{"id":4580,"date":"2015-08-28T09:10:11","date_gmt":"2015-08-28T09:10:11","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=4580"},"modified":"2015-08-28T09:10:11","modified_gmt":"2015-08-28T09:10:11","slug":"dibn-arabi-a-lemir-abdelkader-de-mustapha-cherif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/dibn-arabi-a-lemir-abdelkader-de-mustapha-cherif\/","title":{"rendered":"D\u2019Ibn Arabi \u00e0 l\u2019Emir Abdelkader de Mustapha Cherif"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<u>Quand l\u2019assurance nuit \u00e0 la Connaissance <\/u><\/strong><\/p>\n<p>Par Mohamed Senni El-M&rsquo;Haji (Ing\u00e9nieur).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai parcouru laborieusement l\u2019article publi\u00e9 par le journal \u00ab\u00a0l\u2019Expression\u00a0\u00bb du 24 mars 2011, sign\u00e9 Mustapha Ch\u00e9rif, et ayant pour titre \u00ab<strong>\u00a0d\u2019Ibn Arabi \u00e0 l\u2019Emir Abd-El-Kader\u00a0<\/strong>\u00bb. L\u2019attrait du sujet malgr\u00e9 sa difficile lecture (induite par une absence d\u2019ordre et l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019en saisir le but), le nom de l\u2019auteur et les hautes charges qu\u2019il a occup\u00e9es dans un secteur vital (Minist\u00e8re de l\u2019Enseignement Sup\u00e9rieur), nonobstant ses multiples activit\u00e9s internationales, me pr\u00e9disposaient \u00e0 la lecture d\u2019un texte que j\u2019\u00e9tais s\u00fbr \u00a0de classer avec quelques rares articles-de Mostafa Lacheraf, \u00a0Abdou Limam ainsi que d\u2019autres- qui, chatouillant mon orgueil et ma fiert\u00e9, ont une place sp\u00e9ciale dans ma biblioth\u00e8que. Mais ma d\u00e9ception, surtout pour la mani\u00e8re dont le texte a \u00e9t\u00e9 concoct\u00e9, a \u00e9t\u00e9 indicible et mon enthousiasme s\u2019est vite refroidi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le titre, en lui-m\u00eame, concerne les lecteurs vers\u00e9s sur le sujet et ceux qui, aujourd\u2019hui nombreux \u2013 mode oblige- ont un engouement pour la mystique sans pour autant \u00a0en ma\u00eetriser les subtilit\u00e9s qui \u00a0excitent la curiosit\u00e9 intellectuelle. Les premiers\u00a0 resteront sur leur faim et les seconds ne sauront-sans jeu de mots-\u00e0 quel saint se vouer. Un sujet comme celui que nous avons sous les yeux impose \u00e0 son auteur un article o\u00f9, \u00e0 la clart\u00e9 qui doit primer, doit s\u2019allier \u00a0une p\u00e9dagogie magistrale- h\u00e9las \u00a0totalement absente dans ce qui nous est propos\u00e9 \u2013 ce qui n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 de trop pour une meilleure vulgarisation du message. Un \u00e9clairage\u00a0 pr\u00e9cis aurait \u00a0apport\u00e9 autre chose au lecteur que les assertions avanc\u00e9es avec une absence totale de sources, de dates de naissance et de d\u00e9c\u00e8s des mystiques cit\u00e9s et quelques lignes sur ce qu\u2019ils furent et surtout d\u00e9celer cet \u00e9trange vecteur v\u00e9hiculaire utilis\u00e9 qui autorise \u00e0 les \u00ab\u00a0r\u00e9unir\u00bb ensemble. Le lecteur, livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, est alors contraint de se d\u00e9brouiller seul pour saisir ce que le texte-et donc l\u2019auteur- n\u2019arrive pas \u00e0 lui pr\u00e9senter, ce qui rel\u00e8ve de l\u2019utopie. Cinq noms de soufis, cinq dimensions diff\u00e9rentes et des appr\u00e9ciations communes qui vont \u00e0 certains comme des gants et impossibles \u00e0 coller \u00e0 d\u2019autres, ce que nous verrons dans le d\u00e9tail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant d\u2019aller plus loin, il faut rappeler une v\u00e9rit\u00e9 qui tient au style d\u2019Ibn Arabi\u00a0: le Proph\u00e8te (\u00e7) a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019humanit\u00e9\u00a0 utilisant une langue compr\u00e9hensible par le plus grand nombre et ce sont les nations \u00e9trang\u00e8res \u00e0 l\u2019Arabie qui vont en devenir ma\u00eetresses sur tous les plans. Or Ibn Arabi a son vocabulaire propre. Dans les<strong> Foutouhate al<\/strong> <strong>Makkya<\/strong> (les Illuminations de la Mecque), on trouve un style. Dans les \u00ab\u00a0<strong>Fus\u00fbs El Hikam<\/strong>\u00a0\u00bb (Les lobes de la Sagesse), ce sera un autre, tellement\u00a0 ardu qu\u2019aucun orientaliste au monde n\u2019a pu traduire ce livre\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nicholson l\u2019Anglais, sommit\u00e9 mondiale, Professeur \u00e0 Cambridge, baissa tout simplement\u00a0 les bras en essayant de traduire en anglais \u00ab\u00a0les Fus\u00fbs\u00a0\u00bb d\u00e9clarant \u00a0\u00e0 l\u2019un de ses \u00e9l\u00e8ves Aboul Alaa Afifi (1897-1966)\u00a0 \u00e0 qui il donna le th\u00e8me d\u2019une \u00e9tude de doctorat\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Voil\u00e0 un livre difficile \u00e0 comprendre dans sa langue en d\u00e9pit des nombreuses interpr\u00e9tations qui en ont \u00e9t\u00e9 fa\u00eetes\u00a0; qu\u2019en sera- t- il dans une autre ?\u00a0\u00bb (1).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, \u00ab\u00a0el Fus\u00fbs\u00a0\u00bb \u00e9tait justement propos\u00e9 par l\u2019orientaliste anglais \u00e0 Aboul Alaa Afifi comme sujet de th\u00e8se en 1927. Le postulant raconte (1)\u00a0:\u00a0<strong>\u00ab\u00a0J\u2019ai accept\u00e9 le sujet propos\u00e9 par le Professeur Nicholson et j\u2019ai entam\u00e9 la lecture des \u0153uvres d\u2019Ibn Arabi en commen\u00e7ant par les Fus\u00fbs avec les commentaires de Kachani, \u00e0 plusieurs reprises, mais\u00a0\u00bb\u2026\u00a0\u00ab\u00a0Le livre est \u00e9crit en arabe limpide et chaque mot, consid\u00e9r\u00e9 \u00a0s\u00e9par\u00e9ment, a un sens clair mais le sens g\u00e9n\u00e9ral de chaque phrase ou d\u2019un ensemble de phrases n\u2019est qu\u2019\u00e9nigmes ou charades dont la complexit\u00e9\u00a0 et l\u2019absence de visibilit\u00e9 croissent avec le commentaire\u00a0\u00bb.<\/strong> Et le Docteur Afifi d\u2019expliquer que ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s avoir lu plus de vingt ouvrages (entre \u00e9dit\u00e9s et manuscrits) d\u2019Ibn Arabi qu\u2019il surmonta\u00a0 tout ce qui lui entravait la compr\u00e9hension. Il finira lui-m\u00eame professeur \u00e0 Cambridge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucun orientaliste, que ce soit Louis Massignon (1883-1962) qui avait pourtant de tr\u00e8s bonnes pr\u00e9dispositions pour la compr\u00e9hension du langage \u00e9sot\u00e9rique gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9tude \u00ab\u00a0La passion d\u2019El Halladj\u00a0\u00bb<strong>\u00a0 <\/strong>(244 \/ 858 \u2013 309 \/ 922) qui le mena plusieurs fois (on a parl\u00e9 de sept) en Irak\u00a0 pour se recueillir sur le tombeau du Fou de Dieu qui, bien avant sa mort, avait \u00e9crit qu\u2019il mourrait sur la Croix, (ce qui lui arriva apr\u00e8s un terrible martyre)\u00a0 \u00e0 l\u2019issue d\u2019un proc\u00e8s o\u00f9 l\u2019esprit fut condamn\u00e9 au profit de la lettre et o\u00f9 la politique-il \u00e9tait tax\u00e9 de crypto chiite- n\u2019\u00e9tait pas \u00e9trang\u00e8re, ni le n\u00e9othomiste espagnol Asin Palacios, reconnu comme le plus grand sp\u00e9cialiste d\u2019Ibn Arabi, auteur d\u2019une remarquable biographie du Che\u00efkh El Akbar, brillamment traduite de l\u2019espagnol \u00e0 l\u2019arabe par le prolifique philosophe polyglotte \u00e9gyptien Abdou Er-Rahmane Badawi, ni Nicholson, ni Nyeberg le Norv\u00e9gien qui a fait une \u00e9tude int\u00e9ressante sur les livres dits \u00ab\u00a0petits \u00bb d\u2019Ibn Arabi, ni m\u00eame Ech-Cha\u00e2rani (mort en 973 \/ 1565) qui a fait un excellent r\u00e9sum\u00e9 des Foutouhate dans son livre\u00a0\u00ab\u00a0El Yaouakit oual Jawahir\u00a0\u00bb <strong>\u00a0<\/strong>n\u2019ont abord\u00e9 les \u00ab\u00a0Fus\u00fbs\u00a0\u00bb. Pourtant ce livre se\u00a0 pr\u00e9sente, en format normal,\u00a0 en un seul volume d\u2019un peu moins de 180 pages (avec commentaire) compar\u00e9 \u00e0 \u00ab el-\u00a0Foutouhate\u00a0 Al- Makkiyya\u00bb qui, lui, compte quelque quatre mille\u00a0et Chodkiewicz \u00a0a\u00a0 estim\u00e9 qu\u2019\u00e0 cause de la sp\u00e9cificit\u00e9 de la terminologie propre \u00e0 Ibn Arabi, la traduction des \u00ab\u00a0Foutouhate\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais n\u00e9cessiterait environ quinze mille pages\u00a0! Il nous faut repr\u00e9ciser que la langue utilis\u00e9e dans les \u00ab\u00a0Fus\u00fbs\u00a0\u00bb est d\u2019un autre style que celui utilis\u00e9 dans les \u00ab\u00a0Foutouhate\u00a0\u00bb d\u2019o\u00f9 une difficult\u00e9 de plus pour aborder Ibn Arabi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Hadjji Khelifa (1017 \/\u00a0 27 Dhoul Hijja 1067 \u2013 1609 \/ 6 octobre 1657), auteur du c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0Kechf Ezzun\u00fbn\u00a0\u00bb o\u00f9 sont cit\u00e9s les titres de 15 000 ouvrages, 1 000 auteurs et 300 th\u00e8mes, il existe vingt-deux commentaires des \u00ab\u00a0Fus\u00fbs\u00a0\u00bb et, selon Mohamed Rajeb Hilmi, un descendant d\u2019Ibn Arabi et commentateur de son livre-cl\u00e9, trente sept (entre arabes, persans et turques). Les plus c\u00e9l\u00e8bres sont ceux d\u2019El Kachani (mort en 730 \/ 1330 \u00e0 Baghdad), de Sadr-Eddine El Konoui (mort en 671 \/ 1272), \u00e9l\u00e8ve d\u2019Ibn Arabi \u2013 de Konya, en Turquie o\u00f9 a r\u00e9sid\u00e9 son ma\u00eetre &#8211; de Abdurrahmane El \u2013 Jami (mort en 898 \/ 1492) ainsi que de Abdelghani En-Naboulsi mort en 1143\/1730.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ce qui pr\u00e9c\u00e8de, nous remarquons que, pour un livre \u00e9crit en arabe, par un auteur arabe, les commentaires qui en ont \u00e9t\u00e9 faits\u00a0 l\u2019ont \u00e9t\u00e9 davantage dans les langues turque\u00a0 et persane. N\u2019y a\u2013t-il pas des notes en marge sur le\u00a0 commentaire d\u2019El Ka\u00efsari \u00e9crites par l\u2019Ayatollah Khomeiny (1902-1989) lui-m\u00eame\u00a0? Le livre en question, \u00a0le plus important de tous ceux \u00e9crits par le grand mystique andalou, doit \u00eatre abord\u00e9 avec un m\u00e9lange homog\u00e8ne, \u00e9quilibr\u00e9 et hautement dos\u00e9 en connaissances \u00e9sot\u00e9rique et exot\u00e9rique et, \u00e0 de tr\u00e8s rares exceptions, ceux qui\u00a0 veulent s\u2019attaquer \u00e0 Wahdat al Wuj\u00fbd (l\u2019Unicit\u00e9 de l\u2019Etre) th\u00e8me central de ce livre et de l\u2019\u0153uvre d\u2019Ibn Arabi en g\u00e9n\u00e9ral, gagneraient\u00a0 \u00e0 m\u00e9diter cela. Mais la mise de c\u00f4t\u00e9 de tout sentiment d\u2019infatuation avec un minimum de modestie et d&rsquo;humilit\u00e9 \u00a0et un maximum de connaissances tr\u00e8s pointues sont, au pr\u00e9alable, n\u00e9cessaires. Mais, signe des temps, ces exigences rel\u00e8vent aujourd\u2019hui, chez nous, de la gageure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour conclure nous rappelons que\u00a0\u00ab\u00a0 la doctrine d\u2019Ibn Arabi est bas\u00e9e sur le logos, loi de l\u2019Etre et de la N\u00e9cessit\u00e9, qui n\u2019est autre\u00a0 que la premi\u00e8re \u00e9piphanie de Dieu\u00a0\u00bb. Voici ce qu&rsquo;en conclut un des plus r\u00e9cents commentateurs des Fus\u00fbs, Aboul Alaa Afifi :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><strong>\u0627\u0644\u0641\u0635\u0648\u0635 \u0643\u062a\u0627\u0628 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0641\u0644\u0633\u0641\u0629 \u0627\u0644\u0625\u0644\u0647\u064a\u0629 \u0627\u0644\u0645\u0645\u062a\u0632\u062c\u0629 \u0628\u0627\u0644\u062a\u0635\u0648\u0641 \u0627\u0644\u0628\u062d\u062a. \u0648\u063a\u0627\u064a\u0629 \u0627\u0644\u0645\u0624\u0644\u0641 \u0641\u064a\u0647 \u0627\u0644\u0628\u062d\u062b \u0641\u064a \u0637\u0628\u064a\u0639\u0629 \u0627\u0644\u0648\u062c\u0648\u062f \u0628\u0648\u062c\u0647 \u0639\u0627\u0645 \u0648\u0635\u0644\u0629 \u0627\u0644\u0648\u062c\u0648\u062f \u0627\u0644\u0645\u0645\u0643\u0646-\u0627\u0644\u0639\u0627\u0644\u0645- \u0628\u0627\u0644\u0648\u062c\u0648\u062f \u0627\u0644\u0648\u0627\u062c\u0628- \u0627\u0644\u0644\u0647- \u0648\u0623\u062e\u0635 \u0646\u0627\u062d\u064a\u0629 \u0641\u064a\u0647 \u0643\u0645\u0627 \u062a\u0634\u0647\u062f \u0628\u0630\u0644\u0643 \u0639\u0646\u0627\u0648\u064a\u0646 \u0641\u0635\u0648\u0644\u0647 \u0627\u0644\u0628\u062d\u062b \u0641\u064a \u0627\u0644\u062d\u0642\u064a\u0642\u0629 \u0627\u0644\u0625\u0644\u0647\u064a\u0629 \u0645\u062a\u062c\u0644\u064a\u0629 \u0641\u064a \u0623\u0643\u0645\u0644 \u0645\u0638\u0627\u0647\u0631\u0647\u0627 \u0641\u064a \u0635\u0648\u0631 \u0627\u0644\u0623\u0646\u0628\u064a\u0627\u0621 \u0639\u0644\u064a\u0647\u0645 \u0627\u0644\u0633\u0644\u0627\u0645 \u0641\u0625\u0646 \u0643\u0644 \u0641\u0635 \u0645\u0646 \u0641\u0635\u0648\u0635\u0647 \u064a\u062f\u0648\u0631 \u062d\u0648\u0644 \u062d\u0642\u064a\u0642\u0629 \u0646\u0628\u064a \u0645\u0646 \u0627\u0644\u0623\u0646\u0628\u064a\u0627\u0621 \u064a\u0633\u0645\u064a\u0647\u0627<\/strong> <strong>\u0643\u0644\u0645\u0629 \u0641\u0644\u0627\u0646 \u0623\u0648 \u0641\u0644\u0627\u0646 \u0648\u0647\u064a \u062a\u0645\u062b\u0644 \u0635\u0641\u0629 \u0645\u0646 \u0635\u0641\u0627\u062a \u0627\u0644\u062d\u0642.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><strong>\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Traduction\u00a0: \u00ab\u00a0Al Fus\u00fbs ne rel\u00e8ve pas d\u2019une d\u00e9marche purement soufie. C\u2019est plut\u00f4t un ouvrage de th\u00e9osophie impr\u00e9gn\u00e9e de soufisme, l\u2019objectif principal de l\u2019auteur \u00e9tant de traiter les questions relatives \u00e0 la quiddit\u00e9 de l\u2019Etre de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, puis de d\u00e9terminer les rapports entre l\u2019\u00eatre possible (l&rsquo;Univers) et l\u2019Etre N\u00e9cessaire (Dieu). Comme en t\u00e9moignent les titres de ses chapitres, la sp\u00e9cificit\u00e9 de cet ouvrage r\u00e9side dans les d\u00e9veloppements consacr\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 divine, manifest\u00e9e dans ses \u00e9piphanies les plus parfaites \u00e0\u00a0 travers les Proph\u00e8tes en tant que figures arch\u00e9types. Chaque chapitre (Fass, litt\u00e9ralement chaton) a pour th\u00e8me \u00ab\u00a0la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb de l\u2019un des Proph\u00e8tes. Cette r\u00e9alit\u00e9, d\u00e9sign\u00e9e par \u00ab\u00a0Verbe\u00a0\u00a0\u00bb de tel Proph\u00e8te, n\u2019est en effet rien d\u2019autre que la manifestation de l\u2019un des Attributs de Dieu, l\u2019Etre par excellence\u00a0\u00bb. (1-2).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque paragraphe de l\u2019article fait appara\u00eetre une \u00e9trange redondance avec ceux qui le pr\u00e9c\u00e8dent ou le devancent, traduisant soit une pr\u00e9cipitation dans la r\u00e9daction ou un copier-coller h\u00e2tivement et maladroitement utilis\u00e9 mais ne laisse jamais transpara\u00eetre une ma\u00eetrise du sujet. L\u2019obligation de suivre le cheminement de l\u2019auteur pour \u00e9laborer notre r\u00e9ponse \u00a0ne manquera pas d\u2019avoir un impact qui risque de nous mettre \u00e0 l\u2019index. Mais aucun choix ne nous est laiss\u00e9. Conscient de cela, nous demandons \u00e0 ceux qui rel\u00e8vent cet aspect \u00a0de nous honorer de leur indulgence et leurs pertinentes \u00a0critiques seront les bienvenues. Mais poursuivons notre propos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus grave est cette mise totale, par l\u2019auteur, sous \u00e9teignoir \u00a0des Fouqaha qui ont jou\u00e9 un r\u00f4le \u00a0important dans la transmission et la d\u00e9fense de l\u2019Islam. Cet \u00e9clectisme qui semble \u00eatre sciemment voulu, bl\u00e2mable \u00e0 maints \u00e9gards, nuisible \u00e0 la coh\u00e9sion communautaire, demeure inexplicable et va \u00e0 contresens des conclusions\u00a0 qu\u2019avance l\u2019auteur. Exclure les Fouqaha-en les taisant- dont la majorit\u00e9 \u00e9tait \u00a0pourtant port\u00e9e sur le mysticisme (tel celui d\u2019Abou Hamid El-Ghazzali \u2013mort en 505\/1111-, d\u2019El Jouna\u00efd mort en 297\/ 909- de Tarmidhi mort en 320\/932, de Sidi Abd-El-Kader El Jilani mort en 561\/1165, de Abdelkrim El Jili mort en 826\/1426 etc. pour ne citer que ceux-l\u00e0) est inexplicable. Il n\u2019est de secret pour personne que les plus grands Soufis se d\u00e9marquaient des Fouqaha-et nous le verrons un peu plus loin-mais\u00a0 les occulter aujourd\u2019hui ne sert pas l\u2019unit\u00e9 et l\u2019harmonie qui doivent primer dans les rapports que se doivent d\u2019avoir les Musulmans entre eux si, unit\u00e9 et harmonie sont toutes deux \u00a0rev\u00eatues de tol\u00e9rance et d\u00e9nu\u00e9es de calculs. Un exemple\u00a0: le plus grand commentateur du Sahih de Boukhari, Ibn Hajar Al Askalani (mort en 852\/1449) \u00a0a compos\u00e9\u00a0 un recueil englobant les hautes personnalit\u00e9s ayant marqu\u00e9 son si\u00e8cle\u00a0: \u00ab\u00a0Ad-Dourar al kamina fi a\u2019yane el mi \u2018a Thamina\u00a0\u00bb (Les perles embusqu\u00e9es des auxiliaires du VIII\u00e8me si\u00e8cle) o\u00f9 sont cit\u00e9es indistinctement les sommit\u00e9s de cette p\u00e9riode. Bien qu\u2019ayant critiqu\u00e9 certains soufis, il affiche clairement un jugement tout \u00e0 l\u2019honneur d\u2019Ibn Arabi et fera m\u00eame un commentaire sur le po\u00e8me dit \u00ab\u00a0Ta\u2019iyya\u00a0\u00bb -po\u00e8me mystique d\u2019Ibn El Faridh l\u2019Egyptien (576 \/ 1180\u00a0\u00a0 &#8211; 632 \/ 1234), \u00a0surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le Sultan des Amants\u00a0\u00bb celui-l\u00e0 m\u00eame qui, sollicit\u00e9 par Ibn Arabi, pour faire un commentaire sur sa propre \u00ab\u00a0Ta\u2019iyya\u00a0\u00bb (po\u00e8me dont la rime se termine par la lettre\u00a0\u00ab\u00a0t\u00a0\u00bb), r\u00e9pond au grand mystique andalou\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0le commentaire que vous voulez de moi se trouve dans votre livre <em>El Foutouhate El Makkiyya<\/em>\u00a0\u00bb. Un deuxi\u00e8me exemple\u00a0: il concerne Ibn Sina (ao\u00fbt 980-juin\/juillet 1037) dont \u00a0El J\u0101mi (mort en 1142) consid\u00e8re\u00a0 que son livre <strong>\u00ab\u00a0<\/strong>les Directives et Remarques<strong> \u00bb (<\/strong>al-Ish\u0101r\u0101t\u00a0 wa Tanbihat) \u00ab\u00a0conduit au blasph\u00e8me et sa conception du monde n&rsquo;apporte \u00e0 l&rsquo;\u00e2me que le pressentiment du malheur\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Il &#8211; Ibn Sina &#8211; a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 trop philosophe par les religieux et trop religieux par les philosophes\u00a0\u00bb. Il n\u2019emp\u00eache que son livre <strong>\u00ab\u00a0<\/strong>les Directives et Remarques \u00bb\u00a0 fut comment\u00e9 avec un rare soin par Fakhreddine Razi, n\u00e9 \u00e0 Rayy (T\u00e9h\u00e9ran en 543 \/ 1148 et mort \u00e0 Hara en 606 \/ 1209), grande figure de l\u2019Islam et auteur de l\u2019une des plus importantes ex\u00e9g\u00e8ses du Coran et la plus volumineuse. Des Cadis el Coud\u00e2t (Juges des Juges), des plus grands rites de l\u2019Islam ont \u00e9t\u00e9 des serviteurs d\u2019Ibn Arabi. Pourtant, comme nous l\u2019avons pr\u00e9c\u00e9demment signal\u00e9, tous les Jurisconsultes de l\u2019Islam ont \u00e9t\u00e9 visc\u00e9ralement ha\u00efs par les Soufis sauf un\u00a0: l\u2019Emir Abd-El-Kader qui fut toujours entour\u00e9 d\u2019une pl\u00e9iade de Fouqaha (les onze membres du Majliss Ec-choura, les Khalifats, les secr\u00e9taires, ses l\u00e9gendaires lieutenants tels les \u00a0Ben Allal, El Bouhmidi El Oulhaci, Benfr\u00e9ha El Mhaji et tant d\u2019autres). Notre auteur n\u2019h\u00e9sitera pas pourtant \u00a0\u00e0\u00a0 qualifier les Soufis de guides qu\u2019ils le fussent r\u00e9ellement-et il y en a eu beaucoup-ou qu\u2019ils ne le fussent point et ils furent plus nombreux que les premiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><u>1\/ Examen et objections\u00a0 du contenu de l\u2019article.<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1\/1.Ce texte nous appelle \u00e0 <em>\u00ab\u00a0red\u00e9couvrir nos grands ma\u00eetres mystiques, v\u00e9ritables guides et \u00e9ducateurs, pour prendre du recul, vivre raisonnablement, sereinement et honn\u00eatement \u2026\u00a0\u00bb.<\/em>En lisant cela, une question vient instantan\u00e9ment \u00e0 l\u2019esprit\u00a0: \u00e0 qui l\u2019auteur s\u2019adresse-t-il\u00a0? Ces deux lignes, par leur simplicit\u00e9, cachent tout un fastidieux programme\u00a0qui semble \u00e9chapper \u00e0 celui qui les a \u00e9crites! Red\u00e9couvrir nos mystiques \u2013ils se comptent par milliers- et voir si leurs mod\u00e8les sont des exemples de raison, de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et d\u2019honn\u00eatet\u00e9 n\u00e9cessiteraient une encyclop\u00e9die. La derni\u00e8re vertu cit\u00e9e (l\u2019honn\u00eatet\u00e9) n\u2019a pas lieu d\u2019\u00eatre \u00a0pour ces hommes aupr\u00e8s desquels nous sommes invit\u00e9s \u00e0 nous ressourcer et \u00a0se trouve l\u00e0 comme un cheveu sur la soupe de la m\u00eame mani\u00e8re-au demeurant fort troublante- que l\u2019auteur cite les mots \u00ab\u00a0licite\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0illicite\u00a0\u00bb respectivement cinq et deux fois. Est-ce par effet \u00e9sot\u00e9rique\u00a0? Quant \u00e0 la raison et l\u2019argumentaire, ils ont \u00a0toujours \u00e9t\u00e9 mal accept\u00e9s par les Soufis. Quand les premiers penseurs de l\u2019Islam, les Mou\u2019tazila, connurent leur d\u00e9clin avec la th\u00e9orie d\u2019Al Ash\u2019ari (260-333\/873-944) qui fut durant quarante ann\u00e9es des leurs, la raison rel\u00e8vera presqu\u2019exclusivement des seuls philosophes. Ils seront, pour cela, charg\u00e9s autant par les Soufis que par les Fouqaha. \u00ab\u00a0La philosophie islamique s\u2019articule autour de la religion. Nos philosophes n\u2019ont pas \u00e9tudi\u00e9 la philosophie grecque en tant qu\u2019historiens mais en tant que musulmans dans l\u2019esprit de corroborer \u00a0\u00a0la R\u00e9v\u00e9lation\u00a0\u00bb. Aux premiers pas de la philosophie, fut le Kalam.\u00a0 Ce terme a connu plus tard d\u2019autres appellations\u00a0: th\u00e9ologie dialectique, science de l\u2019Unicit\u00e9 etc. Deux Ecoles ont domin\u00e9 ce mouvement\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-l\u2019Ecole rationaliste de l\u2019I\u2019tizal, n\u00e9e au II \u00e8me si\u00e8cle (VIII\u00e8me), presque par hasard.\u00a0Les Mutazilites, dans leur explication,\u00a0\u00ab\u00a0 s\u2019inspirent de la philosophie grecque et n\u00e9oplatonicienne. Ils distinguent entre l\u2019essence du monde\u00a0 et son existence \u00e0 partir d\u2019une mati\u00e8re \u00e9ternelle composant ses propres lois. De cette mati\u00e8re d\u00e9coulent les particuliers et leur ordre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-l\u2019Ecole Ash\u2019arite au X\u00e8me, qui laminera la premi\u00e8re, en sera la deuxi\u00e8me. Pour les Ash\u2019arite, cette interpr\u00e9tation des Mutazilites \u00ab\u00a0 revient \u00e0 nier toute puissance de Dieu et \u00e0 nier ses miracles. Ils s\u2019inspirent de l\u2019atomisme de D\u00e9mocrite (v.460 avant J.C.-mort v.370)\u00a0: Dieu cr\u00e9e les atomes et intervient dans leur combinaison. Il est donc Le Seul Cr\u00e9ateur du monde et de son ordre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1\/2.Il est totalement faux que les\u00a0\u00ab\u00e9minents Soufis\u00a0\u00bb existent depuis 15 si\u00e8cles alors que le Soufisme, en tant que tel, ne voit le jour, selon Ibn Taymiyya, qu\u2019apr\u00e8s le troisi\u00e8me. \u00a0C\u2019est par un besoin de l\u00e9gitimit\u00e9 que certains mystiques et hagiographes ont mis des noms du premier si\u00e8cle parmi les Soufis pour se donner bonne conscience et surtout l\u00e9gitimit\u00e9. Selon l\u2019auteur, \u00a0ils adoptent un mode de vie r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression occultant singuli\u00e8rement le Coran et la Sunna. Pourtant il suffit de lire \u00ab\u00a0Michkat el Anouar\u00a0\u00bb (La Niche des Merveilles) d\u2019Ibn Arabi avec ses authentiques cent-un Hadiths, son ex\u00e9g\u00e8se du Coran et certains commentaires de ses propres \u0153uvres pour se rendre compte de cette grossi\u00e8re bourde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1\/3.Les ma\u00eetres spirituels ne peuvent \u00eatre assimil\u00e9s \u00e0 des guides- ci ce n\u2019est pour leurs adeptes- ce qui conf\u00e9rerait \u00e0 l\u2019Islam un caract\u00e8re cl\u00e9rical cet Islam qui, dans tous ses commandements, est une affaire entre le Cr\u00e9ateur et ses cr\u00e9atures. Sans interm\u00e9diaire. Celui qui doit \u00eatre investi de la fonction de guide par les Musulmans doit \u00a0leur parler dans\u00a0 le langage qu\u2019ils assimilent mais pas celui qui est l\u2019apanage des \u00ab\u00a0initi\u00e9s\u00a0\u00bb alors que le Proph\u00e8te a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re sans distinctions.<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\" start=\"2\">\n<li>2<u>. Edition des \u0153uvres d\u2019Ibn Arabi par l\u2019Emir Abd-El-Kader<\/u>.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019apparition de l\u2019imprimerie moderne, l\u2019Emir, alors \u00e0 Damas, qui disposait d\u2019une copie des Foutouhate El Makkiyya \u00a0d\u00e9cida de prendre \u00a0en charge sa diffusion. Or, il savait que son ma\u00eetre spirituel \u00e9tait, \u00e0 lui tout seul, une Institution en Turquie. (A partir de Keyseri mort en 1350, la doctrine de Wahdat El Wuj\u00fbd va peu \u00e0 peu \u00eatre officiellement li\u00e9e au pouvoir ottoman) (2). Le Sultan de son \u00e9poque avait demand\u00e9 \u00e0 Ibn Arabi de lui adresser un exemplaire \u00e9crit de sa main ce qu\u2019il fit. L\u2019Emir le savait. Aussi\u00a0 d\u00e9l\u00e9gua-t-il deux de ses compagnons alg\u00e9riens aupr\u00e8s du Sultan avec lequel il entretenait d\u2019excellentes relations pour les autoriser\u00a0 \u00e0 corriger le sien sur la base de celui \u00a0\u00e9crit de la main de son ma\u00eetre. Ainsi il fit profiter les lecteurs de la version que nul ne peut contester. Nous n\u2019avons vu nulle part qu\u2019il aurait \u00e9dit\u00e9 d\u2019autres \u0153uvres du Che\u00efkh El Akbar ce que nous n\u2019excluons pas pour autant, jusqu\u2019\u00e0 plus ample inform\u00e9. Ainsi donc ce n\u2019est pas dans la Zaou\u00efa de Jalal Eddine Er-Roumi (1207-1273) que ce manuscrit \u00e9tait oubli\u00e9. Cette affirmation gratuite porte une atteinte\u00a0 grave au g\u00e9nie de ceux qui, en Turquie, \u00e9taient passionn\u00e9s par Ibn Arabi. Au risque de nous redire, nous r\u00e9affirmons qu\u2019il existe plus de commentaires en turc des \u00ab\u00a0Fus\u00fbs\u00a0\u00bb qu\u2019il n\u2019en existe en arabe. Rappelons qu\u2019\u00e0 Damas l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 du peuple et les Oulama \u00e9taient farouchement hostiles \u00e0 Ibn Arabi au point o\u00f9\u00a0 son tombeau servait d\u2019urinoir. Mais d\u00e8s le d\u00e9but de leur conqu\u00eate de la Syrie et de l\u2019Egypte et de leur entr\u00e9e \u00e0\u00a0 Damas en 1512, les Turcs, sur l\u2019initiative de leur neuvi\u00e8me Sultan, S\u00e9lim II (1512-1520), \u00ab\u00a0b\u00e2tirent sur la tombe du ma\u00eetre un v\u00e9ritable complexe monumental, comprenant <em>qubba<\/em> (mausol\u00e9e), <em>j\u00e2mi\u2019<\/em> (grande mosqu\u00e9e) \u00a0et <em>takiyya <\/em>(c\u2019est-\u00e0-dire une cantine pour les pauvres, et non un \u00ab\u00a0couvent\u00a0\u00bb pour soufis) \u00bb (2). Nous savons comment ils l\u2019ont r\u00e9alis\u00e9, nous devinons avec quelle ferveur ils l\u2019ont fait et demeurons b\u00e9at face \u00e0 cette intelligente et impressionnante projection sur l\u2019avenir qu\u2019ils ont mise en pr\u00e9alable \u00e0 ce projet. Comment peut-on insinuer qu\u2019ils aient oubli\u00e9 une \u0153uvre \u00a0aussi colossale que les \u00ab Foutouhate\u00a0\u00bb et, qui plus est, dans une Zaou\u00efa de l\u2019auteur de \u00ab\u00a0Medh En-Nabi\u00a0\u00bb, d\u00e9lirant po\u00e8me de\u202640\u00a0000vers\u00a0? ce m\u00eame auteur qui donna pour titre \u00e0 l\u2019un de ses livres celui d\u2019un po\u00e8me d\u2019Ibn Arabi\u00a0\u00ab\u00a0Fihi ma fihi \u00bb.\u00a0\u00ab\u00a0C\u2019est avec S\u00e9lim, le b\u00e2tisseur du mausol\u00e9e d\u2019Ibn Arabi \u00e0 Damas, que la doctrine akbarienne devient affaire d\u2019Etat\u00a0\u00bb\u2026\u00a0\u00ab\u00a0Ibn Kamal Pacha (m.940\/1534), savant polygraphe qui fut le \u0161aykh al-Isl\u0101m de l\u2019Empire durant les dix derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, est la personnalit\u00e9 la plus notoire \u00e0 apposer le sceau de l\u2019orthodoxie sur la doctrine d\u2019Ibn \u00c0rabi\u00a0\u00bb (2).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est au g\u00e9nie de l\u2019Emir, et de l\u2019Emir seul que cette r\u00e9surrection des \u00ab\u00a0Foutouhate\u00a0\u00bb est due. Il n\u2019y a pas eu un autre alg\u00e9rien impliqu\u00e9, l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des Tourouq alg\u00e9riennes ignorant alors totalement Ibn Arabi ou le connaissant si peu. Quant aux Oulama il se peut qu\u2019ils s\u2019en tenaient \u00e0 ce qu\u2019a \u00e9crit l\u2019Alg\u00e9rien El Makarri (mort en 1631), &#8211; artiste du verbe selon Jacques Berque &#8211; \u00a0auteur du c\u00e9l\u00e8bre Nefh Ettib ( \u0153uvre qui ne verra point de semblable jusqu\u2019\u00e0 nos jours, toujours selon \u00a0le m\u00eame Jacques Berque), qui rapporte, dans une biographie consacr\u00e9e au mystique andalou que, lorsqu\u2019il prit connaissance des \u00ab\u00a0Fus\u00fbs\u00a0\u00bb, le Che\u00efkh el Islam, l\u2019Imam Afif Eddine al\u2013Yafi\u2019 le Y\u00e9m\u00e9nite ( 697-1297 \/ 768 &#8211; 1376), adepte de la Qadiriyya et de la Chadhiliyya, recommanda que l\u2019on s\u2019abstienne de lire ce livre. Sans \u00eatre cat\u00e9gorique, il semble que ce soit \u00e9galement lui qui\u00a0 adressa une lettre \u00e0 tous les grands ma\u00eetres th\u00e9ologiens, de l\u2019Indus au Portugal, pour leur demander de s\u2019abstenir de le lire\u00a0 car ils comprendraient exactement le contraire de ce qu\u2019a voulu dire Ibn Arabi. L\u2019Emir avait une connaissance tr\u00e8s fine, \u00a0totale et clairement assimil\u00e9e, pour\u00a0 tout ce qui touchait \u00e0 sa\u00a0Religion\u00a0et \u00e0 ceux qui gravitaient autour: Fouqaha, th\u00e9ologiens, confr\u00e9ries, et savait exactement o\u00f9 se trouvait l\u2019endroit des mod\u00e8les de serviteurs de Dieu dans son pays. Plus encore, il connaissait leurs ma\u00eetres, ceux de ces derniers et pouvait remonter \u00e0 travers les si\u00e8cles. Il l\u2019a \u00e9crit de sa propre main. Mystique, il l\u2019\u00e9tait. Dans ses chevauch\u00e9es, les Fouqaha l\u2019entouraient. Lorsque les perspectives de combat s\u2019estompaient c\u2019\u00e9taient les jeunes combattants qui s\u2019agglutinaient autour de lui pour suivre ses cours. Quand il sollicitait un de ses compagnons pour r\u00e9diger une correspondance il apposait son cachet n\u2019\u00e9prouvant aucun besoin de relire. Nous pouvons \u00e9taler des \u00e9crits qui laisseront pantois ceux qui les liront sur la connaissance, par l\u2019Emir, de ses compatriotes. Quand on lit ses \u00e9crits, on peut ais\u00e9ment noter, noir sur blanc, exactement ce qu\u2019il aurait pens\u00e9 de se voir citer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des quatre noms avec lesquels Monsieur Mustapha Cherif a pris la libert\u00e9 de le mettre. Ceux qui se pavanent avec leurs litt\u00e9ratures sur lui font dans l\u2019exotisme tel que voulu sous d\u2019autres cieux. Tout reste \u00e0 dire. Nul ne peut pr\u00e9tendre redorer son blason ou rehausser son prestige\u00a0: il ignorait le premier et honnissait le second. Ce sujet, il l\u2019avait d\u00e9finitivement boucl\u00e9 \u00e0 moins de 24 ans et il ne revint jamais dessus. De gr\u00e2ce, cessons alors\u00a0 de sombrer\u00a0 dans la r\u00e9cup\u00e9ration primaire et l\u2019indigence intellectuelle. On le savait Qadiri mais la mission qui lui a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e par une volont\u00e9 populaire exprim\u00e9e par la frange la plus importante de la population alg\u00e9rienne ne l\u2019autorisait pas \u00e0 imposer son id\u00e9ologie en usant de son aura ou de son pouvoir ce que n\u2019aurait jamais h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 faire tout autre que lui. \u00a0Cela s\u2019appelle tol\u00e9rance, d\u00e9sint\u00e9ressement, ouverture sur l\u2019autre et respect infini des pr\u00e9ceptes divins qui commandaient sa fonction et lui dictaient son comportement. Il n\u2019\u00e9margeait pas \u00e0 Be\u00eft El Mal (tr\u00e9sor public) auquel il avait le droit de le faire et n\u2019a habit\u00e9 qu\u2019une tente pendant tout l\u2019exercice de sa mission pour sa patrie et m\u00eame avant. Il est vrai qu\u2019il a habit\u00e9 dans des ch\u00e2teaux\u2026en tant que prisonnier d\u2019une grande nation dont la trahison de la parole qu\u2019elle lui a donn\u00e9e deux fois dans la m\u00eame journ\u00e9e du jeudi 2\u00a03 d\u00e9cembre 1847, par Lamorici\u00e8re d\u2019abord \u00e0 Sidi Brahim puis par le Duc d\u2019Aumale, fils du Roi des Fran\u00e7ais le soir m\u00eame \u00e0 Ghazaouet, \u00e9tait plus grande puisqu\u2019elle est rest\u00e9e ind\u00e9l\u00e9bile jusqu\u2019\u00e0 \u00a0\u00e0 nos jours et le restera jusqu\u2019\u00e0 ce que \u00ab\u00a0Dieu h\u00e9ritera de la Terre et de ce qu\u2019elle contient\u00a0\u00bb. \u00a0On sait qu\u2019il a enseign\u00e9 \u00ab\u00a0El Ibriz\u00a0\u00bb de Sidi Abdelaziz Ed-Debbagh, de t\u00eate, \u00e0 certains de ses compagnons, alors qu\u2019ils \u00e9taient tous emprisonn\u00e9s \u00e0 Amboise. Pour accomplir la t\u00e2che qui lui \u00e9tait d\u00e9volue, il a mis son mysticisme \u00ab\u00a0en veilleuse\u00a0\u00bb, contrairement \u00e0 d\u2019autres. Signalons que la mise sur \u00ab\u00a0la voie\u00a0\u00bb s\u2019op\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement-sauf pour Ibn Arabi- \u00e0 partir de 40 ans, \u00e2ge o\u00f9 le Proph\u00e8te re\u00e7ut le Message divin. Et l\u2019Emir avait 39 ans quand il avait quitt\u00e9 d\u00e9finitivement l\u2019Alg\u00e9rie le 25 d\u00e9cembre 1847.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab<em>Les grands ma\u00eetres soufis, comme l\u2019Emir Abdelkader, Abderrahmane Tha\u00e2libi, Ahmed Benyoucef, Abu Medyan et Ahmed Tidjani, et tant d\u2019autres, furent d\u2019exemplaires savants, patriotes et \u00e9ducateurs hors pair, rempart contre les d\u00e9rives de toutes natures, les idol\u00e2tres, les envahisseurs, les despotes \u00a0et les corrompus\u00bb. <\/em>L\u00e0, on est dans un \u00e9trange m\u00e9lange des genres o\u00f9 parmi les cinq mystiques cit\u00e9s certains sont aux antipodes des autres et pour cause\u00a0! Aussi tenterons-nous,\u00a0 autant que possible, de retracer l\u2019essentiel de leur itin\u00e9raire et laisserons au lecteur le soin d\u2019appr\u00e9cier lui-m\u00eame les particularit\u00e9s entre ces cinq figures du Soufisme que nous propose l\u2019auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><u>Ahmed Tijani (? 1150\/1737 \u2013F\u00e8s 1230\/1814).<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au V\u00e8me si\u00e8cle au Maroc, le soufisme prit un caract\u00e8re r\u00e9solument national s\u2019attelant principalement \u00e0 la seule \u00e9cole chadhilite-jazoulite. M\u00eame la Qadiriyya fut marginalis\u00e9e. Aussi, d\u00e8s l\u2019apparition de la Tariqa tijaniyya, introduite par Ahmed Tijani, \u00a0un tr\u00e8s fort mouvement d\u2019opposition de la part des Tourouq locales se dressa face \u00e0 un homme qui clamait sa supr\u00e9matie sur tous ses contemporains d\u2019entre les P\u00f4les du soufisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de cr\u00e9er sa Tariqa en Alg\u00e9rie et ce en 1782, Ahmed Tijani fut l\u2019\u00e9l\u00e8ve de Chouyoukh de plusieurs Tourouq dont la Ouazzaniyya, la Derkaou\u00efa\u00a0 et la Nac\u00e9riyya (l\u2019Encyclop\u00e9die du Soufisme de Abd-El-Mon\u2019im El Hanafi lui attribue d\u2019autres Tourouq)\u00a0 mais ses ambitions le poussaient \u00e0 outrepasser leurs limites. D\u00e9passant tous les interm\u00e9diaires, il proclama qu\u2019il re\u00e7ut-alors qu\u2019il se trouvait \u00e0 Boussemghoun, dans le Sud-ouest alg\u00e9rien- \u00a0un ordre directement du Proph\u00e8te (\u00e7) pour cr\u00e9er sa propre Tariqa qu\u2019il appela \u00ab\u00a0El Mohammadia\u00a0\u00bb. Cette \u00ab\u00a0garantie\u00a0\u00bb d\u2019avoir re\u00e7u l\u2019injonction du Proph\u00e8te l\u2019amena \u00e0 \u00e9dicter des r\u00e8gles drastiques vis-\u00e0\u2013vis de ses futurs adeptes. Ceux-ci ne doivent en aucun cas \u00eatre en relation avec un autre Che\u00efkh quelles que fussent son envergure spirituelle et sa dimension humaine,\u00a0 ils ne doivent pas non plus quitter sa Tariqa pour une autre et il leur interdit de se recueillir sur les tombes des Saints, pass\u00e9s ou \u00e0 venir, \u00e0 part lui. Il finira par comprendre que pour son\u00a0 double int\u00e9r\u00eat, moral et mat\u00e9riel, il n\u2019accordera ce privil\u00e8ge qu\u2019\u00e0 Idriss parce que c\u2019est en lui que se reconna\u00eet toute la population de F\u00e8s o\u00f9 toutes les r\u00e9serves furent formul\u00e9es \u00e0 son encontre. Le Sultan Moulay Slimane (1792-1822), toujours prompt \u00e0 accueillir favorablement ceux qui sont pers\u00e9cut\u00e9s par les Ottomans d\u2019Alger le re\u00e7ut avec \u00e9gards mettant m\u00eame une grande maison et une pension cons\u00e9quente \u00e0 sa disposition quand il quitta l\u2019Alg\u00e9rie en 1798. Il obtient \u00a0m\u00eame une subvention du Palais pour construire sa Zaou\u00efa. Une \u00a0protection lui fut assur\u00e9e sur son chantier que certains opposants \u00e0 la construction voulaient entraver. Toute cette attention avait pour but de mettre cette nouvelle Tariqa face aux Tourouq locales qui s\u2019opposaient au Makhzen. Le Sultan qui le recevait dans ses soir\u00e9es scientifiques n\u2019\u00e9pousa pas pour autant sa Tariqa et resta fid\u00e8le \u00e0 la Nac\u00e9riyya.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement \u00e0 la derkaou\u00efa, la tijaniyya ne pr\u00f4nait pas l\u2019asc\u00e9tisme, l\u2019indigence, la mortification, l\u2019abstinence ou le d\u00e9nuement. Ahmed Tijani fut connu pour \u00eatre port\u00e9 sur la bonne chair, le luxe dans l\u2019habillement et son go\u00fbt pour les plus nobles races de chevaux. Il assurait \u00e0 ses \u00ab\u00a0Ahbabs\u00a0\u00bb (adeptes) d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019opulence dans ce bas-monde et le Paradis dans l\u2019autre. Il pr\u00f4nait d\u00e9tenir \u00ab\u00a0les secrets du non manifest\u00e9\u00a0\u00bb (El gha\u00efb) \u00a0alors que le Coran nous enseigne\u00a0:\u00a0\u00a0\u00bb Il d\u00e9tient les secrets du non manifest\u00e9. Nul autre que Lui ne les conna\u00eet\u00a0\u00bb)\u00a0 (<em>Coran<\/em>, <em>sourate<\/em> 6. \u00ab\u00a0<em>El An\u00e2m<\/em> \u00bb, verset 59). Ce verset, est d\u2019ailleurs explicit\u00e9 par un <em>Hadith<\/em> o\u00f9 le Proph\u00e8te (\u00e7) dit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Les secrets du non manifest\u00e9 sont au nombre de cinq et Seul Allah les conna\u00eet\u00a0\u00bb. Cette approche all\u00e9chante d\u00e9cida les commer\u00e7ants et les riches \u00e0 le suivre ce qui imprima \u00e0 sa doctrine un \u00e9clectisme qui va \u00e0 contre-courant de ce que la communaut\u00e9 musulmane tenait de la Sunna\u00a0: la coh\u00e9sion. Les ensembles urbains se ralli\u00e8rent \u00e0 lui. Une fragmentation de la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019op\u00e9ra dans l\u2019indiff\u00e9rence totale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa Tariqa fut confront\u00e9e \u00e0 de s\u00e9rieux probl\u00e8mes lors de son \u00e9mergence parce que Tijani n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 Ch\u00e9rif (noble) et ceci \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 toutes les confr\u00e9ries avaient eu, avant lui, ou avaient, \u00e0 son \u00e9poque, des P\u00f4les d\u2019origine ch\u00e9rifienne\u00a0 ce qui conf\u00e9rait un atout de poids pour leur l\u00e9gitimit\u00e9. Il tenta de se faire \u00e9tablir un arbre g\u00e9n\u00e9alogique l\u2019incluant dans \u00ab\u00a0Ahl El Be\u00eft\u00a0\u00bb.Mais ceci ne dissipa point les doutes sur la recevabilit\u00e9 et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de sa g\u00e9n\u00e9alogie. De plus sa prise de distance vis-\u00e0-vis de la Tariqa Chadhiliyya-el-jazouliyya, incontournable au Maroc, et son interdiction des visites des Saints en vue de leur b\u00e9n\u00e9diction ou intercession heurta les couches populaires qui constituaient l\u2019essentiel des adeptes des confr\u00e9ries. \u00a0S\u2019ajoute \u00e0 cela le fait qu\u2019il s\u2019afficha comme le \u00ab\u00a0sceau des Soufis\u00a0\u00bb. (3) Tout le long chapelet de ses \u00e9minents pr\u00e9d\u00e9cesseurs s\u2019\u00e9tiola. Plus de Ghazzali, d\u2019El Jouna\u00efd, de Sidi Abdelkader El Jilani, d\u2019Ibn Arabi, d\u2019El Hallaj et tant et tant d\u2019autres. Pourtant, \u00ab\u00a0Le dernier de cette Nation ne vaudra que par ce qu\u2019a valu son premier\u00a0\u00bb disait le Proph\u00e8te. Cette approche peut-elle \u00e9maner\u00a0 d\u2019<em>un savant exemplaire\u00a0\u2026\u00e9ducateur hors pair\u00a0\u2026rempart contre les d\u00e9rives\u00a0?\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 son patriotisme, nous ignorons s\u2019il avait entrepris quoi que ce soit contre le colonialisme ottoman alors que son propre fils Ahmed, avait\u00a0 soutenu un si\u00e8ge de A\u00efn Madhi qui dura un mois, en 1825 contre le Bey Hassan, au bout duquel il accepta de payer un tribut annuel au Beylik. Ce m\u00eame fils leva une arm\u00e9e et marcha sur Mascara o\u00f9 il fut soutenu par les Hchems. Le Bey\u00a0 Hassan finira par le tuer et extermina son arm\u00e9e qui n\u2019eut pas de survivants (1827). Et quand les Fran\u00e7ais occup\u00e8rent le Pays, le successeur de Tijani, refusa de se soumettre \u00e0 la r\u00e8gle religieuse en participant au combat avec les autres Alg\u00e9riens contre l\u2019ennemi commun de l\u2019Islam. L\u2019Emir fit le si\u00e8ge de A\u00efn Madhi du 25 juin 1838 et finit par l\u2019occuper du 10 au 20 janvier 1839. (4).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><u>Sidi Ahmed Ben Youcef.<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 \u00e0 El Kelaa dans les Bani Chougrane, entre Mascara et Relizane il fut un personnage controvers\u00e9. \u00ab\u00a0Qui me conna\u00eet ira jusqu\u2019\u00e0 le regretter\u00a0\u00bb disait-il.\u00a0 S\u2019affichant comme \u00ab\u00a0Lieutenant du Proph\u00e8te\u00a0\u00bb, il proclamait pr\u00e9server de l\u2019Enfer. Il se sentait lui-m\u00eame incompris et inintelligible. Des doutes planent sur ses origines et sa descendance. Moralement il se d\u00e9doubla en saint orthodoxe et patron d\u2019observances suspectes et scandaleuses. En tant que mystique il ne fit pas \u00e9cole et ne fut jamais ma\u00eetre \u00e0 penser dans la post\u00e9rit\u00e9. N\u2019a-t-il pas soutenu que le Saint <em>\u00e9tait<\/em>\u00a0 exempt\u00e9 de p\u00e8lerinage parce que c\u2019est \u00e0 la Kaaba de faire la circumambulation (Tawaf) autour de lui\u00a0? Ainsi donc au Proph\u00e8te (\u00e7) qui nous enseigne que \u00ab\u00a0le Hadj c\u2019est Arafat\u00a0\u00bb Sidi Ahmed le circonscrit au seul Tawaf. Etait-il connu de son vivant\u00a0? Si oui pourquoi a-ton commenc\u00e9 par l\u2019enterrer, \u00e0 sa mort en 1524, dans un endroit jouxtant une d\u00e9charge d\u2019ordures\u00a0? C\u2019est son seul hagiographe, Sabbagh, qui pourrait \u00eatre derri\u00e8re sa \u00ab\u00a0c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 posthume\u00a0\u00bb. A-t-il particip\u00e9 au Jihad pour d\u00e9fendre la Patrie alors que les Ottomans venaient de s\u2019en emparer\u00a0? Que doit-on conclure quand l\u2019auteur de l\u2019article le cite \u00e9troitement avec Ibn Arabi, l\u2019Emir Abd-El-Kader, Sidi Abou M\u00e9di\u00e8ne et Tijani\u00a0? (5). Sidi Ahmed Ben Youcef, est-il mis dans le lot, par r\u00e9gionalisme primaire\u00a0? Tout laisse penser \u00e0 le croire \u00e0 moins que\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><u>Sidi Abou M\u00e9di\u00e8ne.<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 en 520 \/ 1126 \u00e0 Cantillana (\u00e0 35 km de S\u00e9ville), il d\u00e9buta sa vie comme berger ne connaissant ni la pri\u00e8re ni le Coran (6). Ayant eu l\u2019occasion de voir des asc\u00e8tes en pleine d\u00e9votion, il sentit en lui une force qui le poussait \u00e0 changer de chemin. Il abandonne son activit\u00e9 et prend la direction du Sud. Arriv\u00e9 pr\u00e8s de la mer il rencontra un vieillard habitant une tente auquel il se confia. Le vieil homme lui conseilla d\u2019aller \u00e0 F\u00e8s et, arriv\u00e9 l\u00e0, il fr\u00e9quenta assid\u00fbment son \u00e9cole sous la direction de grands ma\u00eetres. L\u2019un d\u2019eux, Abou Ya\u2019za le mit sur la <em>voie<\/em> et, apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, il partit pour la Mecque o\u00f9 il rencontra Sidi Abdelkader El Jilani (471 \/ 1078 -561 \/ 1165) avec lequel il eut de s\u00e9rieux entretiens. Apr\u00e8s ce voyage en Orient, il retourna au Maghreb et d\u00e9cida de s\u2019installer d\u00e9finitivement \u00e0 Bejaia o\u00f9 il passa pratiquement tout le restant de sa vie. Sa d\u00e9votion lui valut une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 foudroyante et fit affluer vers lui des gens venus des contr\u00e9es les plus lointaines. On estime qu\u2019il a form\u00e9 un tr\u00e8s grand nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves dont plus de 1000 acc\u00e9d\u00e8rent \u00e0 la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9. La qualit\u00e9 de son enseignement, la mani\u00e8re dont il le dispensait et le nombre impressionnant de ses adeptes d\u00e9plurent aux Fouqaha. Ils en r\u00e9f\u00e9r\u00e8rent au Sultan Yacoub El-Mansour qui le convoqua \u00e0 Marrakech o\u00f9 il d\u00e9cida de s\u2019y rendre, nullement inquiet du sort qu\u2019il savait l\u2019attendre. Arriv\u00e9 pr\u00e8s d\u2019El Eubbad, dans les environs imm\u00e9diats de\u00a0 Tlemcen, il rendit l\u2019\u00e2me en l\u2019an 561 \/ 1198 et devint le Saint patron de la ville sans y avoir jamais habit\u00e9. (6).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0Che\u00efkh Ec-Chouyoukh\u00a0\u00bb (Le Ma\u00eetre des ma\u00eetres) par Ibn Arabi lui-m\u00eame qui lui rendit visite en 1194 sur sa route pour l\u2019Orient-sans jamais enseigner \u00e0 Beja\u00efa comme le stipule l\u2019auteur de l\u2019article-, il fut la source initiatique de Chadhili\u00a0; de m\u00eame qu\u2019il fut l\u2019inspiration de la Khawatiriyya et ainsi la spiritualit\u00e9 d\u2019Abou M\u00e9di\u00e8ne allait s\u2019ancrer \u00e0 travers l\u2019Egypte et la Syrie de mani\u00e8re tr\u00e8s profonde.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><u>Abderrahmane Tha\u00e2libi.<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il na\u00eet en 1384 aux Issers, \u00e9tudia \u00e0 Beja\u00efa, haut lieu de culture et de science, d\u00e8s 1399, aupr\u00e8s de grands ma\u00eetres tels Ahmed Ben Idris, Al Oughli\u00e7i et Al M\u2019Chadalli. Il construisit une Zaou\u00efa \u00e0 Djoua dans les environs de Beja\u00efa. Il poursuivra ses \u00e9tudes durant deux d\u00e9cennies qui le m\u00e8neront \u00e0 Tunis, au Caire et en Orient. Dans la premi\u00e8re ville il passera huit ann\u00e9es (1406-1414) aupr\u00e8s d\u2019Al Oubbi et d\u2019El Ghobrini \u00a0tous deux \u00e9l\u00e8ves du c\u00e9l\u00e8bre Ibn Arafa (716-803\/1316-1400). Au Caire il aura pour ma\u00eetre Abdellah El-Bisati. Apr\u00e8s un passage par la Mecque, il est de retour \u00e0 Tunis en 1416, o\u00f9 deux grands noms sont les \u00e9rudits de la ville\u00a0: Al-Bourzouli (mort en 844\/1440) et Al-Kalchani. Il obtient une ijaza du savant tlemc\u00e9nien Ibn Marzouk (le petit-fils). Dans sa \u00ab\u00a0Rihla\u00a0\u00bb, de Grenade \u00e0 Baghdad, il embrasse, \u00e0 travers une m\u00e9ticuleuse bibliographie toutes les transmissions scientifiques du monde arabe o\u00f9 il n\u2019oublie pas ses ma\u00eetres directs et indirects tels Ibn Arafa, Ibn Atiyya (auteur d\u2019une ex\u00e9g\u00e8se du Coran) et Ibn El-Hajib (mort en 1249). Il eut de prestigieux \u00e9l\u00e8ves parmi lesquels on peut citer le grand mystique marocain Zarrouk (mort en 799\/1493) et le grand th\u00e9ologien tlemc\u00e9nien Es-Sanoussi (mort en 795\/1489), auteur de \u00ab\u00a0Oum El Barahine\u00a0\u00bb, connu dans tout le monde musulman et qui est venu \u00e0 point nomm\u00e9 secouer ce monde musulman d\u2019une profonde l\u00e9thargie. Adepte d\u2019El Ghazzali, il se pr\u00e9munit contre l\u2019irrationnel. Il nous l\u00e9gua une ex\u00e9g\u00e8se du Coran, Al Ouloum El Fakhira, El Fihrisit etc. Il se distingua par ses attaques contre les injustices du pouvoir et des puissants. (5). Nous sommes ici en face d\u2019une exceptionnelle figure de notre patrimoine culturel sur laquelle il reste beaucoup \u00e0 dire pour l\u2019exemplarit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><u>Remarques g\u00e9n\u00e9rales.<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ibn Arabi avait deux oncles maternels \u00e0 Tlemcen dont l\u2019un \u00e9tait roi de la ville\u00a0: Yahya Ben Yagghane qui abandonna sa charge pour vivre du produit de la vente du bois qu\u2019il ramassait et le deuxi\u00e8me s\u2019appelait Mouslim Al-Khaoulani.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il se rendit peu avant 590\/1193 en Afrique sp\u00e9cialement pour y rencontrer son Che\u00efkh spirituel Sidi Abou M\u00e9di\u00e8ne. La m\u00eame ann\u00e9e, Ibn Arabi est \u00e0 Tunis en passant par Beja\u00efa o\u00f9 il n\u2019est pas rest\u00e9 longtemps \u2013 certaines sources soutenant que c\u2019\u00e9tait \u00e0 cause du comportement des Fouqaha vis-\u00e0-vis du Che\u00efkh Ec-Chouyoukh -. A cause des troubles que connaissait Tunis, il retourna \u00e0 S\u00e9ville en passant, au pr\u00e9alable, par Tlemcen pour se recueillir sur les tombes de ses oncles. A la fin de 590\/1193, il \u00e9tait en Andalousie. Il eut l\u2019occasion de rencontrer le Sultan qui avait fait convoquer Sidi Abou M\u00e9di\u00e8ne qu\u2019il sermonna vertement. Et, c\u2019est l\u00e0, qu\u2019il d\u00e9cida de quitter d\u00e9finitivement l\u2019Occident en 594, ann\u00e9e de\u00a0 la mort de son ma\u00eetre v\u00e9n\u00e9r\u00e9. Il partit alors pour un voyage d\u2019adieu en Andalousie et en 1200, on le voit \u00e0 Marrakech en compagnie d\u2019Aboul Abbas Es-Sebti puis \u00e0 Beja\u00efa au mois de Ramadhan 1201. (7) \u00a0Aucun de ses biographes s\u00e9rieux ne l\u2019a vu enseigner ni \u00e0 Tlemcen ou Beja\u00efa comme l\u2019avance l\u2019auteur de l\u2019article.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chacun des mystiques cit\u00e9s a sa dimension propre. Ceux qui nous fascinent sont ceux qui n\u2019ont jamais envisag\u00e9 de faire \u00e9cole ou qui ont sem\u00e9 des sagesses qui feraient p\u00e2lir les r\u00e9dacteurs d\u2019instruction civique pour la post\u00e9rit\u00e9. Par corr\u00e9lation, les autres ne peuvent \u00e9marger qu\u2019\u00e0 notre scepticisme. Pour certains, parmi ces derniers, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 investis de mission sacr\u00e9e, nous esp\u00e9rons voir leurs bons adeptes oser apporter les correctifs n\u00e9cessaires pour \u00e9tendre leurs vues au plus grand nombre. Il est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 admis que ces v\u0153ux pieux ne s\u2019adressent pas \u00e0 ceux qui sont chloroform\u00e9s par le seul dieu qui m\u00e8ne aujourd\u2019hui le monde\u00a0: l\u2019argent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lequel de ces mystiques se moule parfaitement dans ce que l\u2019auteur lui a attribu\u00e9\u00a0? Le patriotisme qui leur est reconnu est une simple vue de l\u2019esprit. Le Jihad aussi. Chaque lecteur aura sa propre r\u00e9ponse. Quant \u00e0 nous, nous nous questionnons\u00a0: quel message a voulu passer Monsieur Mustapha Cherif\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><u>Postface.<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par le plus pur des hasards, et une fois ce texte totalement boucl\u00e9, nous sommes tomb\u00e9 sur deux courriels, l\u2019un \u00e9manant de Monsieur Mustapha Cherif adress\u00e9 au regrett\u00e9 Hadj Habib Hir\u00e8che de la Fondation Emir Abd-El-Kader d\u2019Oran et la r\u00e9ponse que ce dernier lui a adress\u00e9e le 29 mai 2005 o\u00f9 pertinence et sagesse se conjuguent avec une rare ma\u00eetrise du sujet abord\u00e9. Le m\u00eame jour, sur \u00ab\u00a0El-Watan\u00a0\u00bb, nous avons pris connaissance du livre\u00a0\u00ab\u00a0Rencontre avec le Pape\u00a0\u00bb \u00e9crit par Monsieur Mustapha Cherif suite \u00e0 l\u2019audience que Sa Saintet\u00e9 a accord\u00e9e \u00e0 notre compatriote.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si nous avions pris auparavant connaissance du message de Hadj Habib Hir\u00e8che, nous n\u2019aurions jamais \u00e9labor\u00e9 cette r\u00e9ponse tant la sienne brillait par sa limpidit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne l\u2019article paru sur \u00ab\u00a0El Watan\u00a0\u00bb, il est faux que l\u2019auteur soit le premier arabe \u00e0 \u00eatre re\u00e7u par le Pape et qu\u2019il est l\u2019initiateur du dialogue islamo-chr\u00e9tien. Il faut lire l\u2019Histoire. Pour rester dans un cadre alg\u00e9rien, c\u2019est l\u2019Emir qui fut, directement ou indirectement, l\u2019initiateur du dialogue des Religions, suivi par Si Abdelmadjid Meziane qui, alors qu\u2019il \u00e9tait Pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration FLN du Maroc, fut charg\u00e9 d\u2019une mission secr\u00e8te, \u00e0 Gen\u00e8ve, o\u00f9 il rencontra le P\u00e8re Chenu, qu\u2019il convainquit de faire jouer \u00e0 l\u2019Eglise un r\u00f4le de solidarit\u00e9 avec la cause alg\u00e9rienne pour d\u2019abord laver les p\u00e9ch\u00e9s commis par ceux qui avaient b\u00e9ni les colonisations et jeter des ponts entre les religions ensuite. Suivirent d\u2019autres hommes tels Michel Lelong, le Cardinal Duval etc. Ces quatre derniers avaient une caract\u00e9ristique commune\u00a0: aucun d\u2019eux n\u2019avait succomb\u00e9 au vertige des cimes et celles qu\u2019ils avaient atteintes \u00e9taient particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9es. Enfin rappelons que l\u2019Eglise a eu quelques papes arabes et d\u2019autres d\u2019origine juive tels les Borgia.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sidi-Bel-Abb\u00e8s, le 15 avril 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u>Sources\u00a0:<\/u><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>Fus\u00fbs Al Hikam. Commentaire de Aboul Alaa Afifi. Editions Dar El Kitab El Arabi. Beyrouth. 2 2 2\u00e8me \u00e9dition 1400\/1980 (La traduction de l\u2019arabe en fran\u00e7ais est de l\u2019auteur de l\u2019article.)\n<ul>\n<li>Nous sommes redevable de la traduction du texte du Docteur Afifi \u00e0 un jeune et bon ami, Monsieur Abdelkrim Foudhili, chercheur \u00e9m\u00e9rite et auteur de tr\u00e8s s\u00e9rieuses traductions d\u2019\u0153uvres pointues de l\u2019arabe au fran\u00e7ais et fin connaisseur d\u2019une tr\u00e8s large panoplie d\u2019auteurs \u00e0 travers les si\u00e8cles les plus f\u00e9conds de l\u2019Histoire des Arabes.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>Le Soufisme en Egypte et en Syrie sous les derniers Mamelouks. Par Eric Geoffroy. Pr\u00e9face de Michel Chodkiewicz. Institut Fran\u00e7ais de Damas. 1995.<\/li>\n<li>Le Maroc avant la colonisation 1792-1822. Par Mohamed Al Mansour. Edition originale en anglais. Traduction \u00e0 l\u2019arabe de Mohamed Hoube\u00efda. 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition 2006. Centre Culturel Arabe. Beyrouth-Casablanca. (La traduction de l\u2019arabe au fran\u00e7ais est de l\u2019auteur de l\u2019article.)<\/li>\n<li>Histoire de l\u2019Alg\u00e9rie Contemporaine. Tome 1. Conqu\u00eate et colonisation (1827-1871). Par Charles Andr\u00e9 Julien. Editions PUF. Paris. 1964.<\/li>\n<li>L\u2019Int\u00e9rieur du Maghreb XV\u00e8me \u2013 XIX\u00e8me si\u00e8cle. Par Jacques Berque. Editions Gallimard.1978.<\/li>\n<li>Encyclop\u00e9die du Soufisme. Abdelmoun\u2019im Al Hanafi. Edition Medbouly. Le Caire. 2004.<\/li>\n<li>Ibn Arabi. Par Asin Palacios. Traduction de l\u2019espagnol et introduction par Abderrahmane Badawi. Edition de la Librairie anglo-\u00e9gyptienne. 1965. (La traduction de l\u2019arabe au fran\u00e7ais est de l\u2019auteur de l\u2019article).<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Quand l\u2019assurance nuit \u00e0 la Connaissance Par Mohamed Senni El-M&rsquo;Haji (Ing\u00e9nieur). J&rsquo;ai parcouru laborieusement l\u2019article publi\u00e9 par le journal \u00ab\u00a0l\u2019Expression\u00a0\u00bb du 24 mars 2011, sign\u00e9 Mustapha Ch\u00e9rif, et ayant pour titre \u00ab\u00a0d\u2019Ibn Arabi \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":5664,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":{"0":"post-4580","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-mohamed-senni"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4580","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4580"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4580\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4580"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4580"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4580"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}