{"id":4513,"date":"2015-08-26T09:24:16","date_gmt":"2015-08-26T09:24:16","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=4513"},"modified":"2015-08-26T09:24:16","modified_gmt":"2015-08-26T09:24:16","slug":"la-tariqa-derkaouia-et-son-ancrage-dans-louest-algerien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/la-tariqa-derkaouia-et-son-ancrage-dans-louest-algerien\/","title":{"rendered":"La Tariqa derkaou\u00efa et son ancrage dans l&rsquo;Ouest alg\u00e9rien"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<\/strong><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/strong><strong>Par Mohamed-Senni El Mhaji*<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>1,Pr\u00e9ambule<\/u><\/strong><strong><u>.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis quelques mois nous assistons \u00e0 une v\u00e9ritable hyst\u00e9rie, \u00e0 travers le net, et notamment sur la tr\u00e8s discutable et contestable \u00ab\u00a0Encyclop\u00e9die Wikipedia\u00a0\u00bb devenue un v\u00e9ritable d\u00e9potoir de convulsions des gens de l\u2019ombre, qui s\u2019empare de certains internautes o\u00f9, divers intervenants\u00a0 de diff\u00e9rentes nationalit\u00e9s s\u2019en vont, chacun avec son histoire et ses fantasmes, raconter des inepties et collant notamment des \u00e9tiquettes et\u00a0 des contre-v\u00e9rit\u00e9s \u00e0 des r\u00e9gions enti\u00e8res du Maghreb. Il en est ainsi des Mhaja d\u2019El Gaada, tant\u00f4t encens\u00e9s abusivement ce dont ils n\u2019ont que faire \u00e0 moins que parmi leur descendance actuelle certains veulent en tirer prestige ou quelques consid\u00e9rations sonnantes et tr\u00e9buchantes ce qui s\u2019inscrit parfaitement avec l\u2019air du temps, tant\u00f4t incrimin\u00e9s gauchement pour ce qu\u2019ils ne furent jamais. Mais la plus r\u00e9pandue de ces assertions ass\u00e9n\u00e9es sciemment, sans nul doute pour des motivations \u00e0 peine voil\u00e9es, est leur appartenance \u00e0 la Tariqa derkaou\u00efa. Tout ce qui s\u2019est dit ou \u00e9crit n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 assorti de sources quelles que fussent leurs degr\u00e9s de fiabilit\u00e9 m\u00eame quand certains \u00ab\u00a0historiens\u00a0\u00bb se sont insidieusement mis de la partie en abordant ce sujet. C\u2019est le silence total. Aussi avons-nous pris l\u2019initiative de tenter de \u00a0faire le point par\u00a0 un historique sur cette confr\u00e9rie \u00a0en pr\u00e9sentant certaines figures des M\u2019haja d\u2019El Gaada laissant le lecteur seul juge pour faire la part du plausible, du possible, du vrai et de la calomnie gratuite.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>2,Origine des Mhaja<\/u><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Mhaja, Arabes Idrissides, se r\u00e9partissent entre dix familles, les Ouled\u00a0 Sidi Mofleh, Ouled Sidi Sa\u00efd et Ouled Sidi El Fre\u00efh d\u2019El Gaada et Ouled Sidi Sahnoun, Ouled Sidi Bouras, Ouled\u00a0 Sidi Abderrazzak, Ouled Sidi El Hachemi, Ouled \u00a0Sidi Bouguelmouna, Ouled Sidi Ouis et Ouled Sidi El Arbi \u00a0tous de M\u2019Cid, les dix familles s\u2019\u00e9tant install\u00e9es sur le territoire des Ouled\u00a0 Ali, Arabes hilaliens des B\u00e9ni Amer. Leur ascendance remonte \u00e0 Idris I, fondateur de la dynastie qui portera son nom et qui dura\u00a0 de 172\u00a0 \u00e0 375 (788 \u00e0 985) avec une \u00e9clipse de vingt-cinq ann\u00e9es \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019Ibn Abi El Afia le Meknaci. Avec ses six fr\u00e8res, Idris I appartient \u00e0 la cinqui\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration descendante du Proph\u00e8te (\u00e7). Les Mhaja incrimin\u00e9s \u00e9tant ceux d\u2019El Gaada, localit\u00e9 qui se trouve \u00e0 huit kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019Est de la cimenterie de Zahana dans la Wilaya de Mascara, nous nous limiterons, sans parti- pris, \u00e0 ceux-l\u00e0. Le premier Mhaji entr\u00e9 en Alg\u00e9rie, le fit \u00e0 la fin du XIV\u00e8me ou au d\u00e9but du XV\u00e8me si\u00e8cle. Il s\u2019appelait Sidi Mimoun et choisit El Mabtouh (dans l\u2019actuelle Wilaya de Sidi-Bel-Abb\u00e8s), non loin de Sidi Hmadouche pour s\u2019y installer avec son fr\u00e8re Ayoub o\u00f9 ils pass\u00e8rent le restant de leurs jours \u00e0 enseigner. C\u2019est au petit-fils (appel\u00e9 Brahim enterr\u00e9 non loin de Fkane) de Sidi Mimoun que se rattachent, sans exception, les dix factions des Mhaja que nous venons juste de citer. (1)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mal\u00e9kites convaincus, leur vie s\u2019articulera toujours sur les pr\u00e9ceptes de ce rite. Ils eurent des sommit\u00e9s dans ce domaine atteignant des niveaux tels qu\u2019El Gaada devint un p\u00f4le de connaissances pendant plus de deux si\u00e8cles et demi. En parler aujourd\u2019hui n\u2019est pas notre but et quand bien m\u00eame cela nous \u00e9tait demand\u00e9, tout l\u2019espace qu\u2019on pourrait nous accorder s\u2019av\u00e9rerait exigu m\u00eame si, convaincu qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un nom cit\u00e9, une infinit\u00e9 d\u2019autres, tout aussi m\u00e9ritants, n\u2019appara\u00eetraient pas. Cet aspect \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9, nous nous contenterons de citer bri\u00e8vement quelques Oulama.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>3,L\u2019\u00e9mergence de la Tariqa. \u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous le r\u00e8gne du Sultan Moulay Slimane du Maroc (1792 \u00e0 1822), vers la fin du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle un Ch\u00e9rif Idrisside, <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Moulay_Larbi_Derkaoui\">Moulay Larbi Derkaoui<\/a> (1737-1823), issu des Ban\u00ed Zeroual qui vivaient sur les bords de l\u2019Oued Bou Brih (<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maroc\">Maroc<\/a>), appartenant \u00e0 la faction des Derkaoua, cr\u00e9e l\u2019ordre qui portera leur nom. Il voulut revivifier et donner une nouvelle impulsion \u00e0 l\u2019enseignement de la Chadhiliyya au moment o\u00f9 la majorit\u00e9 des Tourouq (confr\u00e9ries) \u00e9tait pr\u00e9occup\u00e9e par les choses de ce bas-monde. Il fut le disciple de Moulay Ali Ben Abderrahmane El-Amrani El-Fasi dit El Jamal qui avait sa Zaou\u00efa \u00e0 F\u00e8<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/F%C3%A8s\">s<\/a> au lieu-dit Hummat Er-Remula. Par son ascendance idrisside, son immense savoir, ses dons de convaincre et son programme de vulgarisation, il r\u00e9ussit,\u00a0 en une dizaine d\u2019ann\u00e9es, \u00e0 faire de sa Tariqa une des plus importantes, non seulement au Maroc mais m\u00eame dans l\u2019Ouest alg\u00e9rien. Il meurt en <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/1823\">1823<\/a> dans sa Z<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Zaou%C3%AFa\">aou\u00efa<\/a> de Bou Brih o\u00f9 il sera enterr\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019origine, les adeptes de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Moulay_Larbi_Derkaoui\">Moulay Larbi Derkaoui<\/a> (1737-1823) ne portaient que des haillons rapi\u00e9c\u00e9s, marchaient pieds nus, portaient des colliers de carapaces d\u2019escargots, rejetaient les bienfaits licites de ce monde, se surpassaient dans les modes d\u2019abstinence, vivaient de mendicit\u00e9 en d\u00e9pit de la tradition du Proph\u00e8te (\u00e7) qui nous enseigne que \u00ab\u00a0<strong>\u0627\u0644\u064a\u062f \u0627\u0644\u0639\u0644\u064a\u0627 \u062e\u064a\u0631 \u0645\u0646 \u0627\u0644\u064a\u062f \u0627\u0644\u0633\u0641\u0644\u0649<\/strong>\u00a0\u00bb (la main qui donne est sup\u00e9rieure \u00e0 celle qui re\u00e7oit) ou \u00ab\u00a0<strong>\u0627\u0644\u0633\u0639\u064a \u0625\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0642\u0648\u062a \u0639\u0628\u0627\u062f\u0629<\/strong>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0la qu\u00eate de la nourriture est un acte de pi\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb.\u00a0 Ces pratiques, contraires \u00e0 l\u2019enseignement de l\u2019Islam, choqu\u00e8rent la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et les Fouqaha (jurisconsultes) en particulier. Moulay Larbi en avait conscience. Le Sultan entama une op\u00e9ration pour contrecarrer ce mouvement qui ralliait \u00e0 lui les couches les plus d\u00e9favoris\u00e9es. Il fut, en cela, soutenu par les Oulama qui voyaient dans cette Tariqa (confr\u00e9rie) moult d\u00e9viations. Moulay Larbi, conscient du danger, prit quelques timides mesures pour accro\u00eetre ses rangs quand, contre toute attente, il fut rejoint- pour diverses raisons- par trois sommit\u00e9s religieuses du Maroc\u00a0: Mohamed ben Abdelouahed El Alami dit El Harraq (mort en 1845) qui \u00e9tait le grand orateur de la mosqu\u00e9e de T\u00e9touan et Mohamed El Bouzidi qui apport\u00e8rent un sang neuf \u00e0 la Tariqa. Mais ni l\u2019un ni l\u2019autre ne furent jamais disciples de Derkaoui\u00a0 puisque ce dernier n\u2019a fait que se renforcer par leur pr\u00e9sence. La troisi\u00e8me sommit\u00e9 qui rejoignit la nouvelle Tariqa n\u2019\u00e9tait autre que le grand Aboul Abbas Ahmed ben Mohamed ben El Mehdi\u00a0 Ibn Ajiba (1747-1808) qui nous a l\u00e9gu\u00e9 plusieurs ouvrages sur le vrai Tassawuf (soufisme) dont une excellente interpr\u00e9tation des \u00ab\u00a0Sagesses\u00a0\u00bb d\u2019Ibn Ata Allah El Iskandari, mort en 709 \/ 1309. (Ce dernier, anti-soufi \u00e0 ses d\u00e9buts, sera l\u2019homme qui diffusera, \u00e0 travers toute l\u2019Egypte, l\u2019enseignement de Chadhili n\u00e9, en 593\/1195 -qui n\u2019a jamais \u00e9crit- apr\u00e8s l\u2019avoir re\u00e7u durant douze ans d\u2019Aboul Abbas El Morsi (mort en 686\u00a0\/ 1287) qui, comme son ma\u00eetre n\u2019avait pas aussi \u00e9crit). Le ralliement d\u2019Ibn Ajiba, en 1793,\u00a0 \u00e9branla le pouvoir. Deux ann\u00e9es plus tard, le gouverneur de T\u00e9touan, Mohamed Essaridi lan\u00e7a une vague d\u2019arrestations qui commen\u00e7a par Ibn Ajiba et ses proches compagnons. Des mourides venus de divers horizons pour leur rendre visite subirent le m\u00eame sort. Face \u00e0 une telle situation, Moulay Larbi fut contraint de demander \u00e0 ses adeptes d\u2019\u00e9vacuer les villes pour les campagnes. Et n\u2019\u00e9tant pas tout \u00e0 fait rassur\u00e9 pour la p\u00e9rennisation de son mouvement, il se tourna vers l\u2019Alg\u00e9rie. Il fut m\u00eame encourag\u00e9 pour cela.<\/p>\n<p>En moins de dix ann\u00e9es\u00a0 tout l\u2019Ouest alg\u00e9rien, \u00e0 l\u2019exception des Sunnites avis\u00e9s, allait basculer dans la nouvelle Tariqa. Le Sultan \u00e9tait alors dans une situation d\u00e9licate. En 1797, Moulay Larbi demanda \u00e0 Moulay Slimane d\u2019\u00e9largir les prisonniers de T\u00e9touan. Le Sultan demanda en contrepartie au Derkaoui d\u2019interc\u00e9der, en sa faveur, aupr\u00e8s de son fr\u00e8re Meslama, r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Tlemcen apr\u00e8s sa tentative avort\u00e9e, en 1795, de prendre le pouvoir dans les\u00a0 r\u00e9gions situ\u00e9es au Nord du Maroc et obtenir de lui de se r\u00e9concilier avec son fr\u00e8re. Au mois d\u2019octobre 1797, Moulay Larbi arriva en Alg\u00e9rie. (2)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>La Tariqa<\/u><\/strong><strong><u> derkaou\u00efa en Alg\u00e9rie.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque la Tariqa derkaou\u00efa commen\u00e7a \u00e0 s\u2019enraciner en Alg\u00e9rie, un de ses adeptes et fondateur, Abdelkader Ben Charif d\u2019Ouled Abi Ella\u00efl, tr\u00e8s connu pour sa ma\u00eetrise des sciences religieuses se rendit au Maroc pour devenir l\u2019\u00e9l\u00e8ve\u00a0 de Moulay Larbi qui fut lui-m\u00eame \u00e9l\u00e8ve de Moulay Ali El Jamal. Et c\u2019est ainsi que par son entremise l\u2019id\u00e9ologie des Derkaoua s\u2019ancra dans les m\u0153urs locales. Il commen\u00e7a son action en ameutant autour de lui d\u2019abord les tribus du Sud que rejoignirent tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9duits par la nouvelle Tariqa ou pour en faire un simple paravent. Les cadeaux affluent vers le nouveau cheikh, puis les dol\u00e9ances contre les Ottomans. Il en fit part \u00e0 son ma\u00eetre qui l\u2019incita \u00e0 les combattre. Tous ses fid\u00e8les lui pr\u00eatant serment d\u2019all\u00e9geance, il d\u00e9cr\u00e9ta la guerre aux Turcs rendant leur sang et leurs possessions licites. Il descendit\u00a0 Oued Mina se dirigeant vers le Makhzen en ordonnant \u00e0 ses troupes\u00a0 d\u2019accaparer tous les biens de ceux qui \u00e9taient fid\u00e8les aux Turcs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mostafa El \u2018Adjemi, qui fut le quatri\u00e8me Bey \u00e0 \u00eatre plac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du Beylik de l\u2019Ouest en\u00a0 1800-1801, homme simplet, alors qu\u2019il se trouvait \u00e0 El Batha (en contrebas de Sidi Hmadouche) apprit qu\u2019Abdelkader Ben Charif Derkaoui \u00e9tait lui \u00e0 Tagdempt,\u00a0 \u00e0 14 Km de Tiaret. Il\u00a0 alla \u00e0 sa rencontre et les deux arm\u00e9es \u00e9taient face \u00e0 face au lieu-dit Fertassa. Une bataille sans merci s\u2019engagea et le Bey dut battre en retraite ce qui n\u2019emp\u00eacha pas ses ennemis de le harceler jusqu\u2019aux portes de Mascara o\u00f9 il parvint \u00e0 se cacher. Nous sommes dans la premi\u00e8re d\u00e9cade de juin 1804. Le bey parvient quand m\u00eame \u00e0 rejoindre Oran qu\u2019il fortifia.\u00a0Son ennemi entra en contact avec toutes les tribus qu\u2019il pouvait joindre, les informant d\u2019une part de la d\u00e9faite de leur ennemi turc \u00e0 qui d\u00e9sormais elles n\u2019auront plus \u00e0 payer d\u2019imp\u00f4ts et d\u2019autre part qu\u2019il attendait d\u2019elles de lui pr\u00eater serment d\u2019all\u00e9geance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est ce qu\u2019elles firent le 22 juin 1804 et Ben Charif Derkaoui rentra \u00e0 Mascara dont il fit son si\u00e8ge. Il d\u00e9cida aussit\u00f4t de marcher sur Oran. Toutes les populations qui r\u00e9prouvaient les id\u00e9es contraires \u00e0 l\u2019Islam\u00a0 v\u00e9hicul\u00e9es par la d\u00e9ferlante s\u2019enfuirent dans toutes les directions. La population de Sig n\u2019eut pas de chance\u00a0: femmes, enfants, hommes et vieillards furent atrocement massacr\u00e9s pendant que d\u2019autres furent faits prisonniers. Seul le quart des habitants ayant choisi de se cacher dans les montagnes eut la vie sauve. La saison des moissons \u00e9tait bien entam\u00e9e et tous les agriculteurs qui se trouvaient sur le chemin du Derkaoui, se mirent d\u2019accord pour reconna\u00eetre l\u2019imposteur, le temps de faire passer la temp\u00eate, mais celui-ci devina le stratag\u00e8me et ordonna \u00e0 ses troupes de faire place nette. Afin de montrer son d\u00e9dain aux tribus diss\u00e9min\u00e9es autour d\u2019Oran, il demanda \u00e0 ses hommes, sur la base de <em>fatwas<\/em> innov\u00e9es pour la circonstance donc apocryphes, d\u2019\u00e9pouser les femmes des chefs\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A son approche d\u2019Oran, il fut surpris par la sortie de ses soldats et un dur combat s\u2019engagea des jours durant, rendant les routes qui partent d\u2019Oran vers les autres villes ins\u00e9curis\u00e9es. Abdelkader Ben Charif\u00a0 Derkaoui tentait de vaines incursions pour entrer dans Oran quand arriva par mer une flotte d\u00e9p\u00each\u00e9e par le Dey d\u2019Alger sous le commandement du Bey\u00a0 Mohamed Ben Mohamed Ben Othmane, dit El Mkall\u00e8che, \u00e2g\u00e9 de 18 ans, selon plusieurs sources. Au m\u00eame moment arriva du Maroc Moulay Larbi Derkaoui pour soutenir son \u00e9l\u00e8ve et profiter pour soigner son image aupr\u00e8s de ses adeptes. Les Derkaoua, mis en d\u00e9route, d\u00e9cident de retourner \u00e0 Mascara. Arriv\u00e9s pr\u00e8s du sanctuaire de Sidi Daoud face \u00e0 Oggaz, ils furent attaqu\u00e9s par les Ghrabas, command\u00e9s par Aboul Kassem Ben Ounnane, d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 se venger de ce que leur ville avait subi quelques jours auparavant. Les Derkaoua subissant de lourdes pertes, reprirent la route vers Mascara. Arriv\u00e9s \u00e0 Sidi M\u2019barek, pr\u00e8s de l\u2019Oued Habra, ils rencontr\u00e8rent\u00a0 la redoutable cavalerie d\u2019El Bordj appuy\u00e9e par les Bani Chougrane qui les taill\u00e8rent en pi\u00e8ces. Derkaoui, encadr\u00e9 par une petite troupe ne dut son salut qu\u2019en fuyant du champ de bataille vers Mascara o\u00f9 la population l\u2019attendait \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la ville. Il prit la fuite abandonnant ses hommes, sa femme et ses enfants faits prisonniers par ceux qu\u2019il avait lui-m\u00eame laiss\u00e9s en prison et qui furent lib\u00e9r\u00e9s par la population de la ville quand elle fut mise au courant de la tournure de l\u2019affrontement \u00e0 Habra. Le Bey accorda l\u2019aman (la paix) \u00e0 ceux qui s\u2019\u00e9taient un moment \u00e9gar\u00e9s et envoya au Dey d\u2019Alger tous les prisonniers avec la famille du Derkaoui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais Derkaoui ne s\u2019avoua pas vaincu. Il reforma ses troupes par des hommes du Sud auxquels s\u2019ajout\u00e8rent les B\u00e9ni Amer et les M\u2019Jaher. El Mkall\u00e8che alerta les combattants d\u2019El Bordj et les Hchems pour barrer la route au Derkaoui pendant que lui s\u2019occuperait des M\u2019Jaher. La tactique fut payante et la d\u00e9faite des insurg\u00e9s\u00a0 totale. S\u2019en suivirent alors de terribles batailles, toutes perdues par Abdelkader\u00a0 Ben Charif\u00a0 Derkaoui qui arrivait toujours \u00e0 s\u2019en remettre. Cela dura jusqu\u2019en 1808. Parmi ces batailles citons celles de Jdiouia, de Ghriss, d\u2019Ouled Za\u00efr, de Tafna, de M\u2019 Jaher, de B\u00e9ni Maryan\u00e8ne, de Trara et tant d\u2019autres livr\u00e9es \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 par une multitude de po\u00e8mes. Cette dramatique \u00e9poque ne prit fin qu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement du Bey Mohamed Ben Othmane qui fut install\u00e9 en 1808 pour demeurer \u00e0 la t\u00eate du Beylik d\u2019Oran cinq ann\u00e9es. Il eut raison du Derkaoui par un harc\u00e8lement sans rel\u00e2che. L\u2019illumin\u00e9 perdit petit \u00e0 petit ses soutiens et toutes les portes se refermaient devant lui. Son ultime sursaut eut lieu \u00e0 El Yaacoubya, au Sud de Mascara, o\u00f9 il r\u00e9ussit \u00e0 convaincre sa population \u00e0 le suivre. Le Bey lui infligea sa derni\u00e8re d\u00e9faite. Il se rendit chez les Lahrar\u00a0qui le chass\u00e8rent,\u00a0 puis \u00e0 A\u00efn Madhi et enfin \u00e0 Laghouat o\u00f9, subissant le m\u00eame sort, se r\u00e9signa \u00e0 rejoindre Ban\u00ed Yaznassen, dans les environs d\u2019Oujda, et on n\u2019entendit plus parler de lui. (3)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous pensons utile de rapporter ici ce qu\u2019en dit le Fils de l\u2019Emir Abd-El-Kader (4 pp 115-116). Parlant de Ben Charif, il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Originaire d\u2019El-Kessana, une tribu berb\u00e8re, de Oued El Abd au Sud de Ghriss, il \u00e9tudia dans sa jeunesse chez mon grand- p\u00e8re, Sidi Mohieddine, dans son \u00e9cole d\u2019El Gue\u00eftna. Puis il partit au Maroc o\u00f9 il \u00e9tudia chez les Oulama de F\u00e8s. Il rencontra le Cheikh Ed-Derkaoui et suivit sa Tariqa. Il retourna dans son pays et rendit visite \u00e0 mon grand-p\u00e8re. Et, un jour, il tint en sa pr\u00e9sence un langage qui imposait l\u00e9galement sa correction, ce que\u00a0 mon grand-p\u00e8re fit \u00e0 coups de fouet jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il se repent\u00eet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Il rejoignit les tribus de Hmiyane et Chafe\u2019 (<strong>\u0634\u0627\u0641\u0639<\/strong>) \u2013descendants de l\u2019un des trois fils de Amer pr\u00e9nomm\u00e9 Chafe\u2019- et appela \u00e0 sa cause en 1217 (1802), d\u00e9clarant qu\u2019il \u00e9tait le Mehdi attendu\u00a0; les gens le crurent et le soutinrent\u00a0\u00bb. Le reste du r\u00e9cit, succinct, rejoint ce que nous avons \u00e9crit plus haut avec cette diff\u00e9rence\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Sa famille et ses enfants se mirent sous la protection de mon grand-p\u00e8re \u00e0 El Gue\u00eftna\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi son ma\u00eetre, Moulay Larbi\u00a0 Derkaoui, ne lui fut d\u2019aucun secours\u00a0? Voil\u00e0 une question qui ouvre un d\u00e9bat o\u00f9 peuvent \u00eatre mis en \u00e9vidence des app\u00e9tits politiques qu\u2019on distingue clairement dans l\u2019entretien qui eut lieu entre le Sultan Moulay Slimane et le Cheikh Abou Ras.\u00a0 De l&rsquo;entrevue du Cheikh avec le Sultan Moulay Slimane, le grand \u00e9rudit dit :<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00a0<strong>\u0633\u0623\u0644\u0646\u064a \u0623\u0645\u064a\u0631 \u0627\u0644\u0645\u0624\u0645\u0646\u064a\u0646 \u0645\u0648\u0644\u0627\u0646\u0627 \u0633\u0644\u064a\u0645\u0627\u0646 \u0645\u0644\u0643 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0639\u0646 \u062d\u062f \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0627\u0644\u0623\u0642\u0635\u0649 \u0641\u0642\u0644\u062a:\u00a0\u0642\u0627\u0644 \u0625\u0628\u0646 \u062e\u0644\u062f\u0648\u0646: \u062d\u062f\u0647 \u0648\u062c\u062f\u0629. \u0648\u062c\u062f\u062f \u0630\u0627\u0644\u0643 \u0623\u0648\u0627\u0626\u0644 \u0627\u0644\u0642\u0631\u0646 \u0627\u0644\u062b\u0627\u0646\u064a \u0639\u0634\u0631 \u00a0 \u00a0\u0645\u0639 \u062c\u062f\u0643\u00a0<\/strong><strong>\u0627\u0644\u0633\u0644\u0637\u0627\u0646 \u0645\u0648\u0644\u0627\u064a \u0625\u0633\u0645\u0627\u0639\u064a\u0644 \u0645\u0639 \u0623\u062a\u0631\u0627\u0643 \u0627\u0644\u062c\u0632\u0627\u0626\u0631. \u0641\u0642\u0627\u0644: \u0625\u0646\u064a \u0631\u0623\u064a\u062a \u062d\u062f\u0647 \u062a\u0627\u0641\u0646\u0629\u00a0\u00bb \u0641\u0633\u0643\u062a<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Traduction\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Emir des Croyants, Moulay Slimane, roi du Maroc me questionna sur la fronti\u00e8re de l\u2019Extr\u00eame Maroc. Je lui r\u00e9pondis\u00a0: \u00ab\u00a0Ibn Khaldoun la situe \u00e0 Oujda et elle a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par votre grand p\u00e8re, le Sultan Moulay Isma\u00efl, avec les Turcs d\u2019Alger au d\u00e9but du 12 \u00e8me\u00a0si\u00e8cle.\u00a0 Il me dit\u00a0\u00ab\u00a0j\u2019ai toujours vu cette limite \u00e0 la Tafna\u00a0\u00bb alors je me tus\u00a0<strong>\u00bb. <\/strong>(3) et (5).\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Afin de permettre au respectable lecteur d\u2019avoir une id\u00e9e exacte sur la mani\u00e8re dont nous avons \u00e9labor\u00e9 cet historique, nous l\u2019informons que nous avons volontairement tu certains faits prouv\u00e9s \u00e0 cause de leur duret\u00e9, leur cruaut\u00e9, leur indignit\u00e9 et leur abjection. Nous souhaitons \u00e9galement, pour lui permettre une compr\u00e9hension non tronqu\u00e9e, expliquer le <u>questionnement<\/u> (tr\u00e8s v\u00e9hicul\u00e9 par le subconscient populaire), rapport\u00e9 \u00e0 la fin du texte en rappelant ceci\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>4,Convoitises expansionnistes marocaines.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La monarchie alaouite a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e\u00a0 en 1631 par Moulay Ch\u00e9rif Ben Ali qui a \u00e9t\u00e9 le premier Sultan \u00e0 lorgner sur les territoires \u00e0 l\u2019Est\u00a0 de l\u2019Empire ch\u00e9rifien. Quand il assit relativement son pouvoir, il marcha sur Oujda, en chassa ceux qui \u00e9taient fid\u00e8les aux Turcs et se dirigea sur N\u00e9droma, Oulha\u00e7a, Trara puis Tlemcen accaparant les biens des populations et les exilant de leurs cit\u00e9s. Il envahit ensuite Djaafra poussant les B\u00e9ni Amer (Hmiyane) \u00e0 lui faire acte d\u2019all\u00e9geance. De l\u00e0 il se dirigea sur Laghouat, A\u00efn Madhi et\u00a0 El Ghassoul les vidant de leurs populations qui se r\u00e9fugi\u00e8rent dans les monts de B\u00e9ni Rached. Othmane Pacha lui adressa une longue lettre, dans un style p\u00e9remptoire, \u00e9crite au milieu de Radjeb 1064 \/ 1653, que lui remirent\u00a0 deux \u00e9missaires. Le style de la lettre, relevant du crime de l\u00e8se majest\u00e9,\u00a0 d\u00e9cida de la r\u00e9ponse. A leur retour \u00e0 Alger, Othmane Pacha ordonna aux \u00e9missaires de retourner\u00a0 de suite \u00e0 Sijilmassa et convaincre, Moulay Ch\u00e9rif de s\u2019engager, par \u00e9crit, \u00e0 ne plus s\u2019en prendre aux territoires \u00e0 l\u2019Est d\u2019Oujda ce qu\u2019ils parvinrent \u00e0\u00a0 obtenir. (6) (<strong>\u0643\u062a\u0627\u0628 \u0627\u0644\u0625\u0633\u062a\u0642\u0635\u0627 \u0641\u064a \u0623\u062e\u0628\u0627\u0631 \u062f\u0648\u0644 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0627\u0644\u0623\u0642\u0635\u0649 \u00a0<\/strong>Chroniques marocaines)<strong>. <\/strong>Version arabe de Ahmed En-Naciri. Tome 7. Pages 20\/21).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le troisi\u00e8me Sultan de cette dynastie, Moulay Isma\u00efl, qui a r\u00e9gn\u00e9 durant 55 ans ( de 1672\u00a0 \u00e0 1727)\u00a0 a, lui,\u00a0 march\u00e9 avec des troupes comme il n\u2019y en avait jamais eu avant lui, sur Oran\u00a0 &#8211; occup\u00e9e alors par les Espagnols-qui ne dut son salut qu\u2019\u00e0 ses fortifications\u00a0 faisant dire au Sultan, du haut d\u2019El Me\u00efda\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>\u0647\u0630\u0647 \u0623\u0641\u0639\u0649 \u062a\u062d\u062a \u062d\u062c\u0631: \u062a\u0636\u0631 \u0648\u0644\u0627 \u062a\u0636\u0631<\/strong>\u00a0\u00bb (C\u2019est \u2013Oran \u2013 un serpent sous une pierre\u00a0qui peut faire mal mais \u00e0 qui on ne peut faire mal). Marchant alors sur Alger, il rencontra, aux environs de la Mare d\u2019eau, entre Tl\u00e9lat et Sig, le Bey Bouchlaghem de Mascara qui d\u00e9cima son arm\u00e9e. C\u2019est \u00e0 partir de ce jour que la for\u00eat qui se trouve en face de la Mare d\u2019eau fut appel\u00e9e \u00ab\u00a0For\u00eat de Moulay Isma\u00efl\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait en 1707. Six ann\u00e9es auparavant, le m\u00eame Bey \u00e9crasa, au m\u00eame endroit,\u00a0 le Marquis de Santa Cruz. (7) En plus du Commandant Derrien (7)\u00a0 et Benaouda Al M\u2019zari, on peut citer Cheikh Abou Ras et Ahmed En-Naciri le marocain. Cheikh Abou Ras a immortalis\u00e9 la pr\u00e9sence du Sultan autour d\u2019Oran dans un po\u00e8me restituant parfaitement l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Voir \u00e9galement le tome 1, page 232 de Benaouda El Mzari.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le troisi\u00e8me \u00e0 faire la m\u00eame tentative fut Moulay Slimane qui fit, comme nous l\u2019avons vu plus haut, une tentative de possession au prix d\u2019une compromission avec Moulay Larbi Derkaoui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le quatri\u00e8me sera Moulay Abderrahmane qui, tel un charognard, fit occuper Tlemcen le 8 mars 1831 par ses troupes quand il prit connaissance de la chute du Dey d\u2019Alger face aux troupes de De Bourmont. Mais, sans que la force ne f\u00fbt d\u00e9ploy\u00e9e, il finira par signer une reconnaissance renon\u00e7ant \u00e0 \u00ab\u00a0ses\u00a0\u00bb droits sur les territoires alg\u00e9riens.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>6.Que faut-il en conclure\u00a0?<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Quelques sommit\u00e9s d\u2019El Gaada.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Tayeb Ben Mostefa Ben Fre\u00efh.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tayeb Ben El Fre\u00efh, un grand <em>Fqih<\/em> d\u00e9c\u00e9d\u00e9 jeune en 1832~1833, \u00e9tait le fils de Mostefa lui-m\u00eame fils unique du <em>Fqih<\/em> Sidi Fre\u00efh<strong>,<\/strong> un des <em>Oulama<\/em> de Mhaja, tous deux reconnus et enterr\u00e9s au cimeti\u00e8re d\u2019El M\u2019 Cid, le p\u00e8re \u00e0 la demande de ses \u00e9l\u00e8ves et son fils parce qu\u2019il voulait \u00eatre pr\u00e8s de son p\u00e8re. Selon\u00a0 l\u2019autobiographie de Si Tayeb El Mhaji, il\u00a0 \u00e9tait le plus jeune d\u2019une fratrie de six gar\u00e7ons\u00a0: Adda (l&rsquo;a\u00een\u00e9), Mohamed-Senni, Sahraoui, Kaddour, Fre\u00efh et Ta\u00efeb. De retour \u00e0 El Gaada, il ouvrit une \u00e9cole qui accueillit plusieurs centaines d\u2019\u00e9l\u00e8ves vers 1815 avec prise en charge totale, gr\u00e2ce \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res. Cet \u00e9tablissement \u00e9ducatif offrait plusieurs enseignements sp\u00e9cialis\u00e9s. Mais seul Si Tayeb Ben El Fre\u00efh assurait le cours du <em>Fiqh<\/em>. Cette position lui donna le r\u00f4le d\u2019arbitre entre les tribus pour r\u00e9gler les diff\u00e9rends, mais finit par agacer le Bey Mohamed Ben Othmane (1808-1813) qui le convoqua et le jugea pour tentative de cr\u00e9ation d&rsquo;autorit\u00e9 parall\u00e8le au Beylik. Une accusation qui, \u00e0 la l\u2019\u00e9poque, conduisait directement \u00e0 la potence. Il \u00e9chappa au courroux du Turc gr\u00e2ce \u00e0 la finesse de ses connaissances. (Lire le texte de l\u2019entrevue dans l\u2019autobiographie du Fqih Si Tayeb El Mhaji).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><\/strong><strong><u>Hadj Mohamed ben Benabdellah<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Petit-fils de Tayeb Ben Fre\u00efh, il est n\u00e9 en pleine bataille de la Sikkak, dans les environs imm\u00e9diats de Tlemcen, qui eut lieu le 6 Juillet 1836. Il eut trois principaux ma\u00eetres\u00a0: Le Cheikh Tayeb Ben Bachir de A\u00efn Chorfa, et les Cheikhs Ahmed et Mostafa El Meddahi des Bani Chougrane. Selon le Fqih Si Tayeb El Mhaji qui a \u00e9t\u00e9 son \u00e9l\u00e8ve durant cinq ans o\u00f9 il \u00e9tudia quatre fois le Mokhtassar de Sidi Khalil Ibn Ishak, Hadj Mohamed connaissait le Compendium de Sidi Khalil avec <u>tous<\/u> ses commentateurs et <u>tous<\/u> ceux qui ont \u00e9crit en marge de leurs commentaires (pas moins de vingt livres). Quand il termina ses \u00e9tudes, il ouvrit une \u00e9cole \u00e0 El-Gaada qui connut une nombreuse affluence pour la qualit\u00e9 de son enseignement et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de son p\u00e8re Hadj Benabdellah, compagnon de l\u2019Emir, qui ne regardait jamais \u00e0 la d\u00e9pense gr\u00e2ce \u00e0 ses larges moyens. De cette \u00e9cole sortirent Sidi Abdelkader Ben Mohamed, les Cheikh Aboubekr, Ahmed Ben Al Harizi et Mouloud Ben Chaabane, tous de Ouled Slimane. De m\u00eame qu\u2019en sortirent les Cheikh Ahmed Tilaoui, Moulay Ahmed Sahnouni, Abdelkader El Mkall\u00e8che El Bourassi de Sidi-Bel-Abb\u00e8s (des Mhaja Ouled Sidi Bouras), Mohamed Ben A\u00efssa Essaadi et Mohamed Ben Kherraz Zmali et tant d\u2019autres. A ceux-l\u00e0, il faut ajouter ses deux enfants Si Ahmed et Si Meknous ainsi que Si Abdelkader et son fr\u00e8re le Fqih Si Tayeb El Mhaji.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1298\/1881, de retour de p\u00e8lerinage, il passa par Damas rendre visite \u00e0 l\u2019Emir o\u00f9 il fut re\u00e7u chaleureusement par lui et sa suite. S\u2019apercevant de l\u2019estime que l\u2019Emir lui portait, beaucoup de personnes le sollicit\u00e8rent pour interc\u00e9der aupr\u00e8s de lui en leur faveur. Il resta six mois \u00e0 Damas, sur demande de l\u2019Emir qui lui confia de terminer l\u2019enseignement du Sahih de Boukhari qu\u2019il avait lui-m\u00eame entam\u00e9 dans la mosqu\u00e9e omeyyade \u00e9tant appel\u00e9 \u00e0 d\u2019autres t\u00e2ches urgentes. Avant de reprendre sa route pour l\u2019Alg\u00e9rie, L\u2019Emir lui enseigna les incantations de la Qadiriyya pour les divulguer \u00e0 ceux qui souhaitent les conna\u00eetre.\u00a0 Tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 cette noble famille, il sollicita la main de Lalla Rokayya, fille d\u2019El Mortada, neveu de l\u2019Emir. Ce grand Fqih fut incontournable dans la subsistance des liens et le transfert des fonds d\u2019El Gaada \u00e0 Damas pour aider la communaut\u00e9 alg\u00e9rienne de Syrie ce qui est consign\u00e9 dans un lot de lettres. Nous ajouterons que son fils, Si Meknous, recevait r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Sig l\u2019Emir Khaled \u00e0 qui il remettait ce que les anti-colonialistes irr\u00e9ductibles de la ville mettaient \u00e0 la disposition de cet ancien Saint Cyrien pour d\u00e9velopper son mouvement. Hadj Mohamed d\u00e9c\u00e9da en 1905 et fut enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re d\u2019El Malha, \u00e0 El-Gaada, aupr\u00e8s de son p\u00e8re Hadj Benabdellah et fut rejoint par son fils Mohamed dit Si Meknous. Les liens avec la colonie alg\u00e9rienne de Damas\u00a0 disparurent avec la disparition de cet homme. Son fils Si Meknous, avec Mohamed Es-Sadek, fr\u00e8re du Fqih Si Tayeb et Hadj Abdelkader, mort en 1936\u00a0 (fr\u00e8re de Hadj Mohamed) Ben Benabdellah, allaient, bon an mal an, pendant plus de vingt ans secourir les n\u00e9cessiteux des Lieux Saints de L\u2019Islam\u00a0: dix-neuf documents, en \u00e9tat d\u2019excellente conservation retracent ce qui peut \u00eatre \u00e9crit en une telle circonstance. Une solidarit\u00e9 de plus d\u2019un demi-si\u00e8cle avec leurs fr\u00e8res de Syrie d\u2019abord et les n\u00e9cessiteux des Lieux Saints ensuite a \u00e9t\u00e9 ainsi manifest\u00e9e, spontan\u00e9ment, continuellement et sans la moindre h\u00e9sitation. Tous ces hommes, \u00e9minents Fouqaha, savaient mieux que quiconque que les dons l\u00e9gaux ou librement consentis devaient\u00a0 d\u2019abord concerner les proches (<strong>\u0627\u0644\u0623\u0642\u0631\u0628 \u0641\u0627\u0644\u0623\u0642\u0631\u0628<\/strong>) ce \u00e0 quoi ils ne faillirent jamais. Un de leurs descendants, apr\u00e8s avoir brillamment r\u00e9ussi dans la vie et ayant vou\u00e9 tous ses efforts \u00e0 vouloir leur ressembler, sera pourtant lamin\u00e9 par ceux qu\u2019il a consid\u00e9r\u00e9s comme \u00ab\u00a0les siens\u00a0\u00bb. C\u2019est de lui que je tiens ce Hadith\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>\u0627\u062a\u0642 \u0634\u0631 \u0645\u0646 \u0623\u062d\u0633\u0646\u0652\u062a\u064e \u0625\u0644\u064a\u0647<\/strong><strong>\u00a0\u00bb <\/strong>(Redoute le mal de celui \u00e0 qui tu n\u2019as fait que du bien).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Le Fqih Ta\u00efeb-Brahim Mohamed dit si Meknous.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fils et \u00e9l\u00e8ve de Hadj Mohamed \u00a0Ben Benabdellah, Ta\u00efeb-Brahim Mohamed (dit <em>Fqih<\/em> Mohamed Si Meknous) (mort le 23 juin 1949) \u00e0 66 ans, avait une place particuli\u00e8re parmi les <em>Oulama<\/em>, reconnu\u00a0 unanimement par leur communaut\u00e9, ses adversaires et ses ennemis. A son arriv\u00e9e \u00e0 Sig o\u00f9 <em>Cheikh<\/em> Larbi Tbessi (1891-1957) avait marqu\u00e9 son passage qui n\u2019a pourtant dur\u00e9 que trois ann\u00e9es (1929-1932), il fut tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 Si Meknous qui rappela \u00e0 ses enfants de n\u2019autoriser personne de prononcer une oraison fun\u00e8bre. Son enterrement eut lieu\u00a0 le 24 juin 1949 au cimeti\u00e8re El Malha, douar El Fra\u00efha, \u00e0 El Gaada. A la fin de la c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e9raire, le <em>Cheikh<\/em> Larbi Tbessi (1891-1957) de son vrai nom Ferhati Larbi, avait dit \u00e0 l\u2019immense assembl\u00e9e des hommes r\u00e9unis \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du cimeti\u00e8re : \u00ab\u00a0Probablement, je ne reverrai plus cette r\u00e9gion apr\u00e8s ce jour\u00a0\u00bb, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 \u00e0 l\u2019assistance sa conviction qu\u2019il venait d\u2019enterrer le plus grand des <em>Oulama<\/em> alg\u00e9riens de son \u00e9poque\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>\u0623\u0634\u0647\u062f \u0623\u0645\u0627\u0645 \u0627\u0644\u0644\u0647 \u0648\u0623\u0645\u0627\u0645\u0643\u0645 \u0623\u0646\u0646\u0627 \u062f\u0641\u0646\u0627 \u0627\u0644\u064a\u0648\u0645 \u0623\u0641\u0642\u0647 \u0639\u0644\u0645\u0627\u0621<\/strong> <strong>\u0627\u0644\u062c\u0632\u0627\u0626\u0631<\/strong>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Je t\u00e9moigne devant Allah et devant vous que nous venons d\u2019enterrer le plus grand des <em>Oulama<\/em> d\u2019Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb). Effectivement, il ne revit jamais la r\u00e9gion apr\u00e8s ce jour. Il sera ex\u00e9cut\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, en 1957, parce que, comme l\u2019\u00e9crivait Malek Bennabi, il ne voulait pas faire le jeu de l\u2019Etat fran\u00e7ais. (10) Signalons que quand il quitta son douar natal en 1918 pour s\u2019installer \u00e0 Sig, Si Meknous pronon\u00e7a, d\u00e8s son arriv\u00e9e, une fetwa\u00a0 dans laquelle il invalida la pri\u00e8re obligatoire derri\u00e8re un Imam r\u00e9tribu\u00e9 par la France parce qu\u2019illicite. Trente ann\u00e9es plus tard, Che\u00efkh Larbi Tbessi lui embo\u00eeta le pas en publiant dans la revue El Manar une fetwa similaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong><u>Sidi Mohamed Senni Ben Mostefa Ben El Fre\u00efh.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Sidi Mohamed Es-Senni Al Mhaji, fr\u00e8re de Si Tayeb Ben Fre\u00efh, est un \u00e9rudit qui fut l\u2019un des conseillers du Bey d\u2019<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Oran\">Oran<\/a>. \u00a0Il fut le premier <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Imam\"><em>Imam<\/em><\/a> et responsable de la grande <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mosqu%C3%A9e_du_Pacha\">Mosqu\u00e9e du Pacha<\/a> construite par les fid\u00e8les en 1795, trois ann\u00e9es apr\u00e8s la lib\u00e9ration d\u2019Oran de l\u2019occupation espagnole qui prit fin d\u00e9but 1792, suite au si\u00e8ge de la ville par Mohamed ben Othmane, dit Mohamed El K\u00e9bir. Cette mosqu\u00e9e situ\u00e9e dans l\u2019un des plus vieux quartiers d\u2019Oran, Sidi El Houari, continue jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 accueillir quotidiennement les fid\u00e8les. Sidi Mohamed Es-Senni est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re de Sidi El Bachir, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres d\u2019Oran sur la Route d\u2019Arzew. Rappelons qu\u2019en l\u2019\u00e9tat actuel de ce qui est prouv\u00e9, il fut le seul Mhaji \u00e0 s\u2019\u00eatre rapproch\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9 turque sans doute parce que le Bey Mohamed El K\u00e9bir venait de lib\u00e9rer Oran des ennemis de l\u2019Islam. Ce qui ne fut jamais le cas pour ses fr\u00e8res, cousins et ascendants.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Fqih Si Tayeb El Mhaji.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Zeddour Mohamed Brahim Tayeb (dit <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Si_Tayeb_Al_Mahaji\">Si Tayeb Al <\/a>M&rsquo;haji) (1881-1969), \u00e9tait le p\u00e8re de l\u2019un des cerveaux de la R\u00e9volution alg\u00e9rienne\u00a0: Si Kacem et petit -fils (c\u00f4t\u00e9 maternel) de Benfr\u00e9ha ould Sidi Sahraoui Ben Mostefa Ben Sidi el Fre\u00efh. Il fut le grand <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Imam\">imam<\/a> de M\u00e9dina-Jdida d\u2019<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Oran\">Oran<\/a> (Ville Nouvelle) jusqu\u2019en 1969, et le premier \u00e0 avoir ouvert une \u00e9cole coranique libre et moderne en 1912 (place Tahtaha) (une classe \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e aux jeunes filles). Il fut \u00e9galement l\u2019un des membres fondateurs de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Association_des_oul%C3%A9mas_musulmans_alg%C3%A9riens\">Association des Oulama Musulmans Alg\u00e9riens<\/a>. Il nous l\u00e9gua une autobiographie\u00a0 dans laquelle sont \u00e9voqu\u00e9s\u00a0l\u2019histoire, le <em>Fiqh<\/em>, la grammaire, la m\u00e9thodologie dans la recherche, l\u2019exhumation de personnages\u00a0 alg\u00e9riens qui allaient vers un oubli total, les probl\u00e8mes de la femme, une <em>fatwa<\/em>\u00a0 particuli\u00e8re sur \u00ab\u00a0l\u2019usure\u00a0\u00bb parmi toutes celles qu\u2019il avait formul\u00e9es et un <em>Hadith<\/em> rendu apocryphe, utilis\u00e9 par le grand <em>Cheikh<\/em> d\u2019El Azhar Alliche (qui r\u00e9digea un volumineux commentaire sur le \u00ab\u00a0Mokhtassar de Sidi Khalil\u00a0\u00bb au titre de <strong>\u00a0\u00ab\u00a0\u0645\u0646\u062d \u0627\u0644\u062c\u0644\u064a\u0644 \u0634\u0631\u062d \u0645\u062e\u062a\u0635\u0631 \u062e\u0644\u064a\u0644\u00a0\u00bb<\/strong>) (Octroi de l\u2019auguste commentaire du <em>R\u00e9sum\u00e9<\/em> <em>de Khalil<\/em>) et l\u2019historien andalou Ibn Abi Zar\u2019 (<strong>\u0625\u0628\u0646 \u0623\u0628\u064a \u0632\u0631\u0639<\/strong>) auteur de <strong>\u0627<\/strong><strong>\u0644\u0642\u0631\u0637\u0627\u0633<\/strong> <strong>\u0631\u0648\u0636<\/strong> (Le jardin des feuillets). A c\u00f4t\u00e9 de cette autobiographie figurent cinq opuscules\u00a0: logique, grammaire,\u00a0 conjugaison, rh\u00e9torique et les pr\u00e9ceptes du p\u00e8lerinage. En 63 ann\u00e9es d\u2019enseignement, et formant en moyenne une promotion en trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes, ce n\u2019est pas moins de trois mille Chouyoukh qu\u2019il forma\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Quelques rappels<\/u><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Environ cinq si\u00e8cles avant l\u2019av\u00e8nement des Mhaja en Alg\u00e9rie, et plus exactement en 910, les Fatimides venus du Y\u00e9men prirent Kairouan et \u00e9tendirent, sans coup f\u00e9rir, leur autorit\u00e9 sur l\u2019Ifriqiya et presque la totalit\u00e9 de l\u2019actuelle Alg\u00e9rie. Et si le Chiisme qu\u2019ils ont voulu imposer aux populations n\u2019a pu se greffer sur leurs convictions c\u2019est gr\u00e2ce aux Sunnites qui, la plupart au prix de leurs vies, ont su contenir leurs adversaires pourtant militairement tr\u00e8s puissants. Les historiens nous ont l\u00e9gu\u00e9 de prestigieux noms et des r\u00e9cits frissonnants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors comment peut-on gratuitement insinuer que les Derkaoua ont fait des Mhaja des adeptes de leur Tariqa\u00a0? Eux qui savaient, ainsi que tous les Oulama du pays, quelle que soit leur origine, ce qu\u2019il fallait opposer \u00e0 celui qui \u00ab\u00a0garantit le Paradis dans l\u2019autre monde et la r\u00e9ussite mat\u00e9rielle dans celui-ci\u00a0\u00bb, qui pr\u00f4ne d\u00e9tenir \u00ab\u00a0les secrets du non manifest\u00e9\u00a0\u00bb (<strong>\u0645\u0641\u0627\u062a\u062d \u0627\u0644\u063a\u064a\u0628<\/strong>), alors qu\u2019Allah nous dit\u00a0: <strong>\u0648\u0639\u0646\u062f\u0647 \u0645\u0641\u0627\u062a\u062d \u0627\u0644\u063a\u064a\u0628 \u0644\u0627 \u064a\u0639\u0644\u0645\u0647\u0627 \u0625\u0644\u0627 \u0647\u0648<\/strong>\u00a0\u00a0(\u00ab\u00a0Il d\u00e9tient les secrets du non manifest\u00e9. Nul autre que Lui ne les conna\u00eet\u00a0\u00bb) ? (<em>Coran<\/em>, <em>sourate<\/em> 6. \u00ab\u00a0<em>El An\u00e2m<\/em> \u0627<strong>\u0644\u0623\u0646\u0639\u0627\u0645<\/strong>\u00a0\u00bb, verset 59). Ce verset, est d\u2019ailleurs explicit\u00e9 par un <em>Hadith<\/em> o\u00f9 le Proph\u00e8te (\u00e7) dit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<strong>\u0645\u0641\u0627\u062a\u062d \u0627\u0644\u063a\u064a\u0628 \u062e\u0645\u0633 \u0644\u0627 \u064a\u0639\u0644\u0645\u0647\u0646 \u0625\u0644\u0627 \u0627\u0644\u0644\u0647<\/strong>\u00a0\u00bb (Les secrets du non manifest\u00e9 sont au nombre de cinq et Seul Allah les conna\u00eet). Il ne faudrait pas confondre <strong>\u0645\u0641\u0627\u062a\u064a\u062d<\/strong> (cl\u00e9s) avec <strong>\u0645\u0641\u0627\u062a\u062d<\/strong> pluriel de\u00a0 <strong>\u0645\u064e\u0641\u062a\u064e\u062d <\/strong>qui signifie secrets, coffres ou tr\u00e9sors. Pouvaient-ils \u00e9galement admettre que certains mystiques rencontrent le Proph\u00e8te en plein \u00e9veil\u00a0? Que, parmi eux, il y en ait eu qui se dispensaient de l\u2019obligation du p\u00e8lerinage parce que c\u2019\u00e9tait \u00e0 la Kaaba de faire le Tawaf autour du Saint\u00a0? Etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on examine la liste des Personnalit\u00e9s d\u2019El Gaada cit\u00e9es et le bref rappel de leurs biographies et parcours, quand bien m\u00eame il y eut parmi eux\u00a0 qui ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9duits par le mysticisme d\u2019Abou Hamid El Ghazali ou d\u2019El Jouna\u00efd Etta\u2019i, \u00e0 qui peut-on pr\u00e9tendre faire admettre que les mieux capara\u00e7onn\u00e9s parmi eux, pouvaient soutenir, suivre, \u00e9couter, se battre et cautionner tout ce que l\u2019Islam r\u00e9prouve\u00a0? Cependant, nous n\u2019\u00e9tonnerons personne en rappelant qu\u2019un seul Mhaji, issu de Ouled Sidi El Hachemi de M\u2019Cid, le Cheikh Sidi Ben Sa\u00efd a \u00e9t\u00e9 Cheikh de Tariqa Derkaou\u00efa, selon ce que rapporte le Fqih Si Tayeb El Mhaji dans son autobiographie. Pour l\u2019avoir cit\u00e9 comme haut personnage repr\u00e9sentatif de l\u2019une des dix familles Mhaja, Si Tayeb n\u2019avait implicitement aucune forme d\u2019inimiti\u00e9 vis-\u00e0-vis de lui ce qui traduit une tol\u00e9rance qui,\u00a0 pour le Fqih, \u00e9tait \u00a0bas\u00e9e sur des sources solides et cr\u00e9dibles pouvant \u00eatre juridiquement expliqu\u00e9es. Mais aussi parce qu\u2019il est \u00e9tabli que cette Tariqa a beaucoup \u00e9volu\u00e9 dans ses aspects exot\u00e9riques comme elle ne le fut jamais depuis\u00a0 sa cr\u00e9ation jusqu\u2019en 1808. A ceux qui distillent sa\u00a0 g\u00e9n\u00e9ralisation \u00e0 l\u2019ensemble des Mhaja et notamment ceux d\u2019El- \u00a0Gaada, nous leur disons simplement \u00ab\u00a0<strong>\u0647\u0627\u062a\u0648\u0627 \u0628\u0631\u0647\u0627\u0646\u0643\u0645 \u0625\u0646 \u0643\u0646\u062a\u0645 \u0635\u0627\u062f\u0642\u064a\u0646<\/strong><strong>\u00a0\u00bb <\/strong>(Donnez votre preuve si vous \u00eates sinc\u00e8res) (Coran, Sourate 2, El Baqara, Verset 111 et Sourate 27, En-Neml, Verset 64). Aussi sommes-nous l\u00e9gitimement amen\u00e9 \u00e0 vouloir saisir quelles sont leurs motivations exactes et surtout qu\u2019est-ce qui les g\u00eane d\u2019\u00e9taler des sources cr\u00e9dibles si tant est qu\u2019ils puissent en disposer surtout apr\u00e8s avoir \u00e9tal\u00e9 une aisance d\u00e9mesur\u00e9e\u00a0pour nous les ass\u00e9ner dans un soup\u00e7onneux anonymat? Aux uns et aux autres nous rappelons cette anecdote\u00a0: A la fin de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle, des adeptes d\u2019une confr\u00e9rie, tous Chorafa, se r\u00e9unirent pour mettre un terme au discours alternant temp\u00e9rance et vitup\u00e9ration sur leur Zaou\u00efa tenu par un Alem Mhaji d\u2019El Gaada. Ils d\u00e9cident de le battre sur son propre terrain\u00a0: Le Fiqh dont ils avaient eux-m\u00eames une excellente ma\u00eetrise mais avec les subtilit\u00e9s en moins. Ils firent appel \u00e0 l\u2019un de ses meilleurs \u00e9l\u00e8ves et lui demand\u00e8rent d\u2019\u00e9crire, sous leur dict\u00e9e, une question ardue sur le Fiqh sur laquelle ils s\u2019\u00e9taient concert\u00e9s, qu\u2019il devait\u00a0 pr\u00e9senter \u00e0 son ma\u00eetre et en obtenir une r\u00e9ponse \u00e9crite. Lorsque l\u2019\u00e9l\u00e8ve tendit la feuille o\u00f9 \u00e9tait\u00a0 \u00e9tal\u00e9 \u00ab\u00a0son probl\u00e8me\u00a0\u00bb au Fqih, celui-ci, apr\u00e8s lecture, lui dit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Mon fils, je reconnais ton \u00e9criture. Dis \u00e0 ceux qui t\u2019en ont fait la dict\u00e9e que je me tiens \u00e0 leur enti\u00e8re disposition pour leur r\u00e9pondre et tu leur diras que je n\u2019ai jamais\u00a0 rien eu contre eux. Notre diff\u00e9rent est en Dieu et Lui Seul \u00bb. L\u00e0 r\u00e9side la source qui commandait son attitude inflexible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><u>Bibliographie<\/u><\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>Si Tayeb El M&rsquo;Hadji, <strong>\u0623\u0646\u0641\u0633 \u0627\u0644\u0630\u062e\u0627\u0626\u0631 \u0648\u0623\u0637\u064a\u0628 \u0627\u0644\u0645\u0622\u062b\u0631 \u0641\u064a \u0623\u0647\u0645 \u0645\u0627 \u0627\u062a\u0641\u0642 \u0644\u064a \u0641\u064a \u0627\u0644\u0645\u0627\u0636\u064a \u0648\u0627\u0644\u062d\u0627\u0636\u0631\u00a0\u00bb<\/strong>, \u00ab\u00a0<em>Les pr\u00e9cieux bienfaits et les m\u00e9morables souvenirs de ce que j\u2019ai v\u00e9cu d\u2019important au pass\u00e9 et au pr\u00e9sent<\/em>\u00a0\u00bb, 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition,\u00a0 Soci\u00e9t\u00e9 Alg\u00e9rienne d\u2019Edition et de Papeterie, Oran, 1966.<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Le Maroc avant la colonisation\u00a0\u00bb, Mohamed El Mansour, (Edition originale en anglais), \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0traduction \u00e0 l\u2019arabe par Mohamed Hoube\u00efda, Editions du\u00a0\u00ab\u00a0Centre Culturel Arabe\u00a0\u00bb, 2006, Beyrouth et Casablanca).<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Chroniques d\u2019Oran, d\u2019Alger, d\u2019Espagne et de France jusqu\u2019\u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle\u00a0\u00bb, \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0tome I. Par Benaouda El Mzari, \u00e9ditions Dar Gharb El Islami, Beyrouth,\u00a0 1990, commentaires de Yahya Bouaziz. \u00ab\u00a0La r\u00e9pulsion des dissensions dans les guerres entre les Turcs et Derkaoua\u00a0\u00bb, Cheikh Abou Ras. \u00ab\u00a0<strong>\u0631\u062f\u0621 \u0627\u0644\u0634\u0642\u0627\u0648\u0629 \u0641\u064a \u0627\u0644\u062d\u0631\u0648\u0628 \u0628\u064a\u0646 \u0627\u0644\u0623\u062a\u0631\u0627\u0643 \u0648\u062f\u0631\u0642\u0627\u0648\u0629<\/strong>\u00a0\u00bb cit\u00e9 dans le m\u00eame livre.<\/li>\n<li>Mohamed Ben Abdelkader (Mohamed\u00a0fils a\u00een\u00e9 de l\u2019Emir Abdelkader) \u00ab\u00a0<strong> \u062a\u062d\u0641\u0629 \u0627\u0644\u0632\u0627\u0626\u0631 \u0641\u064a \u062a\u0627\u0631\u064a\u062e \u0627\u0644\u062c\u0632\u0627\u0626\u0631 \u0648\u0627\u0644\u0623\u0645\u064a\u0631 \u0639\u0628\u062f \u0627\u0644\u0642\u0627\u062f\u0631<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0(<em>La perle du chercheur en histoire d\u2019Alg\u00e9rie et de l\u2019Emir Abdelkader<\/em>) (1905). \u00c9diteur\u00a0: <strong>\u062f\u0627\u0631 \u0627\u0644\u064a\u0642\u0638\u0629 \u0627\u0644\u0639\u0631\u0628\u064a\u0629 \u0644\u0644\u062a\u0623\u0644\u064a\u0641 \u0648\u0627\u0644\u062a\u0631\u062c\u0645\u0629 \u0648\u0627\u0644\u0646\u0634\u0631<\/strong>\u00a0 Maison de l\u2019Eveil Arabe\u00a0: du Livre, de la Traduction et de l\u2019Edition. Ann\u00e9e 1384-1964. Commentaire et annotations de Mamdouh Hakki.<\/li>\n<li>Abou Ras, \u00ab<strong>\u0643\u062a\u0627\u0628 \u0641\u062a\u062d \u0627\u0644\u0625\u0644\u0647 \u0648\u0645\u0646\u062a\u0647 \u0628\u0627\u0644\u062a\u062d\u062f\u062b \u0628\u0641\u0636\u0644 \u0631\u0628\u064a \u0648\u0646\u0639\u0645\u062a\u0647<\/strong>\u00bb, (<em>L\u2019\u00e9panouissement divin et Sa faveur pour parler de Sa bienfaisance et de Sa gr\u00e2ce<\/em>), \u00e9dition SNED (Alger), Biblioth\u00e8que Nationale d\u2019Alger.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0 \u00a0 6.<\/strong>\u00a0\u00a0 (<strong>\u0643\u062a\u0627\u0628 \u0627\u0644\u0625\u0633\u062a\u0642\u0635\u0627 \u0641\u064a \u0623\u062e\u0628\u0627\u0631 \u062f\u0648\u0644 \u0627\u0644\u0645\u063a\u0631\u0628 \u0627\u0644\u0623\u0642\u0635\u0649 \u00a0<\/strong>de Ahmed En-Naciri. Tome 7. Pages 20\/21).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">7. Commandant Derrien, \u00ab\u00a0<em>Les Fran\u00e7ais \u00e0 Oran de 1830 \u00e0 nos jours<\/em>\u00bb, 2 tomes, Imprimerie J. Nicot, \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Aix 1886.<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\" start=\"8\">\n<li>Autobiographie de l\u2019Emir Abdelkader, Fac simil\u00e9 \u00e9dit\u00e9 par le professeur Abdelmadjid M\u00e9ziane, sous l\u2019\u00e9gide du Minist\u00e8re de la Culture, Alger, 1983.<\/li>\n<li>Jacques Berque, <em>\u00ab\u00a0L\u2019Int\u00e9rieur du Maghreb XV-XIXe si\u00e8cles\u00a0\u00bb<\/em>, Gallimard, Paris, 1978, page 21.<\/li>\n<li>Malek Bennabi, \u00ab\u00a0<em>Colonisabilit\u00e9<\/em>\u00bb, Dar El-Hadhara, Alger, 2003.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 * Ing\u00e9nieur.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Par Mohamed-Senni El Mhaji* 1,Pr\u00e9ambule. Depuis quelques mois nous assistons \u00e0 une v\u00e9ritable hyst\u00e9rie, \u00e0 travers le net, et notamment sur la tr\u00e8s discutable et contestable \u00ab\u00a0Encyclop\u00e9die Wikipedia\u00a0\u00bb devenue [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":7140,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":{"0":"post-4513","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-mohamed-senni"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4513","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4513"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4513\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4513"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4513"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4513"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}