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                                                           Par  Mohamed Senni.

Il est des combats voués à l’échec à peine l’intention de les livrer germée. Nous avons eu l’occasion de lire un texte, signé par un pseudo défenseur de l’environnement sur les chardonnerets dont les jours «semblent comptés ». Nous nous  attendions à une levée de boucliers pour la « sauvegarde » de ces beaux oiseaux.

Or, en dépit des motifs qui foisonnent dans le texte, et vu l’absence d’une mobilisation dûment motivée pour être salvatrice, ce texte est resté lettre morte. Pas la moindre réaction pour endiguer ce phénomène n’a été notée, encore moins observée ou, à tout le moins ressentie. Nous serions édifiés si les lecteurs pouvaient nous expliquer pourquoi ils sont restés de marbre. Ont-ils décelé quelque incohérence avec  les idées affichées ? Leur indifférence traduit-elle leur désintéressement dicté par leur dur quotidien?  Difficile d’y répondre.

Des articles de loi et des décrets ont  pourtant été alignés. La loi a une signification particulière chez le citoyen Lambda. Peut-être eût-il été plus judicieux de justement ne pas lui en parler.

Des visites ont été rendues aux responsables et des questions leur ont été posées. Leurs réponses militent, à l’unisson,  pour des réactions de nature à déblayer le terrain pour l’affrontement inéluctable. Or rien n’a suivi. Dans le texte, nous apprenons que le législateur a tranché. Son travail s’arrête là. La suite, et les exemples ne manquent pas, ne le concerne pas.

Cependant, il y a comme de l’inachevé pour parvenir au but visé par l’article. D’abord, pas un seul nom ni une seule qualité des responsables contactés -si jamais ils l’ont réellement été comme l’avance l’auteur du texte -. Sur quatre, aucun d’eux n’est cité ce qui aurait crédibilisé l’auteur. Grave omission. Mais là il n’y a pas problème. En revanche, celui-ci se trouve dans la non définition des espèces protégées, de l’impact estimé «économique » sur des importations illégales, du « massacre » engendré par ce commerce qui « compromet » dangereusement » les générations à venir » !

Il faut bien que quelqu’un détourne l’attention de nos concitoyens des sujets qui leur tiennent à cœur et que les autorités ne peuvent ni ne savent y faire face. Cela fait trop « d’impacts » à la fois. Mais qui peut reprocher à la montagne d’accoucher d’une souris ? L’important c’est d’avoir essayé sauf que…

J’apprends donc que les chardonnerets sont une espèce menacée. Si tel était le cas, elle le serait par les prédateurs naturels. Mon inculture sur le sujet ne me permet pas de définir exactement qui sont ces prédateurs. Or l’homme n’a d’intérêt à être prédateur des chardonnerets que si ceux-ci constituent un besoin vital pour lui. Où a-t-on vu des citoyens égorger ces beaux spécimens ? Jamais, au grand jamais! Il faut être un monarque très nanti pour se payer une pastilla (بسطيلة) aux chardonnerets à la place des pigeons comme le veut la coutume culinaire.

Pour ce cas précis, ceux qui s’adonnent à leurs élevage  et commerce ont, comme premier mérite, de les sauver. Il existe dans notre ville des commerces élégamment tenus, avec registres de commerce, qui vendent tout ce qu’il faut à cette faune et …jusqu’aux médicaments qui leur sont nécessaires sans omettre la littérature spécialisée. Donc il y a une demande assez forte. Et la nature, ayant horreur du vide, y a pallié. Que ces personnes gagnent de l’argent est une double aubaine non seulement pour eux mais pour le pays  qui, bien que disposant de moyens colossaux, donne une impression atrophiante qui l’empêche de créer des emplois durablement rentables. Qu’il crée donc ces emplois et des activités du type de celles dont nous parlons disparaîtront… peut-être.

Après l’appel adressé au nouveau  Wali de la Wilaya de Sidi-Bel-Abbès dans ces mêmes colonnes, il a été rapporté que le Président de l’APC a décidé de délocaliser ce marché hebdomadaire. Le Jardin public peut espérer là une opportunité de retrouver son  lustre d’antan. Et il suffit de peu de moyens pour y parvenir. Mais le problème de la « sauvegarde des espèces protégées » reste entier puisqu’il n’a été décidé que d’une délocalisation. Le problème reste donc entier sauf  que le péril encouru par le jardin public est endigué. Pour le moment, du moins. Mais les vrais dangers sont ailleurs. Nous en citons quelques uns.

 

Outarde houbara

Que paient les émirs fauconniers du Golf, depuis plus de quarante ans, quand ils viennent abattre des centaines de gazelles pour leur seul plaisir et des  milliers d’outardes pour en extraire les foies qui, semble-t-il, ont des propriétés aphrodisiaques ?

Ce sont les Algériens qui paient tout : gendarmes pour surveiller ces assassins qui, en abattant notre cheptel piétinent notre dignité avec la complicité de nos responsables, main d’œuvre pour éventrer les pauvres bêtes – qui font l’originalité de notre pays – en extraire les foies et porter les bacs isothermes.

En 1975, il semblerait que notre pays comptait et compte à ce jour le plus grand nombre de sujets. Actuellement, l’outarde houbara compte trs désertiques semi-arides où il se sent en sécurité, son abattage systématique l’a contraois sous-espèces dans le monde. Celle à laquelle appartient la variété algérienne, appelée « undualaba » existe « dans les îles Canaries, en Maurétanie et tout le Nord de l’Afrique jusqu’en Egypte » et compte moins de 10 000 sujets dont 5 000 dans la seule Algérie! Volatile  vivant solidairement, en petites colonies d’une dizaine de sujets,  dans les espaceint, au fil des ans, à fuir les zones steppiques  pour remonter vers le Nord et il a été aperçu il y a quelques semaines à…Marhoum ! Aux portes de notre ville donc et dans les environs de Saïda où des enfants se sont spécialisés dans le ramassage de ses œufs pour les vendre à ceux qui ont bestialement flairé le filon et qui doivent les revendre pour éclore en incubateur.

Il n’est pas difficile de ne pas admettre  que ces œufs, s’ils ne voyagent pas en première classe d’avions, doivent suivre le même chemin que le corail. Que fait l’Etat ? Rien à part bénir le massacre par ceux qui ont plus de droits chez nous que nous n’en avons nous-mêmes. Impact économique dîtes-vous ? Un peu de pudeur, ne serait-ce que par rapport à ce qui vient d’être déballé sur Sonatrach, l’autoroute et autres sur  deux continents puis la planète entière.

Ce que gagnent ces oiseliers, comparativement aux pots- de- vin versés aux véreux de la seule Sonatrach représente le volume d’un pipi de chat (pour rester avec nos amies les bêtes) par rapport au volume des mers et océans qui couvrent quand même  les deux-tiers du globe! Le poison qui nous vient des frontières ouest, souvent avec la complicité d’agents de l’Etat chargés de barrer la route à ces produits détruisant notre économie et tuant  à petit feu notre jeunesse, ce poison-là a un prix exorbitant  par rapport à « l’impact économique » qui constitue « un manque » dans les caisses du Trésor public.

Quant aux oiseaux exotiques importés, ils passent devant la douane, avec documents vétérinaires et factures. Faire accroire aux lecteurs qu’il s’agit d’un « trafic organisé », bien qu’il existe à très basse échelle, traduit une intention inavouée ou relève de la mauvaise foi. Par contre le « trafic » existe au niveau des containers et, en dépit des saisies opérées cycliquement, il y en a qui passent allègrement et ils sont nombreux. C’est là l’origine première de l’informel.

Mais restons avec les bêtes parce que, parmi elles, il y en a qui traversent la douane dans le cadre d’une réglementation stricte. Il s’agit des bovins. Et là il y a un gros trafic de détournement des devises de l’Etat. En dépit d’un cahier des charges qui en détermine les conditions : gestation avec mois précis, âge maximum de la vache, lactations de la mère et de la grand’mère etc… il y a quand même des importations faites par des véreux et généralement indécelables. Jugez-en : papiers comprenant les pedigrees des bêtes et une boucle avec numéro (composé d’un certain nombre de chiffres), délivré par les services vétérinaires du pays d’origine dans un maximum de 24 heures qui suivent la naissance de la bête. En France, le dossier de naissance est systématiquement inscrit au herd-book, fichier national. Une fois la naissance déclarée, le vétérinaire en fait le constat et inscrit à l’intérieur de l’oreille, au moyen d’un stylo électrique, le numéro qui sera visible sur la boucle. Certains importateurs achètent, avec la complicité du vendeur des vaches âgées qui vêleront mais ne donneront plus de lait (une vache est traite durant cinq bonnes années). Si la vache, répondant au cahier de charges algérien coûte par exemple 1 500€ (chiffre donné au hasard) à l’importateur, celle de neuf ans lui est cédée au poids, environ 500€. On lui délivre alors les papiers d’une vache- décédée généralement- ou invendable sur le marché français (mauvaise conformation, un ou plusieurs trayons carnifiés etc.)  et on colle sur le carton du pedigree la photo de la vache de neuf ans. Aux ports on contrôle seulement la concordance du chiffre de la boucle avec celui porté sur le pedigree. S’ils sont identiques, le produit ne pose pas problème. Or il faut contrôler le chiffre tatoué à l’intérieur de l’oreille pour s’assurer de l’authenticité du produit. Seulement voilà : l’oreille comporte des poils à l’extérieur et est crasseuse à l’intérieur. Il suffit de la  décrasser avec un chiffon mouillé et coller une lampe de poche à l’extérieur. Le tatouage apparaît limpide. Si le chiffre  tatoué correspond à celui inscrit sur la boucle, la bête est conforme. Mais s’il y a une différence sur un seul chiffre alors il y a magouille. Le chiffre tatoué n’est jamais contrôlé et certains professionnels, formés à grands frais par l’Etat, ignorent jusqu’à son existence !

Les oiseaux exotiques constituent un enrichissement pour la diversité de la faune du pays et pour le plaisir des citoyens. Et puisque dans notre ville ils sont exposés dans l’enceinte du jardin public, pourquoi alors s’est-on tu sur une  parcelle qui aurait été accaparée de ce jardin par une « personnalité » pour construction personnelle ? Et le gaz de schiste qui a commencé ses redoutables retombées collatérales en  polluant les nappes phréatique et albienne est le plus grand danger qu’on fait courir à nos enfants dont l’avenir ne sera jamais compromis par cette utopique menace qui ne pèse que dans l’esprit de certains en quête de sensations et d’encensement et ne touchera jamais nos chardonnerets. La faune qui gravite autour du Lac de Sidi Mohamed Ben Ali est d’ores et déjà menacée parce que la sécheresse d’esprit et le mélange des genres ont fait que par entêtement, l’on a érigé un muret qui l’empêche de s’abreuver. L’ex-Wali s’est fait un point d’honneur à persister dans un projet pour lequel il n’avait aucune connaissance ni la moindre approche. Son successeur a déclaré y remédier. Il en est de même de la faune aquatique parce que l’on a lâché –semble-t-il – l’eau polluée de l’oued Mekerra. Et que n’ont pas écrit les esprits sains de la ville ! Un de de nos amis, journaliste, vient de publier, il y a quelques semaines,  un retentissant cri d’alarme sur ce Lac agonisant.

Il est revalorisant de livrer de grands combats pour la quiétude de nos concitoyens. Encore faut-il que la noblesse d’esprit, de cœur  et la priorité qui doit être observée pour léguer quelques miettes aux générations qui sont d’ores et déjà instrumentalisées, en  soient le vecteur directeur et le  moteur.

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