{"id":61,"date":"2012-09-04T21:39:27","date_gmt":"2012-09-04T21:39:27","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/entrevue\/?p=61"},"modified":"2012-09-04T21:39:27","modified_gmt":"2012-09-04T21:39:27","slug":"ammar-koroghli-lexil-des-algeriens-nest-pas-une-fatalite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/ammar-koroghli-lexil-des-algeriens-nest-pas-une-fatalite\/","title":{"rendered":"Ammar KOROGHLI : L\u2019exil des Alg\u00e9riens n\u2019est pas une fatalit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><strong>Jamouli Ouzidane pour Alg\u00e9rie Network (A.N) : <em>Parlez-nous un peu de votre enfance et de l\u2019\u00e9cole Allem Mansour ; je suppose que c\u2019est dans l\u2019\u00e9cole qu\u2019on forme une personnalit\u00e9 port\u00e9e vers la lecture et l\u2019\u00e9criture \u00e0 moins que cette vocation d\u2019\u00e9crire n\u2019est venue plus tard par la rencontre d\u2019une personne, d\u2019un livre, ou d\u2019une exp\u00e9rience personnelle bienfaisante ou malheureuse qui vous ait marqu\u00e9 et forg\u00e9 pour le reste de votre vie.<\/em><\/strong><\/p>\n<hr id=\"system-readmore\" \/>\n<p>Ammar KOROGHLI (A.K) : La vocation d\u2019\u00e9crire, si l\u2019on peut dire, est n\u00e9e davantage au lyc\u00e9e qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire. D\u00e8s la classe de quatri\u00e8me, j\u2019\u00e9crivais des textes courts et de la po\u00e9sie. Dans mon cas, je pense que le besoin de m\u2019exprimer est li\u00e9 \u00e0 la situation sociale et \u00e9conomique durement ressentie au quotidien \u00e0 la fois par mes parents et par nombre de mes camarades de classe. Le d\u00e9sir de t\u00e9moigner date de cette \u00e9poque tant il est vrai que nous avions v\u00e9cu difficilement ; ce, outre le vide culturel qui pr\u00e9valait alors. Outre l\u2019\u00e9criture, j\u2019eus d\u2019ailleurs \u00e0 m\u2019int\u00e9grer dans des \u00e9quipes -\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du lyc\u00e9e- pour m\u2019occuper de th\u00e9\u00e2tre et de dessin-peinture, une autre de mes passions de jeunesse. Apr\u00e8s le bac, j\u2019ai m\u00eame vainement tent\u00e9 d\u2019obtenir une bourse pour \u00eatre r\u00e9alisateur de films.<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Vous \u00eates po\u00e8te, essayiste, \u00e9crivain, critique litt\u00e9raire, politologue, homme de loi\u2026 Ce genre de pens\u00e9e foisonnante nous rappelle un peu les penseurs pass\u00e9s encyclop\u00e9distes humanistes \u2026Pensez vous n\u00e9cessaire, pour appr\u00e9hender la complexit\u00e9 de la pens\u00e9e, d\u2019avoir une approche multidisciplinaire comme le pr\u00e9conise des penseurs comme Morin qui refuse la pens\u00e9e cart\u00e9sienne qui d\u00e9sint\u00e8gre la pens\u00e9e en la disloquant de sa totalit\u00e9 ; ce qui nous a conduit \u00e0 une pens\u00e9e hypersp\u00e9cialis\u00e9e ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A. K : Comme auteur, j\u2019ai publi\u00e9 des ouvrages de po\u00e9sie et de nouvelles, ainsi qu\u2019un essai (voire encadr\u00e9 avec photos de mes livres). Je ne pense pas que mes ouvrages s\u2019inscrivent dans une orientation d\u2019encyclop\u00e9diste, ce serait pure pr\u00e9tention de ma part. Je pense que pour ce faire il faut \u00eatre plusieurs et form\u00e9s dans des disciplines diverses\u2026 Un concours de circonstances m\u2019a d\u2019abord orient\u00e9 vers la po\u00e9sie, ensuite vers la nouvelle qui permet en un raccourci de d\u00e9crire une situation (certaines publi\u00e9es par la presse sont lisibles sur mon site). Par ailleurs, sous forme d\u2019essai et d\u2019articles, j\u2019ai tent\u00e9 d\u2019analyser la vie politique alg\u00e9rienne depuis l\u2019ind\u00e9pendance (ouvrage et articles) ; ce, dans un esprit critique et de propositions. Dans mes ouvrages in\u00e9dits, il y a une continuit\u00e9 tout en m\u2019inscrivant dans une perspective moins acad\u00e9mique, moins universitaire. A cet \u00e9gard, l\u2019approche multidisciplinaire se r\u00e9v\u00e8le en effet f\u00e9conde.<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Vous semblez hant\u00e9 dans vos \u00e9crits par ce sentiment d\u2019exil, de passage, de terre perdue et surtout de ce rapport fascinant avec l\u2019autre comme un peu Levinas ou comme celui qu\u2019on peut voir chez Edward Sa\u00efd ou un peu Amin Maalouf.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A. K : Hant\u00e9 ? Non ! \u2026 L\u2019exil est souvent v\u00e9cu comme une situation subie, quel que soit le motif de d\u00e9part du pays d\u2019origine : \u00e9conomique, culturel ou politique\u2026 Je d\u00e9cris l\u2019exil dans mes articles parus dans la presse alg\u00e9rienne pour l\u2019essentiel (\u00ab Les damn\u00e9s de l\u2019exil \u00bb, \u00ab De l\u2019exil tous les Pasteur\u00a0 ne pourraient gu\u00e9rir ma rage \u00bb\u2026) ; c\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne ancien, me semble t-il, mais constamment r\u00e9actualis\u00e9 (dans le cas de notre pays, par les harragas). J\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 \u00e9galement un ouvrage (dont certains extraits sont parus dans \u00ab Le Quotidien d\u2019Oran \u00bb) sous forme de contribution ; ce sont des chroniques \u00e0 la fois juridico-judiciaire et sociales pour d\u00e9noncer les injustices et les discriminations v\u00e9cus dans les pays d\u2019accueil. Le je s\u2019efface souvent pour c\u00e9der la place au nous, ayant eu \u00e0 observer les autres exil\u00e9s de leurs pays vivre dans les vieux immeubles de Paris, les foyers pour immigr\u00e9s et les maisons d\u2019arr\u00eat. L\u2019exil n\u2019est pas une fatalit\u00e9, c\u2019est une situation circonstancielle souvent impos\u00e9e par des conditions socio-politiques, \u00e9conomiques et culturelles et par un syst\u00e8me qui se r\u00e9v\u00e8le incapable de r\u00e9soudre les demandes d\u2019une partie de la population.<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Vous n\u2019avez jamais perdu ce souci de l\u2019Alg\u00e9rie m\u00eame et surtout dans l\u2019exil. Quel est le secret de cet attachement ? Est-ce que l\u2019Alg\u00e9rie est un votre Andalousie perdue ou un retour vers l\u2019enfance de celui qui ne veut pas grandir dans le r\u00e9alisme ? Vous refusez de toute votre \u00e2me que l\u2019Alg\u00e9rie sombre !<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A. K : Il ne s\u2019agit d\u2019aucune mani\u00e8re d\u2019un retour vers l\u2019enfance, m\u00eame si dans l\u2019un de mes manuscrits in\u00e9dits (titres provisoires : \u00ab Destin d\u2019exil \u00bb, \u00ab l\u2019exil en m\u00e9moire \u00bb ou \u00ab De l\u2019exil tous les Pasteur ne pourraient gu\u00e9rir ma rage \u00bb) je d\u00e9cris partiellement la vie de l\u2019enfance alg\u00e9rienne (qu\u2019on pourrait appeler l\u2019exil int\u00e9rieur). Pour moi, l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est pas une Andalousie perdue (je souhaite qu\u2019elle devienne avec les autres pays du Maghreb une nouvelle Andalousie expurg\u00e9e des relents nostalgiques du pass\u00e9 mais riche de culture et d\u2019esprit scientifique). Je suis toujours Alg\u00e9rien et je retourne d\u00e8s que je peux \u00e0 ce port d\u2019attaches. Et, bien entendu, je m\u2019y int\u00e9resse au quotidien ; comment, dans ces conditions, voudriez-vous que j\u2019accepte -comme d\u2019autres- qu\u2019elle sombre\u00a0 ?<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Que pensez- vous de la pens\u00e9e alg\u00e9rienne contemporaine ? Pourquoi manquons-nous cruellement de Pascal, de Nietzsche, de Mouloud Feraoun ? Pourquoi cette d\u00e9cadence de la pens\u00e9e alg\u00e9rienne qui est partout dans les m\u00e9dias\u00a0 surtout ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A. K : Pens\u00e9e alg\u00e9rienne contemporaine, dites-vous ? D\u00e9crivez-la moi ! Plus s\u00e9rieusement, je souhaiterais tant \u00eatre d\u00e9menti par la r\u00e9alit\u00e9, mais il me semble qu\u2019il n\u2019existe pas \u00e0 proprement parler de pens\u00e9e telle que vous la d\u00e9crivez, \u00e0 moins de faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 nos textes fondamentaux dont certains fondateurs de la R\u00e9publique alg\u00e9rienne) telle la\u00a0 Proclamation du 1er novembre 1954\u2026 En effet, il y a plut\u00f4t des auteurs Alg\u00e9riens -notamment en sciences sociales- ayant publi\u00e9 des ouvrages et soutenu des th\u00e8ses et m\u00e9moires dans diverses disciplines. Et, \u00e0 ce stade, je m\u2019interroge l\u00e9gitimement sur l\u2019absence de politique \u00e9ditoriale s\u00e9rieuse de notre pays ; comment accepter que ces nombreux travaux dorment dans les librairies et les biblioth\u00e8ques en France sans que l\u2019Alg\u00e9rie ne daigne v\u00e9ritablement en faire b\u00e9n\u00e9ficier nos compatriotes ? Nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019un syst\u00e8me gouvern\u00e9 par une g\u00e9rontocratie incapable de penser \u00e0 son renouvellement, pr\u00e9f\u00e9rant un quadrillage de la culture et des gens du livre.<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Vous rejoignez Malek Haddad et sa sentence : La langue fran\u00e7aise est mon exil. Ne pensez vous pas tout de m\u00eame que nous avons fait un grand tord \u00e0 la langue arabe ou berb\u00e8re en les exilant ? Ne pensez vous pas que c\u2019est nous et notre identit\u00e9 finalement que le butin de guerre que la francophilie a eu en fin de compte ? Et en g\u00e9n\u00e9ral dans le th\u00e8me r\u00e9current de l\u2019identit\u00e9, comment la d\u00e9finissez vous ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A. K : Dans l\u2019un de mes textes, j\u2019ai cit\u00e9 Malek Haddad pour qui \u00ab La langue fran\u00e7aise est un exil \u00bb, ainsi que celle de Kateb Yacine pour qui \u00ab La langue fran\u00e7aise est un butin de guerre \u00bb. Je pense que pour le premier, qui a \u00ab choisi \u00bb (un choix impos\u00e9 ?) de ne plus \u00e9crire de romans en langue fran\u00e7aise, il s\u2019agissait de prendre position par rapport \u00e0 une langue qu\u2019en d\u00e9finitive seule une partie de l\u2019\u00e9lite alg\u00e9rienne ma\u00eetrise; pour le second, la langue fran\u00e7aise m\u00e9rite de figurer dans la palmar\u00e8s des langues en vogue en Alg\u00e9rie. Pour ma part, je pense qu\u2019il y a lieu de r\u00e9habiliter nos langues d\u2019origine : les langues berb\u00e8re et arabe demeur\u00e9es sans doute trop longtemps des langues orales alors qu\u2019elles constituent notre identit\u00e9 premi\u00e8re. Nous sommes ind\u00e9pendants depuis pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle et nous sommes toujours \u00e0 nous interroger sur notre identit\u00e9 ! Existe-t-il une langue alg\u00e9rienne ? Dans l\u2019affirmative, pourquoi n\u2019avons-nous pas d\u2019ouvrages et de journaux \u00e9crits dans celle-ci, c\u2019est-\u00e0-dire dans la langue parl\u00e9e au quotidien et d\u2019acc\u00e8s ouvert \u00e0 la majorit\u00e9 des Alg\u00e9riens ?<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Dans votre article : Ecrivains Alg\u00e9rianit\u00e9 &amp; Alg\u00e9rianophonie, vous remettez encore dans le tableau le facteur langue fran\u00e7aise que vous dites une langue \u00e9litiste (culture et technologie), avez-vous tranch\u00e9 sur cette langue comme une transition, un refus, une traduction, un no man-s land, un dialogue, un pluralisme \u2026 avec tous ces conflits artificielle entre arabophones et francophones ? Finalement est-ce une mal\u00e9diction ou une b\u00e9n\u00e9diction cette pluralit\u00e9 des langues ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A.K : La langue fran\u00e7aise peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un butin de guerre, mais par d\u00e9finition un butin n\u2019est pas in\u00e9puisable. J\u2019ai parl\u00e9 d\u2019alg\u00e9rianophonie (voire de maghr\u00e9bophonie) par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 notre v\u00e9cu linguistique au quotidien ; si l\u2019on peut dire la majorit\u00e9 linguistique, selon les r\u00e9gions, elle est soit arabophone, soit berb\u00e9rophone. De cette mani\u00e8re, les langues europ\u00e9ennes -dont la langue fran\u00e7aise- apparaissent comme un moyen de v\u00e9hiculer les id\u00e9es de l\u2019\u00e9lite form\u00e9e tant en Alg\u00e9rie qu\u2019en France, et singuli\u00e8rement dans les domaines de nos formations respectives. En ce sens, un mouvement de traduction dans nos deux principales langues alg\u00e9riennes des \u0153uvres majeures dans toutes mati\u00e8res serait b\u00e9n\u00e9fique (y compris du Japonais, du Chinois, du Russe, de l\u2019Allemand\u2026. De ce fait, la pluralit\u00e9 des langues serait plut\u00f4t une b\u00e9n\u00e9diction ; des pays plus d\u00e9velopp\u00e9s \u00e9conomiquement mais plus petits par la d\u00e9mographie et la g\u00e9ographie ont plusieurs langues nationales : la Suisse et la Belgique par exemple.<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Sur Rabah Belamri vous dites : L\u2019absence de diffusion de ces \u0153uvres alg\u00e9riennes en Alg\u00e9rie le r\u00e9voltait\u2026ne pensez vous que cette absence ci est due \u00e0 la situation d\u00e9plorable de l\u2019\u00e9dition en Alg\u00e9rie en plus de la situation sociale dans son ensemble ? Pourquoi\u00a0 ne pas se prendre en main avec les nouvelles technologies IT du Web2 ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A.K : Feu Rabah Belamri figure parmi les \u00e9crivains Alg\u00e9riens que j\u2019ai lus et sur lesquels j\u2019ai \u00e9crit (voire r\u00e9alis\u00e9 des entretiens avec eux, ainsi Malika Mokaddem par exemple). Tout \u00e9crivain, y compris ceux de graphie fran\u00e7aise, souhaite \u00eatre pr\u00e9sent par ses ouvrages dans son pays natal pour participer \u00e0 une dynamique culturelle. Belamri \u00e9tait de ceux-l\u00e0. L\u2019id\u00e9al serait que l\u2019Alg\u00e9rie devienne exportatrice des livres publi\u00e9s par ses enfants (c\u2019est l\u2019une des meilleures mani\u00e8res d\u2019enraciner la pens\u00e9e, le savoir et le savoir-faire acquis par tout un chacun afin de faire face \u00e0 l\u2019in\u00e9luctable et naturel \u00ab apr\u00e8s p\u00e9trole \u00bb ; nous sommes trop d\u00e9pendants et trop otages de cette mati\u00e8re premi\u00e8re). Les pays asiatiques sont devenus un mod\u00e8le de r\u00e9ussite en tous domaines\u2026 L\u2019\u00e9dition existe t-elle en Alg\u00e9rie ? A mon sens, comme pour le cin\u00e9ma alg\u00e9rien, il existe plut\u00f4t des \u00e9diteurs Alg\u00e9riens (et des cin\u00e9astes alg\u00e9riens) depuis la fin du monopole su secteur public dont certains sont davantage des libraires que des \u00e9diteurs structur\u00e9s en tant que tels ; et certains cherchent sans doute des opportunit\u00e9s d\u2019\u00e9dition dont il reste \u00e0 esp\u00e9rer qu\u2019elles ne soient pas seulement une op\u00e9ration commerciale. Les droits d\u2019auteur sont encore au stade de balbutiement chez nous.<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Quel est ce lien que vous faites sans cesse entre vos \u00e9crits en culture et ceux en politique. Je croyais que le penseur avait horreur de l\u2019action et seul Marx le penseur voulait changer le monde. Nietzsche voulait plut\u00f4t changer l\u2019homme ! Et pour changer ce monde ne nous faut-il pas une vision profonde anthropologique, philosophique, scientifique \u2026 ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A. K : Qu\u2019est-ce que la politique si ce n\u2019est de la culture en action ! Le champ culturel est investi par le politique en tant qu\u2019acteur et pas seulement au niveau institutionnel ; \u00e0 l\u2019inverse, le champ politique est investi par l\u2019homme de culture \u00e0 travers ses analyses critiques en mati\u00e8re de sciences sociales notamment. Les deux instances sont intimement li\u00e9es. En ce qui me concerne, c\u2019est ce que j\u2019ai tent\u00e9 d\u2019exposer dans mon essai in\u00e9dit \u00ab L\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la d\u00e9mocratie \u00bb. Il faut effectivement une approche qui fait appel \u00e0 toutes les mati\u00e8res ; c\u2019est ainsi que nous pourrions mieux servir notre pays en le dotant d\u2019outils d\u2019analyse et de m\u00e9thodologie qui constituent autant de technologies nouvelles dont le transfert peut se faire au moins en partie par l\u2019entremise des \u00ab exil\u00e9s \u00bb au service de notre peuple.<\/p>\n<p><strong>A.N : <em>Que pensez-vous de cette mont\u00e9e d\u2019islamophobie en France surtout et dont le mod\u00e8le\u00a0 s\u2019exporte dans les pays francophones ? Devons nous nous d\u00e9sint\u00e9grer pour nous int\u00e9grer ? Devrons nous rentrer chez nous ou nous battre en tant qu\u2019occidentaux musulmans ? Ne pensez vous que notre humiliation vient de notre faute de n\u2019avoir pas sur cr\u00e9er une diaspora forte en \u00e9conomie, politique, \u00e9ducation ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A. K : \u00c0 l\u2019islamophobie, il faut r\u00e9pondre par la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 ; notre credo devrait \u00eatre celui de r\u00e9gler tout litige selon le principe \u00ab billati hya ahs\u00e8ne \u00bb (par la meilleure voie possible, en l\u2019esp\u00e8ce par l\u2019esprit de paix). Il est vrai que certains politiques, relay\u00e9s par des m\u00e9dias en constante qu\u00eate de sensationnalisme, tentent la provocation. Ne c\u00e9dons pas \u00e0 celle-ci ! Quant \u00e0 \u00ab l\u2019int\u00e9gration \u00bb, c\u2019est un vocable devenu \u00e0 mon sens obsol\u00e8te. Int\u00e9gration pour qui ? Pour ceux qui ont fait leurs \u00e9tudes et cotisent (voire votent) dans les pays d\u2019accueil ? Et plut\u00f4t qu\u2019 \u00ab occidentaux musulmans \u00bb, je dirais Musulmans vivant en Occident ; ce, avec facult\u00e9 de penser librement \u00e0 l\u2019instar d\u2019Ibn Rochd\u00a0 (pour autant d\u2019ailleurs que le terme Occident soit un concept op\u00e9ratoire). Et naturellement agir dans les pays d\u2019accueil dans les sph\u00e8res politique, \u00e9conomique, culturel, scientifique et sportif me semble un imp\u00e9ratif sans que nous ayons \u00e0 nous d\u00e9finir obligatoirement comme une diaspora. Et, in fine, les pays d\u2019origine ont leur part de responsabilit\u00e9 dans ce qui nous arrive, ils se doivent d\u2019intervenir dans ce d\u00e9bat car outre leurs travaux mentionn\u00e9s supra, les \u00ab exil\u00e9s \u00bb peuvent \u00eatre une force d\u2019appoint substantielle au pays par leur apport concret, sur le terrain pour peu que les autorit\u00e9s en charge de la sph\u00e8re politique aient la volont\u00e9 politique de les r\u00e9int\u00e9grer selon des modalit\u00e9s qui pourraient \u00eatre d\u00e9finies d\u2019un commun accord avec tout un chacun de nous.<\/p>\n<p><strong>(Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Jamouli Ouzidane pour Alg\u00e9rie Network)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jamouli Ouzidane pour Alg\u00e9rie Network (A.N) : Parlez-nous un peu de votre enfance et de l\u2019\u00e9cole Allem Mansour ; je suppose que c\u2019est dans l\u2019\u00e9cole qu\u2019on forme une personnalit\u00e9 port\u00e9e vers la lecture et l\u2019\u00e9criture \u00e0 moins que cette vocation d\u2019\u00e9crire n\u2019est venue plus tard par la rencontre d\u2019une personne, d\u2019un livre, ou d\u2019une exp\u00e9rience [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2446,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"tdm_status":"","tdm_grid_status":"","footnotes":""},"categories":[773],"tags":[],"class_list":["post-61","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}