{"id":1615,"date":"2012-12-22T12:22:13","date_gmt":"2012-12-22T12:22:13","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/?p=1615"},"modified":"2012-12-22T12:22:13","modified_gmt":"2012-12-22T12:22:13","slug":"algerie-france-pourquoi-le-mot-repentance-fait-peur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/algerie-france-pourquoi-le-mot-repentance-fait-peur\/","title":{"rendered":"Alg\u00e9rie &#8211; France ; Pourquoi le mot repentance fait peur ?"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: center;\">Fran\u00e7ois Hollande chez Ahmed Ben Bella \u00e0 Alger en d\u00e9cembre 2010<\/h3>\n<h3>Hollande l&rsquo;Alg\u00e9rien<\/h3>\n<div>\n<p><em>Il conna\u00eet bien le pays, son peuple et la nomenklatura du FLN au pouvoir.\u00a0Son voyage et ses discours ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s tr\u00e8s soigneusement. Fran\u00e7ois Hollande voudrait \u00eatre le pr\u00e9sident de la r\u00e9conciliation entre la France et l&rsquo;Alg\u00e9rie. R\u00e9ussira-t-il l\u00e0 o\u00f9 tant d&rsquo;autres ont \u00e9chou\u00e9 ?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p><strong>C&rsquo;\u00e9tait il y a deux ans, sur le perron d&rsquo;une belle villa, \u00e0 Alger.<\/strong> Ahmed Ben Bella, premier pr\u00e9sident de la R\u00e9publique alg\u00e9rienne, raccompagne son h\u00f4te, Fran\u00e7ois Hollande, avec lequel il a devis\u00e9 pendant plus d&rsquo;une heure. Autour d&rsquo;une tasse de th\u00e9 et de p\u00e2tisseries au miel, le vieil homme de 94 ans lui a racont\u00e9 ses ann\u00e9es de prison en France et en Alg\u00e9rie, ses amours avec son infirmi\u00e8re et ses exploits de demi-d\u00e9fensif dans l&rsquo;\u00e9quipe professionnelle de l&rsquo;OM avant la r\u00e9volution. Son visiteur a ador\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En ce mois de d\u00e9cembre 2010, Ben Bella sait que Hollande n&rsquo;est encore qu&rsquo;un outsider dans la campagne de la primaire socialiste, loin derri\u00e8re DSK et Martine Aubry. Il sait aussi qu&rsquo;il est venu le voir, lui, la figure historique, l&rsquo;ami du Che et de Nelson Mandela, pour faire un coup m\u00e9diatique : attirer les journalistes qui s&rsquo;int\u00e9ressent encore peu \u00e0 sa candidature et s\u00e9duire l&rsquo;\u00e9lectorat franco -alg\u00e9rien, qui peut, un jour, faire la diff\u00e9rence. Alors, avant de prendre cong\u00e9, le chef r\u00e9volutionnaire, malicieux, glisse au candidat : \u00abRassurez-vous, monsieur Hollande, je porte toujours bonheur \u00e0 ceux qui viennent me rendre visite. \u00bb Il dit vrai : d\u00e8s son retour \u00e0 Paris, l&rsquo;outsider d\u00e9passe pour la premi\u00e8re fois Martine Aubry dans les intentions de vote des sympathisants socialistes.<\/p>\n<p>Deux ans plus tard, Ahmed Ben Bella a disparu (il est mort dix jours avant le premier tour de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle) et Fran\u00e7ois Hollande revient \u00e0 Alger les 19 et 20 d\u00e9cembre, pour une visite d\u2019Etat tr\u00e8s attendue.\u00a0Ce d\u00e9placement, qu&rsquo;il pr\u00e9pare avec beaucoup de soin, va-t-il une nouvelle fois, lui porter chance ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Depuis 1975, tous ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs ont cherch\u00e9<\/strong>, d\u00e8s le d\u00e9but de leur mandat, \u00e0 apaiser la relation entre la France et son ancienne colonie devenue le plus vaste Etat d&rsquo;Afrique et du monde arabe, l&rsquo;un des plus riches aussi. Mais tous, Mitterrand, Chirac et Sarkozy, ont termin\u00e9 leur pr\u00e9sidence en froid avec le pouvoir alg\u00e9rien. Fran\u00e7ois Hollande, que certains surnomment \u00ab l&rsquo;Alg\u00e9rien \u00bb du fait de ses voyages pr\u00e9c\u00e9dents dans la Ville blanche et de la pr\u00e9sence de plusieurs Franco-Alg\u00e9riens dans son entourage, peut-il conjurer cette mal\u00e9diction ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Avec l&rsquo;Alg\u00e9rie, il entretient un lien particulier<\/strong>. \u00abIl n&rsquo;a pas l\u00e0-bas d&rsquo;attaches personnelles, pas d&rsquo;amis, pas de famille\u00bb, dit l&rsquo;un de ses proches. Mais c&rsquo;est \u00e0 Alger que Fran\u00e7ois Hollande a commenc\u00e9 sa vie professionnelle. En 1978, le futur pr\u00e9sident vient d&rsquo;entrer \u00e0 l&rsquo;ENA et il a choisi de faire son stage de premi\u00e8re ann\u00e9e, de f\u00e9vrier \u00e0 septembre, \u00e0 l&rsquo;ambassade de France \u00e0 Alger. Pourquoi ce choix ? Ses proches \u00e9voquent la figure d&rsquo;un p\u00e8re, candidat malheureux \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection municipale \u00e0 Rouen, qui revendiquait haut et fort des sympathies pour l&rsquo;OAS. \u00abFran\u00e7ois s&rsquo;est toujours demand\u00e9 pourquoi son p\u00e8re \u00e9tait Alg\u00e9rie fran\u00e7aise, dit l&rsquo;un de ses amis. Il voulait se faire une id\u00e9e lui-m\u00eame, surplace. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>A-t-il trouv\u00e9 des r\u00e9ponses ?<\/strong> En tout cas, \u00e0 l&rsquo;ambassade de France, o\u00f9 il va habiter sur les hauteurs d&rsquo;Alger pendant huit mois, il est charg\u00e9, heureux hasard, d&rsquo;aller \u00e0 la rencontre des coop\u00e9rants fran\u00e7ais. Il seconde un jeune diplomate de carri\u00e8re, Hubert Colin de Verdi\u00e8re, qu&rsquo;il recroisera bien plus tard. Les deux hommes sillonnent le pays jusque dans les lieux les plus recul\u00e9s. \u00abIl en garde un excellent souvenir\u00bb, dit Kader Arif, ce fls de harki, n\u00e9 \u00e0 Alger, que Fran\u00e7ois Hollande nommera ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aux Anciens Combattants. Pendant son stage, le futur pr\u00e9sident d\u00e9couvre aussi \u00e0 quel point les Alg\u00e9riens suivent avec passion la vie politique fran\u00e7aise, qu&rsquo;ils aimeraient bien influencer. Un mois apr\u00e8s son arriv\u00e9e ont lieu les \u00e9lections l\u00e9gislatives de mars 1978. Le pouvoir alg\u00e9rien, qui d\u00e9teste Giscard, prend fait et cause pour la gauche. Quel est l&rsquo;impact en France de ces prises de position ? On ne sait. Mais Fran\u00e7ois Hollande comprend \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&rsquo;une carri\u00e8re politique nationale se joue, en partie, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il s&rsquo;en souvient vingt-huit ans plus tard, en juillet 2006. Il est premier secr\u00e9taire du PS et envisage de se pr\u00e9senter \u00e0 la primaire socialiste. \u00abAfin de rehausser son image, Fran\u00e7ois, qui se d\u00e9pla\u00e7ait peu, voulait faire un voyage \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, raconte son directeur de cabinet de l&rsquo;\u00e9poque, St\u00e9phane Le Foll, aujourd&rsquo;hui ministre de l&rsquo;Agriculture. Je lui ai propos\u00e9 de retourner \u00e0 Alger. Il a dit oui tout de suite. \u00bb Avec d&rsquo;autant plus de plaisir que l&rsquo;ambassadeur de France l\u00e0-bas n&rsquo;est autre que son copain de stage, Hubert Colin de Verdi\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ce voyage de 2006 marquera tous les participants.<\/strong> Outre Kader Arif, Fran\u00e7ois Hollande est accompagn\u00e9 de trois amis franco-alg\u00e9riens &#8211; un juif, un musulman et un chr\u00e9tien &#8211; qui viennent tous de Constantine : Benjamin Stora, le grand historien de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie avec lequel il a sympathis\u00e9, quelques ann\u00e9es auparavant, dans le club M\u00e9moire et Politique ; l&rsquo;ing\u00e9nieur Faouzi Lamdaoui, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 au sein du PS, qui deviendra son chef de cabinet pendant la derni\u00e8re campagne, puis conseiller \u00e0 l&rsquo;Elys\u00e9e ; et l&rsquo;incontournable Georges Morin, Monsieur Alg\u00e9rie au PS de 1986 \u00e0 1993, qui continue d&rsquo;entretenir un pr\u00e9cieux r\u00e9seau au sein du pouvoir alg\u00e9rien et dont Fran\u00e7ois Hollande, devenu pr\u00e9sident, sollicitera toujours les conseils.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avec son \u00abgang de Constantinois\u00bb, comme dit le truculent Morin, Fran\u00e7ois Hollande est re\u00e7u, le 8 juillet 2006, au palais El Mouradia par le pr\u00e9sident Bouteflika et l&rsquo;entretien dure trois heures. Pourquoi un tel accueil ? C&rsquo;est un pied de nez \u00e0 Jacques Chirac, dont la lune de miel avec l&rsquo;Alg\u00e9rie a tourn\u00e9 \u00e0 la guerre froide apr\u00e8s que la droite a fait voter, en f\u00e9vrier 2005, un article de loi \u00e9voquant un pr\u00e9tendu \u00abcaract\u00e8re positif de la colonisation\u00bb. Et puis, Fran\u00e7ois Hollande, premier patron du PS en visite \u00e0 Alger depuis seize ans, a accept\u00e9 de signer un accord de partenariat avec le FLN Une grande faveur pour ce parti tant d\u00e9cri\u00e9 et dont le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, Abdelaziz Belkhadem, est une \u00abbarbe FLN\u00bb, comme on dit, un islamiste. A la fin de la visite, Fran\u00e7ois Hollande fait deux d\u00e9clarations majeures. \u00abJe d\u00e9nonce le syst\u00e8me colonial\u00bb, d\u00e9clare-t-il solennellement. Et il se dit pr\u00eat \u00e0 \u00ab travailler \u00e0 un trait\u00e9 d&rsquo;amiti\u00e9\u00bb entre les deux pays, s&rsquo;il est \u00ab\u00e9lu en 2007 \u00bb. Un clin d &lsquo; oeil aux \u00ab3 millions de citoyens fran\u00e7ais [qui] puisent une part de leurs racines en Alg\u00e9rie\u00bb, comme il le d\u00e9clare au quotidien \u00ab El Watan \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Quatre ans plus tard, en d\u00e9cembre 2010, Fran\u00e7ois Hollande est de retour \u00e0 Alger<\/strong> pour la m\u00eame raison : la campagne pr\u00e9sidentielle. \u00abIl venait de d\u00e9passer S\u00e9gol\u00e8ne dans les sondages. C&rsquo;\u00e9tait le moment d&rsquo;installer une stature pr\u00e9sidentielle donc internationale, raconte St\u00e9phane Le Foll. Comme son chef de cabinet, Faouzi Lamdaoui, connaissait la fille de Ben Bella, on a organis\u00e9 un nouveau voyage l\u00e0-bas. \u00bb Une nouvelle fois, Fran\u00e7ois Hollande est invit\u00e9 par le FLN. \u00ab Nous voulions faire un geste, dit Si Afif, responsable international du bureau politique du Front de Lib\u00e9ration. Mais beaucoup n&rsquo;entendaient pas d\u00e9plaire \u00e0 Sarkozy &#8230;\u00bb Si bien que, cette fois-l\u00e0, Fran\u00e7ois Hollande n&rsquo;est pas re\u00e7u par Bouteflika ni m\u00eame par le Premier ministre. \u00abHeureusement qu&rsquo;on avait d\u00e9croch\u00e9 une rencontre avec Ben Bella !\u00bb, dit un proche. Autre bon souvenir de cette visite de 2010 : c&rsquo;est sur le parvis de Notre-Dame d&rsquo;Afrique, \u00e0 Alger, que Fran\u00e7ois Hollande parle, pour la premi\u00e8re fois, de pr\u00e9sidence \u00abnormale\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Malgr\u00e9 ce semi-\u00e9chec, le candidat socialiste persiste.<\/strong> Il repense \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie d\u00e8s le soir de sa victoire \u00e0 la primaire, le 16 octobre 2011. Le lendemain matin, il se rend sur le pont de Clichy o\u00f9 une c\u00e9r\u00e9monie est organis\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire des dizaines d&rsquo;Alg\u00e9riens jet\u00e9s dans la Seine cinquante ans plus t\u00f4t, le 17 octobre 1961. \u00abFran\u00e7ois ne voulait pas rater l&rsquo;occasion, raconte son ami l&rsquo;historien Benjamin Stora, qui \u00e9tait pr\u00e9sent. C&rsquo;\u00e9tait un geste politique fort, notamment pour un certain \u00e9lectorat, celui de la diversit\u00e9. \u00bb Plus tard, durant son affrontement avec Nicolas Sarkozy, le candidat de la gauche songe \u00e0 aller plus loin. \u00abIl souhaitait entreprendre quelque chose de marquant pour le 50e anniversaire de l&rsquo;ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne, raconte Dominique Villemot, un ami de la promotion Voltaire. Mais son \u00e9quipe de campagne l&rsquo;en a dissuad\u00e9. \u00bb Fran\u00e7ois Hollande se contente de rendre hommage \u00e0 Ben Bella apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de celui-ci, le 11 avril 2012. A la fin du communiqu\u00e9, le candidat socialiste \u00abforme le voeu que les peuples alg\u00e9rien et fran\u00e7ais puissent s&rsquo;engager dans une nouvelle \u00e8re de coop\u00e9ration \u00bb. En \u00e9cho, le patron du FLN, la \u00ab barbe \u00bb Belkhadem, affirme, \u00e0 la veille du second tour, que la victoire de Fran\u00e7ois Hollande \u00abchangera les relations\u00bb entre les deux pays. Un soutien clair et net.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La victoire de Fran\u00e7ois Hollande, le 6 mai, est un soulagement en Alg\u00e9rie<\/strong> o\u00f9, du fait de sa campagne droiti\u00e8re, \u00e0 la limite de l&rsquo;islamophobie, Nicolas Sarkozy \u00e9tait d\u00e9test\u00e9. \u00ab Ce soir-l\u00e0, \u00e0 20 heures, il y a eu une clameur de joie dans tout le pays, comme si l&rsquo;\u00e9quipe nationale avait marqu\u00e9 un but\u00bb, se souvient la vice-pr\u00e9sidente socialiste du S\u00e9nat, Bariza Khiari qui est franco-alg\u00e9rienne. L&rsquo;Alg\u00e9rie se prend \u00e0 r\u00eaver qu&rsquo;avec ce nouveau locataire de l&rsquo;Elys\u00e9e apparemment si bien dispos\u00e9 la relation entre les deux pays va \u00eatre radicalement transform\u00e9e.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s vite, le pr\u00e9sident \u00e9lu re\u00e7oit un coup de fil de son homologue alg\u00e9rien qui l&rsquo;avait snob\u00e9 dix-huit mois auparavant. Pas rancunier, Fran\u00e7ois Hollande propose \u00e0 Abdelaziz Bouteflika d&rsquo;envoyer une d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise de haut niveau aux c\u00e9r\u00e9monies du 50e anniversaire de l&rsquo;ind\u00e9pendance, le 5 juillet. Le pr\u00e9sident alg\u00e9rien refuse. Mais il l&rsquo;invite en visite d&rsquo;Etat, d\u00e8s que possible. Fran\u00e7ois Hollande d\u00e9cide de se rendre en Alg\u00e9rie avant d&rsquo;aller au Maroc, pourtant l&rsquo;alli\u00e9 principal de la France au Maghreb &#8211; une premi\u00e8re. Il demande \u00e0 son \u00e9quipe de pr\u00e9parer le d\u00e9placement avec le plus grand soin.<\/p>\n<p>Laurent Fabius est envoy\u00e9 en \u00e9claireur le 16 juillet. Avec son coll\u00e8gue des Affaires \u00e9trang\u00e8res, il dresse une liste compl\u00e8te des sujets de contentieux. Elle est longue. \u00abNous avons d\u00e9couvert que, depuis des ann\u00e9es, presque tous les dossiers \u00e9taient gel\u00e9s\u00bb, confie un responsable fran\u00e7ais. Si bien que, des questions consulaires aux grands contrats, \u00abon se met d&rsquo;accord pour tout mettre \u00e0 plat\u00bb. Il y a urgence : si rien n&rsquo;est entrepris, la France perdra bient\u00f4t son statut de premier partenaire \u00e9conomique de l&rsquo;Alg\u00e9rie, pays qui dispose de pr\u00e8s de 200 milliards de dollars de r\u00e9serves.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Une noria de ministres d\u00e9file \u00e0 Alger.<\/strong> Les \u00ab Alg\u00e9riens \u00bb du gouvernement d&rsquo;abord : Yamina Benguigui, en charge de la Francophonie, dont le p\u00e8re fut l&rsquo;un des responsables du Mouvement national, et Arnaud Montebourg, dont la m\u00e8re s&rsquo;appelle Le\u00efla Ould Cadi et qui se d\u00e9finit comme \u00abun enfant de la France-Alg\u00e9rie\u00bb ; mais aussi Manuel Valls et la ministre du Commerce ext\u00e9rieur, Nicole Bricq. Fran\u00e7ois Hollande d\u00e9p\u00eache \u00e9galement Jean-Pierre Rafarin, dont il a renouvel\u00e9 la mission \u00e9conomique aupr\u00e8s du gouvernement alg\u00e9rien que lui avait confi\u00e9 Nicolas Sarkozy.<\/p>\n<p>D\u00e9but octobre, le pr\u00e9sident rencontre lui-m\u00eame le Premier ministre alg\u00e9rien, Abdelmalek Sellal, \u00e0 Malte, en marge d&rsquo;une r\u00e9union sur la M\u00e9diterran\u00e9e. Les deux hommes parlent du nouveau sujet qui divise les deux pays : le Mali. L&rsquo;Alg\u00e9rie est oppos\u00e9e \u00e0 l&rsquo;intervention militaire qu&rsquo;a demand\u00e9e la France \u00e0 l&rsquo;ONU. Les points de vue se rapprochent, mais Paris soup\u00e7onne l&rsquo;arm\u00e9e alg\u00e9rienne de ne pas jouer franc-jeu sur ce dossier majeur. \u00abOn vous attend \u00e0 Alger, le couscous est pr\u00eat \u00bb, lance Abdelmalek Sellal \u00e0 Fran\u00e7ois Hollande \u00e0 la fin de leur rencontre. \u00abIl faut que je me d\u00e9p\u00eache, sinon il va refroidir\u00bb, lui r\u00e9pond le pr\u00e9sident fran\u00e7ais. Pourtant la visite, initialement pr\u00e9vue le 5 d\u00e9cembre, est repouss\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;euphorie du d\u00e9but pass\u00e9e, la m\u00e9fiance et les malentendus se dissipent lentement.<\/strong> Beaucoup de probl\u00e8mes demeurent. Du d\u00e9placement tant attendu ne sortira pas grand chose de concret, pas tout de suite en tout cas. Jean-Pierre Rafarin peine \u00e0 d\u00e9coincer certains grands contrats en souffrance depuis des ann\u00e9es. Seul l&rsquo;accord sur la cr\u00e9ation d&rsquo;une usine Renault pr\u00e8s d&rsquo;Oran pourrait \u00eatre sign\u00e9 lors de la visite. Les nombreux autres dossiers en suspens (visas, biens des Fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie, enfants de couples mixtes&#8230; ) seront trait\u00e9s par des commissions mixtes, plus tard. Et le \u00ab Document Cadre de Partenariat \u00bb que les deux pr\u00e9sidents vont parapher en grande pompe le 20 d\u00e9cembre n&rsquo;est, en r\u00e9alit\u00e9, que le renouvellement de celui sign\u00e9 par Nicolas Sarkozy en 2007. Seules v\u00e9ritables nouveaut\u00e9s : quelques accords entre universit\u00e9s fran\u00e7aises et alg\u00e9riennes et une convention agricole. On signera aussi une d\u00e9claration politique commune \u00e0 d\u00e9faut du trait\u00e9 d&rsquo;amiti\u00e9 envisag\u00e9 au d\u00e9but. Pas de bouleversement, donc. \u00abMalgr\u00e9 ce que certains ont pu croire, dit-on \u00e0 l&rsquo;Elys\u00e9e, le pr\u00e9sident n&rsquo;a jamais eu l&rsquo;intention de renverser la politique de la France vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Alg\u00e9rie. \u00bb A Rabat, on souffle.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"http:\/\/globe.blogs.nouvelobs.com\/media\/01\/02\/712246020.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"248\" \/><\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Hollande le 17 octobre 2011<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pour Fran\u00e7ois Hollande, l&rsquo;enjeu principal de la visite n&rsquo;est pas g\u00e9ostrat\u00e9gique<\/strong> ni m\u00eame \u00e9conomique. Il est m\u00e9moriel, donc politique. Il doit r\u00e9ussir son grand discours devant les deux Chambres du Parlement alg\u00e9rien. Il tentera l&rsquo;impossible : d\u00e9noncer le colonialisme sans heurter aucune communaut\u00e9. Pour pr\u00e9parer cette allocution majeure, il a organis\u00e9 un d\u00e9jeuner \u00e0 l&rsquo;Elys\u00e9e, le 30 novembre, avec plusieurs intellectuels sp\u00e9cialistes de l&rsquo;Alg\u00e9rie. \u00abLe plus dur, leur a-t-il dit, sera de m&rsquo;adresser avec des mots justes \u00e0 tous les publics en m\u00eame temps \u00bb : les combattants alg\u00e9riens mais aussi les appel\u00e9s du contingent, les harkis et les pieds-noirs. Une occasion rare de s&rsquo;affirmer comme le pr\u00e9sident de tous les Fran\u00e7ais, lui qui a \u00e9t\u00e9 le premier chef d&rsquo;Etat \u00e0 reconna\u00eetre \u00abla sanglante r\u00e9pression \u00bb du 17 octobre 1961.<\/p>\n<p><strong>Dans son adresse, il devrait aussi \u00e9voquer sa famille politique si divis\u00e9e<\/strong> pendant la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie &#8211; les deux gauches, \u00abcelle des pouvoirs sp\u00e9ciaux et celle des \u00abporteurs de valises\u00bb qui devraient peut-\u00eatre, un jour, se r\u00e9concilier\u00bb, dit Benjamin Stora. Apr\u00e8s le discours, le second pr\u00e9sident socialiste de la Ve R\u00e9publique ira se recueillir devant une plaque \u00e0 la m\u00e9moire de Maurice Audin, ce militant anticolonialiste assassin\u00e9 par les services fran\u00e7ais en 1957, quand Fran\u00e7ois Mitterrand \u00e9tait ministre de la Justice. Une premi\u00e8re historique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/globe.blogs.nouvelobs.com\/archive\/2012\/12\/18\/hollande-l-algerien.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Vincent Jauvert<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fran\u00e7ois Hollande chez Ahmed Ben Bella \u00e0 Alger en d\u00e9cembre 2010 Hollande l&rsquo;Alg\u00e9rien Il conna\u00eet bien le pays, son peuple et la nomenklatura du FLN au pouvoir.\u00a0Son voyage et ses discours ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s tr\u00e8s soigneusement. Fran\u00e7ois Hollande voudrait \u00eatre le pr\u00e9sident de la r\u00e9conciliation entre la France et l&rsquo;Alg\u00e9rie. 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