La « démocratie » contre le « socialisme »

Must Read

Ce que Yasmina Khadra doit à Tahar Ouettar

Reçu, ce 10 avril 2010, de Jonathan Klein, professeur de littérature à Bakersfield, en Californie, ce message où il est question...

Charlie-Hebdo : le départ de quelque chose ?

L’épouvantable choc provoqué, au sein de la société française, par le carnage perpétré au siège de Charlie-Hebdo, peut bien...

الجزائر – تركيا فرصة تاريخية لتحالف استراتيجي

الدبلوماسية هي فن إقناع الأقوياء للضعفاء بالخضوع دون إجبارهم على ذلك بالعنف. إنه أيضًا بالنسبة للضعيف فن الدخول...

Il y a vingt-cinq ans, combien d’Algériens avaient compris que la démocratie signifiait la fin de ce « socialisme » dont, pour la plupart, ils regrettent l’époque et caressent le souvenir ? A n’en point douter, ils étaient très peu nombreux.

Lorsque les jeunes des quartiers populaires d’Alger ont déferlé sur la ville, le 5 octobre 1988, ils n’avaient aucune plate-forme écrite qui exprimerait leur révolte. Mais, leurs cibles indiquaient clairement les raisons de leur ressentiment. Ils ont attaqué, principalement, les lieux de distribution des biens de consommation, les « Souks El Fellah » et les « Galeries algériennes », ces grandes surfaces qui assuraient un approvisionnement de la population au moindre prix, sauf que pour certains produits de pénurie ils servaient en priorité des privilégiés.

Une façon de dénoncer les iniquités, quand l’effondrement des prix des hydrocarbures se traduisait, d’abord, par la fin de l’abondance marquée par le « PAP », ou « Programme Anti-Pénurie », puis par une rareté de beaucoup de produits de base. Accessoirement, le siège du Ministère de la jeunesse et des sports a été saccagé, conférant au mouvement une note plus ou moins politique, comme un message des insurgés qui disaient leur colère contre une institution pour lui signifier qu’elle n’était pas à la hauteur de sa mission. L’événement a surpris le pays. L’orage s’est momentanément calmé, alors que des réponses lui étaient données qui ne correspondaient en rien au mal être de la jeunesse, en particulier, et de la population en général.

Des « réformes » politiques sont engagées contre le règne du parti unique, le Front de Libération Nationale (FLN). Le pouvoir offre la « démocratie ». C’est ce qui dominait dans les débats. Le multipartisme, la liberté d’expression et tutti quanti, allaient résoudre les problèmes du pays et débloquer la situation. Parallèlement, d’autres « réformes » sont mises en œuvre, sans attendre que le peuple exerce sa « souveraineté », fasse ses choix. Ce fut le « socialisme » qui sera mis au poteau. Ce serait, lui, qui serait responsable de la « crise économique » que vivait le pays. Le pack proposé est apparu indispensable. Ainsi, en même temps que se déboulonnait l’unicité politique sera entrepris le démantèlement du secteur économique public.

Le maître d’œuvre, Mouloud Hamrouche, le premier ministre de la chose, avait le verbe haut et l’assurance qu’il faut. Une foule de « réformistes » est recrutée, dans les institutions, comme dans la presse libéralisée. Une seule voix se faisait entendre. Les voix contraires faisaient déjà partie du passé. Pourtant, les jeunes d’octobre n’avaient rien dit, ni sur la démocratie, ni sur la faillite supposée du secteur d’Etat. On le leur fera dire. Ils auront symbolisé, sans le savoir, sans le vouloir, les troupes d’un système auquel ils auraient été, plutôt, hostiles. Car c’est bien contre les inégalités qu’ils ont mis le feu à la rue. Aujourd’hui, même s’ils ont vieilli, il serait de la première opportunité de leur demander si leurs cris et si leur violence ont été pour exiger l’économie de marché, le capitalisme.

Ahmed Halfaoui

- Advertisement -
- Advertisement -

Latest News

Ce que Yasmina Khadra doit à Tahar Ouettar

Reçu, ce 10 avril 2010, de Jonathan Klein, professeur de littérature à Bakersfield, en Californie, ce message où il est question...
- Advertisement -

More Articles Like This

- Advertisement -
error: Content is protected !!