{"id":3426,"date":"2014-09-02T09:01:08","date_gmt":"2014-09-02T09:01:08","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=3426"},"modified":"2018-12-26T13:42:50","modified_gmt":"2018-12-26T13:42:50","slug":"les-neo-harkis-renegats-larrogance-en-plus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/les-neo-harkis-renegats-larrogance-en-plus\/","title":{"rendered":"Les n\u00e9o-harkis, Ren\u00e9gats, l\u2019arrogance en plus !"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #666666;\">\u00ab<\/span><em style=\"color: #666666;\">\u00a0Je parle. Il le faut bien. L\u2019action met les ardeurs en \u0153uvre. Mais c\u2019est la parole qui les suscite. \u00bb (Charles De Gaulle)<\/em><\/p>\n<p>La corruption est un mal end\u00e9mique en Alg\u00e9rie. Le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 une fin connaisseuse de la sc\u00e8ne et de la classe politique alg\u00e9rienne qu\u2019est l\u2019universitaire am\u00e9ricain William Quandt1. Le soir d\u2019Alg\u00e9rie du 15 mars 2011, lui a consacr\u00e9 son entretien du mois.<\/p>\n<p>A la question sur l\u2019incapacit\u00e9 du pays \u00e0 d\u00e9coller malgr\u00e9 les ressources dont il dispose la r\u00e9ponse fuse, impitoyable de simplicit\u00e9 : \u2033Mauvaise gouvernance, corruption, syst\u00e8me d\u2019\u00e9ducation m\u00e9diocre\u2033. Corrompus et corrupteurs se d\u00e9livrent les uns aux autres des fetwas pour s\u2019absoudre de la vampirisation de l\u2019\u00e9conomie du pays. Les deux protagonistes vous expliqueront mordicus que c\u2019est un mal n\u00e9cessaire, qui permet de lubrifier les rouages de l\u2019\u00e9conomie. Lounis Aggoun, auteur de \u00ab\u00a0La colonie fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie. 200 ans d&rsquo;inavouable\u00a0\u00bb, r\u00e9sume bien la situation du pays dans l\u2019interview qu\u2019il a accord\u00e9 \u00e0 Saoudi Rania2 : \u2033En un mot, ce qui d\u00e9tient le pouvoir en Alg\u00e9rie, c\u2019est \u00ab la corruption \u00bb \u2033.<\/p>\n<p>La connivence entre indus occupants des institutions et la gent compradore a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un monumental g\u00e2chis. Avec la corruption, g\u00e2chis et l\u2019autre mot qui revient de mani\u00e8re r\u00e9currente \u00e0 chaque fois que l\u2019on d\u00e9plore le paradoxe dans lequel le pays s\u2019est englu\u00e9 les ailes. L\u00e0 o\u00f9 le bat blesse, c\u2019est que la cupidit\u00e9 vorace de ces forces du mal s\u2019est d\u00e9cha\u00een\u00e9e pendant que le pays \u00e9tait sous la bourrasque terroriste mettant ainsi en p\u00e9ril toute la nation. J\u2019esp\u00e8re donc que je r\u00e9ussirais \u00e0 vous convaincre de la pertinence du concept de n\u00e9o-harkis que je propose pour les d\u00e9signer. Ce qui du coup, nous donnera l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir le solde de tout compte avec les harkis de la guerre de lib\u00e9ration. A vous de juger.<\/p>\n<p><strong>Le tableau clinique<\/strong><\/p>\n<p>Les m\u00e9tastases giclent du fond des puits de p\u00e9trole, ils se r\u00e9pandent tout le long des autoroutes, le pays semble en proie \u00e0 un mal horrible qui le ronge. Le magma, qui suinte d\u00e9j\u00e0, exhale une inqui\u00e9tante odeur de cupidit\u00e9 imp\u00e9tueuse. Corruption, d\u00e9tournements de fonds publics et phras\u00e9ologie colonialistes avec des fragrances nostalgiques en sont les manifestations \u00e9ruptives r\u00e9currentes.<\/p>\n<p>Les scandales se bousculent sur les unes des journaux, ils sont, chaque jour, plus inou\u00efs que ceux de la veille. Ils \u00e9claboussent le moral des Alg\u00e9riens, gravement atteint, par ailleurs, par l\u2019apathie \u00e9conomique du pays. Avec un pouvoir d\u2019achat qui se d\u00e9grade de mani\u00e8re vertigineuse, faire face \u00e0 une inflation galopante et un ch\u00f4mage effarant devient une gageure. La classe moyenne s\u2019y att\u00e8le en ronchonnant avec, pour unique strat\u00e9gie, la d\u00e9brouille. Pour les classes les moins bien loties, c\u2019est la quadrature du cercle ; joindre les deux bouts est devenue pour beaucoup une gymnastique p\u00e9rilleuse o\u00f9 il faut veiller constamment \u00e0 serrer la ceinture.<\/p>\n<p>Le flegme -pour rester r\u00e9v\u00e9rencieux- de la justice, la placidit\u00e9 assourdissante d\u2019un gouvernement aux ministres inamovibles et l\u2019autisme de la repr\u00e9sentation nationale sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments du tableau clinique. Le syndrome ne laisse que peu de doute sur l\u2019\u00e9tendue du mal. La tornade terroriste, qui a meurtri le pays, a fait diversion pour permettre \u00e0 une caste h\u00e9t\u00e9roclite et immorale de mettre le pays, \u00e0 guichets ferm\u00e9s, en coupes r\u00e9gl\u00e9es.<\/p>\n<p>Le consensus sur l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence, institu\u00e9e en mode de gouvernance durable, s\u2019av\u00e8re in\u00e9branlable ; une chape de plomb maintien la vie politique confin\u00e9e dans un vide sid\u00e9ral angoissant. L\u2019opposition politique est quasiment lamin\u00e9e, elle reste inaudible. La vie politique est rythm\u00e9e par les communiqu\u00e9s lapidaires de l\u2019activit\u00e9 officielle. Les Alg\u00e9riens ne vont pas par quatre chemins pour trouver une explication coh\u00e9rente aux contradictions et paradoxes qui les accablent en bloquant le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social auquel le pays peut pr\u00e9tendre, eut \u00e9gard aux moyens dont il dispose. D\u2019aucun vous expliquera que si le train est maintenu sciemment en gare c\u2019est afin que les pillards retardataires puissent se remplir la panse et les poches ; sinon, ils d\u00e9nonceraient les copains plus d\u00e9gourdis qui les ont devanc\u00e9s. Les uns \u00e9tant aussi insatiables que les autres, l\u2019Alg\u00e9rie est soumise \u00e0 une spirale infernale.<\/p>\n<p><strong>Le pire reste probable<\/strong><\/p>\n<p>O\u00f9 va l\u2019Alg\u00e9rie ? La question n\u2019est pas saugrenue. Elle est d\u2019une cruciale actualit\u00e9. Le pire est envisageable. Ce qui est probable fini par devenir chaque jour plus que possible ! Et le fil qui tient l\u2019\u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s au dessus de nos t\u00eates risque de c\u00e9der \u00e0 tout instant ! Si le pays vous donne l\u2019impression de tourner rond, c\u2019est que vous \u00eates anormalement zen, voire anesth\u00e9si\u00e9 ; vous \u00eates surprot\u00e9g\u00e9s contre le tournis. M\u00eame si le manque de d\u00e9bats a quelque peu d\u00e9voy\u00e9 le bon sens national, je ne crois pas, \u00e0 \u00e9couter les br\u00e8ves de comptoir, -bien de chez nous et halal- , je ne nourris aucune crainte sur la sagacit\u00e9 populaire.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai quant \u00e0 moi pas besoin de lire dans le marc de caf\u00e9 pour deviner que le pays a pris le chemin pour subir son avenir. La l\u00e9thargie intellectuelle ambiante n\u2019est certainement pas un contexte ad\u00e9quat pour permettre toute vell\u00e9it\u00e9 \u00e0 mettre en musique notre futur. Le r\u00e9veil risque d\u2019intervenir dans la tourmente. J\u2019entends bien que, comme beaucoup de mes compatriotes j\u2019aurais tendance, pour la moindre \u00e9preuve, \u00e0 noircir le tableau. J\u2019ai beau avoir conscience de ce travers national qu\u2019est pour nous l\u2019autoflagelation, je ne peux emp\u00eacher l\u2019id\u00e9e, que faire preuve d\u2019optimisme, dans ces conditions est un comble de na\u00efvet\u00e9. Cette id\u00e9e est incrust\u00e9e en filigrane dans mes pens\u00e9es les plus intimes relatives \u00e0 l\u2019\u00e9volution de mon pays. Les relents qui atteignent l\u2019Alg\u00e9rie d\u2019en bas sont trop naus\u00e9abonds pour qu\u2019elle ne subodore pas le tsunami cauchemardesque qui finira par pulv\u00e9riser ses illusions les plus tenaces.<\/p>\n<p>Les honn\u00eates gens, ayant \u00e9puis\u00e9 leur capacit\u00e9 d\u2019indignation avec le terrorisme, semblent immunis\u00e9s contre l\u2019intol\u00e9rable. Ils restent abasourdis par le ph\u00e9nom\u00e8ne des harragas, ressenti comme un v\u00e9ritable cr\u00e8ve-c\u0153ur. La ru\u00e9e de ces jeunes, au p\u00e9ril de leur vie irr\u00e9sistiblement attir\u00e9s par le miroir aux alouettes sur l\u2019autre rive de la m\u00e9diterran\u00e9e \u00e0 la recherche d\u2019un hypoth\u00e9tique ailleurs, est une humiliation collective.<\/p>\n<p>Une r\u00e9alit\u00e9 am\u00e8re qui n\u2019infl\u00e9chit pas la politique gouvernementale. Elle s\u2019articule essentiellement autour de la judiciarisation du d\u00e9sespoir des jeunes. Leur d\u00e9lit est de ne pas endurer la honte d\u2019\u00e9touffer lentement, surement et silencieusement. Ce qui leur impulse une t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 suicidaire. Et c\u2019est bien aller de Charybde en scylla. La seule ambition tol\u00e9r\u00e9e, pour les jeunes \u00e9ject\u00e9s du syst\u00e8me scolaire, est de s\u2019armer d\u2019un gourdin pour s\u2019approprier la voie publique en rackettant les automobilistes. Quand le ciel azur du pays ne suscite plus de r\u00eaves dignes de leur jeunesse, ils se laissent alors prendre par les chatoiements du grand large.<\/p>\n<p><strong>De l\u2019impunit\u00e9 et ils en abusent en plus !<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie est ainsi plong\u00e9e dans un marasme profond qui contraste avec une insolente opulence financi\u00e8re de l\u2019\u00e9tat. Ce constat occulte cependant un \u00e9tat d\u2019esprit intol\u00e9rable chez une frange de la classe des plus nantis dont l\u2019enrichissement est, quand il n\u2019est pas illicite, souvent fortement entach\u00e9 de suspicion. Les sempiternelles palabres de ces citoyens, parfois binationaux, consistent \u00e0 vilipender l\u2019Alg\u00e9rie dont ils profitent pourtant \u00e0 plein pot. Dans les ann\u00e9es 80, Boussad Abdiche commet un de ses billets d\u2019une remarquable concision pour El-Moudjahid, il relevait d\u00e9j\u00e0 que si \u00e7a marchait c\u2019\u00e9tait parce que les Alg\u00e9riens se rangeaient dans deux camps distincts. Une Alg\u00e9rie laborieuse qui s\u2019en sort en trimant, et n\u2019avait gu\u00e8re de temps pour se plaindre. L\u2019autre moiti\u00e9 de veinards tire ses marrons du feu. Elle n\u2019avait donc aucune raison de se plaindre.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui c\u2019est dans cette cat\u00e9gorie, ramassis de sapeurs du moral national, o\u00f9 se bousculent les plus r\u00e9calcitrants, les plus aigris des Alg\u00e9riens. Ils se font \u00ab pr\u00eacheur de vertu \u00bb selon l\u2019expression de Camus, pour ramener leur tronche zingu\u00e9e et abuser de la libert\u00e9 de d\u00e9biter des inepties sur le pays. Que ne se contenteraient-ils pas de s\u2019empiffrer impun\u00e9ment ? Ils s\u00e8ment \u00e0 l\u2019emporte-pi\u00e8ce leurs opinions \u00e9vasives et d\u00e9cousues. Ce qui suffit \u00e0 vous les d\u00e9voiler sous leur vrai jour : D\u2019ind\u00e9crottables fatalistes, incultes et incapables de donner du sens \u00e0 leur propre vie en la fondant sur des principes d\u2019effort, de m\u00e9rite et d\u2019authenticit\u00e9. Leur unique r\u00e9ussite r\u00e9side dans cette ambiance psychologique et intellectuelle ex\u00e9crable pour la vie nationale et r\u00e9pulsive pour les partenaires \u00e9conomiques etrangers..<\/p>\n<p>S\u2019il n\u2019y a pas lieu ici de faire le proc\u00e8s d\u2019itin\u00e9raires individuels particuliers, il est l\u00e9gitime de dire l\u2019exasp\u00e9ration que suscite en nous l\u2019acrimonie affich\u00e9e envers le pays par certains concitoyens qui empestent la forfaiture, la f\u00e9lonie et l\u2019ingratitude. Vous avez beau exerc\u00e9 votre perspicacit\u00e9, vous ne d\u00e9c\u00e8lerez pas le moindre effluve de patriotisme chez eux. Ils font penser aux harkis. Mais ils vous inspireront beaucoup moins d\u2019indulgences.<\/p>\n<p>En comparaison, les harkis la guerre de lib\u00e9ration paraissent de pauvres bougres au destin terrible. Bien s\u00fbr, ils ont \u00e9t\u00e9 les suppl\u00e9tifs de la soldatesque coloniale qui a d\u00e9ploy\u00e9 l\u2019une des plus puissantes et cruelles barbaries du XXe Si\u00e8cle, avec son cort\u00e8ge d\u2019exactions, de tortures, de crimes et d\u2019ex\u00e9cutions collectives. La pr\u00e9carit\u00e9 propre aux populations indig\u00e8nes et la l\u00e2chet\u00e9 humaine, comme celle d\u2019autres collabos sous d\u2019autres cieux, les rendait plus sensibles \u00e0 des motivations bassement alimentaires, aux antipodes de pr\u00e9occupations doctrinales.<\/p>\n<p>Ce sont des petites histoires pitoyables de cette nature qui furent surprises par une embard\u00e9e in\u00e9luctable de la grande histoire. Ils ne l\u2019ont pas vu venir. Ils furent pi\u00e9g\u00e9s par leurs d\u00e9solantes strat\u00e9gies de survie et se sont retrouv\u00e9s coinc\u00e9s du mauvais cot\u00e9. Du cot\u00e9 de la puissance sanguinaire et de l\u2019injustice aveugle. Aujourd\u2019hui, bannis de leur pays d\u2019origine et honnis par les leurs, ils se sont retrouv\u00e9s ghetto\u00efs\u00e9s, sans reconnaissance, dans le pays sous la banni\u00e8re duquel ils avaient combattu les leurs. Si seulement, ils pouvaient demander pardon, si seulement on le leur solliciterait. Afin que leurs enfants et petits-enfants ne subissent plus injustement et ind\u00e9finiment le traumatisme de l\u2019infamie. Personnellement, je serais enclin \u00e0 pardonner. En tout cas, cette repentance m\u2019importerait plus que celle d\u2019un Sarkozy. Il est venu \u00e0 Alger, nous braver. \u00ab Je ne viens pas m\u2019excuser \u00bb, nous a-t-il lanc\u00e9 avec impertinence.<\/p>\n<p><strong>Les n\u00e9o-harkis arrivent<\/strong><\/p>\n<p>Cette mafia politico-financi\u00e8re \u2013selon Boudiaf, lui-m\u00eame- qui, tapie \u00e0 l\u2019ombre des institutions, r\u00e9gente le pays, est un conglom\u00e9rat de harkis nouvelle vague. Ces n\u00e9o-harkis sont autrement plus virulents que les pr\u00e9c\u00e9dents et prolif\u00e8rent, le vent en poupe. Ils s\u2019enhardissent chaque jour davantage. Les pestes v\u00e9g\u00e9tales sont envahissantes surtout si vous leur laisser le champ libre ! Il en va de m\u00eame pour toute sorte de mauvaises graines ! Je ne sais qui de la France, de l\u2019Alg\u00e9rie ou d\u2019eux-m\u00eames, ils cherchent \u00e0 leurrer mais ils d\u00e9ploient des tr\u00e9sors de mi\u00e8vrerie pour \u00eatre agr\u00e9able \u00e0 l\u2019ancienne puissance coloniale en susurrant aux alg\u00e9riens de r\u00e9int\u00e9grer corps et \u00e2mes son giron.<\/p>\n<p>Opportunistes, ils font all\u00e9geance au courant le plus r\u00e9trograde en France et \u00e9vitent minutieusement de se compromettre en ne manifestant pas la moindre vell\u00e9it\u00e9 de d\u00e9fense de l\u2019Histoire de leur peuple. Il vrai qu\u2019il n\u2019est pas vendeur \u00e0 Paris de rappeler \u00e0 la France les histoires pas tr\u00e8s glorieuses qui constituent la trame de la colonisation. Oublieux des crimes et des atrocit\u00e9s commises au d\u00e9triment du peuple alg\u00e9rien durant 132 ans, ils se font complices de la falsification de l\u2019histoire avec une m\u00e9moire s\u00e9lective et prudente. Vils, ils recyclent tous les vieux poncifs et les clich\u00e9s les plus \u00e9cul\u00e9s des occidentaux sur les arabes et sur l\u2019Islam dans leur fol d\u00e9sir de plaire \u00e0 cette France, \u00e9cran sur lequel ils projettent leurs utopies les plus mesquines. Certains les ont qualifi\u00e9s d\u2019escrocs intellectuels, n\u00e9o-harkis est plus parlant pour moi.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9rapages incontr\u00f4l\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>La pression du terrorisme avait pouss\u00e9 certains \u00e0 des d\u00e9rapages malheureux. Matoub Loun\u00e8s stigmatisa, sur Canal Plus, \u00ab [nos] cinq r\u00e9unions quotidiennes et [notre] congr\u00e8s hebdomadaire. \u00bb. Rachid Mimouni expliqua \u00e0 PPDA sur TF1 \u00ab que chaque mosqu\u00e9e avait sa liste noire de personnes \u00e0 \u00e9liminer \u00bb. Voil\u00e0 que Boualem Sansal, inspir\u00e9 par le confort douillet de Paris, qui s\u2019adonne \u00e0 faire de l\u2019amalgame entre nazisme et Islam. Il n\u2019y va avec le dos de la cuill\u00e8re. C\u2019est l\u2019arch\u00e9type du n\u00e9o-harki. R\u00e9cemment, Abdou B3 exc\u00e9d\u00e9 autant par les r\u00e9miniscences de l\u2019id\u00e9ologie colonialiste que par le silence de la famille r\u00e9volutionnaire, dit \u00ab Camus Basta ! \u00bb. Il a pourtant une largesse d\u2019esprit panoramique. Il \u00e9pingle cette faune de pr\u00e9tendants pour la m\u00e8re de Camus qui transforment la caravane litt\u00e9raire qui lui est consacr\u00e9e en tribunal anti-ALN.<\/p>\n<p>\u00c9crivaillons et intellectuels de pacotilles rivalisent d\u2019ind\u00e9cence pour exprimer leur vassalit\u00e9 \u00e0 l\u2019ancien colonisateur. Est-ce de l\u2019ing\u00e9nuit\u00e9 ou de la d\u00e9bilit\u00e9 qui leur fait croire qu\u2019il suffit d\u2019\u00e9pouser les th\u00e8ses de Camus pour s\u2019approprier son aura. Beaucoup ont indubitablement appris \u00e0 parler et \u00e0 \u00e9crire avant d\u2019apprendre \u00e0 penser. Sans contradicteurs, ils s\u2019adonnent corps et \u00e2me \u00e0 une surench\u00e8re r\u00e9visionniste, une sorte de qu\u00eate effr\u00e9n\u00e9e pour s\u00e9duire les tenants de la pens\u00e9e coloniale dans l\u2019hexagone.<\/p>\n<p><strong>Leur petitesse atavique<\/strong><\/p>\n<p>Tout un chacun a crois\u00e9, un jour, ce genre de personnes. Elles sont si arrogantes que l\u2019on devine tr\u00e8s vite qu\u2019elles ont un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9gler avec elles-m\u00eames. Travaill\u00e9s par d\u2019inavouables remords notamment celui de s\u2019\u00eatre sucr\u00e9 sans vergogne sur le dos de leur pays, elles s\u2019\u00e9rigent en patriotes z\u00e9l\u00e9s donc forc\u00e9ment redoutables. Infatu\u00e9s de leurs toutes petites personnes mais n\u2019ayant pas d\u2019arguments \u00e0 faire pr\u00e9valoir, ils vous so\u00fblent de paroles en p\u00e9rorant des m\u00e9rites indus qu\u2019ils s\u2019attribuent all\u00e8grement.<\/p>\n<p>D\u00e9munis de la moindre qualit\u00e9 qui accrocherait l\u2019esprit le plus magnanime, ils ressassent inlassablement l\u2019histoire mytho maniaque d\u2019une vague saga familiale qu\u2019il cherche \u00e0 embellir d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment. S\u2019hab\u2019 Khe\u00efma K\u2019bira ! T\u00f4z ! Leur pers\u00e9v\u00e9rance \u00e0 tenter d\u2019effacer les traces de l\u2019ignominie qui entache souvent leur nom est sid\u00e9rante. Cependant, \u00e0 affabuler de fa\u00e7on aussi immod\u00e9r\u00e9e, ils r\u00e9ussissent la double prouesse de vous endurcir, \u00e0 force de mettre votre patience \u00e0 rude \u00e9preuve, et de repousser l\u2019impudeur la plus outranci\u00e8re aux confins du ridicule. Il est vrai qu\u2019une fois les bornes d\u00e9pass\u00e9es, ils n\u2019ont plus de limites \u00e0 respecter. M. de Lapalisse n\u2019aurait pas mieux dit !<\/p>\n<p>Un individu de cette nature commencera par vous expliquer qu\u2019il ne descend pas de m\u2019importe qui. Evidemment, \u00e0 sa d\u00e9gaine aussi peu avenante qu\u2019appr\u00eat\u00e9e, pas de la cuisse de Jupiter ! Seriez-vous tent\u00e9s de penser. Lisant dans vos pens\u00e9es, votre impudique interlocuteur vous d\u00e9coche un sourire condescendant. Il s\u2019attellera aussit\u00f4t \u00e0 vous rappeler pour la \u00e9ni\u00e8me fois que son p\u00e8re, d\u00e9j\u00e0 du \u00ab temps de la France \u00bb, c\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un. M\u00eame si votre sagacit\u00e9 est en veilleuse, vous d\u00e9duisez que l\u00e0, il ne raconte pas n\u2019importe quoi mais qu\u2019il est en train de vous r\u00e9sumer sobrement le pass\u00e9 indigne de son g\u00e9niteur.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re fut donc un Alg\u00e9rien pas ordinaire que les bienveillantes sollicitudes de la puissance coloniale lui ont permis de prosp\u00e9rer. La compromission, hier comme aujourd\u2019hui, est un bon fumier pour que s\u2019\u00e9rige d\u2019insolentes fortunes. Les lign\u00e9es lamentables finissent toujours par vouloir se fabriquer des destins fabuleux. Mais biens mal acquis ne consolent jamais de la m\u00e9diocrit\u00e9 ni d\u2019une basse extraction ! En les \u00e9coutants, l\u2019id\u00e9e, qu\u2019un sort besogneux est plus enviable que celui que veut se donner un verbeux, s\u2019impose \u00e0 vous.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est Engels qui l\u2019a dit !<\/strong><\/p>\n<p>Je ne veux pas jeter l\u2019opprobre sur toute richesse patiemment constitu\u00e9e. Je con\u00e7ois que d\u2019honn\u00eates r\u00e9cipiendaires de bienfaits c\u00e9lestes en ce bas monde peuvent l\u00e9gitimement arborer la satisfaction pour leur sort. Ils sont d\u2019autant plus respectables qu\u2019ils s\u2019assument. Mais, g\u00e9n\u00e9ralement, ils sont si occup\u00e9s \u00e0 profiter de la vie et \u00e0 rendre gr\u00e2ce au ciel qu\u2019ils n\u2019usent pas leur existence \u00e0 justifier leur bonne fortune aux yeux de leurs semblables ou \u00e0 s\u2019inventer une bonne \u00e9toile. On peut se fier au discernement de Friedrich Engels pour commettre quelques entorses \u00e0 la pr\u00e9somption d\u2019innocence en toute bonne conscience.<\/p>\n<p>En effet, pour le th\u00e9oricien allemand et ami de Marx, il n\u2019est point d\u2019enrichissement fulgurant qui ne soit suspect, surtout s\u2019il est adoss\u00e9 \u00e0 un pouvoir quel qu\u2019il soit. Ainsi, il ne va pas par quatre chemins pour expliquer l\u2019\u00e9mergence du capitalisme primitif : le vol et le d\u00e9tournement. La chose serait tellement \u00e9vidente que sa compr\u00e9hension est \u00e0 la port\u00e9e d\u2019un enfant.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de son affirmation, Engels verse cette adorable anecdote. Dans une classe du cycle primaire, l\u2019instituteur demande aux \u00e9l\u00e8ves de remplir la traditionnelle fiche de renseignements. Il s\u2019\u00e9tonna qu\u2019un des \u00e9coliers, l\u2019esprit sans doute encore en vacances, \u00e9crivit dans la case r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la profession du p\u00e8re le mot \u00ab\u00a0riche\u00a0\u00bb. Amus\u00e9, il fit reprendre le m\u00f4me en lui expliquant qu\u2019une activit\u00e9 lucrative serait forc\u00e9ment \u00e0 la base de l\u2019enrichissement de son p\u00e8re. Imperturbable l\u2019enfant r\u00e9pond :<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Non monsieur ! Il a h\u00e9rit\u00e9 de mon grand-p\u00e8re !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Soit, mais alors ce grand-p\u00e8re avait une profession !\u00a0\u00bb R\u00e9torqua le ma\u00eetre avec une certaine assurance.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Non monsieur ! C\u2019est l\u2019arri\u00e8re grand-p\u00e8re qui lui a l\u00e9gu\u00e9 sa fortune.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un tantinet exc\u00e9d\u00e9 mais s\u2019effor\u00e7ant de rester p\u00e9dagogique, l\u2019enseignant insista en faisant remarquer au charmant gar\u00e7on qu\u2019il doit bien exist\u00e9 dans son ascendance un arri\u00e8re grand a\u00efeul qui fit fortune en exer\u00e7ant une profession. Accul\u00e9 dans les cordes, l\u2019enfant ne se d\u00e9partit pas de sa superbe. Sa parade fusa comme un uppercut d\u00e9cisif :<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Mon arri\u00e8re grand a\u00efeul a vol\u00e9, monsieur !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette logique juv\u00e9nile imparable fit jeter l\u2019\u00e9ponge au ma\u00eetre.<\/p>\n<p>Notre capitalisme ne serait-il pas encore sorti de son \u00e8re primaire ou primitive ? C\u2019est concevable. Les journaux nous abreuvent quasi-quotidiennement d\u2019inqui\u00e9tantes informations sur la rapine dont est victime l\u2019\u00e9conomie nationale. D\u00e9tournements colossaux, abus sociaux d\u00e9mesur\u00e9s en passant par les accaparements de la rente nationale sous forme d\u2019\u00e9normes cr\u00e9dits octroy\u00e9s au m\u00e9pris des r\u00e8gles prudentielles les plus \u00e9l\u00e9mentaires, sans oublier les gigantesques faillites organis\u00e9es constituent les ingr\u00e9dients de la ratatouille au menu quotidien des Alg\u00e9riens. Les masses d\u2019hier, devenues gh\u00e2chis, aujourd\u2019hui, en voient de toutes les couleurs. L\u2019\u00e9conomie du pays s\u2019est d\u00e9finitivement forg\u00e9 une devise : le travail- quand il y en a &#8211; aux travailleurs, le profit aux profiteurs.<\/p>\n<p><strong>Le diagnostic de Ahmed Benbitour<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est surtout donc au niveau du discours v\u00e9hicul\u00e9 par cette engeance que le b\u00e2t blesse davantage ! Une id\u00e9ologie, que l\u2019on croyait r\u00e9volue, emprunte d\u2019une tendre nostalgie pour la nuit coloniale est insidieusement distill\u00e9e dans la soci\u00e9t\u00e9. Dans cette fange sociale, on rencontre aussi bien des personnages relevant de la bourgeoisie compradore, d\u2019obscurs apparatchiks que des intellectuels autoproclam\u00e9s et en mal de reconnaissance.<\/p>\n<p>Leur d\u00e9nominateur commun est qu\u2019ils vampirisent leur pays tout en dilapidant les ressources des futures g\u00e9n\u00e9rations. Le d\u00e9nigrement de son histoire et le reniement de ses valeurs ponctuent leurs efforts pour exposer leur m\u00e9diocrit\u00e9 sous les feux de la rampe. C\u2019est, sans doute, partageant ce constant &#8211; au moins partiellement- qu\u2019Ahmed Benbitour, d\u00e9veloppant sa vision pour une sortie de crise en 2004 devant les membres du Comit\u00e9 d\u2019Initiatives et de Vigilance Citoyennes d\u2019Oran (Civic), soulignait la n\u00e9cessit\u00e9 sine qua non de l\u2019\u00e9mergence d\u2019agents et d\u2019entreprises \u00e9conomiques patriotiques pour l\u2019Alg\u00e9rie puisse d\u00e9coller vers une destin\u00e9e digne des attentes du peuple.<\/p>\n<p><strong>La b\u00e9n\u00e9diction de Jean Daniel<\/strong><\/p>\n<p>Est-il moral de continuer \u00e0 ne pas d\u00e9noncer l\u2019indignit\u00e9 port\u00e9e par cette caste n\u00e9faste compos\u00e9e de supp\u00f4ts aussi serviles que cupides des manipulateurs \u00ab du choc des civilisations \u00bb. Leur propension \u00e0 pleurnicher sur l\u2019Alg\u00e9rie d\u2019antan, c&rsquo;est-\u00e0-dire celle de Massu et d\u2019Aussaresses, tend \u00e0 faire accroire qu\u2019hier \u00e9tait meilleur qu\u2019aujourd\u2019hui. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est si r\u00e9pandu qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 Jean Daniel du nouvelobs. il profite pour enfoncer le clou ou peut-\u00eatre remuer simplement le couteau dans la plaie. Il aurait constat\u00e9, lors de son dernier s\u00e9jour en Alg\u00e9rie, qu\u2019 \u00ab au-dessus de 50 ans, on aime \u00e0 se souvenir des Fran\u00e7ais, et au-dessous de 30 ans, on ne r\u00eave que de venir en France \u00bb. \u00ab \u2026nombre de jeunes gens, qui constituent 75 % des 35 millions d&rsquo;habitants, tentent de se d\u00e9brouiller pour traverser la mer \u00bb.<\/p>\n<p>Si malheureusement le ph\u00e9nom\u00e8ne des harragas est ind\u00e9niable, il faut tout de m\u00eame savoir raison garder. Laisser entendre que tout un peuple n\u2019a d\u2019autre aspiration que de se jeter \u00e0 la mer pour les beaux yeux de Marianne, faisant abstraction du combat exemplaire pour conqu\u00e9rir sa libert\u00e9 et reprendre la maitrise de son destin. L\u2019exag\u00e9ration est suspecte et, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, tendancieuse. Ce n\u2019est pas la haine pour leur pays qui fait tourner le dos aux jeunes alg\u00e9riens au beau ciel de leur pays, d\u2019aller \u00e9grener leurs jours dans la pr\u00e9carit\u00e9, dans la froidure et sous le m\u00e9pris.<\/p>\n<p>C\u2019est plus le d\u00e9sespoir de ne pouvoir l\u2019aimer qui les fait partir vers l\u2019inconnu. Ils fuient plut\u00f4t ceux qui, en confisquant toute d\u00e9mocratie authentique, les condamnent \u00e0 crever la dalle sur un matelas de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Le manque de perspective interdit \u00e0 beaucoup de jeunes la possibilit\u00e9 de conjuguer r\u00eave et amour de la patrie. Un hadith de Omar, le juste \u2013Que Dieu l\u2019agr\u00e9e- ne laisse t-il pas entendre explicitement que la pauvret\u00e9 est le terreau fertile pour la m\u00e9cr\u00e9ance. Ce que Boumediene avait traduit, au deuxi\u00e8me sommet des pays islamiques de Lahore (1974) qui s\u2019est particuli\u00e8rement pench\u00e9 sur l&rsquo;aide au d\u00e9veloppement des pays islamiques les plus pauvres, que l\u2019on n\u2019acc\u00e8de pas au paradis le ventre creux. Le pav\u00e9 jet\u00e9 dans la mare \u2013 de p\u00e9trole- \u00e9claboussa les riches monarchies. Certains ignorants s\u2019en offusqu\u00e8rent et cri\u00e8rent au scandale, accusant Boum de koufr ! Pas moins !<\/p>\n<p>Le discours \u00e2nonn\u00e9 par les n\u00e9o-harkis a pour corollaire celui entonn\u00e9 par les th\u00e9oriciens de la mission civilisatrice de la colonisation. Le plus consternant est qu\u2019il fasse des \u00e9mules au sein m\u00eame des \u00e9lites sur cette terre d\u2019Alg\u00e9rie sanctifi\u00e9e par le sang des chouhadas. Ce r\u00e9visionnisme \u00e9hont\u00e9 qui a culmin\u00e9 avec le vote du parlement fran\u00e7ais de la loi du 23 f\u00e9vrier 2005 sur le r\u00f4le positif de la colonisation n\u2019est pas nouveau.<\/p>\n<p>Les quinquas se rappellent probablement du porte-drapeau de cette doctrine qu\u2019\u00e9tait Raymond Cartier de l\u2019hebdomadaire Paris-Match des ann\u00e9es 70. Evidemment, en Alg\u00e9rie le discours n\u2019a pas la structuration d\u2019une pens\u00e9e assum\u00e9e. Les propos, en apparence d\u00e9cousus et anodins, convergent n\u00e9anmoins \u00e0 d\u00e9douaner la colonisation pour ses crimes. Ils refl\u00e8tent une certaine irresponsabilit\u00e9, elle-m\u00eame g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par une indigence intellectuelle certaine. Ils participent \u00e0 installer une sorte de pens\u00e9e politiquement correcte d\u00e9sastreuse pour la nation<\/p>\n<p>Les faits sont pourtant t\u00eatus. La France a occup\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie, pill\u00e9 ses richesses, massacr\u00e9 ses populations et a fini par \u00eatre vaincue ! Nul besoin de se tortiller le cul pour chier droit ! Nonobstant cela, Avoir cette r\u00e9alit\u00e9 historique pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019esprit n\u2019est pas antinomique avec le sentiment d\u2019amiti\u00e9 envers le peuple fran\u00e7ais. Refuser la logique de la confrontation et affirmer l\u2019estime et de la consid\u00e9ration pour la belle culture et la grande civilisation fran\u00e7aises ne d\u00e9pr\u00e9cient aucunement nos valeurs ; Ils en soulignent l\u2019universalit\u00e9. Ma conviction est que les peuples fran\u00e7ais et alg\u00e9riens ont \u00e0 se donner et \u00e0 prendre l\u2019un de l\u2019autre beaucoup plus que ne le laissent supposer les pr\u00e9jug\u00e9s g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les vicissitudes de l\u2019histoire.<\/p>\n<p><strong>JFK ne fait pas d\u2019\u00e9mules<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 coup de petites phrases douteuses, ils tentent de s\u2019offrir une bonne conscience en mettant de la v\u00e9h\u00e9mence \u00e0 jouer aux rebelles en d\u00e9fendant les jeunes et \u00e0 condamnant les dirigeants. Ils s\u2019\u00e9vertuent plut\u00f4t \u00e0 justifier leur trahison, leur vilenie et leur rapacit\u00e9. Versant des larmes de crocodiles, ils prennent les jeunes en otages par leur discours qui a pour effet d\u2019attiser le d\u00e9sespoir. Ils ameutent tous les saints pour attester de leur bonne foi pour vouloir mais qu\u2019\u00e0 leurs corps d\u00e9fendant ils n\u2019ont pas le pays qu\u2019ils m\u00e9riteraient. Ils sont \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re de faire la leur l\u2019exhortation d\u2019un John Fitzgerald Kennedy \u00e0 la jeunesse am\u00e9ricaine, en l\u2019appelant \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir chaque matin \u00e0 ce qu\u2019ils peuvent offrir \u00e0 leur pays, et non l\u2019inverse.<\/p>\n<p>Font-ils seulement semblant de ne pas s\u2019apercevoir de l\u2019inanit\u00e9 de leur efforts \u00e0 vouloir passer pour ce qu\u2019ils ne sont pas. Quand ils se mettent \u00e0 remuer beaucoup de vent en s\u2019agitant tel des cabris, c\u2019est signe qu\u2019ils sont pris d\u2019un irr\u00e9pressible besoin de l\u00e2cher des choses bien naus\u00e9abondes. Encourag\u00e9 par la mansu\u00e9tude de celui qui leur pr\u00eaterait l\u2019ou\u00efe, ils d\u00e9cuplent de verve et d\u2019audace. Ils pensent \u00ab[\u00c9chapper ainsi] au ridicule par une affectation de gravit\u00e9\u00a0\u00bb(Georges Bernanos). Le seul m\u00e9rite qu\u2019on serait enclin \u00e0 leur conc\u00e9der sans chipoter c\u2019est celui de l\u2019aplomb avec lequel ils assument leurs niaiseries.<\/p>\n<p>Versatiles, ils ont d\u00e9sert\u00e9 le camp \u00e9radicateurs pour rejoindre sans \u00e9tats d\u2019\u00e2me celui des r\u00e9conciliateurs d\u00e8s qu\u2019il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que le revirement leur valait les bonnes gr\u00e2ces du pouvoir. Ils ne s\u2019embarrassent pas de scrupules pour tancer le \u00ab syst\u00e8me \u00bb le matin et manifester, le soir, un enthousiasme d\u00e9bordant pour tout ce qui le p\u00e9rennise. Le ventre en Alg\u00e9rie, la t\u00eate en France. Le c\u0153ur ? C\u2019est vrai, le c\u0153ur ! Dieu n\u2019ayant pla\u00e7ait dans aucune poitrine deux c\u0153urs, pour qui de Nedjma ou Marianne, le leur, bat-il ? La r\u00e9ponse coule de source.<\/p>\n<p><strong>Question de poids<\/strong><\/p>\n<p>La crainte de commettre le p\u00e9ch\u00e9 de vanit\u00e9 et l\u2019humilit\u00e9 naturelle induisent chez beaucoup d\u2019Alg\u00e9riens authentiquement patriotes une attitude circonspecte. Ce qui ouvre la voie devant l\u2019effronterie de cette minorit\u00e9 \u00e0 grande capacit\u00e9 de nuisance. Ils profiteront de la moindre de votre expectative pour escalader le tas d\u2019ossement qu\u2019ils auront constitu\u00e9 avec les d\u00e9pouilles de leurs anc\u00eatres et vous toiser en affichant une impudente gloriole. Vous vous effrayerez certainement \u00e0 d\u00e9couvrir combien des hommes ont l\u2019\u00e2me si hideuse qu\u2019ils hypoth\u00e9queraient l\u2019avenir de leur nation pour se goinfrer, se gaver \u00e0 ne savoir o\u00f9 mettre leurs boyaux tellement leur voracit\u00e9 est d\u00e9brid\u00e9e.<\/p>\n<p>Un triste personnage de cet acabit, criant sur tout les toits qu\u2019il avait vot\u00e9 pour le bienheureux \u00e9lu du 08 avril 2004, d\u00e9sireux qu\u2019il \u00e9tait de convertir son bulletin de vote en fiche communale, vint me toiser, histoire de savourer avec ostentation la victoire, somme toute attendue de son candidat, m\u2019intimidant presque \u00ab tu sais, moi, je p\u00e8se lourd ! \u00bb ; l\u2019image est si hilarante de v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il obtint ma capitulation imm\u00e9diate en m\u2019arrachant un sourire jaune. J\u2019ai m\u00eame du abonder dans son sens en lui assurant que c\u2019est certainement plus vrai avant qu\u2019il ne prenne tout son temps dans ses lieux d\u2019aisances ! Et m\u00eame l\u00e0, il ne manque pas de signaler tr\u00e8s bruyamment sa pr\u00e9sence !<\/p>\n<p><strong>De Kateb \u00e0 Zabana<\/strong><\/p>\n<p>La pens\u00e9e islamique affiche sur son fronton que la v\u00e9rit\u00e9 est porteuse de sa propre lumi\u00e8re. C\u2019est donc aussi niais et grotesque de vouloir l\u2019\u00e9teindre que de souffler sur une lampe. Kateb Yacine du haut de ses dix-sept ans entama sa conf\u00e9rence sur l\u2019Emir Abdelkader et l\u2019ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne, \u00e0 la salle des Soci\u00e9t\u00e9s Savantes \u00e0 Paris, le 24 mai 1947, par cette magnifique phrase : \u00ab\u00a0je veux, pour commencer, vous citer une parole del\u2019Emir lui-m\u00eame, tir\u00e9e de son livre : \u00ab Rappel \u00e0 l\u2019intelligence \u00bb : \u00ab C\u2019est par la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019on apprend \u00e0 connaitre les hommes, et non par les hommes qu\u2019on connait la v\u00e9rit\u00e9 \u00ab\u00a0. Et il conclut \u00a0\u00bb quant \u00e0 moi, j\u2019aurais accompli ma plus mission si je gagnais de nouvelles sympathies fran\u00e7aises \u00e0 la cause de l\u2019ind\u00e9pendance de mon pays\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est donc tr\u00e8s naturellement que je fais mienne la sagesse de L\u00e9on Tolsto\u00ef (Guerre et paix) : \u00a0\u00bb la v\u00e9rit\u00e9 doit s\u2019imposer sans violence\u00a0\u00bb. Et malgr\u00e9 l\u2019empressement de la voir surgir, je n\u2019oublie pas que \u00a0\u00bb c\u2019est la nuit qu\u2019il est beau de croire \u00e0 la lumi\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Afin de g\u00e9rer les petites impatiences qui vous ruineraient de grands projets, (Confucius), je me ressource en lisant la lettre d\u2019Ahmed Zabana. Mon Dieu, quelle \u00e9motion ! Quelle le\u00e7on d\u2019amour pour cette belle id\u00e9e d\u2019une Alg\u00e9rie libre et d\u00e9mocratique ! Quel homme ! Il a cru \u00e0 un destin pour son pays digne de la tendresse qu\u2019il avait pour sa m\u00e8re, il s\u2019est attel\u00e9 \u00e0 le rendre possible. Simplement. Il est parti sous la lumi\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9 de sa foi, fier de mourir pour une cause juste. De sa prison, il eut une pens\u00e9e presque compatissante pour ceux dont l\u2019ignorance, en les poussant \u00e0 s\u2019\u00e9carter des chemins qui montent et \u00e0 savourer l\u2019humiliation des bas-fonds, les conduits \u00e0 \u00ab une longue mort \u00bb.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, cette longue mort recrute chez les nantis v\u00e9reux, les gouvernants f\u00e9lons ; elle ne fait pas la fine bouche, elle embauche aussi dans le tout-venant corruptible, ces petites mains qui se croient fut\u00e9s en parasitant les grosses l\u00e9gumes et autres huiles. En r\u00e9alit\u00e9, elles se font asservir pour des clopinettes. Elles endossent le ch\u00e2timent pendant que leurs profits restent \u00e0 la mesure de leur bassesse. Tout ce beau monde est affair\u00e9 \u00e0 d\u00e9pecer fr\u00e9n\u00e9tiquement le pays en \u00e9change de ch\u00e2teaux en Espagne ou \u00e0 faire des plans pour aller boire et manger en suisse !<\/p>\n<p><strong>A la gloire de mon p\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>Mon p\u00e8re dont le parcours royal \u2013 une grande \u00e9cole &#8211; tout de droiture et pav\u00e9 d\u2019un solide et profond sentiment de satisfaction pour ce que la vie \u00e0 bien voulu lui accorder : un bonheur simple \u00e0 l\u2019abri du besoin. Tendrement amus\u00e9, Il se d\u00e9lectait souvent d\u2019un morceau de galette enduit d\u2019huile d\u2019olive ; et rien ne le r\u00e9vulsait plus que de voir quelqu\u2019un pr\u00e9f\u00e9rer \u00e0 cela de tremper son pain blanc dans l\u2019ignominie. Un jour, voulant me faire d\u00e9licatement comprendre combien il rendait gr\u00e2ce \u00e0 Dieu pour avoir atteint un \u00e2ge v\u00e9n\u00e9rable en grand seigneur, il me rapporta la confidence que lui fit son propre p\u00e8re : \u00ab \u00e0 partir de l\u2019\u00e2ge de 32 ans, lui dit-il, j\u2019ai toujours obtenu ce que j\u2019ai d\u00e9sir\u00e9 en ne d\u00e9sirant que ce que je pouvais obtenir \u00bb. Il m\u2019a l\u00e9gu\u00e9 une sagesse en h\u00e9ritage.<\/p>\n<p>Il convient de prier Dieu afin qu\u2019IL exauce les v\u0153ux des m\u00e9chants pour qu\u2019ils fassent de vieux os. Ainsi, ils vivront cern\u00e9s par le remords d\u2019avoir d\u00e9m\u00e9rit\u00e9 vis-\u00e0-vis de DIEU, du Pays et d\u2019eux-m\u00eames ! Vautr\u00e9s sur un lit de roses dans leur tour d\u2019ivoire, \u00ab\u00a0<em>L\u00e0, [o\u00f9] tout n&rsquo;est qu&rsquo;ordre et beaut\u00e9, Luxe, calme [peut-\u00eatre pas int\u00e9rieur] et volupt\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb (Ch. Baudelaire) ; l\u2019esprit accroch\u00e9 aux basques de Marianne et r\u00eavant de voir son nombril, ils sont tout de m\u00eame taraud\u00e9s par la phobie de se mirer ailleurs que dans ses yeux. Ils sont habit\u00e9s par la peur que la limpidit\u00e9 impitoyable d\u2019un miroir ne leur renvoie la v\u00e9rit\u00e9 de leur in\u00e9luctable destin les menant aux abysses de l\u2019enfer. Leur posture hautaine de ren\u00e9gats ingrats n\u2019est qu\u2019un pu\u00e9ril d\u00e9ni de ce qui les attend. Un homme qui se noie ne chercherait-il pas \u00e0 s&rsquo;agripper m\u00eame \u00e0 une paille \u2026 de riz ?<\/p>\n<p>Si d\u2019aventure comme le proverbe, il serait aussi chinois. Vivre si bien pour mourir si mal, sans l\u2019estime de soi, en s\u2019offrant l\u2019enfer \u00e0 coups de milliards d\u00e9tourn\u00e9s et de biens communs dilapid\u00e9s, n\u2019est-ce-pas le pire des g\u00e2chis ? Heureux les gens honn\u00eates, ils pourront toujours rendre gr\u00e2ce \u00e0 Dieu pour la justice immanente, inscrite dans la l\u00e9gende des si\u00e8cles pass\u00e9s et \u00e0 venir.<\/p>\n<p>A l\u2019adresse d\u2019\u00e9ventuels d\u00e9tracteurs qui aurait la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de juger mon propos trop oiseux, je plaiderai n\u2019avoir fait qu\u2019obtemp\u00e9rer \u00e0 cette injonction bien raisonnable de Jacques Derrida : \u00ab <em>Ce qu\u2019on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l\u2019\u00e9crire.<\/em> \u00bb. Mon propos s\u2019adresse aux ren\u00e9gats de tout genre et de toute esp\u00e8ce. Sucer le sang \u2026bouh !&#8230;sucer le p\u00e9trole du peuple, beurk ! leur sera amnisti\u00e9, g\u00e2cher le potentiel d\u2019intelligence et de cr\u00e9ativit\u00e9 de la jeunesse en lui interdisant de colorer ses r\u00eaves aux couleurs de libert\u00e9 et de d\u00e9mocratie, rouge, blanc, vert est, en revanche, un crime imprescriptible. Dans le premier cas il y a, tout au plus, mort d\u2019homme ; dans le second cas il y a assur\u00e9ment mort d\u2019\u00e2me. Il s\u2019agit donc bien d\u2019un crime que seul Dieu saura en infliger le ch\u00e2timent juste. Avant d\u2019en arriver \u00e0 ces extr\u00eames, les portes de la r\u00e9demption sont grandement ouvertes ! Ne vous bousculez pas ! Faites la queue SVP ! Il y\u2019en aura pour tout le monde In Cha\u00e4 Allah !<\/p>\n<p><strong>Dr. Mokhbi Abdelouahab<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je parle. Il le faut bien. L\u2019action met les ardeurs en \u0153uvre. Mais c\u2019est la parole qui les suscite. \u00bb (Charles De Gaulle) La corruption est un mal end\u00e9mique en Alg\u00e9rie. Le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 une fin connaisseuse de la sc\u00e8ne et de la classe politique alg\u00e9rienne qu\u2019est l\u2019universitaire am\u00e9ricain William Quandt1. 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