vendredi, juillet 30, 2021

La République et les Pouvoirs

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Arezki MAOUCHE

La République, est une chose publique de son origine latine au sens étymologique du terme, Res- Publica. A la différence d’une monarchie ou le sultanat, où c’est le Roi ou le Malik qui décide de la gouvernance, et du mode de gestion de la Cité, dans une République, il y a un seul souverain et c’est le Peuple.

Le Peuple dispose donc du Pouvoir le plus fort, celui de disposer de la forme de Gouvernance et du droit de disposer de son avenir.

Pour garantir ses droits à la vie, à la liberté et au bonheur, il se donne pour guide, inviolable, un texte ou une plateforme, appelée par nos temps La Constitution.

La Constitution énonce donc la volonté du Peuple en affirmant ses droits intangibles de disposer de sa liberté, de rester libre et d’aspirer au bonheur.

La Constitution, qui est donc la convention que passe le Peuple et qui reste une Loi Fondamentale donc, prévoit également les formes de gouvernance et les définitions des pouvoirs qu’il délègue, pour justement garantir la mise en œuvre de ses aspirations.
Parmi tous ces pouvoirs que le Peuple délègue, il y ‘a par-dessus tous les autres, le Pouvoir Législatif, chargé de disposer de l’avenir, par les Lois que les institutions populaires, forcément élues seront chargées de rédiger, adopter, amender, abroger mais, toujours, selon la volonté du Peuple.

Les assemblées n’ont de pouvoir que celui qu’elles tiennent du Peuple. Leurs décisions ne sont respectables que parce qu’elles traduisent la volonté des citoyens.

Dans une République respectant ces fondements, le Peuple doit se donner les moyens de réaliser et mettre en œuvre les programmes de réalisations. Ces derniers sont confiés à un Exécutif.

Selon les formes, variant d’un pays à un autre, cet exécutif est soumis au contrôle du peuple, contrôle exercé par le biais de ses élus. Cela existe même dans les monarchies parlementaires, où le chef du Gouvernement expose devant le parlement et ses programmes et ses réalisations à titre de compte rendu.

Dans une République, en principe, l’Exécutif devrait émaner de la composante des représentants élus par le peuple, du Parlement.

Quand bien même il existerait des régimes, dits républicains et démocratiques, des formes variées allant du système parlementaire, au Présidentiel en passant par la variante dite semi présidentielle, l’exécutif n’est pas pour autant dispensé d’aller devant le Peuple exposer ses programmes et ses comptes rendus de réalisations.

Le Peuple a le droit de demander à changer de système de gestion de ses biens collectifs et peut décider de changer d’exécutif dès lors qu’il s’éloigne dans la réalisation de ses aspirations fondamentales qui sont la vie, la liberté et le bonheur.

Les Droits du Peuple sont intangibles et inviolables par quelque puissance qu’elle soit. Sa Loi fondamentale qu’il adopte ne peut être, ni rédigée, ni amendée, ni corrigée que par lui-même, sauf si elle prévoit en son sein déjà que le Peuple délègue ce pouvoir dans les limites qu’il accepte.

En tout état de cause, le Peuple ne peut déléguer ces pouvoirs, même pour une institution élue, même au suffrage universel, le droit de modifier l’organisation des pouvoirs de la République, dont la constitution assure l’équilibre et le service au profit du Peuple.

En ce qui nous concerne, au-delà, de l’article 74, la Constitution a été modifiée, même dans l’équilibre des pouvoirs. Celui de la volonté de désigner un Chef du Gouvernement, émanant de la majorité populaire au parlement, ou d’une composition équilibrée issue du Parlement, a été dénié au Peuple.

Le poste de Chef du Gouvernement a été supprimé au profit d’un simple Premier Ministre, qui n’a pour mission que de coordonner les activités du gouvernement sans autorité sur celui-ci, et surtout, sans cette obligation de présenter devant le Peuple (ses représentants élus) son programme et encore moins son bilan d’activité.

Le dilemme est que l’institution Républicaine, la plus haute, soit la Présidence est élue elle aussi sur la base d’un programme. Qui a la primauté des deux programme : celui du candidat à la Présidentielle ou le programme du peuple qui doit être celui du ou des partis majoritaires au parlement ?

Ce problème est encore plus ardu, lorsque nous savons que le Président s’est présenté aux élections en candidat libre, non partisan.

Faute donc de disposer dans toute l’acception du terme, du pouvoir d’adopter les programmes de l’exécutif, faute de pouvoir en contrôler les réalisations, de décider par motion de confiance ou de défiance de reconduire ou d’éconduire l’exécutif, ce dernier agira dans l’impunité.

Aussi le pouvoir exécutif autant que le pouvoir judicaire, prendront le dessus et s’octroieront la primauté sur le Pouvoir Absolu, celui de LEGIFERER. Les institutions de l’exécutif deviennent alors des tours d’ivoire imprenables, fortifiées par le sentiment d’inaccessibilité et d’impunité.

Ainsi donc, avec une alliance d’intérêt avec le plus pernicieux de tous, le Pouvoir Financier, l’intérêt général s’efface devant celui des particuliers et des lobbys, des clans. La corruption, le péculat régneront en maitres des lieux.

Les administrations, locales ou nationales prennent la forme de territoires privés, hermétiques et inaccessibles, soumises aux désirs des plus forts. Leurs plans et leurs programmes ne sont plus des plans de développement de services publics mais de services au public.

Les autoroutes, les barrages, les écoles, les hôpitaux , les programmes d’aide à l’emploi, de promotion de PME ne sont plus présentés comme des actions de promotion de la société mais comme des dons faits à la population : c’est l’argument béton mis en avant pour présenter toutes les réalisations comme étant l’œuvre d’une personne, une seule, le Peuple devant faire des génuflexions de remerciements devant l’artisan majeur de tous ces bienfaits, oubliant que toutes ces ressources financières sont tirées d’une seule : les hydrocarbures qui sont , là vraiment, un don de la Nature, de la Géologie , en fait de DIEU .

La Démocratie, les partis politiques et l’opposition :

La Démocratie est un système de gouvernance où le pouvoir revient au peuple. Ce pouvoir est donc exercé en respect du Texte fondamental qu’est la Constitution, par le biais des institutions qu’il se donne pour gouverner et dont il a fixé les limites pour éviter les excès, les dépassements.

Gouverner démocratiquement c’est le faire en respect de la volonté du Peuple, de tout le Peuple. Tourner la démocratie à la seule définition de la Gouvernance au nom d’un résultat issu d’une urne, c’est, notamment dans les cas d’une abstention importante et d’une majorité maigre, instaurer une dictature d’une majorité qui n’est pas représentative. Le principe cardinal de la Démocratie, c’est de prendre en considération tous les avis, même fortement minoritaires, accepter les avis contradictoires utiles pour bien gouverner. La bonne Gouvernance ne peut être possible que dans le cas où il existe une bonne et forte opposition, qui impose aux gouvernants l’éveil permanent.

Les avis des minorités, des collectifs de citoyens organisés autour de programmes, d’idées, doivent toutefois s’exprimer dans des cadres identifiés, connus, et déclarés.

Idéalement, il revient aux partis politiques de combler le vide existant entre l’Etat et les citoyens. Les Partis n’appartiennent pas à l’ordonnancement étatique en tant que service public. Ils exercent une activité de service public dès lors qu’ils expriment leurs points de vue et leurs avis sur la gestion de la chose publique.

Il est curieux d’entendre quelque fois, les gouvernants, dès l’approche d’échéances électorales, accuser les partis politiques qui, soit s’opposent à eux ou font campagne contre eux, ou le système qu’ils représentent, de vouloir le Pouvoir.

Les partis se créent bien de ce but précis : le Pouvoir pour mettre en œuvre leurs programmes. Si ce n’était pas le cas, il aurait mieux valu en faire des think tank, des clubs de réflexion ou des forums de débats et de propositions.

Dans de grands moments comme celui que nous allons vivre, le plus grand bien que nous pouvons faire au pays, à la nation, au Peuple pour être plus simple est de le respecter d’abord. Au lieu des insultes et des déclarations incendiaires, accusant tous ceux qui ne chantent pas le même air de traitres, il aurait été plus intelligent de permettre l’expression libre des opposants, des partis. Cela participerait d’une œuvre de salubrité.

Ouvrir les médias et organiser des débats contradictoires éclaireraient mieux l’opinion publique, apeurée, angoissée et stressée devant ces menaces proférées à longueur de journée depuis quelques mois et qui s’accentueront durant la campagne électorale.

Alors de grâce, prenez conscience et écoutez les gémissements du Peuple. Ecoutez ses plaintes. A défaut les colères jusque-là contenues risquent de provoquer ce que personne ne souhaite pour notre pays qui n’a que trop souffert.

Je m’autoriserai à vous supplier, tous, tels que vous êtes, au pouvoir, en course pour le pouvoir ou opposés au pouvoir et/ou au quatrième mandat, entendez-vous et regardez l’intérêt de ce peuple.

Arezki MAOUCHE

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