{"id":4497,"date":"2015-08-25T12:25:28","date_gmt":"2015-08-25T12:25:28","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=4497"},"modified":"2015-08-25T12:25:28","modified_gmt":"2015-08-25T12:25:28","slug":"ahmed-el-makarri-tlemcen-1578-le-caire-1631-nul-nest-prophete-en-son-pays","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/ahmed-el-makarri-tlemcen-1578-le-caire-1631-nul-nest-prophete-en-son-pays\/","title":{"rendered":"Ahmed El Makarri (Tlemcen 1578\u00a0&#8211; Le Caire 1631).  Nul n\u2019est proph\u00e8te en  son pays."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Par Mohamed Senni El-M\u2019Haji<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Il y avait pas mal de temps d\u00e9j\u00e0 que le Maghreb avait perdu en Maqqar\u00ee\u00a0\u2026un philologue et artiste du verbe dont il n\u2019a plus produit d\u2019analogue, peut-\u00eatre, jusqu\u2019\u00e0 nos jours \u00bb. Jacques Berque in \u00ab\u00a0l\u2019Int\u00e9rieur du Maghreb\u00a0au XIV\u00e8me-XIX\u00e8me si\u00e8cle\u00bb. Editions Gallimard. 1978.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour qui conna\u00eet Jacques Berque qui a abord\u00e9 l\u2019Islam et le monde arabe, non comme l\u2019ont fait les plus grands orientalistes mais\u00a0\u00ab\u00a0de l\u2019int\u00e9rieur\u00a0\u00bb comme nous l\u2019a si bien expliqu\u00e9 le regrett\u00e9 Professeur Abdelmadjid Meziane, lire cette sentence \u00f4 combien en est homog\u00e8ne la miscibilit\u00e9 de la pertinence et la justesse, pour ensuite \u00e9crire sur El Makarri, peut para\u00eetre relever de la pr\u00e9tention pour certains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019assume, en toute conscience et qui\u00e9tude, humblement et totalement. Mon unique souhait est de contribuer modestement \u00e0 participer \u00e0 restituer non une grande figure alg\u00e9rienne telle qu\u2019elle fut mais, \u00e0 travers certaines de ses facettes, son itin\u00e9raire hors du commun, \u00e0 tous ceux qui sont imbus par ces pages d\u2019anthologie, tr\u00e8s nombreuses et brillantes d\u2019excellence, que rec\u00e8le notre patrimoine commun.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Je commencerai par signaler que l\u2019\u0153uvre-ma\u00eetresse d\u2019El Makarri, \u00e9crite \u00e0 Damas, intitul\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u0646\u0641\u062d \u0627\u0644\u0637\u064a\u0628 \u0645\u0646 \u063a\u0635\u0646 \u0627\u0644\u0623\u0646\u062f\u0644\u0633 \u0627\u0644\u0631\u0637\u064a\u0628 \u0648\u0623\u062e\u0628\u0627\u0631 \u0648\u0632\u064a\u0631\u0647\u0627 \u0644\u0633\u0627\u0646 \u0627\u0644\u062f\u064a\u0646 \u0628\u0646 \u0627\u0644\u062e\u0637\u064a\u0628<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">connue sous le titre abr\u00e9g\u00e9 de <strong>\u0646\u0641\u062d \u0627\u0644\u0637\u064a\u0628<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0Exhalaison du parfum du rameau vert d\u2019Andalousie et mention de son Vizir Lissane Eddine Ibn El Khatib\u00a0\u00bb qui a inspir\u00e9 sans nul doute, dans une large mesure, le jugement de Jacques Berque, est la mieux indiqu\u00e9e pour parler de notre auteur, qualifi\u00e9 en dehors d\u2019Alg\u00e9rie, de \u00ab\u00a0g\u00e9nie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une seule \u00e9tude, parmi tant d\u2019autres dont deux par des plumes alg\u00e9riennes, faite sur ce livre a n\u00e9cessit\u00e9 de son auteur le recours \u00e0 pas moins de 154 sources\u00a0: 21 manuscrites, 112 \u00e9dit\u00e9es, 7 revues sp\u00e9cialis\u00e9es et 14 livres publi\u00e9s par des auteurs non arabes\u00a0! Pour l\u2019\u00e9voquer, nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 utiliser, dans un souci de vulgarisation simplifi\u00e9e, une autre de ses \u0153uvres, la premi\u00e8re qu\u2019il ait jamais \u00e9crite et qui a l\u2019avantage d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 soigneusement et passionn\u00e9ment prise en charge \u00e0 en juger par la remarquable introduction o\u00f9 El Makarri a \u00e9t\u00e9 finement restitu\u00e9. Il s\u2019agit de son \u0153uvre-la premi\u00e8re donc qu\u2019il a eu \u00e0 \u00e9crire \u00e0\u00a0Tlemcen alors qu\u2019il avait un peu plus de 24 ans -, intitul\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u0631\u0648\u0636\u0629 \u0623\u0644\u0622\u0633 \u0627\u0644\u0639\u0627\u0637\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0623\u0646\u0641\u0627\u0633 \u0641\u064a \u0630\u0643\u0631 \u0645\u0646 \u0644\u0642\u064a\u062a\u0647 \u0645\u0646 \u0623\u0639\u0644\u0627\u0645 \u0627\u0644\u062d\u0636\u0631\u062a\u064a\u0646 \u0645\u0631\u0627\u0643\u0634 \u0648\u0641\u0627\u0633<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong> (Le jardin des myrtes parfumant les souffles par les r\u00e9cits sur les sommit\u00e9s que j\u2019ai rencontr\u00e9es dans les cit\u00e9s de Marrakech et F\u00e8s).<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est incontestable que le premier livre cit\u00e9 qui, comme nous le verrons \u00e0 la fin, a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit de mani\u00e8re incroyable, sans le moindre support \u00e0 l\u2019exception de l\u2019\u00e9l\u00e9phantesque m\u00e9moire d\u2019El-Makarri, remarquablement r\u00e9dig\u00e9, brillamment articul\u00e9, o\u00f9 le superflu n\u2019a pas de place, est beaucoup plus riche, universellement connu et rec\u00e8le des pr\u00e9cisions ainsi qu\u2019une foule de d\u00e9tails comme seuls les plus grands peuvent \u00e9taler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais nous nous limiterons, cette fois, \u00e0 l\u2019itin\u00e9raire exceptionnel d\u2019une famille alg\u00e9rienne &#8211; et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 celui du plus c\u00e9l\u00e8bre de ses fils &#8211; famille qui s\u2019est distingu\u00e9e par une \u0153uvre socioculturelle in\u00e9gal\u00e9e, \u00e9tendue, disons pour le moment, sur six si\u00e8cles. Cet espace trouve son explication dans plusieurs rep\u00e8res desquels nous ne retiendrons que deux\u00a0: le premier concerne \u2013 et nous le verrons mieux un peu plus loin \u2013 le premier a\u00efeul de notre auteur qui s\u2019installa \u00e0 Tlemcen, \u00e0 la fin du 12\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seconde est que le Che\u00efkh Abou-Ras de Mascara (1150\/1737 -1328\/1823), qui fit une visite au Maroc \u00e0 la fin du 18\u00e8me si\u00e8cle o\u00f9 il eut sa c\u00e9l\u00e8bre rencontre (dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 dans d&rsquo;autres colonnes) avec le Sultan Moulay Slimane \u2013 qui gouverna de 1792 \u00e0 1822 \u2013 raconte dans son autobiographie intitul\u00e9e\u00a0: \u0641\u062a\u062d \u0627\u0644\u0625\u0644\u0647 \u0648\u0645\u0646\u062a\u0647, pages 107 et 108, (Editions ENAL 1990) que sur son chemin du retour, il s\u2019arr\u00eata \u00e0 Tlemcen et note que ses savants de cette \u00e9poque \u00ab\u00a0sont les Benzaghou, les Okbani, les Merzouk et les M\u2019kara\u00a0\u00bb. Cette information prouve, si besoin est, qu\u2019environ deux si\u00e8cles apr\u00e8s la mort de Ahmed El-Makarri, des membres de sa famille continuaient \u00e0 se distinguer dans les domaines qui nous concernent. Les graines que son ascendance a sem\u00e9es, \u00e0 travers les si\u00e8cles, portent leurs fruits jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Les siennes nous font battre le c\u0153ur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons, pour des besoins conjugu\u00e9s de concision et de pr\u00e9cision et, reconnaissons-le sans d\u00e9tour, pour un besoin de facilit\u00e9 surtout, opt\u00e9 pour le second livre cit\u00e9 dont nous connaissons l\u2019histoire frissonnante de l\u2019exhumation. Quelques mots pour \u00e9clairer le lecteur sur ce point saisissant ne seraient pas de trop.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 la fin de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle et, plus pr\u00e9cis\u00e9ment au Maroc, que des personnes mues par une ferme volont\u00e9 de retrouver et sauver tout ce qui peut l\u2019\u00eatre du patrimoine maghr\u00e9bin remarquent, \u00e0 travers certaines lectures de manuscrits mis au grand jour de diverses mani\u00e8res, des passages parlant de ce livre et de son auteur. Son nom faisant unanimit\u00e9, la traque \u00e9tait lanc\u00e9e et l\u2019hallali sonn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Roi Mohamed V ordonna de rep\u00e9rer le maximum de manuscrits et de les inventorier dans un premier temps. Son successeur insista plus que lui. La t\u00e2che fut confi\u00e9e \u00e0 un regrett\u00e9 ami, le Professeur Abdelouahab Benmansour, originaire des Soula\u00efmaniyine de A\u00efn El Hout de Tlemcen, qui reconna\u00eet devoir sa carri\u00e8re \u00ab\u00a0aux conseils du Che\u00efkh El Bachir El Ibrahimi prodigu\u00e9s \u00e0 l\u2019oncle paternel du Professeur et ce \u00e0 N\u00e9droma pour qu\u2019il lib\u00e8re son neveu de ses activit\u00e9s commerciales et le laisse prendre le chemin de la connaissance et de la science\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jugement du Che\u00efkh allait se confirmer peu de temps apr\u00e8s. En effet, d\u00e9sign\u00e9 comme historiographe du Royaume du Maroc, poste qu\u2019il occupa plus d\u2019un demi-si\u00e8cle environ sous les trois derniers Rois alaouites, il fut \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Imprimerie Royale qui deviendra la Direction des Archives Royales o\u00f9 je le rencontrai pour la premi\u00e8re fois en ao\u00fbt 1981 gr\u00e2ce \u00e0 une aimable recommandation du regrett\u00e9 Mahmoud Bouayad, alors Directeur de la Biblioth\u00e8que Nationale d\u2019Alger et qui m\u2019avait honor\u00e9 en me chargeant d\u2019un travail pour le compte du grand professeur Aboul Kacem Saadallah que Dieu l&rsquo;agr\u00e9e en Sa Sainte mis\u00e9ricorde. En 1989, rendant visite \u00e0 Si Benmansour en compagnie du Professeur Abdelmadjid M\u00e9ziane, celui-ci me fit remarquer que l\u2019esplanade avec quelques vestiges (dont la Tour Hassan) qui se trouvent en face de la Direction des Archives Royales sont les restes d\u2019une mosqu\u00e9e construite par un alg\u00e9rien\u00a0: l\u2019Emir Aboul Hassan El M\u00e9rini (1) d\u2019origine z\u00e9n\u00e8te dont l\u2019itin\u00e9raire a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien rendu par Ibn Marzouk, contemporain et ami d\u2019Ibn Khaldoun et de Lissane Ed-Din\u00a0 Ibn El-Khatib. Vieux et grand Maghreb\u00a0! devenu un slogan creux, vid\u00e9 de sa noble substance, manipul\u00e9 sans vergogne pour les besoins d\u2019exigences politiciennes \u00e9triqu\u00e9es et finissant par \u00eatre rabaiss\u00e9 au rang d\u2019un simple mirage aux yeux de ceux qui tiennent mordicus aux rep\u00e8res authentiques de leur pays en v\u00e9hiculant, contre vents et mar\u00e9es, les grandes et nobles aspirations de nombre de leurs illustres pr\u00e9d\u00e9cesseurs\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019introduction du livre retenu, Si Benmansour raconte qu\u2019il fut inform\u00e9, \u00e0 plusieurs reprises, de la d\u00e9couverte du manuscrit d\u2019El-Makarri. Apr\u00e8s une euphorie indicible, son ardeur s\u2019estompa\u00a0: \u00e0 chaque fois le manuscrit concernait un autre auteur. Quelques mois apr\u00e8s, nouvelle alerte. Il se d\u00e9place lui-m\u00eame, compulse le manuscrit rel\u00e9gu\u00e9 dans un coin de la biblioth\u00e8que de l\u2019un des palais royaux et, malgr\u00e9 toute la discr\u00e9tion et la timidit\u00e9 qu\u2019on lui connaissait alors, on remarqua sa f\u00e9brilit\u00e9 face au pr\u00e9cieux document. Le Tr\u00e9sor qu\u2019on croyait \u00e0 jamais perdu \u00e9tait bien entre ses mains. Il y veillera comme on le fait pour un b\u00e9b\u00e9 dont on d\u00e9sesp\u00e9rait de la venue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s une toilette scientifiquement men\u00e9e sur le document r\u00e9dig\u00e9 de la main-m\u00eame de son auteur, il se chargea lui-m\u00eame de sa r\u00e9\u00e9criture et, le 17 Ramadhan 1383 \/ 2 f\u00e9vrier 1964, le livre parut. En cette ann\u00e9e-l\u00e0, j\u2019\u00e9tais lyc\u00e9en en classe de seconde. J\u2019\u00e9tais \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re de me douter que l\u2019historiographe allait me l\u2019adresser, ainsi que nombre de publications de la Biblioth\u00e8que Royale, \u00e0 partir de 1981. L\u2019essentiel du contenu que je livre, s\u2019il est d\u00fb essentiellement \u00e0 notre auteur, il l\u2019est, dans une large mesure, \u00e9galement \u00e0 cet homme qui a marqu\u00e9 de son empreinte la recherche en g\u00e9n\u00e9ral et le patrimoine maghr\u00e9bin en particulier. Pour ce point pr\u00e9cis, je rappelle qu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, Si Benmansour entama une compilation qui n\u2019a point de semblable, sur les grands hommes et femmes du Maghreb depuis que le premier musulman e\u00fbt foul\u00e9 l\u2019Ifriqiya jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Trente tomes \u00e9taient envisag\u00e9s, comportant des biographies de 27\u00a0000 personnages, issus de tous les domaines de la vie sociale, de toutes les r\u00e9gions de ce qui constitue aujourd\u2019hui le Grand Maghreb, et tous pass\u00e9s au peigne fin. Mais l\u00e0 on aborde un autre sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>1 Origine des Makarri et envol de leur exceptionnelle contribution dans les domaines scientifiques.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Origine.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque l&rsquo;on prend la rocade qui va de Boughezzoul (dans la Wilaya de M\u00e9d\u00e9a) vers Barika et Batna, dans l\u2019Est du pays, et \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de l\u2019intersection qui remonte \u00e0 M\u2019Sila, nous passons par la ville natale des Makarri qui s\u2019appelait, avant la colonisation, Makarra avec le \u00ab\u00a0Kaf\u00a0\u00bb\u00a0: \u0642 . Comme cette lettre n\u2019a pas de correspondance dans la langue fran\u00e7aise le\u00a0\u00ab\u00a0Kaf\u00a0\u00bb fut tout simplement transcrit par l\u2019administration coloniale par G. Et cette ville continue, jusqu\u2019\u00e0 nos jours, malgr\u00e9 l\u2019Ind\u00e9pendance recouvr\u00e9e, \u00e0 s\u2019appeler \u00ab\u00a0Magra\u00a0\u00bb\u00a0! Aussi est-il de toute premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 de nous r\u00e9approprier tout ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0d\u00e9form\u00e9\u00a0\u00bb par la colonisation. Mais, faut-il encore que volont\u00e9 et foi soient intimement li\u00e9es d\u2019autant plus que cette r\u00e9appropriation ne co\u00fbte rien-bien que refl\u00e9tant notre besoin d\u2019autonomie identitaire-et, c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0, que r\u00e9side l\u2019explication du d\u00e9sint\u00e9ressement de ceux dont la mission premi\u00e8re est de veiller \u00e0 sauvegarder nos rep\u00e8res quand leur ti\u00e9deur et leur mutisme ne cachent pas des desseins inavou\u00e9s. Mais que veut dire rep\u00e8re pour eux\u00a0? L\u00e0 est toute la question.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>P\u00e9r\u00e9grinations.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Tlemcen<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7150\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/tlemcen-1-300x152.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"152\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce fut l\u2019un de ses ascendants directs, Abdourrahmane Ben Abi Bakr Ben Ali qui vint, le premier, au sixi\u00e8me si\u00e8cle, s\u2019installer \u00e0 Tlemcen. Il devait \u00eatre un parfait \u00e9rudit puisqu\u2019il accomplit ce voyage au service du Che\u00efkh Choa\u00efb Ibn El Houssine, le S\u00e9villan, connu dans la post\u00e9rit\u00e9 sous le nom de Sidi Boum\u00e9di\u00e8ne, Saint Patron de Tlemcen, celui-l\u00e0 m\u00eame qu\u2019Ibn Arabi qualifia de Che\u00efkh Ech-Chouyoukh. Ce qui vient juste de pr\u00e9c\u00e9der nous renseigne sur deux faits importants\u00a0: le premier est que l\u2019a\u00efeul de \u201bAhmed El Makarri devait \u00eatre un pur savant pour faire partie de l\u2019entourage imm\u00e9diat et restreint de Sidi Boum\u00e9di\u00e8ne. Le second est que ce voyage ne peut avoir eu lieu qu\u2019en 1198 (600 de l\u2019H\u00e9gire) puisque Sidi Boum\u00e9di\u00e8ne rendit l\u2019\u00e2me en cette ann\u00e9e-l\u00e0 au lieu-dit \u00ab\u00a0El-Eubbad\u00a0\u00bb dans les environs de Tlemcen.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les historiens et les g\u00e9n\u00e9alogistes ne nous renseignent gu\u00e8re ou tr\u00e8s peu sur l\u2019ascendance de ce compagnon de Sidi Boum\u00e9di\u00e8ne, auquel cas les six si\u00e8cles cit\u00e9s plus haut subiraient des changements \u00e0 la hausse car, comme le dit notre Proph\u00e8te (\u00e7)\u00a0: \u00ab\u00a0Le dernier de cette nation ne vaudra que par ce qu\u2019a valu son premier.\u00a0\u00bb L\u2019a\u00efeul de notre auteur s\u2019installa donc d\u00e9finitivement dans la capitale des Zianides et eut une prestigieuse descendance, rompue aux sciences et au travail et qui entretenait d\u2019importants \u00e9changes commerciaux entre le Soudan et Tlemcen.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On sait qu\u2019ils ont creus\u00e9 plusieurs puits tout le long de l\u2019itin\u00e9raire qu\u2019ils empruntaient et prirent, \u00e0 leur charge, de s\u00e9curiser le parcours. A c\u00f4t\u00e9 du commerce, ils se donn\u00e8rent pour mission d\u2019islamiser tous ceux qu\u2019ils pouvaient convaincre et accomplirent, \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres, un travail remarquable. Ils jou\u00e8rent un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leurs fr\u00e8res du Tafilalet, dans l\u2019islamisation du S\u00e9n\u00e9gal, Mali, Niger et Soudan qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, s\u2019\u00e9tendait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Atlantique, c\u00f4t\u00e9s Ouest et Sud. Est-ce un hasard si la ville de Tombouctou compte plus de manuscrits que toute l\u2019Alg\u00e9rie et, probablement, plus que les pays du Maghreb r\u00e9unis\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le plus c\u00e9l\u00e8bre de cette descendance v\u00e9cut au VIII\u00e8me si\u00e8cle. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9minent Cadi de F\u00e8s Abou Abdellah Mohamed Ben Ahmed Ben Abi Bakr El Makarri qui d\u00e9c\u00e9da dans la ville d\u2019Idriss II en 759\/1357 l\u00e9guant \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 divers ouvrages connus et certains publi\u00e9s et dont nous pouvons remettre les titres et les r\u00e9sum\u00e9s de leurs contenus \u00e0 ceux qui pourraient en \u00eatre int\u00e9ress\u00e9s. Environ deux si\u00e8cles plus tard naquit, \u00e0 Tlemcen, notre auteur\u00a0: Aboul Abb\u00e8s Ahmed Ben Mohamed Ben Ahmed Ben Yahia Ben Abderrahmane Ben Abi El-A\u00efch Ben Mohamed El Makarri en 1578.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Arr\u00eatons-nous sur cette date de naissance qui a pos\u00e9 probl\u00e8me par le pass\u00e9. En effet, l\u2019auteur syrien Khe\u00efreddine Ez-Zirikli, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1976, soul\u00e8ve cette question dans son livre \u00ab\u00a0Les Savants\u00a0\u00bb. Il situe cette date en 986 (1578) tout comme le fait d\u2019ailleurs le Professeur Abdelouahhab Benmansour. Ce dernier ajoute que, cette date de naissance \u00ab\u00a0se situe 30 ans apr\u00e8s le d\u00e9but de la prise de Tlemcen par les Ottomans\u00a0\u00bb ce qui n\u00e9cessite, pour ne laisser subsister aucun doute, des recherches plus pouss\u00e9es mais qui nous feraient d\u00e9vier de notre objectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puisqu\u2019il est \u00e9tabli que \u201bArroudj fut re\u00e7u comme vainqueur \u00e0 Alger en 1516, on peut formellement affirmer que notre auteur est n\u00e9 62 ans apr\u00e8s le d\u00e9but de la colonisation de notre pays par les Turcs. Le m\u00eame professeur ajoute qu\u2019El-Makarri, \u00e2g\u00e9 de 23 ans, fit son entr\u00e9e \u00e0 F\u00e8s le 4 Safar 1009, 15 ao\u00fbt 1600. Cette date, confirm\u00e9e par l\u2019auteur lui-m\u00eame dans le livre sur lequel nous nous sommes bas\u00e9, corrobore sa naissance en 1578. De plus, tous les historiens s\u2019accordent \u00e0 admettre que, peu de temps apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 F\u00e8s, il fut re\u00e7u par le Sultan Ahmed El Mansour Ad-Dhahabi qui gouverna d\u2019ao\u00fbt 1578 \u00e0 ao\u00fbt 1603 ce qui implique que notre auteur a fait partie de son entourage durant presque quatre ann\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rappelons au passage qu\u2019\u00e0 la suite de l\u2019occupation de l\u2019Alg\u00e9rie par les Ottomans, beaucoup de grands noms de l\u2019\u00e9lite savante du Pays, pour ne pas s\u2019ali\u00e9ner aux nouveaux occupants, s\u2019\u00e9loign\u00e8rent en Alg\u00e9rie-m\u00eame pour \u00e9viter tout contact avec eux ou s\u2019exil\u00e8rent en terres \u00e9trang\u00e8res\u00a0: la Tunisie, l\u2019Egypte, les Lieux Saints et particuli\u00e8rement le Maroc o\u00f9 F\u00e8s \u00e9tait privil\u00e9gi\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>2. Formation de \u201bAhmed Al-Makarri.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il commen\u00e7a par \u00e9tudier diverses mati\u00e8res aupr\u00e8s des grands ma\u00eetres de Tlemcen mais il acquit l\u2019essentiel de son savoir aupr\u00e8s de son oncle paternel Abou Othmane Sa\u00efd Al-Makarri, Muphti pendant plus de soixante ans de Tlemcen. Il re\u00e7ut de lui le Sahih de Boukhari sept fois, celui de Mouslim ainsi que les livres de Hadiths d\u2019Ibn Maja (\u0627\u0628\u0646 \u0645\u0627\u062c\u0629), Et-Tarmidhi (\u0627\u0644\u062a\u0631\u0645\u0630\u064a), Abi Daoud (\u0623\u0628\u064a \u062f\u0627\u0648\u062f) et En-Nassa\u2019i (\u0627\u0644\u0646\u0633\u0627\u0626\u064a), c\u2019est-\u00e0-dire ceux qu\u2019on d\u00e9nomme \u00ab\u00a0les Six\u00a0\u00bb. Cette transmission avait une particularit\u00e9 ahurissante\u00a0: non seulement elle comporte les noms figurant dans les cha\u00eenes de transmission qui apparaissent dans les six livres d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9s mais \u00e9galement celles des ma\u00eetres reconnus qui ont transmis les hadiths jusqu\u2019\u00e0 l\u2019oncle d\u2019El-Makarri et l\u2019on retrouve, entre autres, parmi ces transmetteurs\u00a0: Abou Abdellah Tnessi (T\u00e9n\u00e8s 832 \/ 1428 \u2013 889 \/ 1494), Ibn Marzouk (Tlemcen 1310 \u2013 Le Caire 1379) (2), Abou Ja\u00e2far Ibn Ez-Zoubir (627 \/ 1230 \u2013 708 \/ 1308), Ibn Abi Rabi\u2019e (S\u00e9ville 598 \/ 1203 \u2013 Ceuta 688 \/ 1289) et le grand Cadi Iyyadh (Ceuta 14 ou 16 Chaabane 476 \/ 27 ou 29 d\u00e9cembre 1083-vendredi 9 Joumada II 544 &#8211; 14 octobre 1149) et son livre \u00ab\u00a0Ech-Chifa\u00a0\u00bb. Ceci est, de nos jours, totalement inconcevable. Transmissions ascendante et descendante s\u2019\u00e9talent, toutes deux, sur pas moins de dix si\u00e8cles\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019oncle commen\u00e7a \u00e0 inciter son neveu \u00e0 aller \u00e0 F\u00e8s pour \u00e9tudier des mati\u00e8res compl\u00e9mentaires et- pourquoi pas\u00a0?- faire partie de l\u2019\u00e9lite intellectuelle qui gravitait autour du Sultan Aboul Abb\u00e8s Ahmed El Mansour Ed-Dhahabi comme le fit, deux si\u00e8cles et demi plus t\u00f4t, un de ses a\u00efeux, le Cadi Mohamed, invit\u00e9 \u00e0 Tlemcen-m\u00eame, par le Sultan Abou Inane (749-760 \/ 1348-1358) \u00e0 le suivre \u00e0 Marrakech.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La science, \u00e0 F\u00e8s, \u00e9tait, comme \u00e0 Tlemcen, l\u2019apanage d\u2019une poign\u00e9e de familles au sommet desquelles tr\u00f4nait celle des Makarri, sans partage, pendant des si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme mentionn\u00e9 plus haut, arriv\u00e9 en plein mois d\u2019ao\u00fbt 1600 dans la capitale culturelle du Maroc, il descendit chez le Cadi de F\u00e8s El Jedid, Abou Mohamed Abdelouahhab, lui-m\u00eame fils du Cadi Al-Houme\u00efdi. Le soir de son arriv\u00e9e, il se dirigea vers l\u2019Universit\u00e9 El-Karaouiyine pour assister aux d\u00e9bats scientifiques dirig\u00e9s par Ali Ben Amrane Es-Salassi (n\u00e9 en 960\/1552-53), sommit\u00e9 incontest\u00e9e et incontestable en Fiqh mal\u00e9kite qui abordait ce soir-l\u00e0 un aspect sur l\u2019h\u00e9ritage d\u2019apr\u00e8s le \u00ab\u00a0R\u00e9sum\u00e9\u00a0\u00bb (El Mokhtassar) de Sidi Khalil. Tous les Oulama de F\u00e8s et d\u2019ailleurs &#8211; de renom- occupaient les premiers rangs, suivis par les \u00e9l\u00e8ves puis par des fid\u00e8les inconnus au milieu desquels Al-Makarri prit place. Un alem fit objection au conf\u00e9rencier qui lui apporta les arguments qui content\u00e8rent l\u2019intervenant. Alors se leva notre auteur et dans un style respectueux vis-\u00e0-vis du ma\u00eetre, expliqua, avec un argumentaire magistral, en deux courtes phrases, qui frisent la perfection, que le Ma\u00eetre et l\u2019intervenant \u00e9taient tous deux dans l\u2019erreur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois ses arguments \u00e9tal\u00e9s devant une assistance m\u00e9dus\u00e9e, l\u2019intervenant le prit \u00e0 partie. Le Che\u00efkh Es-Salassi s\u2019interposa et invita cordialement Al-Makarri \u00e0 prendre place pr\u00e8s de lui. S\u2019adressant \u00e0 l\u2019assistance, il leur dit\u00a0: \u00ab\u00a0Vous venez d\u2019entendre la juste explication du probl\u00e8me\u00a0\u00bb. Le lendemain, F\u00e8s et le Maroc ne parlaient que de ce jeune g\u00e9nie. Les plus grands lettr\u00e9s du Royaume, connaissant parfaitement le niveau de la science de cette famille, adress\u00e8rent \u00e0 Tlemcen des po\u00e8mes louant l\u2019oncle pour leur avoir envoy\u00e9 une perle rare. Ces po\u00e8mes peuvent \u00eatre consult\u00e9s de nos jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A quelques semaines de l\u00e0 fut d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 par le Sultan Ed-Dhahabi un haut responsable de Marrakech, le Fqih Ibrahim Ben Mohamed El-A\u00efssi, charg\u00e9 de construire un barrage sur l\u2019oued Boutouba qui subsiste jusqu\u2019\u00e0 nos jours \u00e0 F\u00e8s. Connu pour \u00eatre \u00e9rudit, on lui fait rencontrer Al-Makarri. Impressionn\u00e9 par le jeune homme, il lui demanda de l\u2019accompagner \u00e0 Marrakech pour le pr\u00e9senter \u00e0 celui que nos voisins classent parmi les plus grands Sultans du Maroc. Il \u00e9tait le dernier de la lign\u00e9e des Saadiens supplant\u00e9s par les Alaouites moins de trente ans apr\u00e8s sa mort. On sait avec certitude (puisque c\u2019est notre auteur qui l\u2019\u00e9crit lui-m\u00eame) qu\u2019il se rendit \u00e0 Marrakech, l\u2019ann\u00e9e de son arriv\u00e9e \u00e0 F\u00e8s (1009\/1600), o\u00f9 il fut re\u00e7u par la famille d\u2019El-A\u00efssi. Il fut re\u00e7u \u00e9galement par le Sultan, lui-m\u00eame d\u2019une rare \u00e9rudition et grand m\u00e9c\u00e8ne des savants qui \u00e9taient fort nombreux dans sa capitale. Dans cette ville, il rencontra de nombreux Oulama et, parmi eux le c\u00e9l\u00e8bre Baba Ahmed Tomboucti.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette rencontre eut lieu au milieu de Moharrem 1010 (14\/15 juillet 1601). Il re\u00e7ut un important lot de livres de ses pairs qu\u2019il ram\u00e8nera avec lui \u00e0 Tlemcen. Il quitta Marrakech le 15 Rabi\u2019e II 1010 (13 Octobre 1601) pour F\u00e8s. Son s\u00e9jour aura donc dur\u00e9 \u00e0 peine un an. Il restera dans la capitale culturelle du Maroc quelque sept mois pour la quitter le 17 Dhoul Ki\u2019da 1010 (9 mai 1602) pour retourner \u00e0 Tlemcen o\u00f9 il s\u2019informa de la situation qui pr\u00e9valait dans son pays natal. Tout en r\u00e9glant certains probl\u00e8mes, il \u00e9crivit \u00e0 chaud le livre dont nous nous sommes inspir\u00e9 pour tenter de restituer quelques facettes de l\u2019image de cette grande et exceptionnelle figure d\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>3. Le Jardin des myrtes (\u0631\u0648\u0636\u0629 \u0627\u0644\u0622\u0633).<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vendredi 1er Chawwal 1011\/ 14 mars 1603 ou quelques jours avant, notre auteur entame l\u2019\u00e9criture de ce livre qui comporte les biographies pr\u00e9cises de trente-quatre savants qu\u2019il a rencontr\u00e9s personnellement au cours de son s\u00e9jour \u00e0 F\u00e8s et Marrakech \u00e0 l\u2019exception du Cadi Iyyadh- mort depuis 1149 &#8211; qu\u2019il connaissait comme s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 son intime. Il a \u00e9t\u00e9 reconnu que, jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9couverte du manuscrit, sur plus de trente noms, beaucoup \u00e9taient inconnus tandis que d\u2019autres l\u2019\u00e9taient tr\u00e8s peu. Seul, Baba Ahmed Et-Tomboucti et \u00e0 un degr\u00e9 moindre Abdelaziz El-Fechtali, \u00e9taient des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s av\u00e9r\u00e9es qui travers\u00e8rent all\u00e8grement les si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les informations rapport\u00e9es par El-Makarri sur chacune des sommit\u00e9s qu\u2019il cite allaient permettre de d\u00e9blayer le terrain aux chercheurs en mettant \u00e0 leur disposition un fil conducteur s\u00fbr, incontestable et incontournable. Nul historien n\u2019a d\u00e9cel\u00e9 la moindre faille dans le livre \u00e9crit par notre auteur tlemc\u00e9nien comme d\u2019ailleurs dans toute son \u0153uvre. Tous sont unanimes \u00e0 admettre que son style sortait des sentiers battus et que l\u2019union de l\u2019esprit et de la lettre \u00e9tait port\u00e9e \u00e0 un niveau inimaginable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est en se pr\u00e9parant \u00e0 retourner \u00e0 F\u00e8s pour y \u00e9lire d\u00e9finitivement domicile qu\u2019il apprit le d\u00e9c\u00e8s, par assassinat, du Sultan El-Mansour Ed-Dhahabi (intervenu le dimanche 16 Rabi\u2019e I 1012 \/ 24 ao\u00fbt 1603) dont il avait connu les h\u00e9ritiers. Son d\u00e9part de Tlemcen et plus tard de F\u00e8s allait le marquer profond\u00e9ment. Des centaines de vers t\u00e9moignent de ce qui s\u2019apparente \u00e0 un authentique et sinc\u00e8re d\u00e9chirement. En 1605, notre auteur se retrouve pour la deuxi\u00e8me fois au Maroc. A travers ses \u00e9crits, il ne rate pas une occasion d\u2019\u00e9voquer en termes \u00e9mouvants sa ville natale et d\u2019exprimer en m\u00eame temps son bonheur de se retrouver \u00e0 F\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>5. Le s\u00e9jour \u00e0 F\u00e8s.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-7152 alignright\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Fes-300x193.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"193\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Commen\u00e7a alors pour lui une intense activit\u00e9 intellectuelle o\u00f9 il donna la pleine mesure de son talent. Il publie beaucoup et fut l\u2019un des auteurs les plus lus si ce n\u2019est le plus. Il occupa une chaire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019El-Karaouiyine o\u00f9 il fut litt\u00e9ralement assailli. Mais cette embellie allait conna\u00eetre un frein malheureux \u00e0 cause de la politique et les luttes intestines pour l\u2019accaparement du pouvoir que se disputaient les enfants du Sultan El-Mansour Ed-Dhahabi. Il commen\u00e7a par se dresser contre Mohamed Ech-Che\u00efkh Essaadi qui tenta de faire admettre, par une Fetwa complaisante des Oulama qui \u00e9taient sous son ob\u00e9dience, sa d\u00e9cision de c\u00e9der aux Chr\u00e9tiens le port de Larache.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ahmed Al-Makarri vilipenda ceux qu\u2019il d\u00e9signa par \u0633\u0645\u0627\u0633\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0641\u062a\u0646, (litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0Les courtiers des conflits) ou \u00ab\u00a0semeurs de zizanies\u00a0\u00bb. Sa connaissance parfaite de ce qui se passait dans les arcanes des palais, de la versatilit\u00e9 de certains de leurs habitu\u00e9s, et des extr\u00e9mismes auxquels pouvaient parvenir les opportunistes sans foi ni loi, le mettaient sur ses gardes. Toujours est-il que sa position influa beaucoup sur son aura. Et c\u2019est ainsi qu\u2019il devint Imam pr\u00e9dicateur, responsable de la promulgation des Fetwas dans l\u2019Universit\u00e9 d\u2019El Karaouiyine en 1022\/1613 ce qui le mit en charge d\u2019une intense activit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La situation politique se d\u00e9grada avec le conflit qui opposa les enfants d\u2019Ed-Dhahabi qui recoururent, l\u2019un pour le soutien des Espagnols, l\u2019autre pour celui des Portugais mettant dangereusement en p\u00e9ril l\u2019ind\u00e9pendance de leur pays malgr\u00e9 le grand legs laiss\u00e9 par leur p\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les divergences au sommet se r\u00e9percut\u00e8rent sur les masses populaires mettant le pays au bord de l\u2019implosion. Ce fut le r\u00e8gne de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, de la chert\u00e9 de la vie, de l\u2019arbitraire et de l\u2019\u00e9mergence de clans se mouvant au gr\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements comme des girouettes au gr\u00e9 du vent. Al-Makarri fut d\u00e9nonc\u00e9 pour un \u00ab\u00a0\u00e9panchement\u00a0\u00bb tant\u00f4t pour l\u2019une ou l\u2019autre des parties devenues ennemies bien qu\u2019il f\u00fbt, par sa sagesse, au-dessus de la m\u00eal\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il se savait en danger. Aussi annonce-t-il qu\u2019il envisage d\u2019accomplir le p\u00e8lerinage aux Lieux Saints. Malgr\u00e9 les fortes r\u00e9ticences de ses \u00e9l\u00e8ves et de certains Oulama qui avaient flair\u00e9 ses v\u00e9ritables motivations, il finit par en faire part au Sultan Abdellah Ben Che\u00efkh qui acc\u00e9da \u00e0 sa demande. Et pour montrer que seul le p\u00e8lerinage lui faisait quitter le Maroc, il dut laisser tout ce qui pouvait montrer qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un aller sans retour\u00a0: famille, biens, livres et surtout abondantes notes qui devaient lui servir pour ses projets d\u2019\u00e9criture. Et c\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 la fin de Ramadhan 1027 (ao\u00fbt 1618) et apr\u00e8s y avoir pass\u00e9 13 ann\u00e9es, il quitta F\u00e8s qu\u2019il ne reverra jamais plus ainsi que le Maghreb. En prenant une telle d\u00e9cision, avait-il \u00e0 l\u2019esprit, le souvenir de la tragique fin de Lissane Eddine Ibn El-Khatib, assassin\u00e9 non pour raison politique mais pour raison inquisitive\u00a0? Son livre\u00a0:<strong>\u0631\u0648\u0636\u0629 \u0627\u0644\u062a\u0639\u0631\u064a\u0641 \u0628\u0627\u0644\u062d\u0628 \u0627\u0644\u0634\u0631\u064a\u0641<\/strong> dans lequel il prit \u00e0 partie les pratiques h\u00e9r\u00e9tiques du confr\u00e9risme avait sign\u00e9 sa condamnation. Il ne sera pas le seul \u00e0 \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 pour avoir \u00e9crit un livre.<\/p>\n<p>D\u2019autres suivront comme d\u2019autres l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Ce qui demeure ahurissant, c\u2019est le mutisme observ\u00e9 par l\u2019un de ses meilleurs amis qui ne leva pas le petit doigt pour lui. Jalousie\u00a0? Amiti\u00e9 fielleuse\u00a0?<\/p>\n<p>El-Makarri parle lui-m\u00eame, dans Nefh Et-Tib, de ce voyage qu\u2019il commen\u00e7a par terre \u00ab\u00a0durant quelques jours\u00a0\u00bb puis par bateau jusqu\u2019\u00e0 Alexandrie avec une mer houleuse qui lui fera dire\u00a0:\u00a0<strong>\u00ab\u062b\u0644\u0627\u062b\u0629 \u0644\u064a\u0633 \u0644\u0647\u0627 \u0623\u0645\u0627\u0646 \u0627\u0644\u0628\u062d\u0631<\/strong> <strong>\u0648\u0627\u0644\u0633\u0644\u0637\u0627\u0646 \u0648\u0627\u0644\u0632\u0645\u0627\u0646<\/strong> \u00bb (Nulle confiance en trois\u00a0: la mer, le Sultan et le temps). Apr\u00e8s un court s\u00e9jour au Caire, il se rendit, par mer, aux Lieux Saints de l\u2019Islam pour l\u2019accomplissement du p\u00e8lerinage.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>6. L\u2019inhospitalit\u00e9 cairote.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7153\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Gizeh-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"199\" \/><\/p>\n<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Gizeh (Le Caire)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois ce dernier Pilier de l\u2019Islam accompli, et au cours duquel Al-Makarri dispensa, \u00e0 la moindre occasion, des cours sur le Hadith, il retourna en Egypte, convola en justes noces avec une \u00e9pouse de noble naissance mais s\u2019aper\u00e7ut tr\u00e8s vite de la rudesse et de la grossi\u00e8ret\u00e9 de sa belle famille pourtant jouissant d\u2019un grand prestige au Caire. A cela s\u2019ajoute une animosit\u00e9 sans limite des Oulama de la capitale \u00e9gyptienne, jaloux du niveau scientifique de notre auteur. La raison en est qu\u2019\u00e0 peine arriv\u00e9 au Caire, il se dirigea vers le lieu o\u00f9 l\u2019on vendait les livres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son attention fut attir\u00e9e par \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9trange\u00a0\u00bb titre d\u2019une ex\u00e9g\u00e8se du Coran. Il prit un tome, l\u2019ouvrit et tomba sur la Sourate \u00ab\u00a0En-Nour\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019ex\u00e9g\u00e8te aborde une question de jurisprudence discutable. En deux lectures du passage et, compte tenu de sa prodigieuse m\u00e9moire, El-Makarri en retint le contenu par c\u0153ur.\u00a0Quelques jours apr\u00e8s il fut convi\u00e9 \u00e0 suivre une r\u00e9union de savants. Par le plus pur des hasards, une des sommit\u00e9s pr\u00e9sentes brandit \u00e0 l\u2019assistance une feuille dont le contenu \u00e9tait la question de jurisprudence qu\u2019avait remarqu\u00e9e notre auteur au march\u00e9 des livres. La feuille circula de main en main \u00e0 tous les membres pr\u00e9sents et aucun ne put r\u00e9pondre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En dernier lieu, elle fut remise \u00e0 El-Makarri qui, en la voyant, demanda une plume et un encrier et il r\u00e9digea en marge le contenu de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se et sa position. On fit venir le livre en question et que ne fut grande la stup\u00e9faction des assistants en voyant le texte fid\u00e8lement repris par l\u2019Alg\u00e9rien ainsi que son commentaire. Mais notre auteur ne savait-peut-\u00eatre pas-que dans \u00ab\u00a0Oum Ed-Dounia\u00a0\u00bb, un \u00e9tranger doit toujours observer un profil bas. Et c\u2019est ainsi qu\u2019il se mit \u00e0 dos tous les savants du Caire. Il raconte qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 questionn\u00e9 sur son sort en Egypte (entendre Le Caire). Il r\u00e9pondit\u00a0: \u00ab\u00a0Ibn El-Hajib (570\/1174 -26 Chawwal 646\/ 11 f\u00e9vrier 1249) y est entr\u00e9 avant nous\u00a0 et il \u00e9crivit un po\u00e8me dans lequel il dit\u00a0:<br \/>\n\u1ed0 peuple cairote\u00a0! J\u2019ai trouv\u00e9 vos mains, pour les dons g\u00e9n\u00e9reux, ferm\u00e9es<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand je fus priv\u00e9 d\u2019hospitalit\u00e9 sur votre terre j\u2019ai mang\u00e9 mes livres comme une termite<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Signalons qu\u2019Ibn El-Hajib, d\u2019origine kurde, \u00e9tait natif de la Haute Egypte, ce qui nous a autoris\u00e9 \u00e0 traduire \u00ab\u00a0Egypte\u00a0\u00bb par \u00ab\u00a0Caire\u00a0\u00bb et ceci existe dans le parler populaire \u00e9gyptien jusqu\u2019\u00e0 nos jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au mois de Rabi\u2019e I 1029\/1620, El-Makarri est \u00e0 J\u00e9rusalem, retourne au Caire d\u2019o\u00f9 il se rend cinq fois aux Lieux Saints de L\u2019Islam. L\u00e0 il dispense divers cours, celui du Hadith n\u2019\u00e9tant dispens\u00e9 qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la Tombe du Proph\u00e8te o\u00f9 il composa trois de ses chefs d\u2019\u0153uvre. Il retourna au Caire en 1039 puis passa 25 jours \u00e0 J\u00e9rusalem en f\u00e9vrier 1630 et de l\u00e0 il se dirigea \u00e0 Damas. A peine sa pr\u00e9sence signal\u00e9e, une des grandes sommit\u00e9s de la ville, Chihab Eddine Ben Chahine, lui adressa un po\u00e8me avec les cl\u00e9s de la M\u00e9dersa El Jakmakyya. Le quartier Es-Salihiyya lui rappelant El-Eubbad de Tlemcen, l\u2019accueil spontan\u00e9 et enthousiaste de toute la population damasc\u00e8ne, les centaines d\u2019\u00e9l\u00e8ves qui s\u2019agglutinaient autour de lui tous les jours depuis la pri\u00e8re de l\u2019aube \u00e0 celle du Dhor pour assister \u00e0 ses cours multiples, le besoin de savoir de ceux qui l\u2019entouraient allaient lui permettre de vivre des moments qui allaient adoucir son d\u00e9chirement.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7154\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Damas-300x176.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"176\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Damas<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mieux, ayant eu \u00e0 vanter les m\u00e9rites de Lissane Eddine Ibn El-Khatib, il finit par \u00eatre sollicit\u00e9 par Ibn Chahine pour \u00e9crire l\u2019histoire de cet homme exceptionnel. Modestement notre auteur, se jugeant incomp\u00e9tent pour un tel travail \u00e9crira, au d\u00e9but de Nefh Et-Tib, Tome 1, page 40, \u00e9dit\u00e9 de 1885 \u00e0 1887 en quatre tomes par les Editions Al Azharyya (3) ce qui suit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Cette demande ne pr\u00e9sageant rien d\u2019une sin\u00e9cure, j\u2019ai senti mon inaptitude \u00e0 y r\u00e9pondre pour plusieurs raisons\u00a0: la premi\u00e8re tient en mes limites \u00e0 ne pouvoir supporter un tel fardeau, la deuxi\u00e8me \u00e9tait que j\u2019\u00e9tais d\u00e9pourvu de toute ma documentation laiss\u00e9e au Maghreb et la troisi\u00e8me r\u00e9sidait dans la tristesse de l\u2019exil qui accaparait tout mon esprit\u00a0\u00bb. Et d\u2019ajouter en page 44\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0A ce jour, les yeux ne cessent de pleurer Lissane Eddine, les \u00e2mes des plus grands ainsi que celles d\u2019autres ne cessent de se plaindre pour ce qui lui a \u00e9t\u00e9 fait et les langues et les plumes, sur ses dignes comportements, sont toujours narratrices.\u00a0\u00bb (L\u2019aimable lecteur aura l\u2019obligeance de noter que la traduction est perfectible puisque je n\u2019en ai traduit que l\u2019esprit).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c\u2019est ainsi que pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019attente de milliers de personnes, il r\u00e9digea de t\u00eate, Nefh Et-Tib. V\u00e9ritable encyclop\u00e9die historique, litt\u00e9raire et sociale, r\u00e9dig\u00e9e dans un style parfait, elle \u00e9tale une somme consid\u00e9rable de faits, d\u2019anecdotes v\u00e9cus ou scrupuleusement rapport\u00e9s \u00e0 notre auteur. Etant incomp\u00e9tent pour en parler malgr\u00e9 mes nombreuses lectures, je me limiterai \u00e0 citer deux informations \u00e0 m\u00eame de donner un aper\u00e7u sur la prodigieuse m\u00e9moire et l\u2019in\u00e9galable niveau d\u2019assimilation de notre auteur\u00a0: 1\/ C\u2019est dans ce livre que l\u2019on a d\u00e9couvert une \u0153uvre compl\u00e8te d\u2019un philosophe arabe qui \u00e9tait jug\u00e9e perdue \u00e0 jamais. 2\/ C\u2019est aussi dans ce livre, que l\u2019on a retrouv\u00e9 les 15 premiers paragraphes du livre <strong>\u0645\u062b\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0637\u0631\u064a\u0642\u0629 \u0641\u064a \u0630\u0645 \u0627\u0644\u0648\u062b\u064a\u0642\u0629<\/strong> de Lissane Eddine, tels que rapport\u00e9s par Abdelmadjid Torki qui a v\u00e9rifi\u00e9 ledit livre \u00e0 travers un travail de bonne facture et publi\u00e9 par la SNED en 1983.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis \u00e9merge la question suivante\u00a0: Arriv\u00e9 \u00e0 Damas en 1630 et apr\u00e8s avoir d\u00e9ploy\u00e9 une intense activit\u00e9, il fut sollicit\u00e9 pour \u00e9crire son chef d\u2019\u0153uvre. Celui-ci couvrant quelque 2600 pages, de 19,5*28,5 cm d\u2019une moyenne de 33 lignes par page semble, a priori, avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en quelque six mois\u2026si ce n\u2019est moins\u00a0!!!<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>7. \u00c9pilogue.<\/strong><\/p>\n<p>El-Makarri prit la d\u00e9cision de s\u2019\u00e9tablir d\u00e9finitivement \u00e0 Damas. Il retourne d\u2019abord en Egypte, divorce de sa femme et se pr\u00e9pare \u00e0 rejoindre la capitale des Omeyyades. Mais la mort le surprend en Joumada II 1041\/ d\u00e9cembre 1631. Fait du hasard ou justice immanente\u00a0? La m\u00eame ann\u00e9e, les \u00c9mirs qui furent la cause de son exil de F\u00e8s, \u00e0 son corps d\u00e9fendant, par leurs luttes fratricides et leurs iniquit\u00e9s furent d\u00e9pos\u00e9s par ceux qui allaient ouvrir l\u2019\u00e8re de la dynastie alaouite avec \u00e0 leur t\u00eate Mohamed Ch\u00e9rif Ben Ali.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>8. Conclusions.<\/strong><\/p>\n<p>Nous avions la certitude, lors de l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00ab\u00a0Alger capitale de la culture arabe\u00a0\u00bb, que de grands rep\u00e8res de ce pays allaient \u00eatre restitu\u00e9s au patrimoine de la Patrie. 1000 livres anciens et nouveaux \u00e9taient annonc\u00e9s pour \u00eatre \u00e9dit\u00e9s (ou r\u00e9\u00e9dit\u00e9s). Ils l\u2019ont \u00e9t\u00e9 certes, mais de mani\u00e8re pas trop convaincante pour certains. Toujours est-il que deux manquaient cruellement\u00a0: Nefh Et-Tib et El-Mi\u2019yar de Ouancharissi.<br \/>\nNous avons na\u00efvement pens\u00e9 que cet oubli r\u00e9pr\u00e9hensible \u00e0 maints \u00e9gards allait \u00eatre rattrap\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00ab\u00a0Tlemcen capitale de la culture islamique\u00a0\u00bb. Mais il semble que les rep\u00e8res \u2013 les vrais \u2013 sont une notion qui rel\u00e8ve davantage de l\u2019humeur et des demi-savoirs de certains plut\u00f4t que de la certitude historique. L\u2019Alg\u00e9rie, historique et profonde, nous interpelle tous, les d\u00e9cideurs en t\u00eate.<\/p>\n<p>Notes\u00a0:<\/p>\n<p>(1): Pour avoir une id\u00e9e pr\u00e9cise sur la vie de cet \u00c9mir, il faut se reporter au livre intitul\u00e9<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">\u0627\u0644\u0645\u0633\u0646\u062f \u0627\u0644\u0635\u062d\u064a\u062d \u0627\u0644\u062d\u0633\u0646 \u0641\u064a \u0645\u0622\u062b\u0631 \u0645\u0648\u0644\u0627\u0646\u0627 \u0623\u0628\u064a \u0627\u0644\u062d\u0633\u0646 \u0644\u0627\u0628\u0646 \u0645\u0631\u0632\u0648\u0642<\/h4>\n<p>Al-Musnad As-sahih al-Hassan fi ma\u2019athir mawlana Abi Al-Hassan) d\u2019Ibn Marzouk. Collection textes historiques (5) de la Biblioth\u00e8que Nationale. Texte \u00e9tabli avec introduction et index par Maria-Jesus Viguera. Pr\u00e9face de Mahmoud Bouayad. Edition SNED. Alger. 1981.<\/p>\n<p>(2) : A ceux qui prennent les fantasmes de Wikipedia sur le monde arabe pour v\u00e9rit\u00e9 absolue et s\u2019en inspirent en la recopiant in extenso, comme nous le constatons tous les jours, nous leur signalons ceci\u00a0: s\u2019agissant d\u2019Ibn Merzouk, cette encyclop\u00e9die, dans sa premi\u00e8re ligne consacr\u00e9e \u00e0 cet auteur et, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 ses ann\u00e9es de naissance et de d\u00e9c\u00e8s, ajoute \u00ab\u00a0qu\u2019il fut au service de Sidi Boum\u00e9di\u00e8ne de son vivant\u00a0\u00bb.Or Ibn Merzouk est n\u00e9 en 1310 soit exactement 112 ans apr\u00e8s la mort du Saint Patron de Tlemcen\u00a0!<\/p>\n<p>(3)\u00a0 : Le livre en question a \u00e9t\u00e9 propri\u00e9t\u00e9 de mon grand-oncle, le Fqih Si Tayeb El Mhaji, dont le fils a\u00een\u00e9 m\u2019a fait don. A ceux qui trouvent ce texte \u00e0 leur go\u00fbt, je les prie d\u2019avoir une pieuse pens\u00e9e pour eux. Fraternels remerciements \u00e0 tous.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mohamed Senni El-M\u2019Haji \u00ab\u00a0Il y avait pas mal de temps d\u00e9j\u00e0 que le Maghreb avait perdu en Maqqar\u00ee\u00a0\u2026un philologue et artiste du verbe dont il n\u2019a plus produit d\u2019analogue, peut-\u00eatre, jusqu\u2019\u00e0 nos jours \u00bb. Jacques Berque in \u00ab\u00a0l\u2019Int\u00e9rieur du Maghreb\u00a0au XIV\u00e8me-XIX\u00e8me si\u00e8cle\u00bb. Editions Gallimard. 1978. 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