{"id":4202,"date":"2015-03-26T13:59:51","date_gmt":"2015-03-26T13:59:51","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=4202"},"modified":"2015-03-26T13:59:51","modified_gmt":"2015-03-26T13:59:51","slug":"le-noeud-gordien-algerien-dixieme-partie-un-regime-politique-marque-par-la-confusion-et-linadaptation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/le-noeud-gordien-algerien-dixieme-partie-un-regime-politique-marque-par-la-confusion-et-linadaptation\/","title":{"rendered":"Le n\u0153ud gordien alg\u00e9rien : Dixi\u00e8me partie : Un r\u00e9gime politique marqu\u00e9 par la confusion et l\u2019inadaptation"},"content":{"rendered":"<p>Le n\u0153ud gordien alg\u00e9rien<\/p>\n<p><em>Mustapha Benchenane, politologue, Universit\u00e9 Paris-Descartes Sorbonne<\/em><\/p>\n<p><em>Brahim Senouci, physicien, Universit\u00e9 de Cergy-Pontoise<\/em><\/p>\n<p><em><strong>Dixi\u00e8me partie<\/strong><\/em><strong><em> : Un r\u00e9gime politique marqu\u00e9 par la confusion et l\u2019inadaptation<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Nous nous demanderons ici-et puisque nous en sommes \u00e0 l\u2019analyse des causes de la situation complexe et tr\u00e8s pr\u00e9occupante dans laquelle se trouve l\u2019Alg\u00e9rie &#8211; si le \u00ab Pouvoir \u00bb a sa part de responsabilit\u00e9 et, si oui, laquelle.<\/p>\n<p><strong><em>Un Pouvoir, produit de l\u2019Histoire<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Durant la p\u00e9riode coloniale, selon les moments et avec une intensit\u00e9 variable suivant la violence de la r\u00e9pression, il y a eu une vraie vie politique alg\u00e9rienne. On peut m\u00eame soutenir qu\u2019il y avait une classe politique alg\u00e9rienne qui s\u2019est efforc\u00e9e de jouer son r\u00f4le dans des conditions particuli\u00e8rement difficiles. Une partie d\u2019entre elle a \u00e9merg\u00e9 et s\u2019est impos\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 50 en optant pour la lutte arm\u00e9e avec l\u2019ind\u00e9pendance pour objectif.<\/p>\n<p>Il est temps de reconna\u00eetre une r\u00e9alit\u00e9 : si, en 1954, on avait consult\u00e9 le peuple alg\u00e9rien sur la question de l\u2019ind\u00e9pendance ou de la continuation du lien avec la France, il aurait tr\u00e8s probablement vot\u00e9 massivement en faveur de l\u2019ind\u00e9pendance. Mais ce choix ne lui a pas \u00e9t\u00e9 propos\u00e9. Pour autant, ceux qui auraient vot\u00e9 \u00ab oui \u00bb \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance n\u2019\u00e9taient pas tous pr\u00eats \u00e0 sacrifier leurs vies pour que renaisse une Alg\u00e9rie souveraine. C\u2019est l\u00e0 que s\u2019est inscrite l\u2019action coercitive du FLN et de l\u2019ALN pour que l\u2019ensemble du peuple alg\u00e9rien se trouve sur la m\u00eame ligne. Les moyens de la dictature ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard des \u00ab ti\u00e8des \u00bb, des \u00ab mous \u00bb, des \u00ab r\u00e9calcitrants \u00bb, et plus clairement contre ceux qui, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, \u00e9taient qualifi\u00e9s de \u00ab tra\u00eetres \u00bb, certains l\u2019\u00e9tant vraiment, d\u2019autres si peu ou pas du tout.<\/p>\n<p>L\u2019approche binaire l\u2019a emport\u00e9 : \u00ab ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous \u00bb\u2026 Si cette psychologie peut, \u00e0 la rigueur, s\u2019expliquer en temps de guerre, elle ne se justifie plus une fois l\u2019objectif atteint. L\u2019ind\u00e9pendance acquise, ceux qui ont exerc\u00e9 le pouvoir ont continu\u00e9 \u00e0 s\u2019inscrire dans cette d\u00e9marche marqu\u00e9e par le refus du dialogue, de la contradiction, du pluralisme. Ce refus est contenu dans cette apostrophe de Boumediene : \u00ab <em>ceux qui ne sont pas contents de vivre sous notre beau soleil n\u2019ont qu\u2019\u00e0 partir ailleurs !<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tat d\u2019esprit induisant le parti unique et la dictature, trouve sa source dans les conditions de la guerre de lib\u00e9ration. Il a pr\u00e9valu apr\u00e8s 1962 et il ne s\u2019est att\u00e9nu\u00e9, de fa\u00e7on toute relative, qu\u2019\u00e0 la suite des \u00e9meutes d\u2019octobre 1988.<\/p>\n<p>Ceux qui ont assur\u00e9 la direction du mouvement national \u00e0 partir de novembre 1954 et qui ont, par tous les moyens, mobilis\u00e9 le peuple alg\u00e9rien, avaient-ils, pour autant le profil, la comp\u00e9tence, l\u2019envergure, pour diriger un Etat digne de ce nom ?<\/p>\n<p>La personnalit\u00e9 de Ben Bella, premier Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique alg\u00e9rienne ind\u00e9pendante, n\u2019est-elle pas, \u00e0 elle seule, une r\u00e9ponse \u00e0 cette question ?<\/p>\n<p>En effet, le colonisateur n\u2019a pas vocation \u00e0 pr\u00e9parer le colonis\u00e9 \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la libert\u00e9. Ce n\u2019est donc pas un hasard si, en 1954, pr\u00e8s de 90 % des Alg\u00e9riens sont analphab\u00e8tes et 85 % le sont en juillet 1962\u2026<\/p>\n<p>Parfois, l\u2019Histoire, dans des p\u00e9riodes exceptionnelles, produit des personnalit\u00e9s hors du commun. L\u2019Emir Abdelkader \u00e9tait de ces hommes qui marquent l\u2019Histoire. Il est vrai qu\u2019il avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une instruction tr\u00e8s pouss\u00e9e, qu\u2019il avait acquis le go\u00fbt de la po\u00e9sie et que sa pratique religieuse \u00e9tait impr\u00e9gn\u00e9e de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et de la sagesse qu\u2019il d\u00e9couvrait en lisant celui qui est demeur\u00e9 son ma\u00eetre, Ibn Arabi. La guerre de lib\u00e9ration n\u2019a pas produit des \u00eatres de cette stature et il en est de m\u00eame depuis 1962.<\/p>\n<p>C\u2019est vrai que son caract\u00e8re impitoyable, sans merci, ne laissait gu\u00e8re de place \u00e0 l\u2019instruction, \u00e0 l\u2019\u00e9veil \u00e0 la beaut\u00e9 des choses. La seule hantise \u00e9tait de demeurer en vie, en infligeant le plus de mal possible \u00e0 l\u2019arm\u00e9e coloniale. De ce fait, aujourd\u2019hui encore, il n\u2019y avait en Alg\u00e9rie ni femmes ni hommes d\u2019Etat en 1962. Bien que les choses aient radicalement chang\u00e9 avec la lib\u00e9ration du pays, l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019a toujours pas produit un personnel politique apte \u00e0 prendre en charge les affaires de la Nation. La responsabilit\u00e9 de cet \u00e9tat de fait n\u2019incombe plus, aujourd\u2019hui, \u00e0 l\u2019ex colonisateur. Elle est \u00e0 chercher dans les profondeurs de la r\u00e9alit\u00e9 alg\u00e9rienne. Celle-ci est complexe, confuse. Le r\u00e9gime politique l\u2019est tout autant.<\/p>\n<p><strong><em>Le passage de la dictature \u00e0 un r\u00e9gime hybride<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Une chose est donc certaine : ceux qui ont pris la direction du pays en 1962 n\u2019avaient aucune exp\u00e9rience, aucune comp\u00e9tence pour \u00e9difier un Etat et gouverner un peuple. Ce sont d\u2019abord et avant tout les rapports de force qui ont pr\u00e9valu d\u00e8s 1962, et qui ont conduit \u00e0 l\u2019\u00ab \u00e9lection \u00bb de Ben Bella, soutenu par Boumediene, chef d\u2019une arm\u00e9e qui repr\u00e9sentait la seule force organis\u00e9e face \u00e0 la d\u00e9solation des maquis et \u00e0 un peuple \u00e9puis\u00e9 par les sacrifices incommensurables, consentis durant plus de sept ann\u00e9es de guerre. Toutes les conditions \u00e9taient r\u00e9unies pour que le pouvoir lui soit confisqu\u00e9. Acteur, sujet de l\u2019Histoire pendant la guerre, il s\u2019en est retrouv\u00e9 l\u2019objet et il n\u2019est toujours pas sorti de cette posture en ce d\u00e9but de 21\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>L\u2019arm\u00e9e a \u00e9t\u00e9 \u2013 et reste dans une certaine mesure- le c\u0153ur et l\u2019axe du pouvoir. Elle a \u00e9t\u00e9 et reste l\u2019\u00e9pine dorsale de ce qui ressemble de fa\u00e7on assez lointaine \u00e0 un \u00ab Etat \u00bb. C\u2019est en juin 1965 qu\u2019elle a pris ouvertement le pouvoir, en organisant un coup d\u2019Etat contre Ben Bella, qui \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre un d\u00e9mocrate. L\u2019arm\u00e9e, dirig\u00e9e par Boumediene, a install\u00e9 une dictature militaire, le FLN, parti unique, n\u2019\u00e9tant que la fa\u00e7ade civile de ce r\u00e9gime militaire tout-puissant.<\/p>\n<p>Si une seule chose devait qualifier les dirigeants alg\u00e9riens depuis l\u2019ind\u00e9pendance, c\u2019est leur incomp\u00e9tence. En effet, tous leurs choix se sont av\u00e9r\u00e9s d\u00e9sastreux : le pseudo \u00ab socialisme \u00bb, la strat\u00e9gie de \u00ab d\u00e9veloppement \u00bb, fond\u00e9e sur la th\u00e9orie de \u00ab l\u2019industrie industrialisante \u00bb, th\u00e9orie \u00e9chafaud\u00e9e par l\u2019\u00e9conomiste grenoblois G\u00e9rard Destanne de Bernis, tout heureux de trouver en Alg\u00e9rie un champ d\u2019exp\u00e9rimentation.<\/p>\n<p>Nous en avons aujourd\u2019hui les fruits amers, sous la forme notamment d\u2019entreprises nationales chroniquement d\u00e9ficitaires, et une industrie en ruine dont les rares fleurons ont \u00e9t\u00e9 vendus \u00e0 l\u2019encan, comme le complexe sid\u00e9rurgique d\u2019El Hadjar. Pour faire bonne mesure, Boumediene a lanc\u00e9 aussi la d\u00e9sastreuse \u00ab r\u00e9volution agraire \u00bb qui a ruin\u00e9 l\u2019agriculture alg\u00e9rienne et la mise en place d\u2019un syst\u00e8me \u00ab \u00e9ducatif \u00bb qui, loin de d\u00e9velopper l\u2019intelligence et l\u2019esprit critique, a inject\u00e9 dans les cerveaux l\u2019ignorance et l\u2019obscurantisme\u2026<\/p>\n<p>On aurait pu, l\u00e9gitimement, s\u2019attendre \u00e0 ce que, le temps passant, ces dirigeants gagnent en qualit\u00e9, en conscience, en lucidit\u00e9 et en pertinence. Il n\u2019en est rien, 53 ans apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance. Aujourd\u2019hui, il n\u2019y plus l\u2019ombre d\u2019une strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement mais un saupoudrage destin\u00e9 \u00e0 gagner du temps, au prix d\u2019une gabegie des moyens financiers dont dispose le pays, non pas gr\u00e2ce \u00e0 des richesses produites par le travail des Alg\u00e9riens mais uniquement par les recettes d\u2019exportation des hydrocarbures.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime a une part de responsabilit\u00e9 consid\u00e9rable dans l\u2019apparition et le d\u00e9veloppement de l\u2019extr\u00e9misme \u00e0 visage religieux, dit \u00ab islamisme \u00bb\u2026 Celui-ci est, en grande partie, le produit des politiques \u00e9conomique, sociale et culturelle men\u00e9es depuis 1962. Il s\u2019explique pour l\u2019essentiel par des causes internes et non, comme on le dit trop souvent, par des ing\u00e9rences \u00e9trang\u00e8res, saoudiennes ou autres.<\/p>\n<p>La d\u00e9cennie tragique des ann\u00e9es 90 est la manifestation sanglante de cet \u00e9chec : l\u2019incapacit\u00e9 de ceux qui ont gouvern\u00e9 le pays depuis l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 faire vivre en paix les diff\u00e9rentes composantes du peuple alg\u00e9rien, l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 assurer et garantir la s\u00e9curit\u00e9 de ce m\u00eame peuple sur l\u2019ensemble du territoire national.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 sa nature m\u00eame, et cela depuis la fin des ann\u00e9es 80, le r\u00e9gime n\u2019est plus vraiment une dictature sans pour autant \u00eatre une d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Il n\u2019est plus une dictature car la libert\u00e9 d\u2019expression est tr\u00e8s largement tol\u00e9r\u00e9e et pratiqu\u00e9e. La presse, arabophone et francophone, est souvent violente dans ses critiques et d\u00e9nonciations des faiblesses et des d\u00e9voiements de la politique men\u00e9e par les dirigeants.<\/p>\n<p>Mais il ne s\u2019agit pas d\u2019une d\u00e9mocratie car deux facteurs fondamentaux font d\u00e9faut : une comp\u00e9tition pacifique pour le pouvoir selon des r\u00e8gles tr\u00e8s largement accept\u00e9es et scrupuleusement respect\u00e9es. A cet \u00e9gard, et d\u00e8s que l\u2019on touche \u00e0 l\u2019essentiel, c\u2019est-\u00e0-dire au pouvoir, le pluralisme politique appara\u00eet pour ce qu\u2019il est : un leurre\u2026 Le second facteur qui caract\u00e9rise la d\u00e9mocratie et qui n\u2019existe pas davantage en Alg\u00e9rie est l\u2019Etat de droit dont l\u2019\u00e9l\u00e9ment central est la soumission de l\u2019Etat au droit, ce qui suppose une justice ind\u00e9pendante du pouvoir.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la corruption, il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dit dans nos analyses pr\u00e9c\u00e9dentes qu\u2019elle est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e en ce qu\u2019elle affecte l\u2019ensemble de la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 \u00bb et non pas seulement les dirigeants. A cet \u00e9gard, les opposants au r\u00e9gime et la presse \u00e9trang\u00e8re s\u2019autorisent une facilit\u00e9 coupable en croyant tout dire lorsqu\u2019ils affirment \u00e0 propos du r\u00e9gime alg\u00e9rien qu\u2019il est constitu\u00e9 de \u00ab g\u00e9n\u00e9raux corrompus qui d\u00e9tournent \u00e0 leur seul profit la rente p\u00e9troli\u00e8re \u00bb. Ce propos r\u00e9ducteur n\u2019est pas une analyse mais une affirmation qui est loin de recouvrir la r\u00e9alit\u00e9 dans toute sa complexit\u00e9.<\/p>\n<p><strong><em>Un Pouvoir \u00e0 l\u2019image de l\u2019Alg\u00e9rie<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le refus ou le manque d\u2019outils d\u2019analyse conduit souvent \u00e0 accoler l\u2019adjectif \u00ab opaque \u00bb au Pouvoir\u2026 Or, il ne s\u2019agit pas d\u2019opacit\u00e9 mais de pathologie.<\/p>\n<p>Les apparences d\u2019un Etat sont l\u00e0 : des appareils d\u2019Etat, c\u2019est-\u00e0-dire une arm\u00e9e, une police, une administration. Mais l\u2019Etat en tant que concept n\u2019est assimil\u00e9 ni par le peuple, ni par les gouvernants.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me d\u2019identification et d\u2019appartenance correspond \u00e0 des structures archa\u00efques telles que le clan, la r\u00e9gion, la zaou\u00efa, l\u2019ethnie, des r\u00e9seaux client\u00e9listes, des relations de subordination, ceux \u00ab d\u2019en bas \u00bb attendant une protection venant de \u00ab ceux d\u2019en haut \u00bb, en \u00e9change de leur soumission.<\/p>\n<p>Le Pouvoir n\u2019est pas non plus une \u00ab assabiya \u00bb au sens o\u00f9 l\u2019entendait Ibn Khaldoun, car la \u00ab assabya \u00bb suppose non seulement l\u2019existence d\u2019un groupe fond\u00e9 sur la solidarit\u00e9, mais aussi une coh\u00e9sion sociale qui fait d\u00e9faut en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Dire \u00e9galement que les Alg\u00e9riens rejettent l\u2019Etat parce qu\u2019il leur rappellerait une autorit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re \u2013 le beylik ottoman ou la France coloniale \u2013 a quelque pertinence mais n\u2019\u00e9puise pas la question. La v\u00e9rit\u00e9 est que, en Alg\u00e9rie, on n\u2019a pas encore acc\u00e9d\u00e9 au degr\u00e9 d\u2019abstraction que n\u00e9cessite l\u2019appropriation du concept d\u2019\u00ab Etat \u00bb. Dirigeants et peuple se rejoignent dans ce d\u00e9ficit d\u00fb \u00e0 l\u2019absence totale de tradition politique en la mati\u00e8re. Le concept de \u00ab loi \u00bb n\u2019est pas non plus int\u00e9rioris\u00e9 notamment parce que ce que l\u2019on pr\u00e9sente sous ce vocable est arbitraire et in\u00e9galement appliqu\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Ils se rejoignent aussi en ce que la pr\u00e9tendue \u00ab opacit\u00e9 \u00bb n\u2019est que le reflet du trouble qui caract\u00e9rise l\u2019identit\u00e9 alg\u00e9rienne\u2026<\/p>\n<p>En for\u00e7ant le trait, on peut, \u00e0 l\u2019issue de toutes les analyses auxquelles nous avons proc\u00e9d\u00e9 auparavant, dire qu\u2019\u00e0 la \u00ab tchaktchouka \u00bb identitaire correspond la \u00ab tchaktchouka \u00bb politique, l\u2019une \u00e9tant le reflet de l\u2019autre et inversement.<\/p>\n<p>Fondamentalement, il ne s\u2019agit, ni de \u00ab g\u00e9n\u00e9raux corrompus qui d\u00e9tournent \u00e0 leur seul profit la rente p\u00e9troli\u00e8re \u00bb, ni d\u2019un r\u00e9gime caract\u00e9ris\u00e9 par l\u2019\u00ab opacit\u00e9 \u00bb. Le probl\u00e8me est bien plus grave : c\u2019est une pathologie tr\u00e8s largement partag\u00e9e. Il ne suffira donc pas, pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me, de remplacer des hommes et des femmes par d\u2019autres hommes et d\u2019autres femmes, ni de chasser une \u00e9quipe pour la remplacer par une autre, car le mal qui ronge le pays concerne tout le monde. En effet, tout se tient : la \u00ab cacophonie \u00bb linguistique, l\u2019affaissement de la religion qui ne parvient plus \u00e0 fonder et \u00e0 souder une communaut\u00e9, la perte des valeurs, notamment celles que porte la civilisation musulmane, la mondialisation qui affecte l\u2019identit\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime politique est un des \u00e9l\u00e9ments de ce tout. Il est en miroir avec lui\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est une approche syst\u00e9mique qu\u2019il faut adopter pour essayer de comprendre la r\u00e9alit\u00e9 alg\u00e9rienne dans sa globalit\u00e9, et surtout ne pas isoler l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments par rapport aux autres auxquels il est li\u00e9.<\/p>\n<p>Dans notre prochaine livraison, nous \u00e9tudierons les causes et les effets d\u2019un mal qui n\u2019est pas sp\u00e9cifiquement alg\u00e9rien mais qui se manifeste dans notre pays avec une acuit\u00e9 particuli\u00e8re, la \u00ab haine de soi \u00bb\u2026<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/brahim-senouci\/\">Brahim Senouci<\/a><\/p>\n<p><em>Brahim.senouci@<span class=\"skimlinks-unlinked\">hotmail.fr<\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le n\u0153ud gordien alg\u00e9rien Mustapha Benchenane, politologue, Universit\u00e9 Paris-Descartes Sorbonne Brahim Senouci, physicien, Universit\u00e9 de Cergy-Pontoise Dixi\u00e8me partie : Un r\u00e9gime politique marqu\u00e9 par la confusion et l\u2019inadaptation Nous nous demanderons ici-et puisque nous en sommes \u00e0 l\u2019analyse des causes de la situation complexe et tr\u00e8s pr\u00e9occupante dans laquelle se trouve l\u2019Alg\u00e9rie &#8211; si le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":4232,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":{"0":"post-4202","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-brahim-senouci"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4202","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4202"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4202\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4202"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4202"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4202"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}