{"id":16393,"date":"2012-09-08T13:45:50","date_gmt":"2012-09-08T13:45:50","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/?p=578"},"modified":"2025-12-09T18:50:40","modified_gmt":"2025-12-09T18:50:40","slug":"7-lalgerie-de-bouteflika","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/7-lalgerie-de-bouteflika\/","title":{"rendered":"7. L&rsquo;Alg\u00e9rie de Bouteflika"},"content":{"rendered":"<p><strong><strong><strong>Ammar Koroghli <\/strong><\/strong><\/strong>*<br \/>\nApr\u00e8s avoir assum\u00e9 les fonctions de chef de l\u2019Etat de janvier 1994 \u00e0 avril 1999, Liamine Zeroual a d\u00e9cid\u00e9 de mettre fin \u00e0 ses fonctions. En ce sens, M\u2019Hammed Yazid, ancien ministre du GPRA a pu penser qu\u2019il faut \u201c\u00e9liminer\u201d du march\u00e9 politique les gens de sa g\u00e9n\u00e9ration : \u201cLe discours du pr\u00e9sident Zeroual est au fond une abdication de chef d\u2019Etat en faveur du coll\u00e8ge \u00e9lectoral alg\u00e9rien et d\u2019une d\u00e9claration d\u2019impuissance, de renonciation \u00e0 la magistrature supr\u00eame&#8230;\u201d (1). Il poursuit : \u201c L\u2019Etat est un Etat r\u00e9fugi\u00e9 dans le ghetto du Club des Pins\u201d (2).\u00a0 Apr\u00e8s avoir battu campagne, plusieurs candidats dont Taleb Ibrahimi, Hamrouche, A\u00eft Ahmed\u2026 ont exprim\u00e9 leurs craintes sur l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d\u2019avril 1999, avant de retirer leurs candidatures collectivement.<\/p>\n<p>Candidat unique, suite au retrait des autres candidats, Bouteflika fut officiellement \u00e9lu par pr\u00e8s de 70% des voix exprim\u00e9es; au cours de la c\u00e9r\u00e9monie de sa prestation de serment, il pronon\u00e7a une allocution de laquelle il r\u00e9sulte que : \u201cLe plein r\u00e9tablissement de la paix civile et l\u2019\u00e9limination de la violence dans les actes et dans les esprits sont les objectifs prioritaires de toute politique qui r\u00e9ponde aux voeux profonds de la nation\u201d (3). A cet \u00e9gard, il fit voter une loi sur la \u201cconcorde civile\u201d aux fins annonc\u00e9es de r\u00e9tablir la paix, aid\u00e9 en cela par une \u00e9quipe \u201cform\u00e9e de financiers et d\u2019\u00e9conomistes au fait des ph\u00e9nom\u00e8nes qui gouvernent le monde actuel, cette tro\u00efka est compos\u00e9e de Ben Bitour, Abdelatif Benachenhou et Hamid Temmar\u201d (&#8230;). A l\u2019int\u00e9rieur, figure Yazid Zerhouni&#8230; \u201cson ami de toujours\u201d (&#8230;). A l\u2019agriculture, Bouteflika a plac\u00e9 un ami \u00e0 lui, Sa\u00efd Barkat (&#8230;).\u00a0 A l\u2019hydraulique (Ressources en eau) figure Selim Sa\u00e2di (&#8230;). A l\u2019Energie &#8230;Chakib Khelil \u201d (4),<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Bouteflika n\u2019a eu de cesse, au cours de ses nombreuses interventions retransmises par la t\u00e9l\u00e9vision alg\u00e9rienne, d\u2019indiquer que les caisses de l\u2019Etat sont vides et que les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es sont la source des maux de l\u2019Alg\u00e9rie actuelle. Quoi qu\u2019il en soit, la presse alg\u00e9rienne a eu l\u2019occasion d\u2019apporter \u00e9galement sa critique; ainsi, Bouteflika serait \u201cun homme gagn\u00e9 par le doute et l\u2019incertitude et qui se cache derri\u00e8re de faux pr\u00e9textes\u201d; de m\u00eame : \u201cAujourd\u2019hui, tout le monde s\u2019accorde \u00e0 dire que le chef de l\u2019Etat parle beaucoup sans faire grand-chose (&#8230;) Il \u00e9voque la libert\u00e9 d\u2019expression et il ferme enti\u00e8rement les m\u00e9dias publics qu\u2019il assimile, sans aucune crainte, \u00e0 sa propre personne. Il s\u2019\u00e9tale, sans limites, sur la politique int\u00e9rieure avec ses d\u00e9tails \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du pays et il reproche aux Alg\u00e9riens de vouloir \u201cnuire \u00e0 leur pays\u201d \u00e0 partir des capitales \u00e9trang\u00e8res\u201d (5).<br \/>\n<strong><br \/>\nBailleurs de pouvoir et d\u00e9mocratie r\u00e9siduelle<br \/>\n<\/strong><br \/>\nIl para\u00eet \u00e9vident qu\u2019il existe en Alg\u00e9rie un d\u00e9ficit chronique en mati\u00e8re d\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs dans la mesure o\u00f9 on est en pr\u00e9sence d\u2019un pr\u00e9sidentialisme, sorte de technologie constitutionnelle artisanale de pays encore riv\u00e9s au sous-d\u00e9veloppement politique par la gr\u00e2ce d\u2019une g\u00e9rontocratie qui n\u2019a de grand qu\u2019une rh\u00e9torique d\u00e9mesur\u00e9e et une attitude arrogante dont le populisme est le moindre mal. La caract\u00e9ristique essentielle du syst\u00e8me politique alg\u00e9rien repose sur un d\u00e9s\u00e9quilibre institutionnel \u00e9tabli au profit du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, sans contrepoids r\u00e9el, \u00e0 savoir : un Parlement qui refl\u00e8te un pluralisme politique authentique, une Magistrature ind\u00e9pendante, une Presse libre et une Soci\u00e9t\u00e9 civile structur\u00e9e. Il y a l\u00e0 une d\u00e9viation et une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence du r\u00e9gime pr\u00e9sidentiel. Aussi, pour pr\u00e9venir des risques certains de l\u2019autoritarisme et de l\u2019arbitraire, les \u00e9l\u00e9ments sus \u00e9voqu\u00e9s constituent le meilleur rempart afin de temp\u00e9rer les abus d\u2019un Ex\u00e9cutif envahissant.<\/p>\n<p>La l\u00e9gislature encore en cours nous offre le spectacle \u00e9difiant de l\u2019absence de cette alternance. N\u2019\u00e9taient les interventions de certains parlementaires, la classe politique alg\u00e9rienne surprendrait par sa d\u00e9mobilisation. Davantage l\u2019Alg\u00e9rie politique -par moments aphone et quasi immobile- que la soci\u00e9t\u00e9 civile qui se retrouve d\u00e9sarm\u00e9e \u00e0 maints \u00e9gards. D\u00e8s lors, comment s\u2019\u00e9tonner des \u00e9meutes devenues cycliques, d\u2019autant que les r\u00e9gimes successifs depuis l\u2019ind\u00e9pendance ont laiss\u00e9 des secteurs vitaux pratiquement en friche : agriculture, \u00e9ducation, sant\u00e9, emploi et logement pour l\u2019essentiel ? A cet \u00e9gard, il vaut de noter que la technocratie -au service d\u2019une structure gouvernante qui se sert de l\u2019Arm\u00e9e- ne peut procurer de r\u00e9sultats s\u00e9rieux qui, pour \u00eatre mal en point, rec\u00e8le n\u00e9anmoins de potentialit\u00e9s r\u00e9elles, et surtout de femmes et d\u2019hommes de valeur. Il est vrai, toutefois, que du personnel administratif (de hauts fonctionnaires d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 des fonctions politiques) ne peut au mieux que g\u00e9rer des d\u00e9cisions prises en dehors des sph\u00e8res classiques du pouvoir.<\/p>\n<p>Il est vrai h\u00e9las que, par endroits, l\u2019Alg\u00e9rie offre le triste spectacle d\u2019un visage d\u00e9figur\u00e9 tant elle se r\u00e9v\u00e8le un v\u00e9ritable livre de sociologie \u00e0 ciel ouvert, voire un immense divan \u00e0 coeur ouvert\u00a0 car il est manifeste que, dans les villes r\u00e8gne une ambiance de sous-d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019oeil nu : d\u00e9soeuvrement manifeste des jeunes, transport urbain des plus sommaires, immeubles v\u00e9tustes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de constructions quasi-pharaoniques&#8230;\u00e0 faire pleurer les pierres ! Et pourtant, le \u00ab chahut de gamins \u00bb n\u2019a pas cess\u00e9 ; il a m\u00eame redoubl\u00e9 d\u2019intensit\u00e9. Ces \u00ab gamins \u00bb r\u00e9cidivent plusieurs ann\u00e9es, apr\u00e8s octobre 88. Peut-il en \u00eatre autrement d\u00e8s lors que l\u2019Alg\u00e9rie vit dans une atmosph\u00e8re de pessimisme flagrant ; l\u2019Etat semble \u00eatre le grand absent tant il appara\u00eet qu\u2019une \u00e9conomie -que d\u2019aucuns qualifient volontiers de bazar, rel\u00e9gu\u00e9e aux alentours des villes- cherche \u00e0 s\u2019installer durablement ; tout ce qui est bibelots et gadgets import\u00e9s y trouve refuge. Dans ces conditions, face \u00e0 une paup\u00e9risation forc\u00e9e de beaucoup de\u00a0 citoyens alg\u00e9riens, que valent les discours rassurants des gouvernants ?<\/p>\n<p><strong>Le pouvoir alg\u00e9rien depuis 1999 <\/strong><br \/>\nL\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d\u2019avril 1999 n\u2019a pas permis de consacrer des traditions politiques durables inspir\u00e9es de la d\u00e9mocratie en tant que nouveau concept soumis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des faits. Le quinquennat de 1999 \u00e0 2004 a \u00e9t\u00e9, pour l\u2019essentiel, consacr\u00e9 aux probl\u00e8mes de la s\u00e9curit\u00e9 du pays -dans le prolongement de la succession de Zeroual- davantage qu\u2019aux probl\u00e8mes d\u00e9coulant de la sph\u00e8re socio-\u00e9conomique : investissements pour le d\u00e9veloppement, mesures pour r\u00e9duire le ch\u00f4mage end\u00e9mique et l\u2019inflation galopante, desserrer s\u00e9rieusement l\u2019\u00e9tau de la spirale infernale de la dette ext\u00e9rieure, programmes hardis pour r\u00e9sorber au maximum les questions de l\u2019emploi et du logement\u2026 Depuis l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d\u2019avril 2004, le pr\u00e9sident Bouteflika pr\u00f4ne une politique dite de la r\u00e9conciliation nationale et annonce des r\u00e9formes \u00e9conomiques encadr\u00e9 par un Plan compl\u00e9mentaire de soutien \u00e0 la croissance (PCSC) dont le co\u00fbt avoisinerait les 55 milliards de dollars (environ 45,4 milliards d\u2019euros).<\/p>\n<p>Ce Plan qui propose de \u00ab relancer la croissance par la d\u00e9pense publique \u00bb devrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 gr\u00e2ce aux revenus provenant des hydrocarbures (donc pas de recours \u00e0 l\u2019emprunt). A cet \u00e9gard, il vaut de noter que le budget de l\u2019Etat a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli sur la base de 19 $ le baril (celui-ci atteignant jusqu\u2019\u00e0 60 $ et \u00e0 certaines p\u00e9riodes plus de 100 $) et que quelques vingt milliards de dollars \u00ab dorment \u00bb dans les caisses des banques publiques (sans doute plus). Les r\u00e9alisations vis\u00e9es par ce Plan devraient concerner notamment le logement (avec l\u2019objectif d\u00e9clar\u00e9 de 1 million de logements), le transport et les infrastructures (construction de l\u2019autoroute Est-ouest, m\u00e9tro d\u2019Alger et r\u00e9novation de 1200 kilom\u00e8tres de voies ferr\u00e9s).<\/p>\n<p>Cependant, certains \u00e9conomistes alg\u00e9riens \u00e9mettent des r\u00e9serves, voire des doutes quant \u00e0 cette ambition volontariste du pouvoir, l\u2019exp\u00e9rience alg\u00e9rienne des Plans triennaux, quadriennaux et quinquennaux est pourtant \u00e9difiante quant aux limites de plans de ce type; ainsi, M. Abdelatif Benchenhou -r\u00e9put\u00e9 proche de l\u2019actuel pr\u00e9sident de la R\u00e9publique- semble avoir fait les frais de son \u00ab opposition \u00bb \u00e0 cette vision toute pr\u00e9sidentielle en n\u2019\u00e9tant pas reconduit dans ses fonctions suite au dernier remaniement minist\u00e9riel. De m\u00eame, \u00e0 en croire, un autre \u00e9conomiste alg\u00e9rien, M. Mohamed Ch\u00e9rif Belmihoub : \u00ab On finance le statu quo au lieu de financer les r\u00e9formes \u00bb\u2026\u00a0 (Cf. Le Monde du 24.06.05). Il est vrai que le pays b\u00e9n\u00e9ficie de nouveau de conditions plus favorables qu\u2019auparavant en vue de r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes les plus flagrants. Ainsi, l\u2019Alg\u00e9rie dispose de recettes p\u00e9troli\u00e8res exceptionnelles\u00a0 (les r\u00e9serves de change sont \u00e9gales ou sup\u00e9rieures \u00e0 plus de cent milliards de dollars avec des liquidit\u00e9s dans les banques estim\u00e9es \u00e0 quelques milliards de dollars avec 95% des avoirs et des pr\u00eats bancaires les \u00e9tablissements publics). Et l\u2019avenir dira quelle aura \u00e9t\u00e9 l\u2019efficacit\u00e9 de cet \u00e9ni\u00e8me plan et l\u2019utilisation de ces ressources exceptionnelles.<\/p>\n<p>Dans cet intervalle, que d\u2019affaires sapant s\u00e9rieusement la confiance entre le pouvoir et la population ! Celles de l\u2019ex-wali de Blida qui serait impliqu\u00e9 dans des affaires de corruption, de trafic d\u2019influence, de d\u00e9tournement et dilapidation de biens publics, de faux et usage de faux ; celle des scandales financiers dont l\u2019affaire Khalifa est la plus embl\u00e9matique ; celle de la Banque Commerciale et Industrielle d\u2019Alg\u00e9rie (BCIA) dont le co\u00fbt pour le Tr\u00e9sor public est estim\u00e9 \u00e0 132 milliards de dinars (soit 1,7 milliard de dollar) ; celle de Sonatrach, manne des recettes du pays dont profite la \u00ab mafia politico-financi\u00e8re \u00bb\u2026 Ce qui n\u00e9cessite, entre autres, des r\u00e9formes du syst\u00e8me bancaire par l\u2019adaptation des banques publiques aux normes internationales. Ce, sans que le citoyen ne soit convenablement inform\u00e9 sur les tenants et aboutissants de l\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019accord d\u2019association avec l\u2019Union europ\u00e9enne et de l\u2019adh\u00e9sion de l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l\u2019Organisation mondiale du commerce. Et sans oublier que le code de la famille datant de 1984 n\u2019a \u00e9t\u00e9 que timidement revu courant f\u00e9vrier 2005.<br \/>\nQue faire ?<\/p>\n<p>Nous avons vu que depuis son accession \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019Alg\u00e9rie vit dans le cadre d\u2019un syst\u00e8me politique domin\u00e9 par l\u2019institution de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique avec la direction de l\u2019arm\u00e9e comme alli\u00e9e principale et une pens\u00e9e unique impos\u00e9e jusqu\u2019au 5 octobre 1988 (actuellement, il s\u2019agit d\u2019un syst\u00e8me de parti dominant qualifi\u00e9 d\u2019\u00ab alliance pr\u00e9sidentielle \u00bb ; la quasi absence de l\u2019opposition sur la sc\u00e8ne confirme le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique). Aussi, pour s\u2019engager dans la voie de la r\u00e9forme du syst\u00e8me politique rendue n\u00e9cessaire par les modifications intervenues notamment depuis cette date, une r\u00e9vision constitutionnelle devrait pouvoir \u00eatre op\u00e9r\u00e9e \u00e0 la fois pour redessiner le profil des institutions politiques alg\u00e9riennes et red\u00e9finir les pr\u00e9rogatives de celles-ci en vue d\u2019asseoir un \u00e9quilibre des pouvoirs.<\/p>\n<p>De la Constitution de 1963 (monocratisme partisan) \u00e0 celle de 1989 (reconnaissance du multipartisme), en passant par le texte fondamental de 1976 (tendance au pr\u00e9sidentialisme) et la r\u00e9vision constitutionnelle de 1995 (sans modification notable), les pr\u00e9rogatives d\u00e9volues \u00e0 la fonction pr\u00e9sidentielle se r\u00e9v\u00e8lent exorbitantes face \u00e0 celles reconnues aux autres institutions (notamment aux pouvoirs l\u00e9gislatif et judiciaire) qui apparaissent comme les parents pauvres de la r\u00e9partition du pouvoir d\u2019Etat entre les principaux acteurs politiques. Dans ces conditions et pour mettre en \u0153uvre un contr\u00f4le \u00e0 d\u00e9finir quant \u00e0 sa nature et son \u00e9tendue (ainsi que les acteurs qui devraient l\u2019assumer), force est de pr\u00e9coniser un \u00e9quilibre des pouvoirs \u00e0 travers les missions de la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique qui peuvent appara\u00eetre d\u00e9mesur\u00e9es, sous peine de s\u2019enfermer dans un sch\u00e9ma d\u2019autoritarisme caract\u00e9ris\u00e9 et de m\u00e9pris affich\u00e9 \u00e0 l\u2019endroit des autres institutions et du personnel politique, judiciaire et administratif ; ce d\u2019autant plus qu\u2019il y a irresponsabilit\u00e9 politique du chef de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Ainsi, il y aura lieu de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019institutionnalisation d\u2019un r\u00e9el contre-pouvoir au sein de l\u2019Etat pour permettre une \u00e9mulation institutionnelle synonyme d\u2019une bonne sant\u00e9 de la gestion du pouvoir (d\u2019aucuns diraient gouvernance) et de saines d\u00e9cisions d\u00e9mocratiques. A c\u00f4t\u00e9 des pouvoirs classiques (Ex\u00e9cutif, L\u00e9gislatif, Judiciaire), doivent coexister d\u2019autres institutions et organisations -outre les partis politiques- de nature \u00e0 infl\u00e9chir toute d\u00e9cision \u00e0 m\u00eame d\u2019engager le pays dans l\u2019immobilisme parlementaire, la dictature pr\u00e9sidentielle ou le gouvernement des juges; ainsi, des organisations non gouvernementales g\u00e9r\u00e9es par des personnalit\u00e9s issues de la soci\u00e9t\u00e9 civile relativement \u00e0 la veille quant aux droits de l\u2019homme, la construction de l\u2019Etat de droit, la libert\u00e9 d\u2019expression (presse et culture)\u2026<\/p>\n<p>Le Premier ministre (souvent d\u00e9sign\u00e9 selon des crit\u00e8res de connivence politique, voire par compromis) semble \u00eatre davantage un grand commis de l\u2019Etat charg\u00e9 d\u2019une mission par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique qu\u2019un homme d\u2019Etat dot\u00e9 de pr\u00e9rogatives autonomes. Ainsi, l\u2019autorit\u00e9 dont il peut b\u00e9n\u00e9ficier aupr\u00e8s des minist\u00e8res techniques s\u2019estompe s\u00e9rieusement face aux minist\u00e8res dits de souverainet\u00e9, notamment ceux des Affaires \u00e9trang\u00e8res, de l\u2019Int\u00e9rieur, de la Justice, ainsi que de l\u2019Economie (qui repose encore pour l\u2019essentiel sur les hydrocarbures et sur une bureaucratie renti\u00e8re). Les titulaires de ces D\u00e9partements minist\u00e9riels sont souvent des hommes liges du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique qu\u2019il nomme pour leur all\u00e9geance \u00e0 sa personne en vue d\u2019appliquer sa politique, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que le Minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale continue d\u2019\u00eatre constitutionnellement aux mains de ce m\u00eame Pr\u00e9sident, par ailleurs Chef des Forces arm\u00e9es. Et il reste \u00e9vident que le Premier Ministre ne peut avoir aucune esp\u00e8ce d\u2019autorit\u00e9 sur ce Minist\u00e8re dont le patron est aussi le sien.<\/p>\n<p>En la mati\u00e8re, la r\u00e9forme serait d\u2019op\u00e9rer une r\u00e9flexion sur l\u2019institution du Premier minist\u00e8re car force est de constater la pr\u00e9sence soutenue du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique lors des Conseils des ministres en vue d\u2019asseoir des d\u00e9cisions d\u2019ob\u00e9dience nationale; d\u2019o\u00f9 sans doute l\u2019inutilit\u00e9 de cette institution que l\u2019on peut juger inefficace et de peu de l\u00e9gitimit\u00e9 surtout, d\u00e8s lors qu\u2019il est loisible d\u2019observer que les titulaires de ce poste ne sont pas forc\u00e9ment issues d\u2019un parti majoritaire au sein du Parlement alors que le Premier ministre devrait \u00eatre le chef du groupe parlementaire le plus repr\u00e9sent\u00e9 au sein de cette institution (dans le cadre du r\u00e9gime parlementaire, en tout cas). Mais, quoi qu\u2019il en soit, en qualit\u00e9 d\u2019expression de la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique, le Parlement doit pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier de pr\u00e9rogatives \u00e0 m\u00eame de lui permettre de contr\u00f4ler de fa\u00e7on efficiente la politique du gouvernement ; ce, d\u2019autant plus que la recherche d\u2019une majorit\u00e9 parlementaire demeure un \u00e9l\u00e9ment structurant de la vie politique.<\/p>\n<p><strong>En attendant 2014<\/strong><\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, dispara\u00eetra la situation quasi-ubuesque qui dure depuis de nombreuses ann\u00e9es, \u00e0 savoir la pr\u00e9sence du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique qui si\u00e8ge \u00e8s qualit\u00e9 au Conseil du Gouvernement mais \u00e9galement en qualit\u00e9 de Ministre de la D\u00e9fense (en effet, on imagine mal comment le Premier Ministre puisse avoir une quelconque autorit\u00e9 sur le Ministre de la D\u00e9fense) ; confier ce portefeuille minist\u00e9riel \u00e0 une personnalit\u00e9 civile r\u00e9soudrait \u00e9galement cette situation puisque l\u2019institution de l\u2019Arm\u00e9e se professionnalise. De ce fait \u00e9galement, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique devrait pouvoir \u00eatre plus en rapport avec le Parlement \u00e0 m\u00eame de contr\u00f4ler sa politique ; ce, car le Parlement est \u00e9galement d\u00e9tenteur de la souverainet\u00e9 populaire.<\/p>\n<p>Par ailleurs, il est l\u00e9gitime de s\u2019interroger sur le bicam\u00e9ralisme pour lequel a opt\u00e9 le constitutionnalisme alg\u00e9rien ; en effet, quels seraient les tenants et aboutissants de l\u2019institution du S\u00e9nat (Conseil de la Nation) dont le tiers dit \u00ab pr\u00e9sidentiel \u00bb est d\u00e9sign\u00e9 par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ? En effet, d\u00e8s lors que les diff\u00e9rentes tendances politiques, couches sociales ou cat\u00e9gories socio-\u00e9conomiques, r\u00e9gions du pays, \u00e2ges et sexes, sont s\u00e9rieusement repr\u00e9sent\u00e9es au sein de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, il me semble l\u00e9gitime de s\u2019interroger sur l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019institution d\u2019une seconde chambre. Dans ces conditions, le monocam\u00e9risme devrait pouvoir suffire aux besoins du parlementarisme alg\u00e9rien qu\u2019il serait inutile de doper par l\u2019\u00e9lection d\u2019une chambre qui alourdit de toutes fa\u00e7ons le fonctionnement normal du syst\u00e8me politique pour une meilleure lisibilit\u00e9 et transparence de la vie politique du pays. A cet \u00e9gard, des Parlements r\u00e9gionaux seraient \u00e0 m\u00eame de palier l\u2019absence d\u2019une seconde chambre.<\/p>\n<p>De m\u00eame, l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019a pas cru devoir explorer la donne de la r\u00e9gionalisation en tant que forme organisationnelle interm\u00e9diaire entre l\u2019Etat et les Collectivit\u00e9s locales \u00e0 m\u00eame de permettre une d\u00e9centralisation et une d\u00e9concentration de certaines pr\u00e9rogatives dites de puissance publique entre les mains des repr\u00e9sentants r\u00e9gionaux afin d\u2019all\u00e9ger l\u2019Etat -en sa ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre de la politique de la nation- de certaines taches davantage techniques que politiques. Il y a donc lieu de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mise en place, dans un premier temps \u00e0 titre exp\u00e9rimental, de R\u00e9gions avec Assembl\u00e9e r\u00e9gionale \u00e9lue d\u2019o\u00f9 pourrait \u00eatre d\u00e9sign\u00e9e l\u2019\u00e9lite appel\u00e9e \u00e0 gouverner cette nouvelle entit\u00e9 politico administrative. C\u2019est sans doute l\u00e0 une r\u00e9forme d\u2019Etat d\u2019avenir.<\/p>\n<p>S\u2019agissant de l\u2019Arm\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 m\u00eal\u00e9e \u00e0 la vie politique pour permettre \u00e0 certaines personnalit\u00e9s nationales d\u2019acc\u00e9der au pouvoir ; ainsi, le 19 juin 1965, Boumediene \u00e8s qualit\u00e9 de Ministre de la D\u00e9fense a pu sans coup f\u00e9rir prendre le pouvoir. Depuis, l\u2019institution de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 travers sa haute hi\u00e9rarchie a \u00e9t\u00e9 davantage encore m\u00eal\u00e9e \u00e0 la politique du pays; ce qui explique sans doute que, depuis cette date, tous les Pr\u00e9sidents de la R\u00e9publique ont \u00e0 leurs corps d\u00e9fendant gard\u00e9 le portefeuille de la D\u00e9fense nationale. Il est manifeste que ce Minist\u00e8re se r\u00e9v\u00e8le d\u2019une importance capitale pour qui veut dominer l\u2019\u00e9chiquier politique, longtemps assujetti \u00e0 la pens\u00e9e unique. A ce jour, c\u2019est toujours le cas m\u00eame si les tenants du pouvoir (depuis notamment l\u2019arr\u00eat du processus \u00e9lectoral de 1991) se proposent de r\u00e9am\u00e9nager cette institution afin d\u2019en faire un corps de professionnels. Elle demeure, en tout cas, une institution incontournable dans la vie politique et constitutionnelle alg\u00e9rienne. La r\u00e9forme devrait consister en une professionnalisation en sorte que cette institution, n\u00e9cessaire \u00e0 la d\u00e9fense nationale, puisse se consacrer avec sa haute hi\u00e9rarchie \u00e0 cette tache d\u00e9volue au demeurant par le texte fondamental du pays.<\/p>\n<p>Concernant les partis politique, force est d\u2019observer que le FLN, longtemps parti au pouvoir, n\u2019a pas r\u00e9ussi sa reconversion tant attendue du fait de la permanence des donn\u00e9es de base du syst\u00e8me politique en vogue depuis l\u2019ind\u00e9pendance ; en r\u00e9alit\u00e9, il y a eu primaut\u00e9 de fait de la Direction de l\u2019Arm\u00e9e sur celle civile et partisane du FLN promu en parti unique de pouvoir que les uns et les autres continuent de se disputer \u00e0 ce jour. En dehors des partis nombreux qui ont \u00e9t\u00e9 contraints de s\u2019effacer de la sc\u00e8ne car ne pouvant s\u2019imposer sur l\u2019\u00e9chiquier politique, les seuls partis qui demeurent sont ceux qui repr\u00e9sentent la tendance dite nationaliste se r\u00e9clamant de constantes nationales (arabit\u00e9, amazighit\u00e9, islam) dont celle mise sur pied par les tenants du pouvoir apr\u00e8s que feu Boudiaf ait pr\u00f4n\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un parti politique national et d\u00e9mocratique au service de la R\u00e9publique alg\u00e9rienne et la tendance dite islamiste -en tout cas se r\u00e9clamant du seul Islam comme base id\u00e9ologique- tol\u00e9r\u00e9e par le pouvoir car jug\u00e9e mod\u00e9r\u00e9e et s\u2019int\u00e9grant dans le jeu politique en si\u00e9geant au Parlement et au Gouvernement).<\/p>\n<p>Compte tenu de l\u2019orientation \u00e0 insuffler au syst\u00e8me politique, la r\u00e9forme en la mati\u00e8re serait une solution qui pourrait aboutir soit \u00e0 un bipartisme (selon un sch\u00e9ma classique : parlementaire comme c\u2019est le cas de la Grande Bretagne avec les conservateurs et les travaillistes ou\u00a0 pr\u00e9sidentiel avec les r\u00e9publicains et les d\u00e9mocrates comme c\u2019est le cas aux Etats-Unis) ou \u00e0 un multipartisme (selon un autre sch\u00e9ma : r\u00e9gime qualifi\u00e9 de semi parlementaire ou semi-pr\u00e9sidentiel, je dirais pr\u00e9sidentialiste car l\u2019essentiel du pouvoir demeure aux mains du seul Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique dont le Premier ministre appara\u00eet souvent comme un tampon entre lui et les autres institutions dont principalement le Parlement et comme un fusible pratique lors de m\u00e9contentements r\u00e9it\u00e9r\u00e9s de la population) ; ce qui laisse d\u2019ailleurs \u00e0 penser qu\u2019on est loin d\u2019aboutir \u00e0 une R\u00e9publique des partis.<\/p>\n<p>Au total, pour r\u00e9pondre s\u00e9rieusement aux dol\u00e9ances des Alg\u00e9riens, il y lieu d\u2019\u00e9viter la g\u00e9rontocratie gouvernante \u00e0 m\u00eame d\u2019aboutir \u00e0 une scl\u00e9rose du syst\u00e8me politique alg\u00e9rien, force est de chercher des solutions aux questions suivantes : comment r\u00e9concilier les Alg\u00e9riens avec les imp\u00e9ratifs de d\u00e9veloppement politique (la d\u00e9mocratie), le d\u00e9veloppement \u00e9conomique (impulser une politique efficace de l\u2019investissement et rentabiliser le parc industriel existant, dans le cadre d\u2019une \u00e9conomie forte et sociale de march\u00e9), le d\u00e9veloppement social (l\u2019\u00e9mancipation des travailleurs avec la mise en place d\u2019une nouvelle l\u00e9gislation sociale), le d\u00e9veloppement culturel (renouveau linguistique et remise \u00e0 flots des cr\u00e9ateurs dans l\u2019ensemble des domaines artistiques) et la justice sociale con\u00e7ue comme pierre d\u2019angle de tout projet coh\u00e9rent dont la l\u00e9gitimit\u00e9 doit reposer sur la capacit\u00e9 du gouvernement \u00e0 r\u00e9gler les probl\u00e8mes des citoyens qui n\u2019ont lus que les \u00e9meutes comme moyen de se faire entendre. Que nous r\u00e9serve 2014 ?\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 (Fin)<\/p>\n<p>* Avocat-auteur Alg\u00e9rien (notamment de : \u00ab Institutions politiques et d\u00e9veloppement en Alg\u00e9rie \u00bb)<br \/>\nhttp:\/\/koroghli.free.fr<br \/>\nNotes :<br \/>\n1\/ \u201cLe Matin\u201d du 23\/11\/98 ;\u00a0 2\/ Idem ; 3\/ \u201cEl Watan\u201d du 28\/04\/99 ; 4\/ \u201cEl Watan\u201d du 26\/12\/99 ;<br \/>\n5\/ \u201cEl Watan\u201d du 05\/07\/2000.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ammar Koroghli Algerienetwork<\/strong><\/p>\n<p><strong><strong>\u00a0<\/strong><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ammar Koroghli * Apr\u00e8s avoir assum\u00e9 les fonctions de chef de l\u2019Etat de janvier 1994 \u00e0 avril 1999, Liamine Zeroual a d\u00e9cid\u00e9 de mettre fin \u00e0 ses fonctions. En ce sens, M\u2019Hammed Yazid, ancien ministre du GPRA a pu penser qu\u2019il faut \u201c\u00e9liminer\u201d du march\u00e9 politique les gens de sa g\u00e9n\u00e9ration : \u201cLe discours du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":18824,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"tdm_status":"","tdm_grid_status":"","footnotes":""},"categories":[814],"tags":[],"class_list":{"0":"post-16393","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-presidents-algeriens-depuis-1962"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16393","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16393"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16393\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18825,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16393\/revisions\/18825"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18824"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16393"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16393"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16393"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}