{"id":1844,"date":"2014-02-09T13:57:06","date_gmt":"2014-02-09T13:57:06","guid":{"rendered":"http:\/\/maghrebnetwork.com\/?p=1844"},"modified":"2025-12-09T18:19:25","modified_gmt":"2025-12-09T18:19:25","slug":"sahel-une-geopolitique-de-linvisible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/sahel-une-geopolitique-de-linvisible\/","title":{"rendered":"Sahel : une g\u00e9opolitique de l\u2019invisible !"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>Malgr\u00e9 sa pauvret\u00e9 manifeste, le Sahel s\u2019\u00e9rige aujourd\u2019hui en hub \u00e9nerg\u00e9tique mondial, de plus en plus convoit\u00e9 par les grandes puissances. Zone charni\u00e8re entre l\u2019Afrique subsaharienne et la M\u00e9diterran\u00e9e, avec ses 80 millions d\u2019habitants, ce vaste territoire de plus de 9 millions de km\u00b2, difficilement contr\u00f4lable, est devenu un sanctuaire d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. \u00c9cologiquement et \u00e9conomiquement d\u00e9labr\u00e9 et laiss\u00e9 pour compte, l\u2019immensit\u00e9 du Sahel constitue un v\u00e9ritable Eldorado pour abriter les nouveaux terrorismes franchis\u00e9s d\u2019Al-Qa\u00efda et des activit\u00e9s illicites et criminelles de tous bords.<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Au sein des pays du Sahel, la position g\u00e9opolitique et g\u00e9ostrat\u00e9gique de la Mauritanie est d\u2019autant plus cruciale que p\u00e9rilleuse. Longtemps consid\u00e9r\u00e9e comme trait d\u2019union entre l\u2019Afrique occidentale et le Maghreb, la Mauritanie reste fortement tributaire des \u00e9carts disproportionn\u00e9s entre\u00a0la g\u00e9ographie de son histoire et l\u2019histoire de sa g\u00e9ographie.\u00a0\u00c9tant le plus grand portail du Sahel sur l\u2019Atlantique avec ses 754 km de c\u00f4tes, sa superficie surdimensionn\u00e9e de plus d\u2019un million de km\u00b2, ses reliefs difficiles et accident\u00e9s, ses labyrinthes sahariens \u00e0 faible densit\u00e9 humaine, la Mauritanie est par excellence le pays le plus fragile et le moins contr\u00f4lable de la r\u00e9gion.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Pourtant, la Mauritanie officielle, au lendemain d\u2019une longue et tumultueuse p\u00e9riode d\u2019exception, ne se r\u00e9signe\u00a0pas \u00e0 faire la politique de ses moyens, quandbien m\u00eame elle n\u2019a pas les moyens de sa politique. In\u00e9vitablement, elle devient de plus en plus confront\u00e9e, eu \u00e9gard \u00e0 sa fragilit\u00e9 structurelle et conjoncturelle, aux menaces d\u2019ins\u00e9curit\u00e9s tous azimuts.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Dans ce contexte particuli\u00e8rement incertain, l\u2019ampleur des menaces au Sahel, la n\u00e9cessit\u00e9 de faire une lecture habile de la donne internationale brouill\u00e9e et le bon sens de voisinage strat\u00e9gique, appellent les diff\u00e9rents acteurs de la r\u00e9gion \u00e0 collaborer autrement. Afin de briser le cycle de la violence et \u00e9viter l\u2019enracinement de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au Sahel, des actions atypiques, concert\u00e9es, minutieusement pr\u00e9par\u00e9es et ex\u00e9cut\u00e9es sont indispensables. L\u2019instauration de nouveaux termes d\u2019\u00e9change en mati\u00e8re de communication, de diplomatie, de coop\u00e9ration, de circulation des informations et des renseignements devient incontournable. Seule une perception partag\u00e9e des int\u00e9r\u00eats et des menaces en commun, permettraient ded\u00e9passer des strat\u00e9gies,\u00a0jusqu\u2019ici, circonscrites, qui se neutralisent ou se disputent, afin de pouvoir coordonner les efforts et m\u00e9nager les moyens de lutte contre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Avec l\u2019\u00e9mergence de la s\u00e9curit\u00e9 humaine au sens \u00e9largi du terme, une certaine vision \u00e9troite de la notion de s\u00e9curit\u00e9 a substantiellement chang\u00e9. L\u2019exigence de s\u00e9curit\u00e9 ne renvoi plus exclusivement \u00e0 la protection de l\u2019\u00c9tat, de ses symboles, de ses personnages et de sa souverainet\u00e9 territoriale. Toutefois, l\u2019obligation d\u2019y int\u00e9grer convenablement la s\u00e9curit\u00e9 humaine passe n\u00e9cessairement par une profonde reforme du secteur de s\u00e9curit\u00e9. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un imp\u00e9ratif pour assurer notamment, la protection des personnes et des populations qui ont besoin d\u2019\u00eatre mises \u00e0 l\u2019abri de la peur, de la maladie et des autres menaces physiques, morales ou politiques. Autant cette promesse constituerait une planche de secours pour un Sahel inachev\u00e9, elle demeure un d\u00e9fi majeur \u00e0 relever par tous les acteurs de la r\u00e9gion.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Les puzzles de la Seib\u00e2<\/div>\n<div>La terminologie du Sahel est profus\u00e9ment contrast\u00e9e. Mot arabe qui signifie litt\u00e9ralement rivage, le Sahel d\u00e9signe aujourd\u2019hui exactement le contraire de son sens d&rsquo;origine. A priori, le Sahel serait l\u00e0 o\u00f9 la r\u00e9gularit\u00e9 des conditions de l&rsquo;\u00e9cologie et du climat rend \u00e0 nouveau la vie possible apr\u00e8s le franchissement particuli\u00e8rement p\u00e9nible de l\u2019immense d\u00e9sert saharien. De nos jours, le Sahel est antinomique de sa propre signification.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>D\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale, les g\u00e9ographes arabes distinguaient, en se r\u00e9f\u00e9rant aux grands empires sah\u00e9liens, entre deux notions,\u00a0celle de \u00ab\u00a0Bilad es Seib\u00e2\u00a0\u00bb ou pays de la dissidence et celle de \u00ab\u00a0Bilad es Silm\u00a0\u00bb ou pays de la paix. Entre ces deux rep\u00e8res g\u00e9ographiques, il y a eu toujours des espaces d\u2019ind\u00e9cision socio-politiques et militaires. Historiquement, la plus grande partie du territoire du Sahel se composait de zones grises qui s\u2019\u00e9tendent sur plusieurs milliers de kilom\u00e8tres. Il s\u2019agit d\u2019un espace mouvant o\u00f9 des puzzles de terroirs, pratiquement incernables et ind\u00e9cis, oscillaient selon les dispositions des rapports de forces conjoncturels, entre les diff\u00e9rents centres de d\u00e9cision politico-militaires, plus ou moins stables et s\u00e9dentaris\u00e9s situ\u00e9s sur les confins de cette r\u00e9gion.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Les modes op\u00e9ratoires de gestion de l\u2019espace sah\u00e9lien n\u2019avaient pas connu de changements v\u00e9ritables depuis des si\u00e8cles. Les anciennes revendications territoriales, commerciales ou culturelles, notamment pour l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau, \u00e0 la terre et aux ressources naturelles, s\u2019imbriquent de nos jours, avec les nouvelles difficult\u00e9s g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la mondialisation des flux d\u2019\u00e9changes plan\u00e9taires. Les modes traditionnels d\u2019exercice du pouvoir sur ces espaces charni\u00e8res, sous-administr\u00e9s et sous-d\u00e9fendus de tous les temps, se faisaient \u00e0 travers des droits de passage, de protection et d\u2019usufruits r\u00e9clam\u00e9s par les riverains. Affaiblis, voire neutralis\u00e9s par la nouvelle notion de fronti\u00e8res, introduite par la colonisation, ces modalit\u00e9s s\u2019av\u00e8rent aujourd\u2019hui profitables \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration et \u00e0 la prolif\u00e9ration des groupes criminels avec autant de risques d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et de conflits dans cette r\u00e9gion.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>En effet\u00a0, ce fameux territoire du Sahel, vuln\u00e9rable du fait m\u00eame de sa g\u00e9opolitique saharienne propice \u00e0 la dilution des fronti\u00e8res et \u00e0 la mobilit\u00e9 des personnes, des montures et des \u00e9quipements, a \u00e9t\u00e9 historiquement le th\u00e9\u00e2tre \u00e9lud\u00e9 de nombreux flux ambulants\u00a0: humains, marchands, financiers, culturels, religieux et militaire. Nonobstant, le champ sah\u00e9lien n\u2019ob\u00e9it pas \u00e0 un syst\u00e8me de forces homog\u00e8nes. Il reste incapable de s\u2019autor\u00e9guler, de parvenir \u00e0 une certaine stabilit\u00e9 autour d\u2019un ultime point d\u2019\u00e9quilibre. Les altercations au Sahel \u00e9voquent les dissonances d\u2019un orchestre sans chef.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Dans cette vaste r\u00e9gion d\u00e9brid\u00e9e, allant de l&rsquo;Atlantique \u00e0 la Somalie et de la M\u00e9diterran\u00e9e au Golfe de Guin\u00e9e, l&rsquo;\u00e9valuation des enjeux de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 travers le prisme des flux d\u00e9voile les parcours transsahariens qui, loin d&rsquo;\u00eatre des terroirs herm\u00e9tiques et compartiment\u00e9s, se chevauchent et se recoupent pour cr\u00e9er une multitude d\u2019\u00e9quations g\u00e9opolitiques intangibles. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une zone dans laquelle les espaces lacunaires et les angles morts favorisent l&rsquo;amplitude et l&rsquo;imbrication des flux criminels de tous bords. Il serait vain alors, d\u2019analyser s\u00e9par\u00e9ment ces menaces tant elles sont \u00e9troitement juxtapos\u00e9es et solidaires. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9, la criminalit\u00e9 organis\u00e9e et le terrorisme ne peuvent \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9s sans les envisager comme un tout int\u00e9gral.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Du point de vue strat\u00e9gique,\u00a0d\u2019importants changements g\u00e9opolitiques sont survenus dans la r\u00e9gion durant les derni\u00e8res d\u00e9cennies. Des \u00e9l\u00e9ments nouveaux doivent \u00eatre pris en compte pour mieux appr\u00e9cier la situation des enjeux de stabilit\u00e9 au Sahel. Cette \u00e9volution concerne aussi bien les acteurs de la s\u00e9curit\u00e9, la nature des menaces que la transformation de la notion m\u00eame de s\u00e9curit\u00e9.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00c9tat post-colonial et facteurs d\u2019instabilit\u00e9<\/div>\n<div><\/div>\n<div>La fragilit\u00e9 endog\u00e8ne du Sahel d\u00e9coule d\u2019une profonde vuln\u00e9rabilit\u00e9 des \u00c9tats post-coloniaux qui en composent le tissu. Espace tampon, mais surtout espace de contacts et d\u2019\u00e9changes, le Sahel ne cesse de d\u00e9velopper une conflictualit\u00e9 end\u00e9mique de plus en plus difficilement contr\u00f4lable. Dans cette r\u00e9gion, les facteurs d\u00e9stabilisateurs sont nombreux\u00a0et vari\u00e9s\u00a0: la fragilit\u00e9 structurelle et conjoncturelle de ses \u00c9tats, l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 de ses populations, la s\u00e9cheresse et la d\u00e9gradation de son milieu naturel, les luttes internes de pouvoir qui y gangr\u00e8nent, la militarisation croissante de ses rapports sociopolitiques, la forte pression de sa d\u00e9mographique, les conflits r\u00e9gionaux, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et les vell\u00e9it\u00e9s \u00e9trang\u00e8res, qui la transforment en espace\u00a0de confrontation g\u00e9opolitique permanente.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s leur ind\u00e9pendance, les \u00c9tats post-coloniaux demeurent incapables de parachever leurs autorit\u00e9s sur leurs propres territoires. Cette incapacit\u00e9 des \u00c9tats sah\u00e9liens \u00e0 exercer leur principale fonction r\u00e9galienne, constitue une probl\u00e9matique fondamentale qui alimente les risques de d\u00e9stabilisation et de conflits arm\u00e9s dans cette r\u00e9gion. Le\u00a0d\u00e9litement de\u00a0tout \u00c9tat fragile le livre potentiellement \u00e0 ses forces anarchiques intrins\u00e8ques et\/ou \u00e0 la domination ext\u00e9rieure. \u00c9tant un espace particuli\u00e8rement sous-administr\u00e9 et mal g\u00e9r\u00e9, le Sahel souffre d\u2019une mauvaise gouvernance chronique qui hypoth\u00e8que dangereusement son avenir.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Les douze pays qui constituent officiellement la r\u00e9gion du Sahel sont pratiquement class\u00e9s, \u00e0 un titre ou un autre, comme pays fragiles selon les crit\u00e8res de l\u2019OCDE. Ce classement signifie que les syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 des pays concern\u00e9s, sont incapables de jouer avec efficience le r\u00f4le majeur qui leur est d\u00e9volu. Ce r\u00f4le qui consiste \u00e0 assurer la protection de la souverainet\u00e9, du territoire, des personnes et des populations des pays en question. Pire encore, dans certains contextes, les crises d\u2019instabilit\u00e9 qui affectent p\u00e9riodiquement et\/ou fr\u00e9quemment ces pays, faisaient appara\u00eetre leurs syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 comme \u00e9tant cause ou partie prenante dans les facteurs d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et d\u2019instabilit\u00e9 qui menacent la d\u00e9mocratie, l\u2019\u00c9tat de droit et la s\u00e9curit\u00e9 humaine dans lesdits pays. Seuls deux pays du Sahel sur douze avaient \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 un coup d\u2019\u00c9tat militaire en 45 ans\u00a0; seuls quatre pays membres de la CEDEAO sur 15 n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s depuis 30 ans par un conflit violent aux fronti\u00e8res ou \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>La r\u00e9gion du Sahel est souvent soumise \u00e0 de nombreux soubresauts politiques, \u00e0 des guerres civiles, des conflits frontaliers (S\u00e9n\u00e9gal, Niger, Nigeria, Tchad, Soudan, Somalie) et des coups d\u2019\u00c9tat\u00a0: (Mauritanie- Ao\u00fbt 2005 et Ao\u00fbt 2008), (Guin\u00e9e Bissau- Mars 2009 et Avril 2010) et (Niger- F\u00e9vrier 2010). D\u2019autre part, il y a aussi l\u2019hyperstabilit\u00e9 de pouvoir (M. Campaor\u00e9 au pouvoir depuis Octobre 1987 et M. D\u00e9by depuis F\u00e9vrier 1991). Paradoxalement, la redistribution du pouvoir peut aussi \u00eatre d\u00e9stabilisatrice et g\u00e9n\u00e9ratrice de frustrations\u00a0et donc de conflits (cas de la C\u00f4te d\u2019Ivoire actuellement).<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Au Sahel, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 rev\u00eat plusieurs facettes et s\u2019affiche sous diff\u00e9rents visages dans une r\u00e9gion devenue un v\u00e9ritable Eldorado pour tous les trafics illicites de contrebande.\u00a0Les flux de la criminalit\u00e9 organis\u00e9e y ont trouv\u00e9s largement leur place, soit en s&rsquo;adossant aux circuits traditionnels des flux d\u2019\u00e9change, soit en occupant les espaces laiss\u00e9s vacants par la rel\u00e2che des \u00c9tats affaiblis. Allant du trafic des migrants clandestins, estim\u00e9 entre 65.000 \u00e0 120.000 par an, \u00e0 celui des armes l\u00e9g\u00e8res avec environ 8 millions de pi\u00e8ces qui circulent en Afrique de l\u2019Ouest, dont plus de 100.000 kalachnikovs au Sahel, en passant par celui des drogues, pour finir avec le terrorisme r\u00e9gional et international.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>La criminalit\u00e9 organis\u00e9e, y compris le terrorisme transsaharien, a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e en cr\u00e9neau porteur \u00e0 travers une dynamique capitalistique en plein essor dans un environnement d\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9. Sachant qu\u2019il existe principalement deux couloirs de trafic des drogues prohib\u00e9es en Afrique,\u00a0\u00e0 savoir l\u2019h\u00e9ro\u00efne dans l\u2019Est et la coca\u00efne dans l\u2019Ouest, il est curieux que 0,2% seulement des quantit\u00e9s des drogues transitant par ce continent soient saisies chaque ann\u00e9e. La jonction de ces deux circuits, qui se rejoignent dans le Sahara, permettent au gros lot d\u2019emprunter, gr\u00e2ce aux complicit\u00e9s locales, de nouveaux itin\u00e9raires vers l\u2019Europe \u00e0 travers le Tchad, le Niger, le Mali et la Mauritanie. L\u2019\u00e9volution du trafic de la drogue est impressionnante. Ainsi, entre 2004 et 2007, des saisies de 33 tonnes de coca\u00efne ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es en Guin\u00e9e-Bissau, o\u00f9 r\u00e9sideraient quelques dizaines de narcotrafiquants colombiens. En 2006, des saisies importantes ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es\u00a0: 2 tonnes au Ghana, sur une seule op\u00e9ration, alors qu\u2019en en 2007, 630 et 830 kg de coca\u00efne ont \u00e9t\u00e9 saisis en Mauritanie, 5,5 tonnes saisies au S\u00e9n\u00e9gal et, en 2008, 750 kg ont \u00e9t\u00e9 saisis au Mali.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>L\u2019\u00e9volution des flux des trafics illicites, particuli\u00e8rement profitables en termes de chiffre d\u2019affaires, est autant plus importante qu\u2019elle reste intimement li\u00e9e au ph\u00e9nom\u00e8ne de prolif\u00e9ration de la corruption \u00e0 grande \u00e9chelle dans les diff\u00e9rents pays de la r\u00e9gion. Sympt\u00f4me de dysfonctionnement politique et \u00e9conomique des \u00c9tats sah\u00e9liens, cette pratique famili\u00e8re et r\u00e9pandue mine la bonne marche de l&rsquo;ensemble des institutions des \u00c9tats sah\u00e9liens. La connivence entre les r\u00e9seaux sociaux et familiaux avec les agents d\u2019\u00c9tat affect\u00e9s au contr\u00f4le des fronti\u00e8res, en particuliers policiers, douaniers, gendarmes, gardes-c\u00f4tes et militaires, est souvent la pierre angulaire qui perp\u00e9tue ces pratiques et fait prosp\u00e9rer les flux de la criminalit\u00e9 organis\u00e9e sous toutes ses formes.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>L\u2019opacit\u00e9 et l\u2019impunit\u00e9 font de la r\u00e9gion du Sahel une zone o\u00f9 la pratique de la corruption p\u00e9nalise s\u00e9v\u00e8rement la croissance et emp\u00eache la redistribution des richesses.<i>Transparency International<\/i>\u00a0a publi\u00e9, en octobre dernier, son rapport 2010 sur la perception de la corruption dans 178 pays dans le monde. Les scores des pays sah\u00e9liens dans ce classement sont sans appel. Parmi les plus mauvais \u00e9l\u00e8ves\u00a0de la plan\u00e8te on peut compter\u00a0: la Mauritanie au 143<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0rang, le Tchad 171<sup>\u00e8me<\/sup>, le Soudan 172<sup>\u00e8me<\/sup>, le Burkina Faso, le S\u00e9n\u00e9gal, le B\u00e9nin et le Mali occupent respectivement les 98<sup>\u00e8me<\/sup>, 105<sup>\u00e8me<\/sup>, 110<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0et 116<sup>\u00e8me\u00a0<\/sup>\u00a0rangs.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Au-del\u00e0 de la cruaut\u00e9 des faits, des interpr\u00e9tations iconoclastes des actes d\u00e9natur\u00e9s font ressortir que la corruption n&rsquo;est pas forc\u00e9ment per\u00e7ue par l\u2019opinion publique dans cette r\u00e9gion comme \u00e9tant un d\u00e9lit, mais plut\u00f4t comme une fa\u00e7on de redistribuer autrement des revenus \u00e0 large \u00e9chelle. Les trafics illicites ne sont pas alors consid\u00e9r\u00e9s comme des infractions majeures mais plut\u00f4t, elles deviennent une ressource de rente profitable l\u00e0 o\u00f9 il y a connexion avec des acteurs gouvernementaux.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Ainsi, la subtilit\u00e9 de la corr\u00e9lation entre s\u00e9curit\u00e9 humaine,\u00a0bonne gouvernance etd\u00e9veloppement durable n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. L\u2019absence de s\u00e9curit\u00e9 hypoth\u00e8que les efforts de d\u00e9veloppement et, r\u00e9ciproquement la fragilit\u00e9 socio-\u00e9conomique favorise les conflits et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Les crises li\u00e9es \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 ont ralenti ou fait \u00e9chouer les efforts de d\u00e9veloppement durable dans diverses r\u00e9gions du monde, notamment en Afrique subsaharienne. Au Sahel, o\u00f9 la plupart des pays se trouvent actuellement dans une dynamique de sortie de crise ou dans une situation de stabilisation et de reconstruction post-conflit, la s\u00e9curit\u00e9 constitue v\u00e9ritablement un d\u00e9fi majeur et un enjeu pour le d\u00e9veloppement durable de cette r\u00e9gion.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Enjeux \u00e9nerg\u00e9tiques et conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat<\/div>\n<div>Dans un contexte g\u00e9opolitique mondial marqu\u00e9 par la hausse continue des cours des hydrocarbures et une forte demande en la mati\u00e8re, les enjeux \u00e9nerg\u00e9tiques sont plus que jamais au centre des conflits internationaux. Paradoxalement, le Sahel synonyme d\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 et de mis\u00e8re, devient de plus en plus\u00a0un espace de confrontation g\u00e9opolitique et g\u00e9ostrat\u00e9gique entre les diff\u00e9rentes puissances r\u00e9gionales et internationales pour le contr\u00f4le des richesses naturelles,\u00a0qu&rsquo;il rec\u00e8le: p\u00e9trole, gaz, or, phosphates, diamants, cuivre, fer, charbon, nickel, zinc, bauxite, uranium, plutonium, mangan\u00e8se, cobalt, argent, chrome, \u00e9tain, sels min\u00e9raux, eaux douces, poissons, crustac\u00e9s, diversit\u00e9 biologique, cheptels de b\u00e9tails, bois pr\u00e9cieux, etc.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<p>Les revirements des enjeux \u00e9nerg\u00e9tiques et les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat dans la r\u00e9gion du Sahel, particuli\u00e8rement riche d\u2019importantes r\u00e9serves d\u2019\u00e9nergies fossiles et de gisements de minerais strat\u00e9giques attisent les app\u00e9tits des puissances \u00e9trang\u00e8res \u00e0 trouver un pr\u00e9texte pour s\u2019y d\u00e9ployer. La France y est d\u00e9j\u00e0 bien avanc\u00e9e avec des troupes positionn\u00e9es dans la r\u00e9gion du Sahel ou \u00e0 proximit\u00e9. Elle dispose de quatre bases militaires permanentes\u00a0: au S\u00e9n\u00e9gal (1200 hommes), au Tchad (1250), en C\u00f4te d\u2019Ivoire (2000), au Gabon (900) et \u00e0 Djibouti (2900), en plus de sa pr\u00e9sence limit\u00e9e et non permanente dans d\u2019autres pays de la sous r\u00e9gion comme au Cameroun, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Centre Afrique.<\/p>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Concernant les \u00c9tats-Unis, bien que leur pr\u00e9sence militaire officielle au Sahel n\u2019existe pas encore, les c\u00e2bles diplomatiques r\u00e9cemment d\u00e9voil\u00e9s par WikiLeaks r\u00e9v\u00e8lent une autorisation \u00ab\u00a0r\u00e9ticente\u00a0\u00bb de survol accord\u00e9e par les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes \u00e0 l\u2019US Air Force pour des missions au Sahel contre l\u2019Aqmi. D\u00e9j\u00e0, les \u00c9tats-Unis avaient lanc\u00e9 d\u00e8s 2002 l\u2019initiative Pan Sahel et organisent r\u00e9guli\u00e8rement les exercices militaires de type Flintlock avec les arm\u00e9es des pays du Sahel. En D\u00e9cembre 2008, la Force tactique en Europe du Sud (SETAF) a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en U.S Army Africa (Arm\u00e9e USA pour l\u2019Afrique), qui est une composante du Commandement Africa (AfriCom) devenu op\u00e9rationnel depuis octobre 2009. D\u2019apr\u00e8s des officiels US, cette transformation constitue une \u00ab\u00a0nouvelle fa\u00e7on de regarder vers l\u2019Afrique\u00a0\u00bb. Bien que la base de l\u2019U.S Army Africa soit actuellement \u00e0 Vicence en Italie, ce corps op\u00e9rera sur le continent africain avec de\u00a0petits groupes pour conduire des op\u00e9rations de \u00ab\u00a0r\u00e9ponse aux crises\u00a0\u00bb en se servant de la 173\u00e8me Brigade a\u00e9roport\u00e9e. Fruit de la\u00a0reconnaissance am\u00e9ricaine de l\u2019importance strat\u00e9gique croissante de l\u2019Afrique, l\u2019U.S. Army Africa continuera \u00e0 s\u2019agrandir\u00a0dans le cadre de commandement des forces navales AfriCom.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Le commandement du fameux AfriCom ne trouvant pas encore de place pour s\u2019installer en Afrique du Nord, l\u2019US Army Corps of Engineers, vient de lancer en d\u00e9but de ce mois, un intriguant appel d\u2019offres pour la construction d\u2019un terrain d\u2019aviation militaire dans un pays d\u2019Afrique du Nord. Sans pr\u00e9ciser le nom du pays dont il s\u2019agit, l\u2019objectif serait d\u2019installer une base militaire a\u00e9rienne am\u00e9ricaine dans la r\u00e9gion qui servira aux missions d\u2019espionnage que le Pentagone envisage de lancer, officiellement, pour traquer les membres d\u2019Al Qa\u00efda au Sahel.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>La Chine a \u00e9galement fait ses entr\u00e9es \u00e9conomiques colossales dans la r\u00e9gion du Sahel depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0. La concurrence chinoise avec les autres pays est en expansion. La Chine est actuellement le second partenaire commercial de l\u2019Afrique, apr\u00e8s les \u00c9tats-Unis. Les investissements chinois sont en forte croissance m\u00eame dans les pays traditionnellement li\u00e9s aux USA. En \u00c9thiopie, la China Exim Bank a investi r\u00e9cemment 170 millions de dollars pour la construction d\u2019un complexe r\u00e9sidentiel de luxe \u00e0 Addis Ababa, et une autre soci\u00e9t\u00e9 chinoise, Setco, a annonc\u00e9 la construction de la plus grande usine de pvc dans ce pays. Au Liberia, la China Union Investment Company a investi 2,6 milliards de dollars dans les mines de fer. Des soci\u00e9t\u00e9s chinoises ont effectu\u00e9 aussi de gros investissements qui d\u00e9passent 2 milliards de dollars par pays, dans les secteurs p\u00e9troliers au Nigeria et en Angola, jusque l\u00e0 domin\u00e9s par les compagnies occidentales. Mais la concurrence chinoise aux \u00c9tats-Unis ne se limite pas au plan \u00e9conomique, P\u00e9kin soutient aussi certains gouvernements, comme ceux du Zimbabwe et du Soudan. En plus, elle fournit aussi des armes un peu partout en Afrique.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Isra\u00ebl est pr\u00e9sente au Sahel elle aussi, l\u2019Iran s\u2019int\u00e9resse aux minerais strat\u00e9giques du Sahel, l\u2019uranium notamment et, cherche \u00e0 y r\u00e9aliser des perc\u00e9es substantielles. La Russie, l\u2019Inde et le Br\u00e9sil seraient aussi d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 \u00eatre de la partie. L\u2019intensification de la pr\u00e9sence \u00e9conomique et militaire des acteurs ext\u00e9rieurs et les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat qui en d\u00e9coulent, contribuent \u00e0 d\u00e9stabiliser davantage les \u00c9tats fragiles et affaiblis dans la r\u00e9gion de Sahel.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>La richesse controvers\u00e9e du Sahel attise les convoitises des puissances \u00e9trang\u00e8res d\u00e9sirant s\u2019en assurer le contr\u00f4le. Une v\u00e9ritable g\u00e9opolitique des tubes, sur fond de rivalit\u00e9s internationales croissantes, commence \u00e0 se dessiner au Sahel. Les grands \u00c9tats de la plan\u00e8te s\u2019activent depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0 pour organiser progressivement le d\u00e9senclavement des richesses du Sahel afin de les acheminer ensuite vers les zones de consommation, en Asie via le Soudan, en Am\u00e9rique via le Golfe de Guin\u00e9e et vers l\u2019Europe continentale \u00e0 travers l\u2019Atlantique, le Sahara et le Maghreb.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>A partir de 2011, l\u2019Afrique sub-saharienne serait susceptible de devenir pour les \u00c9tats-Unis une source d&rsquo;\u00e9nergie aussi importante que le Moyen-Orient, disposant de quelques 60 milliards de barils de r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res av\u00e9r\u00e9es. Les experts s&rsquo;attendent \u00e0 ce que 1 sur 5 barils de p\u00e9trole entrant dans le circuit de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale proviendrait du golfe de Guin\u00e9e, et que la part des importations am\u00e9ricaines du p\u00e9trole africain passera de 20% en 2010 \u00e0 25% en 2015. Les investissements des compagnies p\u00e9troli\u00e8res europ\u00e9ennes et am\u00e9ricaines sont en constante progression depuis 2000. ELF y puise pr\u00e8s de 60% de sa production de p\u00e9trole. Total et Gazprom s\u2019appr\u00eatent \u00e0 financer le projet de gazoduc transsaharien de 4000 km pour relier le Nigeria \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie d&rsquo;ici \u00e0 2015.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>L\u2019attractivit\u00e9 du golfe de Guin\u00e9e est de plus en plus grandissante depuis la mise en service, en 2003, de l\u2019ol\u00e9oduc Tchad-Cameroun qui relie les champs p\u00e9trolif\u00e8res de Kom\u00e9, dans le sud-ouest du Tchad au terminal maritime camerounais de Kribi, sur un parcours de 1.070 km. Ce pipeline qui draine 250.000 barils de p\u00e9trole par jour vers l\u2019Atlantique, donnera acc\u00e8s \u00e0 terme, aux champs p\u00e9troliers du Soudan, bien que l&rsquo;exploitation du p\u00e9trole dans ce pays est fortement domin\u00e9e par la Chine, dont le Soudan ne couvre pourtant que 4,5% de ses besoins en or noir.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>La\u00a0<i>China National Petroleum Company<\/i>\u00a0(CNPC) est le plus gros investisseur \u00e9tranger au Soudan, avec quelque 5 milliards de dollars dans le d\u00e9veloppement de champs p\u00e9troliers. Depuis 1999, la Chine a investi au moins 15 milliards de dollars au Soudan. Elle poss\u00e8de 50% d\u2019une raffinerie de p\u00e9trole, pr\u00e8s de Khartoum, en partage avec le gouvernement soudanais. Le sch\u00e9ma des alliances sous r\u00e9gionales se recoupe curieusement avec celui des antagonismes politico-\u00e9conomiques entre la Chine, la France et les \u00c9tats-Unis pour le contr\u00f4le des ressources p\u00e9troli\u00e8res dans beaucoup de pays de la r\u00e9gion, comme au Soudan, au Tchad, au Niger et au Cameroun notamment. C\u2019est au gr\u00e9 des int\u00e9r\u00eats croissants des puissances internationales que la tectonique des fronti\u00e8res conflictuelles sera de plus en plus r\u00e9currente dans la r\u00e9gion du Sahel. La s\u00e9cession du Sud Soudan appara\u00eet aujourd\u2019hui plus que jamais probable. Tr\u00e8s probablement, cette r\u00e9gion extr\u00eamement riche en ressources naturelles, p\u00e9trole et gaz notamment, acc\u00e9dera \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019issue du r\u00e9f\u00e9rendum du 9 janvier prochain. Ce r\u00e9sultat ne peut \u00eatre fortuit, eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019appui occidental sans pr\u00e9c\u00e9dent qui a \u00e9t\u00e9 m\u00e9thodiquement apport\u00e9 \u00e0 tous les mouvements s\u00e9paratistes dans ce pays, durant les quarante de derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>La demande mondiale en p\u00e9trole et en gaz naturel \u00e9tant appel\u00e9e \u00e0 doubler dans les vingt prochaines ann\u00e9es, le Sahel pourrait alors jouer un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant de fournisseur d\u2019\u00e9nergie. Sans compter le potentiel d\u2019Alg\u00e9rie en p\u00e9trole et en gaz, le Mali est troisi\u00e8me producteur d&rsquo;or du continent, le Niger avec ses gisements d&rsquo;uranium, qui le placent au second rang mondial, la r\u00e9cente entr\u00e9e de la C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire, du Ghana, du Tchad et de la Mauritanie dans le groupe des pays producteurs de p\u00e9trole, confirme la tendance. La production du champ off-shore ghan\u00e9en est estim\u00e9e \u00e0 120.000 barils\/jour, celle de C\u00f4te-d&rsquo;Ivoire \u00e0 80.000 barils\/jour. C\u2019est dans ce contexte, des strat\u00e9gies de positionnement, de prise de contr\u00f4le, d\u2019encerclement et de contre-encerclement que se d\u00e9finissent des enjeux g\u00e9opolitiques, g\u00e9ostrat\u00e9giques et g\u00e9o\u00e9conomiques de la zone sah\u00e9lienne.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Paradoxalement, l&rsquo;abondance des ressources naturelles et l\u2019importance de la position g\u00e9ostrat\u00e9gique de la r\u00e9gion du Sahel vont de paire avec la fragilit\u00e9 de la plupart de ses \u00c9tats eu \u00e9gard \u00e0 leur instabilit\u00e9 et ins\u00e9curit\u00e9 caract\u00e9ristique. Avec une d\u00e9mographie galopante, qui devrait atteindre 100 millions d\u2019habitants en 2020 et 150 millions en 2040, avec un taux d\u2019illettrisme qui d\u00e9passe 54%, une pauvret\u00e9 end\u00e9mique qui touche au-del\u00e0 de 50% des populations, une corruption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, une conflictualit\u00e9 constante, le Sahel ne d\u00e9colle pas. La conjugaison de l\u2019ensemble de ces probl\u00e8mes g\u00e9n\u00e8re souvent des crises politiques et militaires ou des catastrophes alimentaires, des p\u00e9nuries, des famines et des disettes r\u00e9currentes qui engendrent des d\u00e9placements massifs de populations en d\u00e9sordre sous formes de r\u00e9fugi\u00e9s et\/ou de migrants clandestins. Le jeune cin\u00e9aste et musicien canadien d\u2019origine s\u00e9n\u00e9galaise Musa Dieng Kala, n\u2019est pas le seul \u00e0 se demander\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu a-t-il quitt\u00e9 l\u2019Afrique\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>En cons\u00e9quence, une grande partie les populations pauvres du Sahel, d\u00e9pourvues de leurs droits \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 humaine au sens \u00e9largi du terme, incluant la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, la s\u00e9curit\u00e9 sanitaire, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau potable, etc., se retrouvent souvent contraints de pr\u00eater all\u00e9geance \u00e0 des groupes criminels, rebelles et\/ou terroristes soit pour b\u00e9n\u00e9ficier des retomb\u00e9es des trafics illicites ou pour obtenir une ultime protection. A cela s&rsquo;ajoutent les effets pervers de la mise en place d&rsquo;\u00e9conomies\u00a0parall\u00e8les b\u00e2ties sur la corruption et le racket, et enfin, la sanctuarisation de groupes terroristes d\u00e9localis\u00e9s d\u2019Al Qaida, Aqmi et Cie.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>D\u00e9sormais, la connexion op\u00e9rationnelle de ces r\u00e9seaux et groupes terroristes est devenue r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers leur alliance au Sahel\u00a0: le fameux GSPC alg\u00e9rien devenu AQMI \u00e0 partir de 2006, le Groupe islamique combattant marocain ou GICM, le GICL libyen et GICT tunisien, ainsi que d&rsquo;autres petits groupuscules terroristes issu de divers pays sah\u00e9liens comme celui de\u00a0<i>Ansarou Allah Al Mourabitoune<\/i>\u00a0de Mauritanie, ceux du Mali, du Niger et du Nigeria. Ces groupes terroristes et ces r\u00e9seaux mafieux sont en qu\u00eate inlassable pour s\u2019assurer une arri\u00e8re base territoriale afin de perp\u00e9tuer leurs activit\u00e9s transnationales.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Terrorismes franchis\u00e9s et g\u00e9opolitique des menaces<\/div>\n<div>\n<p>Au Sahel toutes les menaces d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 s\u2019entrem\u00ealent. L\u2019islamisme combattant va de pair avec le terrorisme international, la piraterie et toutes sortes de trafics illicites. Les anciens r\u00e9seaux et ceux r\u00e9cemment recr\u00e9\u00e9s s\u2019imbriquent pour p\u00e9renniser et s\u00e9curiser le syst\u00e8me de la criminalit\u00e9 internationale organis\u00e9e en s\u2019affranchissant des distances et des fronti\u00e8res. En pleine mutation,\u00a0ces diff\u00e9rents r\u00e9seaux transfrontaliers b\u00e9n\u00e9ficient grandement des recettes des trafics pour acqu\u00e9rir de nouveau les moyens n\u00e9cessaires pour pouvoir d\u00e9velopper et continuer leurs activit\u00e9s criminelles.<\/p>\n<div><\/div>\n<p>C&rsquo;est pourquoi, il ne peut y avoir de lutte anti-terroriste efficace sans lutte globale contre toutes les autres formes de criminalit\u00e9, leur interd\u00e9pendance \u00e9tant d\u00e9sormais attest\u00e9e. Il est connu que ces activit\u00e9s se nourrissent les unes des autres au sein d\u2019une alliance objective entre crime organis\u00e9 et terrorisme sah\u00e9lien. Guid\u00e9es principalement par leurs soucis de survivre et leurs int\u00e9r\u00eats convergents\u00a0: les organisations criminelles profitent des actions violentes des organisations terroristes et des gu\u00e9rillas ou des r\u00e9bellions, tandis que ces derni\u00e8res b\u00e9n\u00e9ficient des financements que les activit\u00e9s criminelles sont en mesure de leur fournir. Actuellement, la collaboration entre AQMI et les r\u00e9seaux mafieux du Sahel se d\u00e9veloppe plut\u00f4t vers une forme de sp\u00e9cialisation de l\u2019entreprise criminelle.<\/p>\n<p>Cette tendance a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e r\u00e9cemment lors du proc\u00e8s controvers\u00e9 d\u2019Oumar Sahraoui en Mauritanie. Ce malien de souche Maure, ancien du Polisario, reconverti dans le trafic de drogue dans la r\u00e9gion du Sahel, \u00e9tait le responsable de l\u2019op\u00e9ration de la prise des otages espagnols en Mauritanie en 2009. Il avait affirm\u00e9 qu\u2019il agissait pour le compte d\u2019AQMI. Par ailleurs, il existe d\u2019autres hypoth\u00e8ses sur une \u00e9ventuelle d\u00e9rive narcotrafiquante signal\u00e9e depuis quelques temps chez le Front Polisario et aussi chez certains leaders du Front Populaire de Lib\u00e9ration de l&rsquo;Azawad. Cette hypoth\u00e8se rebondit actuellement dans l\u2019actualit\u00e9 sah\u00e9lienne, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une s\u00e9rie d\u2019arrestations d\u2019importants groupes de narcotrafiquants, op\u00e9r\u00e9es ces derni\u00e8res semaines par les arm\u00e9es mauritanienne et malienne. Selon l\u2019AFP, les six trafiquants de drogue internationaux sont issus des rangs du Polisario. Le chef du groupe, un certain Sultan Ould Bady, serait \u00e0 la t\u00eate de l\u2019un des trois plus gros r\u00e9seaux qui organisent le trafic de drogues en direction de l\u2019Europe en passant par la r\u00e9gion du Sahel. Ould Bady, qui d\u00e9fraye la chronique pr\u00e9sentement, serait \u00e9galement impliqu\u00e9 dans l\u2019enl\u00e8vement et la revente de plusieurs ressortissants europ\u00e9ens en faveur d\u2019AQMI ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Infiltr\u00e9s aussi bien par les services de renseignement des pays riverains comme par les intelligences internationales, la dynamique des r\u00e9seaux terroristes s\u2019imbrique avec les calculs g\u00e9opolitiques des rivalit\u00e9s r\u00e9gionales extr\u00eamement sensibles et complexes. Cette attitude alimente l\u2019instrumentalisation de la s\u00e9curit\u00e9 comme enjeu majeur dans les rapports de force tout comme dans la gestion des conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats politiques, \u00e9conomiques, et strat\u00e9giques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale. Les cas de figures sont nombreux et diversifi\u00e9s, allant des subtiles controverses des relations bilat\u00e9rales entre l&rsquo;Alg\u00e9rie et la France, fortement marqu\u00e9es par le poids du pass\u00e9 colonial, aux instigations des conflits r\u00e9gionaux ajourn\u00e9s, dont la persistance constitue une source d\u2019inqui\u00e9tude suppl\u00e9mentaire pour la s\u00e9curit\u00e9 de toute la r\u00e9gion, notamment, dans les cas du Sahara occidental et celui du mouvement ind\u00e9pendantiste touareg dans le Nord du Mali.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>L\u2019implication de la communaut\u00e9 internationale (ONU, G8, UE)\u00a0dans\u00a0le renforcement des capacit\u00e9s du syst\u00e8me r\u00e9gional de s\u00e9curit\u00e9 au Sahel se heurte \u00e0 plusieurs difficult\u00e9s. Au del\u00e0 des probl\u00e8mes d\u2019encrage juridique, institutionnel et politique, de manque de moyens financiers et logistiques, d\u2019absence de r\u00e9forme du secteur de s\u00e9curit\u00e9, la\u00a0coordination des efforts de lutte contre les menaces d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au Sahel pr\u00eatent souvent \u00e0 une tentation d\u2019internationalisation de la menace Al-Qa\u00efda dans cette r\u00e9gion par transposition du mod\u00e8le afghan. Cette perspective est souvent assimil\u00e9e \u00e0 une sordide connivence avec des agendas n\u00e9o-colonialistes dont les\u00a0objectifs inavou\u00e9s visent le contr\u00f4le par des puissances occidentales, les Am\u00e9ricains et les Europ\u00e9ens notamment, de la route de l&rsquo;ouest des flux \u00e9nerg\u00e9tiques notamment dans les nouveaux sites et r\u00e9serves r\u00e9cemment d\u00e9couvert dans cette r\u00e9gion, au d\u00e9triment des autres puissances r\u00e9gionales ou internationales comme les Russes, les Chinois et les Br\u00e9siliens, etc.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Avec l&rsquo;\u00e9mergence de la notion de s\u00e9curit\u00e9 humaine, qui a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e par la diplomatie canadienne \u00e0 la fin du si\u00e8cle dernier et adopt\u00e9e par les Nations Unies \u00e0 partir de 2004, la r\u00e9gion du Sahel n\u2019a cess\u00e9 de consigner davantage de contre-performances sur son registre d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Dans cette perspective, la probl\u00e9matique d\u2019int\u00e9gration de la s\u00e9curit\u00e9 humaine comme dimension incontournable dans toute approche pour contrer les flux d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au Sahel, devra contribuer utilement \u00e0 renouveler les conceptions, les approches et les strat\u00e9gies relatives globalement \u00e0 la r\u00e9gulation de la s\u00e9curit\u00e9 dans la r\u00e9gion. Deux cat\u00e9gories de changements s\u2019av\u00e8rent alors indispensables \u00e0 introduire dans ce sch\u00e9ma de r\u00e9flexion. La premi\u00e8re vise \u00e0 am\u00e9liorer les relations souvent brouill\u00e9es et difficiles entre le gouvernement, la soci\u00e9t\u00e9 civile et les institutions de s\u00e9curit\u00e9. La seconde a pour objectif la refonte compl\u00e8te des institutions de s\u00e9curit\u00e9 en termes d\u2019organisation, de recyclage, d\u2019introduction et de r\u00e9habilitation de culture institutionnelle et de relations avec l\u2019autorit\u00e9 civile sur con\u00e7ues sur la base des valeurs d\u00e9mocratiques et humanistes fond\u00e9es sur le profond respect des droits de l\u2019Homme, de l\u2019\u00e9quit\u00e9 et de la justice.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Toutefois, les mesures politico-militaires qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9es par diff\u00e9rents pays du Sahel au cours des six derniers mois n\u2019augurent pas de vision positive pour la r\u00e9gulation des probl\u00e8mes insolubles d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans un avenir proche.\u00a0<i>Grosso modo<\/i>, le constat objectif fait que ces mesures sous-estiment gravement le poids r\u00e9el des facteurs d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et compliqueraient en d\u00e9finitive toute strat\u00e9gie de lutte commune contre la menace terroriste comme probl\u00e8me majeur d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans cette r\u00e9gion. Il s\u2019agissait plut\u00f4t de d\u00e9marches d\u00e9sarticul\u00e9es et sectaires, souvent d\u00e9termin\u00e9es par les instincts de subtile m\u00e9fiance et de sourde d\u00e9fiance qui divisent encore les gouvernements des pays de l\u2019espace sah\u00e9lien, alors que les s\u00e9rieuses menaces d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dictent plut\u00f4t un sch\u00e9ma de r\u00e9flexion coll\u00e9gial, non exclusif et confiant, afin de pouvoir d\u00e9gager des actions profond\u00e9ment concert\u00e9es pour \u00eatre efficaces.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Les mesures incoh\u00e9rentes concernent notamment\u00a0: (a) L\u2019instauration d\u2019un comit\u00e9 d\u2019\u00e9tat-major conjoint contre le terrorisme initi\u00e9 par quatre pays sah\u00e9liens qui sont l\u2019Alg\u00e9rie, le Mali, la Mauritanie et Niger, lors de la r\u00e9union\u00a0\u00a0de Tamanrasset le 21 avril 2010 en excluant trois autres \u00c9tats nord-africains, (b) L\u2019op\u00e9ration militaire isol\u00e9e franco-mauritanienne men\u00e9e le 22 juillet 2010 contre un camp AQMI au Mali pour lib\u00e9rer l\u2019otage fran\u00e7ais Michel Germaneau et, (c) La r\u00e9union de Bamako tenue les 6 et 7 Ao\u00fbt 2010 regroupant six \u00c9tats subsahariens \u00e0 l\u2019exclusion des \u00c9tats du Maghreb.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>S\u00e9curit\u00e9 humaine et perspectives d\u2019avenir<\/div>\n<div>En termes de r\u00e9flexion prospective, la concertation et la coop\u00e9ration entre les diff\u00e9rents acteurs sah\u00e9liens seraient indispensables pour lutter efficacement contre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et pour inviter un d\u00e9veloppement durable dans la r\u00e9gion du Sahel. Sachant qu\u2019il n\u2019y a pas de d\u00e9veloppement sans s\u00e9curit\u00e9 et pas de s\u00e9curit\u00e9 sans d\u00e9veloppement et, compte tenu de ses potentialit\u00e9s \u00e9conomiques, le d\u00e9veloppement durable et la stabilit\u00e9 au Sahel pourraient \u00e9ventuellement trouver un nouvel \u00e9lan \u00e0 moyens termes. Tous les espoirs sont permis, toutefois, la condition\u00a0<i>sine qua non<\/i>\u00a0d\u2019une telle \u00e9volution reste la volont\u00e9 et le courage des d\u00e9cideurs politiques pour d\u00e9passer avant tout les pesanteurs locales et les sch\u00e9mas r\u00e9ducteurs de la petite histoire au profit des avantages de la grande g\u00e9ographie de leurs pays, pour mieux appr\u00e9hender la th\u00e9matique de la s\u00e9curit\u00e9 humaine suivant des param\u00e8tres d\u2019int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques \u00e9quitablement partag\u00e9s.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<p>Pour certains optimistes, la perspective d\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale, notamment le d\u00e9veloppement d\u2019un march\u00e9 commun \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale pourrait alors contribuer \u00e0 atteindre un \u00ab\u00a0Sahel nostrum\u00a0\u00bb (\u00e0 l\u2019image de la \u00ab\u00a0Mare nostrum\u00a0\u00bb des Romains). La lutte contre le terrorisme et le crime organis\u00e9 au Sahel ne saurait se concevoir sans d\u00e9passer relativement une certaine vision fig\u00e9e des notions formelles sur l\u2019intangibilit\u00e9 des fronti\u00e8res, le f\u00e9tichisme de la souverainet\u00e9 nationale et la non-ing\u00e9rence, car au-del\u00e0 des l\u00e9gitimes pr\u00e9occupations nationales de chaque pays, seules des grandes actions coll\u00e9gialement concert\u00e9es pourraient \u00e9ventuellement briser le cycle de la violence et \u00e9viter l\u2019enracinement de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans cette ultra fragile r\u00e9gion du Sahel. La persistance des conflits de la sous-r\u00e9gion au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es a emp\u00each\u00e9 les pays de se concentrer sur le d\u00e9veloppement et d\u00e9tourn\u00e9 les Organisations panafricaines comme l\u2019Union africaine et la CDEAO de leur r\u00f4le initial de promotion de l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9gionale. Ces organisations se trouvent aujourd\u2019hui plong\u00e9es au c\u0153ur des probl\u00e9matiques de s\u00e9curit\u00e9, de la gestion des conflits et du maintien de la paix. Pour mener \u00e0 bien cette mission d\u00e9licate, elles avaient d\u00e9velopp\u00e9es un certains nombre de M\u00e9canismes de pr\u00e9vention, de gestion, de r\u00e8glement des conflits, de maintien de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9 dont le sch\u00e9ma a \u00e9t\u00e9 mis en place depuis la conf\u00e9rence d\u2019Abuja en 1999.<\/p>\n<div><\/div>\n<p>Th\u00e9oriquement, ces m\u00e9canismes permettent \u00e0 l\u2019UA et \u00e0 la CEDEAO d\u2019intervenir en cas de risques importants comme les d\u00e9sastres humanitaires, les menaces \u00e0 la paix et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de la sous-r\u00e9gion, la lutte contre la circulation illicite des armes et la recrudescence de la criminalit\u00e9 transfrontali\u00e8re. Toutefois, leur application, qui s\u2019appuie sur un certain nombre de structures officielles comme la Conf\u00e9rence des chefs d\u2019\u00c9tat, le Secr\u00e9tariat ex\u00e9cutif et le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et de M\u00e9diation, se heurte souvent \u00e0 des difficult\u00e9s. Pour que l\u2019apport, vivement souhait\u00e9 au Sahel, de ces organisations soit efficace et durable, il aura toujours besoin d\u2019\u00eatre appuy\u00e9 par une volont\u00e9 politique, des moyens n\u00e9cessaires et une redynamisation permanente.<\/p>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Mauritanie\u00a0: espoirs et risques d\u2019enlisement<\/div>\n<div>Dans le cas de la Mauritanie, les menaces d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au Sahel et leurs incidences directes se conjuguent avec la complexit\u00e9 de la condition g\u00e9ostrat\u00e9gique fragile de ce pays. Le r\u00e9sultat est un v\u00e9ritable engrenage de postures inqui\u00e9tantes voire dangereuses.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Au lendemain de la sortie d\u2019une longue s\u00e9rie de p\u00e9riodes d\u2019exception en cascades, la Mauritanie, qui reste fortement tributaire des \u00e9carts disproportionn\u00e9s entre la g\u00e9ographie de son histoire et l\u2019histoire de sa g\u00e9ographie, se trouve aujourd\u2019hui inopportun\u00e9ment pi\u00e9g\u00e9e au milieu d\u2019un duel p\u00e9rilleux au Sahel entre les David et Goliath. Au terme d\u2019un demi-si\u00e8cle d\u2019ind\u00e9pendance, la Mauritanie est de nouveau attrap\u00e9e dans les feux crois\u00e9s d\u2019une bataille que se livrent des strat\u00e9gies internationales et sous-r\u00e9gionales diam\u00e9tralement oppos\u00e9es quand bien m\u00eame elles sont subtilement convergentes. Les arrangements tactiques franco-am\u00e9ricains conflueraient actuellement pour faire de la Mauritanie une pierre de lance dans leur lutte contre Al-Qaida dans la r\u00e9gion du Sahel, alors que ce pays se trouve pleinement vis\u00e9 par la nouvelle strat\u00e9gie de survie d\u2019AQMI \u00e0 travers sa descente dans l\u2019espace saharo-sah\u00e9lien.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>AQMI cherche obstin\u00e9ment \u00e0 d\u00e9velopper son action plus au Sud dans le cadre d\u2019une approche qui lui permettrait de contr\u00f4ler des r\u00e9seaux de trafics illicites afin d\u2019obtenir encore plus de fonds pour financer ses activit\u00e9s et, du coup, se mettre plus \u00e0 l\u2019abri de la poursuite qui le gu\u00e8te en milieu urbain. Actuellement, le recoupement des donn\u00e9es disponibles permet de situer le tarif de base conventionnel pour la lib\u00e9ration d\u2019un otage \u00e0 5 millions d\u2019euros. Certains sp\u00e9cialistes estiment que les enl\u00e8vements d\u2019Occidentaux au Sahel ont rapport\u00e9 aux terroristes, durant les derni\u00e8res ann\u00e9es, une recette de plus de 50 millions d\u2019euros auxquels s\u2019ajoute un montant de 100 millions d\u2019euros collect\u00e9s sous diverses formes.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<p>Depuis plus d\u2019une d\u00e9cennie, le\u00a0<i>no man\u2019s land<\/i>\u00a0mauritanien est devenu un terrain d\u2019accueil privil\u00e9gi\u00e9 pour le potentiel de nocivit\u00e9 des diff\u00e9rents r\u00e9seaux terroristes et contrebandiers d\u00e9localis\u00e9s dans la r\u00e9gion du Sahel. \u00c9tant le plus grand portail atlantique du Sahel avec ses 754 km de c\u00f4tes, sa superficie surdimensionn\u00e9e de plus d\u2019un million de km\u00b2, ses reliefs difficiles et accident\u00e9s, ses labyrinthes d\u00e9sertiques \u00e0 faible densit\u00e9 humaine, la Mauritanie est par excellence le pays sah\u00e9lien le plus fragile et le moins contr\u00f4lable. D\u00e9sormais, les lisi\u00e8res p\u00e9riph\u00e9riques du Nord et du Nord-est de la Mauritanie, o\u00f9 les fronti\u00e8res avec ses voisins d\u2019Alg\u00e9rie et du Mali se perdent immuablement dans l\u2019immensit\u00e9 impitoyable du d\u00e9sert, offrent indiscutablement un v\u00e9ritable paradis pour toutes sortes de trafics illicites\u00a0: armes, cigarettes, carburant, drogues, devises, etc.<\/p>\n<div><\/div>\n<p>Cependant, la Mauritanie est rest\u00e9e curieusement le maillon le plus faible de la r\u00e9gion du Sahel, malgr\u00e9 son potentiel consid\u00e9rable de ressources naturelles, fer, cuivre, p\u00e9trole, gaz, or, poissons, crustac\u00e9s et cheptels de b\u00e9tail. Les statistiques de<i>GlobalSecurity<\/i>\u00a0estiment que le budget annuel de d\u00e9penses militaires de la Mauritanie ne d\u00e9passait pas le montant de 19 millions de dollars US en 2005, contre 45 millions pour le Niger, 50 millions pour le Mali, 117 millions pour le S\u00e9n\u00e9gal, 2,3 milliards de dollars US pour le Maroc et 3 milliards pour l\u2019Alg\u00e9rie, au titre de la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Certes la Mauritanie est h\u00e9riti\u00e8re de l\u2019empire des Almoravides, (en arabe al-Mur\u0101bit\u016bn), cette dynastie berb\u00e8re, qui avait constitu\u00e9 le plus grand empire du Sahel, englobant l&rsquo;Ouest du Sahara, la partie occidentale du Maghreb et une bonne partie de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique au\u00a0XIe\u00a0et\u00a0XIIe\u00a0si\u00e8cles, apr\u00e8s avoir repris\u00a0Aoudaghost, principal comptoir commercial sah\u00e9lien de l\u2019empire du Ghana en 1054,fonder Marrakech et conqu\u00e9rir l\u2019Espagne en 1086.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Durant plusieurs si\u00e8cles, les anciennes Cit\u00e9s historiques de Mauritanie comme Ouadane, Tinigui, Chinguetti, Azougui, Tichit, Oualata, Combi Saleh etc., avaient brill\u00e9es par leur inexorable\u00a0pratique de commerce transsaharien florissant et leurs importantes positions g\u00e9ostrat\u00e9giques et militaires. Au d\u00e9but du 20\u00e9me si\u00e8cle, la Mauritanie avait attir\u00e9 la convoitise des Fran\u00e7ais d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s \u00e0 Saint-Louis, qui y voyaient un haut lieu strat\u00e9gique pour contr\u00f4ler les p\u00e9riph\u00e9ries de leurs colonies en Afrique du Nord et en Afrique occidentale et pour neutraliser les mouvements nationalistes de r\u00e9sistance.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Toutefois, le statut g\u00e9opolitique de la Mauritanie actuelle ainsi que son potentiel \u00e9conomique et militaire, ne font plus de la m\u00e9moire imp\u00e9riale de ce pays que l\u2019ombre d\u2019elle-m\u00eame. Confront\u00e9e aux menaces d\u2019ins\u00e9curit\u00e9s tous azimuts, la logique des choses et le bon sens interpellent plut\u00f4t la Mauritanie \u00e0 se r\u00e9signer in\u00e9vitablement \u00e0 faire la politique de ses moyens quand bien m\u00eame elle n\u2019a pas les moyens de sa politique.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Nonobstant, l\u2019actuel gouvernement mauritanien semble avoir un autre point de vue sur cette question. Le volontarisme de plus en plus r\u00e9solu de la Mauritanie pour aller en solo, \u00e0 la Napol\u00e9onienne, dans la lutte contre les r\u00e9seaux terroristes d\u2019AQMI au Sahel, est autant contest\u00e9 \u00e0\u00a0l\u2019int\u00e9rieur comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Loin d\u2019\u00eatre un sujet d\u2019unanimit\u00e9 au niveau national et, moins encore un sujet de concertation avec les pays voisins, l\u2019implication de l\u2019arm\u00e9e mauritanienne dans des op\u00e9rations militaires en dehors du territoire national, notamment dans des missions conjointes doubl\u00e9es d\u2019un appui de troupes d\u2019\u00e9lites fran\u00e7aises avec l\u2019assistance de la technologie spatiale de surveillance am\u00e9ricaine de l\u2019OTAN, posent \u00e9norm\u00e9ment de points d\u2019interrogation sur la coh\u00e9rence d\u2019une telle d\u00e9marche. Est-il concevable aujourd\u2019hui que les arm\u00e9es africaines acceptent de jouer le r\u00f4le des \u00ab\u00a0tirailleurs\u00a0\u00bb comme \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale\u00a0dans des dispositifs d\u2019intervention rapide en Afrique\u00a0? Loin d\u2019\u00eatre de nature \u00e0 rassurer sur l\u2019avenir de la stabilit\u00e9 du pays, les r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements ne font que dresser les axes divergents de ralliement classiques et de positionnement g\u00e9opolitique dans la r\u00e9gion et exacerber davantage les m\u00e9fiances mutuelles des pays riverains.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Acteur et victime de l\u2019ambivalence de sa propre politique \u00e9trang\u00e8re, la Mauritanie a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des pays sah\u00e9liens qui avaient accueilli des \u00e9quipes sp\u00e9ciales de la US European Command (EUCOM) en 2004 dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. L\u2019objectif de cette mission portait sur la mise en \u0153uvre des formations et entrainements internes du programme d&rsquo;assistance de s\u00e9curit\u00e9 \u00ab\u00a0Initiative Pan-Sahel\u00a0\u00bb, fournis par le d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat am\u00e9ricain \u00e0 la D\u00e9fense.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Cette m\u00eame Mauritanie qui se permet de bousculer les vell\u00e9it\u00e9s de l\u2019Alg\u00e9rie voisine comme gendarme du Sahel,\u00a0abrite plut\u00f4t discr\u00e8tement, depuis plus d\u2019un an, un d\u00e9tachement du Commandement des Op\u00e9rations Sp\u00e9ciales Fran\u00e7aises (COS). La d\u00e9cision de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e de d\u00e9p\u00eacher cette formation d\u2019\u00e9lite en Mauritanie, qui a \u00e9t\u00e9 prise apparemment dans la plus grande discr\u00e9tion, rentre dans le cadre de la mise en place d&rsquo;un plan d&rsquo;aide militaire aux pays du Sahel.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Le d\u00e9tachement d&rsquo;une centaine d&rsquo;hommes environ bas\u00e9 \u00e0 Atar est charg\u00e9 de la formation des GSI, ou Groupements sp\u00e9ciaux d&rsquo;intervention de l\u2019arm\u00e9e Mauritanienne impliqu\u00e9s dans les op\u00e9rations r\u00e9centes contre AQMI au Mali. Le d\u00e9tachement aurait particip\u00e9 \u00e9galement en juillet dernier \u00e0 l\u2019op\u00e9ration militaire franco-mauritanienne dans le Nord du Mali pour lib\u00e9rer l\u2019otage fran\u00e7ais Michel Germaneau. A en croire certaines sources sp\u00e9cialis\u00e9es, ce m\u00eame d\u00e9tachement, qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment d\u00e9ploy\u00e9 \u00e0 Ouagadougou, pour une \u00e9ventuelle action contre AQMI au Mali, \u00e0 la suite de l&rsquo;enl\u00e8vement des Fran\u00e7ais au Niger, serait actuellement \u00e0 pied d&rsquo;\u0153uvre pour intervenir en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire. N\u2019emp\u00eache, l\u2019id\u00e9e de la formation des Groupes Sp\u00e9ciaux d&rsquo;Intervention (GSI) pour la lutte contre le terrorisme au Sahel serait \u00e9ventuellement \u00e9largie au Mali et au Niger.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>D\u2019un point de vue g\u00e9ostrat\u00e9gique, l\u2019analyse des imbrications des donn\u00e9es actuellement disponibles et leurs incidences potentielles sur l\u2019aggravation des menaces d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et d\u2019instabilit\u00e9 en Mauritanie fait ressortir indiscutablement des risques d\u2019enlisement r\u00e9els. De part et d\u2019autre, les man\u0153uvres en lice au Sahel, bien que initialement antinomiques, elles convergent n\u00e9anmoins vers les m\u00eames objectifs. \u00c9puis\u00e9s, les r\u00e9seaux d\u2019AQMI et Cie, qui ont dr\u00f4lement besoin d\u2019acqu\u00e9rir une nouvelle l\u00e9gitimit\u00e9 symbolique au Sahel, r\u00eavent sans doute d\u2019une internationalisation rapide de la guerre contre eux. Cependant, la diabolisation d\u2019AQMI pourrait aussi en faire l\u2019arbre qui cache la for\u00eat pour voiler les v\u00e9ritables enjeux de la confrontation. La menace terroriste au Sahel ne serait-t-elle pas d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment amplifi\u00e9e pour servir d\u2019alibis aux interventions visant \u00e0 prendre le contr\u00f4le exclusif des richesses de la r\u00e9gion\u00a0?<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Au cours de la prochaine d\u00e9cennie, la g\u00e9opolitique du Sahel serait d\u00e9terminante pour l\u2019avenir de la stabilit\u00e9 de l\u2019Afrique et celle de ses voisins Europ\u00e9ens et Asiatiques notamment. En panne d\u2019esp\u00e9rances, le Sahel, qui demeure \u00e0 la crois\u00e9e des chemins de tous les dangers, restera encore longtemps une zone sensible o\u00f9 se jouera une grande partie de l\u2019avenir du monde.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div align=\"right\">Nouakchott, 21\u00a0D\u00e9cembre 2010<\/div>\n<div align=\"right\"><\/div>\n<div>*\u00a0Mohamed Saleck Ould Brahim*<\/div>\n<div>\u00a0 Chercheur- Centre Mauritanien de recherches du le D\u00e9veloppement et le Futur (CMRDEF)<\/div>\n<div>\u00a0\u00a0<a href=\"mailto:medsaleck@gmail.com\">medsaleck@gmail.com<\/a><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>Notes et r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques\u00a0:<\/div>\n<div><\/div>\n<div>1.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Jean DUFOURCQ\u00a0: Les tensions de l\u2019oc\u00e9an sah\u00e9lien, in Cahier du CEREM N\u00b0 13, D\u00e9cembre 2009.<\/div>\n<div>2.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Development Co-operation Directorate (DCD-DAC)\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.oecd.org\/document\/57\/0,3746,en_2649_33693550_42113657_1_1_1_1,00.html\">The International Network on Conflict and Fragility\u00a0<\/a>(INCAF), OECD \u2013 2010.<\/div>\n<div>3.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Mehdi Taje\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.realpolitik.tv\/taje\/les-vulnerabilites-et-les-facteurs-dinsecurite-au-sahel-grille-danalyse\">les enjeux s\u00e9curitaires dans le sahel africain : grille d&rsquo;analyse<\/a>\u00a0, Tribune libre n\u00b08,\u00a0Juin 2010.<\/div>\n<div>4.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Alain Labrousse, Daurius Figueira et Romain Cruse:\u00a0<a href=\"http:\/\/espacepolitique.revues.org\/index691.html\">\u00c9volutions r\u00e9centes de la g\u00e9opolitique de la coca\u00efne<\/a>, l&rsquo;Espace Politique &#8211; Mai 2009.<\/div>\n<div>5.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Yonah Alexander\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.potomacinstitute.org\/attachments\/525_Maghreb%20Terrorism%20report.pdf\">Maghreb and Sahel Terrorism: addressing the rising threat from al-Qaeda and other terrorists in North and West\/Central Africa<\/a>, January, 2010;<\/div>\n<h1>6.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0MOHAMMAD-MAHMOUD OULD MOHAMEDOU\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/monde\/01012308572-les-visages-changeants-du-nouveau-terrorisme\">Les visages changeants du nouveau terrorisme<\/a>,\u00a0Lib\u00e9ration.fr, D\u00e9cembre 2010;<\/h1>\n<div>7.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Joseph Vitalis\u00a0: \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/revue-afrique-contemporaine-2004-1-page-65.htm\">La r\u00e9forme du secteur de s\u00e9curit\u00e9 en Afrique<\/a>\u00ab\u00a0, Afrique contemporaine, Janvier 2004\u00a0;<\/div>\n<div>8.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.oecd.org\/dataoecd\/17\/20\/41401340.pdf\">Massa\u00ebr DIALLO\u00a0: la s\u00e9curit\u00e9 en Afrique de l\u2019ouest : enjeu de gouvernance et de d\u00e9veloppement<\/a>, Janvier 2007\u00a0;<\/div>\n<div>9.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Alan Bryden, Boubacar N\u2019Diaye et Funmi Olonisakin\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dcaf.ch\/Publications\/Publication-Detail?lng=en&amp;id=95085\">Gouvernance du secteur de la s\u00e9curit\u00e9 en Afrique de l\u2019Ouest : les d\u00e9fis \u00e0 relever<\/a>,\u00a0juin 2008.<\/div>\n<div>10.\u00a0\u00a0Mohamed Saleck OULD BRAHIM: \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/blog.multipol.org\/post\/2008\/01\/09\/POINT-DE-VUE-%3A-La-Mauritanie-Al-Qaida-et-les-autres\">La Mauritanie, Al-Qa\u00efda et les autres<\/a>\u00ab\u00a0, Multipol, Janvier 2008\u00a0.<\/div>\n<div>11.\u00a0\u00a0Sonia Le Gouriellec\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.alliancegeostrategique.org\/2010\/11\/23\/aqmi-dans-le-sahel-une-strategie-de-survie-23\/\">AQMI dans le Sahel, une strat\u00e9gie de survie<\/a>,\u00a0 Good Morning Afrika &#8211; Alliance G\u00e9ostrat\u00e9gique, Novembre 2010.<\/div>\n<div>12.\u00a0\u00a0Transparency International\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.transparence-france.org\/e_upload\/pdf\/cpi2010_table_2010.pdf\">Indice de perception de la Corruption (IPC) 2010<\/a>.<\/div>\n<div>13.\u00a0\u00a0Maghreb Intelligence\u00a0: Sahel, Alger irrit\u00e9 par l\u2019axe Bamako-Nouakchott, Novembre 2010.<\/div>\n<div>14.\u00a0\u00a0Jeremy Keenan\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.rue89.com\/2010\/08\/09\/germaneau-la-main-de-lalgerie-dans-le-fiasco-militaire-francais-161541\">Germaneau, la main de l&rsquo;Alg\u00e9rie dans le fiasco militaire fran\u00e7ais<\/a>, Ao\u00fbt 2010.<\/div>\n<div>15.\u00a0\u00a0Mohamed Sadek LOUCIF\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lexpressiondz.com\/article\/2\/2010-09-12\/80504.html\">Prise d\u2019otage, paiement de ran\u00e7on \u00e0 Al Qa\u00eeda, une recette de 150 millions d\u2019euros<\/a>,\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lexpressiondz.com\/article\/2\/2010-09-12\/80504.html\">\u00a0&#8211; L&rsquo;Expression Edition OnLine<\/a>, Septembre 2010.<\/div>\n<div>16.\u00a0\u00a0Manlio Dinucci\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.mondialisation.ca\/index.php?context=va&amp;aid=12327\">La conqu\u00eate de l\u2019Afrique d\u00e9colle de Vicence<\/a>, F\u00e9vrier 2009.<\/div>\n<div>17.\u00a0\u00a0Samuel Benshimon\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/sahel-intelligence.com\/narcotrafic\/148-narcotrafic-f-polisario\">Narcotrafic-AQMI : le \u00ab cha\u00eenon manquant \u00bb serait le front Polisario<\/a>,\u00a0Sahel Intelligence\u00a0 &#8211; D\u00e9cembre 2010\u00a0;<\/div>\n<div>18.\u00a0\u00a0Jean-Dominique Merchet\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.marianne2.fr\/blogsecretdefense\/Cote-d-Ivoire-le-COS-en-alerte-a-Ouagadougou_a62.html\">Cote d&rsquo;Ivoire : le COS en alerte \u00e0 Ouagadougou<\/a>, D\u00e9cembre 2010.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><a href=\"http:\/\/mohamed-saleck-brahim.blogspot.ca\/2011\/01\/sahel-une-geopolitique-de-linvisible.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">source<\/a><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 sa pauvret\u00e9 manifeste, le Sahel s\u2019\u00e9rige aujourd\u2019hui en hub \u00e9nerg\u00e9tique mondial, de plus en plus convoit\u00e9 par les grandes puissances. Zone charni\u00e8re entre l\u2019Afrique subsaharienne et la M\u00e9diterran\u00e9e, avec ses 80 millions d\u2019habitants, ce vaste territoire de plus de 9 millions de km\u00b2, difficilement contr\u00f4lable, est devenu un sanctuaire d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. \u00c9cologiquement et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":18800,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"tdm_status":"","tdm_grid_status":"","footnotes":""},"categories":[812],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1844","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-politique"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1844","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1844"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1844\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18799,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1844\/revisions\/18799"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18800"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1844"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1844"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1844"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}