u00e9t\u00e9 : \u00ab Ne vous lancez pas dans le r\u00e9visionnisme ! C\u2019est un suicide lent ! \u00bb. Je voyais bien la r\u00e9pression s\u2019abattre sur les troupes r\u00e9visionnistes du monde entier. Mais je n\u2019\u00e9tais pas convaincu que je resterais \u00e9tranger \u00e0 cette aventure. Car pour moi \u00eatre r\u00e9visionniste, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0, dans un premier temps, v\u00e9rifier les th\u00e8ses du Diable, les contester, tenter d\u2019en percevoir les failles. C\u2019\u00e9tait, pour commencer, lire et \u00e9tudier tous les travaux de l\u2019\u00e9cole r\u00e9visionniste !<\/p>\n<p>Mes rapports avec Faurisson se firent plus proches et nos correspondances plus fr\u00e9quentes. Nos esprits se combinaient \u00e0 merveille. Je ne manquais ses proc\u00e8s devant la XVIIe Chambre pour rien au monde, puisqu\u2019enfin ses adversaires tentaient de le contredire face \u00e0 face. Sa t\u00e9nacit\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve, ses arguments ultra-r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s, tout comblait mes attentes.<\/p>\n<p>Je me dois de t\u00e9moigner que depuis bient\u00f4t vingt ans que je le fr\u00e9quente, je n\u2019ai jamais surpris Faurisson en flagrant d\u00e9lit de fraude ou de mensonge. S\u2019il a parfois un fichu caract\u00e8re, il est le premier \u00e0 regretter la l\u00e9g\u00e8re erreur qu\u2019il peut commettre dans un article et il astreint ses proches \u00e0 traquer ses coquilles, l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, comme un jardinier chasse les doryphores de son potager. Faurisson, c\u2019est le perfectionniste n\u00e9, le Glenn Gould de l\u2019Holocauste ! Un arr\u00eat m\u00e9connu de la cour d\u2019appel de Paris du 26 avril 1983 prononce d\u2019ailleurs qu\u2019il n\u2019est pas \u00ab permis d\u2019affirmer, eu \u00e9gard \u00e0 la nature des \u00e9tudes auxquelles il s\u2019est livr\u00e9, qu\u2019il a \u00e9cart\u00e9 les t\u00e9moignages par l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ou n\u00e9gligence, ou d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment choisi de les ignorer ; qu\u2019en outre personne ne peut en l\u2019\u00e9tat le convaincre de mensonge lorsqu\u2019il \u00e9num\u00e8re les multiples documents qu\u2019il affirme avoir \u00e9tudi\u00e9s et les organismes aupr\u00e8s desquels il aurait enqu\u00eat\u00e9 pendant plus de quatorze ans ; que la valeur des conclusions d\u00e9fendues par M. Faurisson rel\u00e8ve donc de la seule appr\u00e9ciation des experts, des historiens et du public \u00bb. C\u2019\u00e9tait sept ans avant la loi Gayssot (promulgu\u00e9e le 14 juillet 1990), laquelle punit d\u00e9sormais les r\u00e9visionnistes comme s\u2019abat le couperet de la guillotine, sans bavures et sans se pr\u00e9occuper des faits mais en remplissant la t\u00e2che infamante que l\u2019Assembl\u00e9e nationale a confi\u00e9e aux magistrats : censurer l\u2019esprit, brider la recherche.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019apr\u00e8s bien des ann\u00e9es j\u2019ai \u00e9t\u00e9 la myst\u00e9rieuse personne qui, un soir, au Th\u00e9\u00e2tre de la Main d\u2019Or, a pr\u00e9sent\u00e9 Faurisson \u00e0 Dieudonn\u00e9, cr\u00e9ant indirectement par la suite l\u2019incident du Z\u00e9nith. Je ne suis pas peu fier d\u2019y avoir contribu\u00e9 car ce sketch aux trois-quarts improvis\u00e9 a fait \u00e9clater au grand jour la mauvaise foi des pr\u00e9tendus d\u00e9fenseurs de la libert\u00e9 d\u2019expression, qui ne sont que l\u2019un des masques port\u00e9s par les professionnels de la d\u00e9lation. Bien mieux, ce happening a \u00e9t\u00e9 profitable \u00e0 la libert\u00e9 de parole, car gr\u00e2ce au d\u00e9fenseur de Faurisson, Ma\u00eetre John Bastardi Daumont, l\u2019avocat le plus courageux de France (le faux sulfureux Verg\u00e8s n\u2019est qu\u2019un joueur de billes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui !), l\u2019apologie de r\u00e9visionnisme n\u2019existe pas dans la jurisprudence fran\u00e7aise. Bastardi Daumont a mis le doigt sur les contradictions du code, soulignant une schizophr\u00e9nie juridique totale : imaginez-vous qu\u2019il est l\u00e9gal d\u2019\u00e9crire sur vos T-shirt, casquette, mug ou pin\u2019s : \u00ab Faurisson a raison ! \u00bb ou \u00ab Je suis r\u00e9visionniste ! \u00bb, mais que vous n\u2019avez pas le droit de sp\u00e9cifier pourquoi Faurisson serait dans le vrai ni en quoi consiste l\u2019objet du d\u00e9bat ! Sainte-Anne, priez pour nous ! En faisant relaxer Faurisson, Bastardi a obtenu une jurisprudence act\u00e9e et d\u00e9finitive, qui nous octroie d\u00e9sormais un peu plus de libert\u00e9 et d\u2019aisance dans nos propos.<\/p>\n<p>R.G. : Quand l\u2019id\u00e9e du documentaire t\u2019est-elle venue ?<\/p>\n<p>Paul-\u00c9ric Blanrue : Il y a environ un an. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait d\u2019abord d\u2019\u00e9crire un livre autour de Faurisson. Je m\u2019en \u00e9tais ouvert \u00e0 un ami de l\u2019\u00e9diteur Jean-Paul Enthoven, de Grasset, qui m\u2019avait propos\u00e9 de me pr\u00e9senter \u00e0 Philippe Sollers, lequel, me disait-il, serait peut-\u00eatre int\u00e9ress\u00e9 de publier un livre de ce genre dans la collection L\u2019Infini qu\u2019il dirige chez Gallimard. Apr\u00e8s le succ\u00e8s des Bienveillantes de Jonathan Littell, ouvrage que j\u2019avais analys\u00e9 dans Les Malveillantes aux \u00e9ditions Scali, la voie \u00e9tait ouverte pour une telle exp\u00e9rience litt\u00e9raire. Mais avec le V\u00e9nitien Sollers, rencontr\u00e9 au Montalembert devant un verre de J&amp;B, la question ne fut pas abord\u00e9e\u2026 Et puis, plus je relisais l\u2019ouvrage de Fran\u00e7ois Brigneau sur le sujet (Mais qui est donc le professeur Faurisson ?), plus je me rendais compte que la petite biographie qu\u2019il avait bross\u00e9e du prof ne n\u00e9cessitait pas de grands ajustements.<\/p>\n<p>Au m\u00eame moment, j\u2019avais con\u00e7u l\u2019id\u00e9e de r\u00e9aliser un reportage sur l\u2019affaire Vincent Reynouard, alors condamn\u00e9 \u00e0 un an de prison pour une brochure sur \u00ab l\u2019Holocauste \u00bb de seize pages de photos et croquis. Je voulais la traiter en la comparant \u00e0 l\u2019affaire du sioniste p\u00e9dophile Maurice Gutman, membre du CRIF et webmestre du site du Yad Vashem-France, qui avait \u00e9t\u00e9 coinc\u00e9 par des journalistes en train de draguer sur le net ce qu\u2019il croyait \u00eatre une petite fille. Lui, il n\u2019avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 qu\u2019\u00e0 deux mois de prison avec sursis ! Mais il m\u2019\u00e9tait difficile d\u2019obtenir des images de cette ordure, qui se cachait et que sa communaut\u00e9 surprot\u00e9geait. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de changer mon fusil d\u2019\u00e9paule. Depuis le Z\u00e9nith, beaucoup de gens, surtout des jeunes issus de la g\u00e9n\u00e9ration Internet, se demandaient qui \u00e9tait ce grand-p\u00e8re plein d\u2019humour qui se sentait \u00ab Palestinien en France \u00bb et que les m\u00e9dias n\u2019interrogeaient jamais bien qu\u2019il f\u00fbt professeur d\u2019universit\u00e9, agr\u00e9g\u00e9 des lettres et docteur \u00e8s lettres et sciences humaines. Jamais cet homme n\u2019avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du plus petit d\u00e9bat \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 fran\u00e7aise ! Et des d\u00e9bats, il y en avait eu des milliers, sur tout et sur rien, et surtout sur rien : j\u2019avais moi-m\u00eame particip\u00e9 \u00e0 plusieurs dizaines de d\u00e9bats dans des \u00e9missions spectaculaires et sans int\u00e9r\u00eat de Dechavanne, Delarue, Ardisson et autres Wermus ! Michel Polac avait bien invit\u00e9 Faurisson, avant le scandale des chambres \u00e0 gaz, au temps du noir et blanc, pour venir parler de sa th\u00e8se sur Lautr\u00e9amont. Le 19 avril 1979, \u00e0 Lugano, invit\u00e9 par la T\u00e9l\u00e9vision suisse italienne, Faurisson avait particip\u00e9 \u00e0 un d\u00e9bat sur \u00ab l\u2019Holocauste \u00bb : il avait si manifestement terrass\u00e9 ses quatre opposants (deux historiens et deux anciennes d\u00e9port\u00e9es, dont l\u2019une d\u2019Auschwitz) qu\u2019aujourd\u2019hui encore la diffusion publique du d\u00e9bat reste strictement interdite ! (Faurisson lui-m\u00eame s\u2019est encore vu notifier cette interdiction le 3 septembre 2009, soit trente ans apr\u00e8s l\u2019\u00e9mission !). Le 17 d\u00e9cembre 1980, Ivan Leva\u00ef se trouva contraint de lui accorder une sorte de droit de r\u00e9ponse sur les ondes d\u2019Europe 1 : le r\u00e9sultat en fut tel que le journaliste a bien voulu admettre par la suite que, s\u2019il avait commis une erreur dans sa carri\u00e8re, c\u2019\u00e9tait d\u2019avoir un jour invit\u00e9 Faurisson. Depuis cette date, rien, n\u00e9ant. Avait-on peur que le Salaud convainque l\u2019auditoire en lui fournissant deux ou trois exemples qui feraient \u00e9clater la th\u00e8se orthodoxe ? C\u2019\u00e9tait comme si. Le cachant aux yeux de l\u2019opinion manipul\u00e9e, on nous montrait toujours les m\u00eames grands inquisiteurs qui le brocardaient, l\u2019insultaient, le d\u00e9peignaient comme un monstre sans foi ni loi digne du boucher d\u00e9ment de Massacre \u00e0 la tron\u00e7onneuse. Vous vouliez le conna\u00eetre ? On sortait du chapeau son pire ennemi, saint Pierre Vidal-Naquet, qui le pr\u00e9sentait comme un fou antis\u00e9mite, un psychopathe jouissant la bave aux l\u00e8vres des tortures inflig\u00e9es aux juifs, tortures qu\u2019il se permettait de nier pour jouir plus intens\u00e9ment encore, un super n\u00e9o-nazi qui passait sa vie \u00e0 retuer les morts, et qui n\u2019avait d\u2019ailleurs aucune l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 parler du dossier des chambres \u00e0 gaz puisqu\u2019il ne s\u2019occupait que de litt\u00e9rature. On ne nous pr\u00e9cisait pas que Vidal-Naquet \u00e9tait prof d\u2019histoire de la Gr\u00e8ce antique et non de l\u2019Allemagne des ann\u00e9es 1930-40, tandis que Faurisson, lui, s\u2019\u00e9tait sp\u00e9cialis\u00e9 dans la \u00ab Critique de textes et de documents \u00bb, toutes \u00e9poques confondues ! Vidal-Naquet avait d\u00e9montr\u00e9 une fois pour toutes \u00e0 quel point son esprit critique \u00e9tait en berne lorsqu\u2019il avait soutenu le violeur Luc Tangorre, dont il avait jur\u00e9 l\u2019innocence dans tous les m\u00e9dias avant que celui-ci ne r\u00e9cidive et ne prouve sa culpabilit\u00e9. Mais personne n\u2019avait le courage de rabattre le caquet de Naquet.<\/p>\n<p>Bref, gr\u00e2ce \u00e0 cette censure et \u00e0 ces m\u00e9thodes, le nom de Faurisson est associ\u00e9 au g\u00e9nocide des juifs comme s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 le commanditaire et l\u2019organisateur du crime des crimes, alors qu\u2019il ne conteste pas la r\u00e9alit\u00e9 des d\u00e9portations ni l\u2019existence des fours cr\u00e9matoires ni la r\u00e9pression antijuive du r\u00e9gime hitl\u00e9rien ; il appelle notre attention sur les inventions mensong\u00e8res de la propagande de guerre qui sont devenues des articles de foi. Il se situe par l\u00e0 dans la tradition de Jean Norton Cru ou d\u2019Arthur Ponsonby qui ont \u00e9t\u00e9 les r\u00e9visionnistes de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l\u2019on faisait croire \u00e0 l\u2019opinion publique chauff\u00e9e \u00e0 blanc par un patriotisme de roulements de tambour qu\u2019en Belgique \u00ab les sales Boches \u00bb avaient coup\u00e9 les mains de petits enfants. Pour la Seconde Guerre mondiale, Faurisson a repris l\u2019\u00e9tat du dossier o\u00f9 l\u2019avait laiss\u00e9 \u00e0 sa mort, en 1967, le d\u00e9port\u00e9 socialiste Paul Rassinier. Ce dernier, qui avait \u00e9t\u00e9 intern\u00e9 \u00e0 Buchenwald et \u00e0 Dora en raison de son activit\u00e9 dans la R\u00e9sistance, fut le premier critique l\u00e9gitime de l\u2019image que la presse donnait des camps. Au lieu d\u2019aller demander \u00e0 la LICRA ce qu\u2019elle pensait de Faurisson, j\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de le laisser parler lui-m\u00eame de son parcours et de son travail.<\/p>\n<p>R.G. : Combien de temps de pr\u00e9paration t\u2019a-t-il fallu et que penses-tu du r\u00e9sultat ?<\/p>\n<p>Paul-\u00c9ric Blanrue : J\u2019ai beaucoup travaill\u00e9 sur ce sujet parce que je suis un homme de l\u2019\u00e9crit et non de l\u2019image. J\u2019ai d\u00fb tout apprendre, le maniement d\u2019une cam\u00e9ra, la prise de son, le montage, etc. Je me suis form\u00e9 sur le tas. J\u2019ai bien conscience que la forme obtenue est imparfaite, mais il fallait absolument r\u00e9aliser un tel documentaire du vivant de Faurisson, qui a 82 ans. Comme personne ne semblait pr\u00eat \u00e0 s\u2019y risquer, j\u2019ai pris le taureau par les cornes. La forme en tant que telle m\u2019importe peu. Quand Dominique de Roux va filmer sur le transat de son jardin le plus grand po\u00e8te du XXe si\u00e8cle, le vieil Ezra Pound, il ne parvient \u00e0 obtenir de ce dernier que de vagues propos \u00e9nonc\u00e9s \u00e0 grand peine mais, m\u00eame si parfois l\u2019image se brouille et que le son est coup\u00e9, entendre de petits bouts de phrases prononc\u00e9es par Pound reste un plaisir sans \u00e9gal, qui \u00e9crase l\u2019impression d\u00e9plaisante de tous les discours que Jacques Attali a pu prononcer depuis sa naissance. Alors au diable les puristes ! Je n\u2019ai pas voulu r\u00e9aliser un film esth\u00e9tisant, mais quelque chose qui ressemble \u00e0 \u00ab Ceux de chez nous \u00bb de Sacha Guitry, o\u00f9 l\u2019on voit Rodin ou Auguste Renoir en plein travail. Mon ambition a \u00e9t\u00e9 de mettre en bobine la personnalit\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 la plus ha\u00efe par l\u2019opinion m\u00e9diatique depuis 40 ans et que nul n\u2019a jamais pens\u00e9 \u00e0 laisser parler librement. Ce reportage est donc r\u00e9alis\u00e9 pour l\u2019histoire. Avec les d\u00e9fauts inh\u00e9rents aux prises rapides, tr\u00e8s exactement comme l\u2019INA a organis\u00e9 ses Archives du XXe si\u00e8cle o\u00f9 les intervenants, parmi les plus prestigieux artistes et intellectuels du temps, sont parfois coup\u00e9s par un clap inopportun et o\u00f9 des techniciens d\u00e9barquant \u00e0 l\u2019improviste viennent mettre un peu d\u2019anarchie dans l\u2019organisation de la sc\u00e8ne. L\u2019importance d\u2019un tel document, c\u2019est qu\u2019il existe. Qu\u2019il existe pour montrer qui est Faurisson, comment il parle, r\u00e9fl\u00e9chit, raisonne, d\u00e9montre. C\u2019est seulement en lui donnant la parole longtemps, en le laissant s\u2019exprimer sans le couper \u00e0 tout instant que l\u2019on parvient \u00e0 saisir sa personnalit\u00e9.<\/p>\n<p>R.G. : Quelle a \u00e9t\u00e9 ton approche pour r\u00e9aliser ce documentaire ?<\/p>\n<p>Paul-\u00c9ric Blanrue : Je me suis rendu chez lui durant quelques jours, avec un plan \u00e0 peine pr\u00e9\u00e9tabli. J\u2019avais quelques th\u00e8mes en t\u00eate, dont je lui avais parl\u00e9 au t\u00e9l\u00e9phone, c\u2019est tout. Rien n\u2019\u00e9tait r\u00e9ellement pr\u00e9par\u00e9. Je voulais lui faire dire des choses qu\u2019il n\u2019avait pas exprim\u00e9es auparavant. J\u2019escomptais qu\u2019il \u00e9voquerait sa jeunesse, la politique, sujets dont il se tient \u00e9loign\u00e9. Je crois que je n\u2019ai pas trop mal r\u00e9ussi mon affaire. Quand il dit \u00ab je suis centriste \u00bb, par exemple, ce n\u2019est pas du tout son genre. Il est certain que seule une personne en laquelle il avait confiance pouvait r\u00e9aliser un tel document. L\u2019\u00e9cueil e\u00fbt \u00e9t\u00e9 qu\u2019il se ferme comme une hu\u00eetre. C\u2019est l\u2019une des heureuses surprises de ce film : Faurisson a abord\u00e9 de lui-m\u00eame, parce qu\u2019il se sentait \u00e0 l\u2019aise, des sujets dont il n\u2019aurait jamais parl\u00e9 autrement. Je dois signaler tout de m\u00eame que sur de nombreux autres sujets annexes (son enfance, sa vie \u00e0 Vichy, son jugement sur P\u00e9tain, ses rencontres avec d\u2019autres r\u00e9visionnistes, etc.), je d\u00e9tiens encore plus de cinq heures de rushes ! Si un jour nous r\u00e9alisons un DVD complet, nous y int\u00e9grerons tous ces bonus. Ce sera un gros travail et il va de soi que nous ne pourrons pas, cette fois, le lancer gratuitement sur Internet. Si des professionnels du DVD nous lisent, qu\u2019ils se mettent en rapport avec nous pour, cette fois, lancer une vid\u00e9o de pr\u00e8s de sept heures !<\/p>\n<p>R.G. : Ce document est en libre diffusion. Dans quel but l\u2019as-tu r\u00e9alis\u00e9 ?<\/p>\n<p>Paul-\u00c9ric Blanrue : Pour montrer qui est le vrai Faurisson : un homme \u00e0 la fois simple et h\u00e9ro\u00efque, qui parle de ses d\u00e9couvertes sans haine ni violence, avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et humour, en n\u2019insultant personne. Saviez-vous que c\u2019est lui qui, le 19 mars 1976, a d\u00e9couvert les plans des cr\u00e9matoires d\u2019Auschwitz, des plans qu\u2019on nous cachait depuis 1945 ? Ce n\u2019est pas anodin, n\u2019est-ce pas, puisqu\u2019Auschwitz est cens\u00e9 \u00eatre au c\u0153ur de \u00ab la machinerie du meurtre de masse nazi \u00bb. \u00c9coutez et lisez tout ce qu\u2019on a dit de Faurisson &#8211; et ensuite passez-vous le documentaire que je vous propose ! La diff\u00e9rence vous sautera aux yeux ! Comme disait Nietzsche \u00e0 propos de Montaigne : \u00ab On est heureux \u00e0 la pens\u00e9e qu\u2019un tel homme a exist\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>R.G. : Vu que ton documentaire est un clair d\u00e9fi \u00e0 la loi Gayssot et \u00e0 ses d\u00e9fenseurs tous hauts plac\u00e9s dans le gouvernement fran\u00e7ais, penses-tu ces derniers capables d\u2019en entraver la diffusion ?<\/p>\n<p>Paul-\u00c9ric Blanrue : Ils sont capables de tout, mais l\u2019avenir seul dira ce qu\u2019ils en auront fait. Je ne risque jamais de proph\u00e9tie, mais je me tiens pr\u00eat \u00e0 tout, quoi qu\u2019il arrive. Je sais d\u2019avance que sur ce terrain rien ne me sera jamais pardonn\u00e9 par ceux qui ont tout \u00e0 perdre \u00e0 ce que des v\u00e9rit\u00e9s soient dites. Comme Lucien Guitry avait l\u2019habitude de dire \u00e0 son fils : \u00ab Foutons-nous de \u00e7a ! \u00bb<\/p>\n<p>R.G. : Comme le montre le documentaire, certains r\u00e9visionnistes ont \u00e9t\u00e9 victimes d\u2019agressions et il semblerait, selon les dires de Robert Faurisson, que la police ne montre pas trop de z\u00e8le \u00e0 appr\u00e9hender les coupables : avez-vous des craintes pour votre s\u00e9curit\u00e9, Robert et toi ?<\/p>\n<p>Paul-\u00c9ric Blanrue : Je n\u2019ai jamais v\u00e9cu dans la crainte et ce n\u2019est pas aujourd\u2019hui que \u00e7a va commencer. La crainte est de toute fa\u00e7on effac\u00e9e pr\u00e9alablement par le geste lui-m\u00eame. Un hadith dit : \u00ab Dieu n\u2019a rien cr\u00e9\u00e9 qu\u2019il aime mieux que l\u2019\u00e9mancipation des esclaves\u2026 \u00bb. Ce que j\u2019ai fait, c\u2019est pour que les gens s\u2019\u00e9mancipent du principe destructeur de la Matrix et se d\u00e9conditionnent des pens\u00e9es qui polluent leurs esprits. Je pense comme Evola que \u00ab seul un changement d\u2019attitude, seule une v\u00e9ritable metano\u00efa est le moyen efficace si l\u2019on veut concevoir l\u2019arr\u00eat de la pente \u00bb. En faisant don de ce document aux internautes (car je rappelle qu\u2019il est diffus\u00e9 gratuitement sur le net), je vis en paix avec moi-m\u00eame. Il m\u2019\u00e9tait impossible de vivre sans montrer ce que j\u2019avais vu et connu, quoi qu\u2019il m\u2019en co\u00fbte. J\u2019ai toujours pris au s\u00e9rieux les h\u00e9ros d\u2019Alexandre Dumas, de Cervant\u00e8s et de Walter Scott, ceux qui se consument avec la flamme qu\u2019ils ont au fond d\u2019eux-m\u00eames. J\u2019ai fait mienne la formule : \u00ab Se porter, non l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on se d\u00e9fend, mais l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on attaque. \u00bb Mon Excalibur, je ne l\u2019ai pas gagn\u00e9e dans un jeu vid\u00e9o en me battant contre une hydre virtuelle. Je me bats dans la vie concr\u00e8te contre de vrais salopards, pas dans l\u2019imaginaire, ni dans un roman \u00e9crit par un autre. Je peux me regarder dans un miroir sans baisser les yeux. Que r\u00eaver de mieux, en fin de compte ?<\/p>\n<p>R.G. : Un mot pour finir ?<\/p>\n<p>Paul-\u00c9ric Blanrue : Oui, celui de Nietzsche \u00e0 son amie, la wagn\u00e9rienne et f\u00e9ministe Malwida von Meysenbug, en date du 25 octobre 1874, qui correspond en tous points \u00e0 ce que j\u2019accomplis en ce moment : \u00ab Par chance je suis d\u00e9pourvu de toute ambition politique ou sociale, en sorte que je n\u2019ai \u00e0 craindre aucun danger de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, rien qui me retienne, rien qui me force \u00e0 des transactions et \u00e0 des m\u00e9nagements ; bref j\u2019ai le droit de dire tout haut ce que je pense, et je veux une bonne fois tenter l\u2019\u00e9preuve qui fera voir jusqu\u2019\u00e0 quel point nos semblables, si fiers de leur libert\u00e9 de pens\u00e9e, supportent de libres pens\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>R.G. : Merci d\u2019avoir r\u00e9pondu \u00e0 nos questions.<\/p>\n<p>(Un grand merci \u00e0 Salim Bouterfas, Louis Egoine de Large et Nejmeddine Bauche pour leur aide pr\u00e9cieuse)<\/p>\n<p>Rachid Guedjal pour Alg\u00e9rienetwork<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Questions \u00e0 Paul-\u00c9ric Blanrue, r\u00e9alisateur du documentaire \u00ab Un Homme \u00bb (Par Rachid Guedjal pour Alg\u00e9rienetwork) R.G. : Ton documentaire est ax\u00e9 sur une personne controvers\u00e9e : le professeur Robert Faurisson. Suscitant la pol\u00e9mique \u00e0 cause de ses positions qui d\u00e9fraient la chronique, il a \u00e9t\u00e9 diabolis\u00e9 pendant des d\u00e9cennies. 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