Santé publique en Algérie : où va-t-on ?

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Il faut peut-être se rendre à l’évidence que la « médecine gratuite » ne sera plus, dans quelques années, qu’un vieux souvenir. L’illusion qu’elle perdure est donnée par l’accès libre de droit aux soins, dans les hôpitaux et les différentes structures publiques de santé. Mais, il est loisible de constater que le recours aux services du privé est devenu une nécessité pour un nombre assez important de prestations, très onéreuses. Les raisons sont aussi multiples que diverses. Elles concernent, principalement, le diagnostic. L’indisponibilité des matériels, les pannes ou leur rareté (qui allongent les délais des rendez-vous), ne laissent pas d’autres solutions que de s’adresser au marché. Il en est, ainsi, des simples analyses de sang ou d’urine à l’imagerie.

Fort heureusement les actes médicaux lourds continuent d’être prodigués, dans des conditions plus où moins acceptables, jusqu’à ce que, peut-être, ils puissent eux-aussi être réalisés à grande échelle dans des cliniques privées. Car la tendance est là, insidieuse, qui se développe et qui, par la bande, est en train de remettre en cause le droit à la santé du plus grand nombre, de ceux dont les revenus ne peuvent supporter les lourdes factures d’une opération chirurgicale ou d’un séjour en milieu hospitalier. Apparemment, l’Etat y prépare l’opinion, par l’affaiblissement du secteur public, par une suppression, qui ne dit pas son nom, des actes qui peuvent l’être. Dans les processus de privatisation cela s’appelle une « externalisation » des activités qui ne font pas partie de la « mission principale ». Concentrer l’entreprise sur « son métier de base » est-il dit par les « experts » de la chose. C’est ce qui est en train d’être fait en élaguant les activités dont le privé peut se charger.

Bien sûr que la Constitution n’a pas été « réformée » sur cette question, bien sûr que dans le discours politique nul n’ose aborder la problématique. Il suffit faire, un jour, de la privatisation des soins un fait accompli. La dynamique qui y aboutira peut, cependant, connaître une accélération pourvu que le contexte sociopolitique et que les rapports de force sociaux soient favorables. En attendant, les citoyens peuvent s’interroger sur l’insupportable négligence qui prévaut, quand il s’agit d’assurer les conditions de prise en charge des malades. Ils peuvent aussi s’interroger sur le peu de cas qui est fait des investissements nécessaires en équipements de première urgence, quand des milliards sont dépensés de façon superfétatoire voire inutilement.

Là, il faut mesurer la détresse des cancéreux, dont la maladie n’attend pas que les « problèmes d’accueil » soient résolus ou que (est-ce voulu ?) que des privés s’accaparent de ce créneau pour « suppléer » à cette « défaillance » de l’offre publique. Dans tous les cas, il est difficile de croire, quand il s’agit de santé publique, que le problème relèverait d’erreurs d’appréciations ou de mauvaise gestion. Autour, les voix s’élèvent très peu pour défendre le droit à la vie pour tous. Il y avait même, dans ce qui devait être le « printemps algérien », un soutien apporté à la suppression du service civil pour les médecins…

Ahmed Halfaoui

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