{"id":461,"date":"2012-08-10T16:00:38","date_gmt":"2012-08-10T16:00:38","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=32"},"modified":"2012-08-10T16:00:38","modified_gmt":"2012-08-10T16:00:38","slug":"dire-je-taime-a-la-langue-arabe-en-francais-en-voila-une-bonne-idee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/dire-je-taime-a-la-langue-arabe-en-francais-en-voila-une-bonne-idee\/","title":{"rendered":"Dire je t&rsquo;aime \u00e0 la langue arabe en fran\u00e7ais en voil\u00e0 une bonne id\u00e9e!"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ma langue, ma patrie et mon avenir!<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e que la langue du paradis soit l&rsquo;arabe me r\u00e9jouit. Sa richesse syntaxique , sa finesse s\u00e9mantique et sa souplesse lui conf\u00e8rent une virtuosit\u00e9 m\u00e9taphorique qui donne de la profondeur \u00e0 sa concision. Et tous les \u00e9rudits savent que toute la difficult\u00e9 de traduire le Coran, sans en r\u00e9duire le sens des versets par une interpr\u00e9tation \u00e9triqu\u00e9e, r\u00e9side dans cette prouesse de la langue arabe.<\/p>\n<p>L&rsquo;effet de tout ce qui d\u00e9passe la mesure se transmute en son contraire, dit un adage arabe. Ses qualit\u00e9s ne mettent pas la langue arabe \u00e0 l&rsquo;abri d&rsquo;un mauvais usage. Ainsi, sa fluidit\u00e9 et sa ductilit\u00e9 autorisent les discours abscons aux d\u00e9bordements adorablement l\u00e9nifiants comme les \u00e9talements sibyllins dans lesquels la rh\u00e9torique d\u00e9vore le sens.Jamais peuple n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 aussi amoureux de sa langue comme le furent les arabes. Plus qu&rsquo;avec leur bravoure \u00e9pique, c&rsquo;est avec le verbe qu&rsquo;ils surent chevaucher qu&rsquo;ils ont inscrit la l\u00e9gende de leur trajectoire dans la post\u00e9rit\u00e9 . Ils furent pourtant surpris, \u00e9merveill\u00e9s par le Coran.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est donc pas fortuitement que l&rsquo;arabe fut \u00e9lu \u00e9crin pour l&rsquo;accomplissement de la r\u00e9v\u00e9lation. \u00c9blouissant de luminosit\u00e9, le texte coranique aux multiples dimensions liturgiques, philosophiques et l\u00e9gislatives, entre autres, il ne cesse de constituer une source d&rsquo;enchantement pour les musulmans d&rsquo;origines diverses d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.Pour paraphraser Albert Camus, je dirais que la langue arabe est bien ma patrie et, je l&rsquo;esp\u00e8re, mon avenir. C&rsquo;est une langue avec laquelle j&rsquo;aime faire des r\u00eaves que je raconte volontiers en fran\u00e7ais. Je ne tergiverse pas \u00e0 souscrire , avec Voltaire, que la langue fran\u00e7aise ne manque pas de g\u00e9nie de la clart\u00e9.<\/p>\n<p>Si pour Malek Haddad, pour qui la langue fran\u00e7aise est un \u00ab exil \u00bb, pour Kateb Yacine \u00ab\u00a0C&rsquo;est notre butin de guerre\u00a0\u00bbdont il faut donc user sans amertume. Je ne m&rsquo;en prive pas et disons que je me sens personnellement avec la langue fran\u00e7aise dans un exil plut\u00f4t dor\u00e9.En 1986, Kateb Yacine fut remis sous les feux de la rampe par la parution aux \u00e9ditions Sindbad de \u00ab\u00a0L&rsquo;Oeuvre en fragments\u00a0\u00bb, ses textes r\u00e9unis par Jacqueline Arnaud.<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e suivante, le minist\u00e8re fran\u00e7ais lui d\u00e9cerne le Prix National des Lettres. Par reconnaissance, probablement, il commet un navrant papier dans le Nouvel-Observateur sous le titre aussi \u00e9nigmatique et qu\u2019ambigu\u00eb de \u00ab\u00a0la langue de Malek Oussekine\u00a0\u00bb, le jeune \u00e9tudiant fran\u00e7ais d&rsquo;origine alg\u00e9rienne qui avait succomb\u00e9 \u00e0 l&rsquo;acharnement de policiers dans un hall d&rsquo;immeuble \u00e0 Paris lors de manifestations estudiantines.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;attaqua \u00e0 la langue arabe l&rsquo;enterrant sous des pr\u00e9jug\u00e9s infond\u00e9s. P\u00e9remptoire, il d\u00e9cr\u00e9ta qu&rsquo;in\u00e9luctablement le parler populaire alg\u00e9rien prosp\u00e9rera pour finir par s&rsquo;imposer, \u00e0 l&rsquo;image du fran\u00e7ais qui balaya le latin, le contraignant au statut de langue morte! Or Kateb Yacine, enjambe allegrement l&rsquo;attachement du peuple \u00e0 sa langue, fait fi de la sophistication de la langue arabe et feint d&rsquo;ignorer son r\u00f4le dans l\u00a0\u00bb\u00e9mergence de la civilisation islamique qui fit parler le monde en arabe. Si l&rsquo;on convient avec Stendhal, \u00e0 propos Des p\u00e9rils de la langue italienne, que \u00ab Le premier instrument du g\u00e9nie d&rsquo;un peuple, c&rsquo;est sa langue. \u00bb.<\/p>\n<p>La civilisation islamique et la culture arabe ont eu pour fondement cette langue fa\u00e7onn\u00e9e et \u00e9pur\u00e9e par la vie spartiate du d\u00e9sert et qui paradoxalement ne s&rsquo;est jamais refus\u00e9 des moments d&rsquo;exub\u00e9rance de grande beaut\u00e9 o\u00f9 la noblesse de l&rsquo;\u00e2me se laisse s\u00e9duire par la splendeur du verbe. La puret\u00e9 des lignes et la majest\u00e9 de l&rsquo;allure du cheval qui y vit le jour se conjuguent pour constituer un embl\u00e8me qui sied \u00e0 la grandeur de cette civilisation; elle contribua magistralement aux avanc\u00e9es spirituelles et scientifiques d\u00e9cisives \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Arabe oui, Fran\u00e7ais pourquoi pas, charabia non!<\/strong><\/p>\n<p>Quand au parler populaire alg\u00e9rien, c&rsquo;est un langage, un charabia, devrais-je dire, fait de bric et de broc. Les mots arabes sont impitoyablement martyris\u00e9s par r\u00e8gles grammaticales du fran\u00e7ais ou fran\u00e7aises quand les verbes fran\u00e7ais sont embarqu\u00e9s sans m\u00e9nagement dans d&rsquo;affligeantes tournures de conjugaison argotiques. Ce n&rsquo;est faire insulte \u00e0 personne que de dire avec Victor Hugo que \u00ab L&rsquo;argot, c&rsquo;est la langue des t\u00e9n\u00e9breux. \u00bb; et plus t\u00e9n\u00e9breux que le parler de la rue du c\u00f4te de chez nous, j&rsquo;en connais pas!<\/p>\n<p>J&rsquo;ai le souvenir vivace d&rsquo;une conf\u00e9rence donn\u00e9e par le regrett\u00e9 Youcef Sebti, le plus po\u00e8te des sociologues alg\u00e9riens, \u00e0 l&rsquo;Institut des technologies agricoles (ITA) de Mostaganem en 1989 (?); il avait, avec un sens rare de l&rsquo;\u00e0-propos, intitul\u00e9 son intervention \u00a0\u00bb Du culturel au cultural\u00a0\u00bb. Il y stigmatisa notre langage fait de fatras d\u2019onomatop\u00e9es et de ce m\u00e9li-m\u00e9lo mots de provenances diverses, choisis approximativement et dont l&rsquo;usage corresponds parfois \u00e0 un d\u00e9tournement, pas toujours heureux, du sens originel. il relata son expectative devant l&rsquo;interpellation par un de ses amis tunisiens lui demandant \u00ab\u00a0mais quelle langue parlez-vous donc, vous autres alg\u00e9riens?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous avons donc de s\u00e9rieuses circonstances att\u00e9nuantes pour excuser notre nature si r\u00e9tive aux d\u00e9bats et notre promptitude \u00e0 exprimer des opinions sans nuance, sentencieuses et d\u00e9finitives que l&rsquo;on ramasse comme on peut!<\/p>\n<p>Le travers commun \u00e0 beaucoup de mes compatriotes est de s\u2019enorgueillir parfois de leur nullit\u00e9 dans une langue sous le fallacieux pr\u00e9texte que l&rsquo;on se d\u00e9finit comme \u00e9tant francophone ou arabophone! Peu importe si celui qui affiche sa francophilie soit incapable d&rsquo;aligner trois mots dans la langue de Voltaire sans tr\u00e9bucher ou que la maitrise de l&rsquo;arabe soit adoss\u00e9 \u00e0 une parfaite inculture. le francisant snobera toujours l&rsquo;arabisant en affichant de fa\u00e7on dogmatique et malvenue ses mis\u00e9rables r\u00e9f\u00e9rences culturelles sur lesquelles il s\u2019appuiera pour pr\u00e9tendre \u00e0 une modernit\u00e9 qu&rsquo;il confond all\u00e8grement avec une volont\u00e9 d&rsquo;occidentalisation. Peu lui importe que \u00ab\u00a0La modernit\u00e9\u00a0\u00bb soit \u00ab sans doute le mot le plus creux de la langue fran\u00e7aise. \u00bb, selon de Serge Uzzan et certainement le plus convenu chez les alg\u00e9riens.<\/p>\n<p>L&rsquo;arabophone per\u00e7oit dans le manque d\u2019int\u00e9r\u00eat pour la langue maternelle pour l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 de la population alg\u00e9rienne des r\u00e9miniscences ren\u00e9gates qui prolongerait l\u2019\u0153uvre d&rsquo; acculturation coloniale d&rsquo;o\u00f9 le m\u00e9pris envers l&rsquo;\u00e9lite francophone rendue responsable de la d\u00e9cadence morale.<\/p>\n<p>Chaque camp charge l&rsquo;autre de tous les maux de la soci\u00e9t\u00e9. Cet \u00e9tat de gu\u00e9guerre permanente est \u00e9puisant. l\u2019absence de v\u00e9ritable d\u00e9bat ou chacun s&rsquo;assume ses positions et argumente ce qu&rsquo;il reprochent \u00e0 l&rsquo;autre gangr\u00e8ne la vie politique, sociale et culturelle du pays.<\/p>\n<p><strong>l&rsquo;Alg\u00e9rie: deux soci\u00e9t\u00e9s, une nation?<\/strong><\/p>\n<p>La confrontation larv\u00e9e entre les tenants de la langue qui impr\u00e8gne profond\u00e9ment la personnalit\u00e9 de l&rsquo;alg\u00e9rien et les partisans de la langue h\u00e9rit\u00e9e de l&rsquo;ancienne puissance coloniale est une des illustrations du surplace \u00e9reintant auquel s&rsquo;est adonn\u00e9 l&rsquo;Alg\u00e9rie depuis sa lib\u00e9ration (1). Les effets sont d&rsquo;une telle gravit\u00e9 que L&rsquo;auteur d&rsquo;Ezilzel, Tahar Ouattar, dont l\u2019\u0153uvre et la pens\u00e9e sont embl\u00e9matiques de la culture arabe en Alg\u00e9rie ouverte sur l&rsquo;universel, avait vu dans ce qui fut qualifi\u00e9 pudiquement ,en 1992 ,d'\u00a0\u00bbarr\u00eat du processus \u00e9lectoral\u00a0\u00bb , la cons\u00e9quence du clivage entre arabophones et francophones.<\/p>\n<p>La propre vie de l&rsquo;\u00e9crivain illustre la dualit\u00e9 des deux langues pour ne pas dire des deux cultures. Se racontant dans un texte autobiographique, il souligne que son p\u00e8re avait pris le soin de mettre deux de ces quatre gar\u00e7ons \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole fran\u00e7aise et les deux autres \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole en langue arabe. \u00a0\u00bb Dans le Coran que j&rsquo;apprenais par c\u0153ur, j&rsquo;ai reconnu l&rsquo;\u00e9loquence et la beaut\u00e9.\u00a0\u00bb pr\u00e9cise-t-il. C&rsquo;\u00e9tait avant la R\u00e9volution .<\/p>\n<p>Vingt ans apr\u00e8s, Amine Zaoui observant les disparit\u00e9s et les incoh\u00e9rences dans le march\u00e9 du livre tire l&rsquo;alarme. le lectorat francophones serait mieux loti quant \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s aux livres qui nourrissent les d\u00e9bats intellectuels et litteraires de l&rsquo;heure pendant que sur le souk de la plume arabe, le lecteur serait mis, \u00e0 l&rsquo;insu de son plein gr\u00e9, sous des perfusions o\u00f9 des id\u00e9es obsol\u00e8tes sont dissoutes v\u00e9hiculant des contenus fanatisants, dans des contenants qui d\u00e9passent largement les dates raisonnables de p\u00e9remption. \u00ab\u00a0C\u2019est mortel, catastrophique. Ce qui se produit dans le domaine de la lecture, chez nous, constitue le pas vers un glissement tragique. Sur la m\u00eame terre, sous le m\u00eame ciel, on avance vers la cr\u00e9ation de deux peuples, deux peuples avec des r\u00e9f\u00e9rences diff\u00e9rentes, oppos\u00e9es et m\u00eame conflictuelles.\u00a0\u00bb (2)<\/p>\n<p><strong>La douce l\u00e9thargie neuronale des gouvernants<\/strong><\/p>\n<p>Amin Zaoui met le doigt l\u00e0 o\u00f9 le bat blesse. et si la politique du livre arabe tient dans un salon annuel qui ne peut pas faire le printemps sur un d\u00e9sert culturel. Le pays est maintenu dans une indigence intellectuelle par une volont\u00e9 politique pour ass\u00e9cher la vie sociale de tout d\u00e9bat susceptible de perturber la douce l\u00e9thargie neuronale des gouvernants. La pi\u00e8ce maitresse de cette volont\u00e9 est la p\u00e9rennisation d&rsquo;un ministre inamovible de l&rsquo;\u00e9ducation dont chacun, s&rsquo;il peut s&rsquo;en douter sur quelle cuv\u00e9e il peut veiller, personne n&rsquo;ignore pas que l&rsquo;apprentissage des langues ne fait pas partie de ses soucis quotidiens! le maintien d&rsquo;une ministre de la culture qui poss\u00e8de si peu de r\u00e9f\u00e9rences et dont la long\u00e9vit\u00e9 \u00e0 son poste ne s&rsquo;explique que par sa discr\u00e9tion.<\/p>\n<p><strong>Querelles byzantines pour occuper les esprits oisifs.<\/strong><\/p>\n<p>Les sempiternelles querelles byzantines entre francisants et arabisants et les analyses que l&rsquo;on en fait sont souvent excessives. cependant si on se donne quelques peines \u00e0 d\u00e9caper tous les faux proc\u00e8s que les uns intentent aux autres et vice-versa, on s\u2019apercevra qu&rsquo;il y a un petit fond de v\u00e9rit\u00e9 chez les uns comme chez les autres! les d\u00e9ficits de d\u00e9mocratie et des libert\u00e9s, exacerb\u00e9s par la difficult\u00e9 r\u00e9elle de parler le m\u00eame langage, entretient des tensions. Les gens se balancent leurs petites v\u00e9rit\u00e9s \u00e0 la mesures de leurs petites mis\u00e8res quotidiennes alors que chacun reprochent aux autres de ne pas se hisser \u00e0 la hauteur des attentes du pays qui poss\u00e8de des atouts qui devraient lui \u00e9pargner de subir son avenir en victime consentante.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un paradoxe alg\u00e9rien que cet ent\u00eatement d&rsquo;accuser la plus belle des langues de formater les esprits pour qu&rsquo;ils avancent \u00e0 reculons ou inversement \u00e9tiqueter d&rsquo;assimilationniste toute personne qui recourent \u00e0 la langue de Voltaire.<\/p>\n<p><strong>Je ram\u00e8ne ma fraise!<\/strong><\/p>\n<p>Animant une modeste chronique bi-hebdomadaire sur Radio Dahra de Mostaganem, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0une minute pour l&rsquo;environnement\u00a0\u00bb, c&rsquo;est ma B.A pour la plan\u00e8te, je re\u00e7ois avec beaucoup de fiert\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement des encouragements pour mon arabe que je m&rsquo;applique \u00e0 pratiquer de la mani\u00e8re la plus ch\u00e2ti\u00e9e qui soit \u00e0 ma port\u00e9e. Cependant, je souligne ,sans fausse modestie, que , si l\u2019exp\u00e9rience est certes stimulante de part la difficult\u00e9 \u00e0 s\u2019exercer \u00e0 \u00eatre concis, au del\u00e0 de la minute bonjour les rat\u00e9es!<\/p>\n<p>En revanche,je suis toujours navr\u00e9 par cette cat\u00e9gorie de concitoyens dont le fran\u00e7ais est autrement plus lamentable que mon arabe mais exhibe leur francophilie de la mani\u00e8re la plus ostentatoire pour tirer vanit\u00e9 de leur ignorance de la langue comme s&rsquo;il cela leur servait de gage pour consolider l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;ils se font de la modernit\u00e9.<\/p>\n<p>se pr\u00e9valoir ainsi de son indigence pour para\u00eetre dans le coup rel\u00e8ve de l\u2019imb\u00e9cile qui croit faire illusion en paraissant heureux! lorsque ce jeu est d\u00e9clin\u00e9 devant des amis fran\u00e7ais, un peu pour leur \u00eatre agr\u00e9able, un peu pour se conformer \u00e0 des clich\u00e9s suppos\u00e9s chez l&rsquo;autre ou convenus, cela est si pu\u00e9ril que \u00e7a en devient lamentable. Car c&rsquo;est une inanit\u00e9 monumentale que de vouloir persuader l&rsquo;autre que l&rsquo;on puisse rentrer dans une langue sans en poss\u00e9der la sienne.<\/p>\n<p>Tout profane que je puisse \u00eatre, je restes convaincu que les linguistes et les p\u00e9dopsychiatres partagent largement l&rsquo;\u00e9vidence que la conceptualisation et l\u2019acc\u00e8s aux subtilit\u00e9s d&rsquo;une deuxi\u00e8me langue sont d&rsquo;autant plus ais\u00e9s pour un jeune apprenant qu&rsquo;il a bien p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 l\u2019intimit\u00e9 de sa propre langue maternelle.<\/p>\n<p><strong>G\u00e2chis<\/strong><\/p>\n<p>Les urgences qui nous ont fait zapp\u00e9s des d\u00e9bats g\u00e9n\u00e9rateurs de coh\u00e9rence nationale, les sempiternelles bonnes raisons de restreindre les libert\u00e9s individuelles et les savants discours pour justifier un \u00e9tat autoritaire se devant de tenir le peuple en laisse jusqu&rsquo;\u00e0 qu&rsquo;il acqui\u00e8re le bon usage de la d\u00e9mocratie ont impos\u00e9 un mot, le g\u00e2chis, \u00e0 la lecture de l&rsquo;histoire r\u00e9cente du pays.<\/p>\n<p>Toute id\u00e9e de changement qui murit est d\u00e9tourn\u00e9e ou pervertie par des d\u00e9cideurs. Ils ont gagn\u00e9 leurs galons et gravit les \u00e9chelons avec des tr\u00e9sors de duplicit\u00e9 qu&rsquo;ils craignent de voir un vent de libert\u00e9 emporter leurs privil\u00e8ges. Ils sont t\u00e9tanis\u00e9s par la peur de l&rsquo;effet corrosif que ce vent pourrait avoir sur leurs fortunes indues.<\/p>\n<p>Ils ne comprennent m\u00eame pas que le peuple veuille leur enlever leurs pr\u00e9rogatives et s&rsquo;arroger la libert\u00e9 de choisir un autre chemin que celui qu&rsquo;ils lui ont assign\u00e9 pour atteindre un bonheur fuyant. la planche de salut de tous ces faussaires de l\u2019int\u00e9r\u00eat national est de faire enliser le pays dans un marasme dans le quel de crise en crise le peuple n&rsquo;a plus le droit de r\u00eaver.<\/p>\n<p>La gabegie, qui r\u00e8gne dans les doctrines en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9ducation, de culture et de statut \u00e0 accorder \u00e0 chaque langue, a transform\u00e9 la richesse linguistique des alg\u00e9riens ont en un sujet de discorde st\u00e9rile o\u00f9 le plus rassurant consiste \u00e0 g\u00e9rer le statu quo. Beaucoup de compatriotes conviendront que c&rsquo;est un domaine o\u00f9 les gouvernants se sont particuli\u00e8rement illustr\u00e9 \u00e0 miner le terrain et \u00e0 fragiliser les fondements de l&rsquo;identit\u00e9 nationale par leur vision rabougrie, ne peut susciter qu&rsquo;une action publique timor\u00e9e.<\/p>\n<p>Le sujet trait\u00e9 ici et l&rsquo;actualit\u00e9 des r\u00e9volutions arabes me conduisent directement \u00e0 m&rsquo;appuyer sur un vers d&rsquo;Adib Ishaq (Damas 1856 \u2013 Beyrouth 1885), homme est un confluent de plusieurs influences qui forg\u00e8rent son bon sens. Ecrivain, traducteur de la trag\u00e9die de Racine , Andromaque, \u00e0 l&rsquo;arabe, et pionnier du journalisme arabe, il est syro-libanais d&rsquo;origine arm\u00e9nienne ayant v\u00e9cu en Egypte , il rencontra Victor Hugo \u00e0 Paris. C&rsquo;est cet itin\u00e9raire forc\u00e9ment fructueux qui lui a fait entrevoir qu&rsquo; \u00e0 ne pas prendre conscience de ses atouts, on finit toujours par vivre mis\u00e9rablement sur terreau tr\u00e8s riche, avant de s&rsquo;effondrer, qu&rsquo;\u00e0 Dieu ne plaise, comme ce \u00ab\u00a0dromadaire proie aux affres de la soif dans le d\u00e9sert alors qu&rsquo;il porte sur le dos l&rsquo;outre lourdement charg\u00e9e du pr\u00e9cieux liquide qu&rsquo;il br\u00fble d&rsquo;atteindre \u00ab\u00a0(3).<\/p>\n<p><strong>De l&rsquo;exercice de la libert\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Si Miguel de Unamuno a raison de dire qu\u2019 \u00ab \u00catre libre, c&rsquo;est croire qu&rsquo;on l&rsquo;est ! \u00bb, j\u2019assume avec confiance,donc, tr\u00e8s fi\u00e8rement et pleinement de laisser la langue arabe parlait \u00e0 mes g\u00e8nes et m\u2019esquisser un avenir \u00e9d\u00e9nique. Mais je n\u2019oublie pas qu\u2019 \u00ab Etre libre, ce n\u2019est pas pouvoir faire ce que l\u2019on veut, mais c\u2019est vouloir ce que l\u2019on peut. \u00bb, selon Jean-Paul Sartre ; c\u2019est donc en fran\u00e7ais que mes neurones se mettent en branle-bas de combat quand il s\u2019agit de donner corps \u00e0 quelques id\u00e9es pour radoter utilement avec ceux qui, comme vous, ont l\u2019amabilit\u00e9 de me lire.<\/p>\n<p><strong>Epilogue<\/strong><\/p>\n<p>Avant de conclure sur mes \u00e9tats d&rsquo;\u00e2mes linguistiques, je voudrais, par esprit de charit\u00e9 ,dire \u00e0 cet ami, goujat sur les bords et sot pour l&rsquo;essentiel, le proverbe persan \u00ab Le compliment exag\u00e9r\u00e9 est pire qu&rsquo;une injure. \u00bb. condescandant, il me fit l&rsquo;\u00e9loge suivant pour un de mes articles : \u00a0\u00bb tu as une facilit\u00e9 pour \u00e9crire &#8211; traduisez que je n&rsquo;ai aucun m\u00e9rite!- on devrait pouvoir produire de bonnes choses, j&rsquo;ai plein de bonnes id\u00e9es- mon esprit serait donc en jach\u00e8re!-\u00ab\u00a0. Connaissant ses id\u00e9es et le sachant tr\u00e8s bien intentionn\u00e9 envers sa petite personne, je lui fit comprendre avec tact que j&rsquo;ai, depuis une m\u00e9saventure que je ne souhaiterais plus revivre, cess\u00e9 de faire le n\u00e8gre au noir pour des ignares.<\/p>\n<p>Avant de rassurer mes amis en retournant m&rsquo;occuper de mes oignons, je ne r\u00e9siste pas de dire la fiert\u00e9 qui f\u00fbt la mienne de voir la femme du consul des Etats-unis tr\u00e9pigner de plaisir en \u00e9changeant avec ma fille ,Hanane, quelques amabilit\u00e9s dans la langue de Shakespeare. Laur\u00e9ate du deuxi\u00e8me prix ex-\u00e6quo du concours national organis\u00e9 par l&rsquo;ambassade des USA sur le dialogue et la tol\u00e9rance dans les religions; Hanane avait \u00e9t\u00e9 \u00e9blouissante lorsqu&rsquo;elle fut appel\u00e9e pour lire son texte en fran\u00e7ais(4), intitul\u00e9 \u00ab\u00a0La voie ou le savoir pour seule arme \u00a0\u00bb .<\/p>\n<p>Dans le public, derni\u00e8re l&rsquo;\u00e9pouse du consul et une amie \u00e0 elle de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9roise, J&rsquo;avais compris que les deux dames, \u00e0 l&rsquo;instar du public invit\u00e9, \u00e9taient sinc\u00e8rement ravies de voir cette jeune lyc\u00e9nne de 16 ans, discourir en fran\u00e7ais ex-professo. J&rsquo;ai compris qu&rsquo;elles \u00e9taient conquises d&rsquo;entendre quelqu&rsquo;un exposer correctement ses id\u00e9es et les d\u00e9fendre avec maestria. J&rsquo;avoue avoir eu une petite pens\u00e9e pour mon ami. Encore aujourd&rsquo;hui un questionnement, qu&rsquo;il suscita en moi,me turlupine. Comment peut-on avoir des id\u00e9es quand on ne poss\u00e8de pas les mots pour les formuler?<\/p>\n<p>Dr. Mokhbi Abdelouahab<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n<p>1. <a href=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/de-la-liberation-a-lindependance-lepoustoufflant-sur-place\/\" target=\"_blank\">De la lib\u00e9ration \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance : L&rsquo;epoustoufflant sur-place<\/a><\/p>\n<p>2. <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/notes\/amin-zaoui\/le-manifeste-du-lecteur-arabophone-en-alg%C3%A9rie-\/320579227987252\" target=\"_blank\">Souffles\u2026Le manifeste du lecteur arabophone en Alg\u00e9rie !\u00a0<\/a><\/p>\n<p>3. (\u0643\u0627\u0644\u0639\u064a\u0633\u0650 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0628\u064a\u062f\u0627\u0621 \u064a\u0642\u062a\u064f\u0644\u064f\u0647\u0627 \u0627\u0644\u0638\u0645\u0627 ***\u0648\u0627\u0644\u0645\u0627\u0621\u064f \u0641\u0648\u0642 \u0638\u0647\u0648\u0631\u0650\u0647\u0627 \u0645\u062d\u0645\u0648\u0644\u064f)<\/p>\n<p>4.\u00a0<span id=\"eow-title\" class=\"watch-title \" dir=\"rtl\" title=\"\u0646\u062a\u0627\u0626\u062c \u0645\u0633\u0627\u0628\u0642\u0629 \u0623\u062d\u0633\u0646 \u0645\u0642\u0627\u0644 \u062d\u0648\u0644 \u062d\u0648\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0623\u062f\u064a\u0627\u0646 Part 2\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=TSwwt0FEIeA\" target=\"_blank\">\u0646\u062a\u0627\u0626\u062c \u0645\u0633\u0627\u0628\u0642\u0629 \u0623\u062d\u0633\u0646 \u0645\u0642\u0627\u0644 \u062d\u0648\u0644 \u062d\u0648\u0627\u0631 \u0627\u0644\u0623\u062f\u064a\u0627\u0646<\/a><\/span><\/p>\n<p><strong>Autres r\u00e9f\u00e9rences:<\/strong><\/p>\n<p>\u2022 Belle le\u00e7on de tol\u00e9rance des jeunes<\/p>\n<p>dz.midipress.com\/algerie\/22051.html<\/p>\n<p>17 avr. 2011 \u2013 La difference, une richesse Hanane Mokhbi, \u00e0 l&rsquo;issue de la r\u00e9ception, nous confiera : \u00abC&rsquo;est ma m\u00e8re qui m&rsquo;a encourag\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 ce &#8230;<\/p>\n<p>\u2022 Concours d&rsquo;\u00e9criture sur le dialogue interreligions\/ Quand les enfants &#8230;<\/p>\n<p>www.legrainmagique.com\/article-concours-d-ecriture-sur-le-dialogue&#8230;<\/p>\n<p>17 avr. 2011 \u2013 Hanane Mokhbi, \u00e0 l&rsquo;issue de la r\u00e9ception, nous confiera : \u00abC&rsquo;est ma m\u00e8re qui m&rsquo;a encourag\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 ce concours. Le th\u00e8me portant sur &#8230;<\/p>\n<p>\u2022 Les \u00e9l\u00e8ves alg\u00e9riens participent \u00e0 un concours d&rsquo;\u00e9criture religieuse &#8230;<\/p>\n<p>magharebia.com\/cocoon\/awi\/xhtml1\/fr\/features\/awi\/&#8230;\/feature-04<\/p>\n<p>12 ao\u00fbt 2011 \u2013 Yasmina Benbrahim, originaire de Tizi Ouzou, passionn\u00e9e de politique et qui esp\u00e8re devenir journaliste, et Hanane Mokhbi de Mostaganem &#8230;<\/p>\n<p>\u2022 R\u00e9sultats du Concours dialogue des ReligionsTrois<\/p>\n<p>maisondelalgerie-blog-jeunes.blogspot.com\/&#8230;\/resultats-du-concours-&#8230;<\/p>\n<p>16 avr. 2011 \u2013 2e ex-aequo : Hanane Mo<\/p>\n<p>\u2022 La voie ou le savoir pour seule arme &#8211; L&rsquo;Observateur Kabyle<\/p>\n<p>www.brobroo.com\/&#8230;\/La-voie-ou-le-savoir-pour-seule-arme-13074.h&#8230;<\/p>\n<p>1 ao\u00fbt 2011 \u2013 Mokhbi Hanane. Lyc\u00e9enne, 16 ans, de Mostaganem, 2e prix du concours 2011. Article original sur Elwatan.com \u2022 \u00ab Deux Alg\u00e9riens honor\u00e9s en &#8230;<\/p>\n<p>\u2022 La voie ou le savoir pour seule arme<\/p>\n<p>actualite.algeeria.com\/la-voie-ou-le-savoir-pour-seule-arme\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ma langue, ma patrie et mon avenir! L&rsquo;id\u00e9e que la langue du paradis soit l&rsquo;arabe me r\u00e9jouit. Sa richesse syntaxique , sa finesse s\u00e9mantique et sa souplesse lui conf\u00e8rent une virtuosit\u00e9 m\u00e9taphorique qui donne de la profondeur \u00e0 sa concision. Et tous les \u00e9rudits savent que toute la difficult\u00e9 de traduire le Coran, sans en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":6623,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[67],"class_list":{"0":"post-461","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-abdelouahab-mokhbi","8":"tag-featured"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/461","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=461"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/461\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=461"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=461"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=461"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}